Campagne
Pour la reconnaissance d’un droit à l’alimentation !
En France, on peut débattre pendant des heures du choix entre beurre doux et beurre demi-sel ou encore sur le nom chocolatine ou pain au chocolat. Mais pendant que ces querelles alimentaires occupent nos conversations, des millions de personnes n'ont pas accès à une alimentation suffisante, saine et choisie. Parce que bien manger ne devrait jamais être un privilège, Action contre la Faim se mobilise pour faire reconnaître le droit à l'alimentation et appelle les pouvoirs publics à agir afin que ce droit devienne une réalité pour toutes et tous ! Pour faire avancer ce combat, chacun·e peut agir en signant l'Initiative Citoyenne Européenne (ICE) pour la reconnaissance du droit à l'alimentation.
Je signeEn France, nous avons un rapport passionnel à la nourriture.
En France, peu de choses déchaînent autant les passions que l’alimentation.
En France,nous sommes capables de nous disputer pour savoir s’il faut ou non piquer les merguez avant de les faire griller, de nous écharper sur le sujet de la crème dans les pâtes à la carbonara, ou de la présence criminelle de l’ananas sur une pizza.
Pourtant, en France, au moins 8 millions de personnes souffrent de précarité alimentaire.
Nous avons tous un avis bien tranché sur ce qu’il est permis ou non de faire à table. Et si on s’indignait enfin de ce qui compte vraiment ?
Tout le monde devrait pouvoir manger dignement. Dans le pays de la gastronomie, des millions de personnes n’ont pas les moyens d’accéder à une alimentation suffisante, saine, durable et choisie. Pourtant, ce n’est pas un luxe, il s’agit d’un droit fondamental.
Le droit à l’alimentation, c’est quoi ?
D’après Olivier de Schutter, ancien rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation du Conseil des droits de l’homme à l’Organisation des Nations unies :
« Le Droit à l’Alimentation est le droit de toute personne, d’avoir physiquement et économiquement accès à tout moment à une nourriture suffisante, adéquate et culturellement acceptable, qui soit produite et consommée de façon durable, afin de préserver l’accès des générations futures à la nourriture. »
En d’autres termes : ce n’est pas QUE le droit de manger à sa faim,
- C’est le droit de manger à sa faim.
- C’est le droit de savoir ce qu’on mange.
- C’est le droit de choisir ce qu’on mange.
- C’est le droit de manger sans nuire à sa santé.
- C’est le droit de bien manger, peu importe où l’on vit.
- C’est le droit de manger sans nuire à la planète.
- C’est le droit de manger selon sa culture, ses convictions, sa foi.
- C’est le droit d’exiger des comptes si ce droit n’est pas respecté.
- C’est le droit de participer aux décisions qui impactent ce qui est dans notre assiette et dans celles des générations futures
Aujourd’hui, ce droit n’existe pas dans les textes en France. Aucune loi, aucune mention dans la Constitution n’encadre le droit à l’alimentation, ce qui empêche sa mise en œuvre effective sur le territoire.
Signer pour passer à l’action
L’Union européenne a officiellement enregistré, en juillet 2025, une Initiative citoyenne européenne (ICE) visant à faire reconnaître le droit à l’alimentation comme un droit humain fondamental dans le droit européen et dans les politiques publiques des États membres. Cette ICE est intitulée « L’alimentation est un droit humain pour toutes et tous ! Garantir des systèmes alimentaires sains, justes et durables ».
Cette pétition vise à obliger la Commission européenne à proposer un cadre législatif pour garantir :
- Le droit effectif à une alimentation suffisante, saine, culturellement adéquate, durable et financièrement accessible,
- Des systèmes alimentaires justes, durables, humains et démocratiques dans l’ensemble des 27 États membres, dont la France.
Pour que la Commission examine officiellement la demande, l’initiative doit réunir au moins 1 million de signatures dans l’UE d’ici le 31 décembre 2026.
Pourquoi signer un texte européen pour mettre en place un droit en France ?
Tout simplement parce que si cette mobilisation fonctionne et rassemble suffisamment de personnes, Action contre la Faim et ses partenaires pourront interpeller les pouvoirs publics et leur rappeler leur obligation de respecter, protéger et garantir le droit à l’alimentation pour toutes et tous !
1. Respecter
Les pouvoirs publics ne doivent pas adopter de politiques empêchant l’accès à une alimentation suffisante et saine, ni affaiblir les protections existantes.
Par exemple :
- Ne pas encourager un modèle agricole et alimentaire destructeur de la planète et de la santé.
- Ne pas limiter ou conditionner l’accès à des aides sociales au point de priver les personnes de toute ressource leur permettant de couvrir leurs besoins alimentaires.
2. Protéger
Les pouvoirs publics doivent protéger les citoyen·nes contre les pratiques de certains acteurs privés qui menacent ce droit. Cela implique par exemple de :
- Encadrer le marketing et la publicité alimentaire, notamment celle destinée aux enfants ;
- Garantir la transparence nutritionnelle et l’étiquetage obligatoire (Nutriscore) ;
- Lutter contre les marges abusives et la spéculation sur les prix alimentaires ;
- Limiter l’usage des pesticides de synthèse, des engrais chimiques et des antimicrobiens.
3. Garantir
Les pouvoirs publics doivent mettre en place les conditions permettant à chacun·e de se nourrir correctement, en agissant notamment à travers les mesures suivantes :
- Inscrire le droit à l’alimentation dans la loi
- Rendre les aliments sains accessibles ;
- Soutenir une agriculture durable et rémunératrice pour les agriculteurs.trices ;
- Garantir à toutes et tous les moyens de vivre dignement grâce à une politique de l’emploi, des salaires et de la protection sociale à la hauteur des besoins, juste et non discriminatoire