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A quand un plan paulson pour les affamés ? Une triple peine pour les victimes de la faim
La prochaine Journée Mondiale de l’Alimentation risque d’avoir un goût amer pour ceux qui luttent contre la faim au jour le jour. Action contre la Faim est choquée par la facilité avec laquelle des milliards d’euros sont débloqués pour sauver les banques américaines ou européennes, tandis que depuis des années, aucune des promesses faites par la communauté internationale pour venir à bout de la faim et de la malnutrition n’a été tenue. Au-delà de la question de la crise financière, ACF appelle les membres du G7 réunis aujourd’hui et demain à Washington à envoyer un signal fort aux populations des pays les plus touchés par la faim et la récente crise alimentaire.
Des chiffres indécents
La faim et la malnutrition ne cessent de progresser : on estime que plus de 923 millions de personnes souffrent de la faim aujourd’hui et parmi eux plus de 19 millions d’enfants souffrent de malnutrition aigüe sévère (en potentiel danger de mort). Ces chiffres se sont encore aggravés cette année suite à l’explosion des prix agricoles.
Aucune des promesses ou des engagements pris depuis des années sur le front de la faim et de la malnutrition n’ont été tenus : des sommets de la FAO en 1996 et 2002, en passant par les « Objectifs du Millénaire pour le Développement » approuvé par les Etats membres des Nations Unies en 2000 (visant notamment à réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim d’ici à 2015) jusqu’au récent sommet exceptionnel de la FAO en juin dernier (6,5 milliards d’euros de promesses de dons pour lutter contre la crise alimentaire).
Pourtant, face aux milliers de milliards de $ que les pays « riches » ont pu débloquer rapidement pour sauver leurs banques, on sait qu’il faudrait 3 milliards d’€ par an pour soigner les 19 millions d’enfants les plus gravement malnutris (rapport Hunger Watch 2008 – ACF).
Un signal fort du G7 afin d’éviter la « triple peine » pour les victimes de la faim et de la crise alimentaire ?
Action contre la Faim craint que les victimes de la malnutrition ne soient à court terme condamnées, par l’immobilisme de la communauté internationale à une « triple peine » :
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- La négligence des décideurs, des politiques de santé, des schémas de l’aide internationale vis-à-vis des populations qui souffrent de la malnutrition depuis des années
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- La crise alimentaire (une hausse des prix des denrées de base parfois de 150% sur 3 ans) les a plongés un peu plus dans l’abîme de la faim et la malnutrition
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- La crise financière actuelle risque d’entraîner de futures coupes budgétaires dans les budgets d’aide au développement ou d’urgence de la part des Etats traditionnellement donateurs et les conséquences de la crise alimentaire risque d’être éclipsée par la faillite du système financier international
Action contre la Faim appelle donc le G7 réunis à Washington à :
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- ne pas oublier les promesses faites suite à la crise alimentaire mondiale et aux émeutes de la faim
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- garantir que les plus fragiles des pays les plus pauvres ne seront pas une nouvelle fois les victimes des arbitrages financiers à venir dans les pays donateurs
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- la poursuite des efforts initiés pour la création d’un Partenariat Mondial pour l’Alimentation et l’Agriculture, initiative née suite au sommet de la FAO en juin dernier et l’apport des fonds nécessaires à son démarrage (environ 250 millions d’euros)
Action contre la Faim appelle à la mobilisation
le mercredi 15 octobre 2008 à 12h30 (veille de la journée mondiale de l’alimentation)
à Paris-la Défense et dans 19 villes
pour la plus grande « Freeze Mob » de France
afin de dire « Stop à l’immobilisme ! »
plus de renseignements sur uas.actioncontrelafaim.org
Contact presse
Sylvain Trottier : 01 43 35 82 24 / strottier@actioncontrelafaim.org