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© Action contre la Faim

Myanmar : 10 mois après le séisme, une réponse pour la résilience

Au Myanmar, la situation humanitaire reste critique. Après des années de conflit, de déplacements massifs et de dégradation des conditions de vie, le tremblement de terre du 28 mars 2025 dernier n’a fait qu’aggraver une réalité déjà dramatique. Aujourd’hui, les populations fragilisées continuent de faire face à des besoins importants en matière d’aide et de protection.

Un séisme aux conséquences dévastatrices 

Le 28 mars 2025, un séisme d’une magnitude de 7,7 à 7,9 a frappé la région de la ville de Sagaing, au Myanmar, près de Mandalay, la deuxième plus grande ville du pays. Il s’agit du tremblement de terre le plus puissant depuis plus d’un siècle et du deuxième plus meurtrier de l’histoire moderne du pays. À l’échelle mondiale, il s’agit du séisme le plus grave depuis celui qui a frappé la Turquie et la Syrie en 2023.

Les conséquences ont été dévastatrices : plus de 5 400 personnes1 ont perdu la vie, des milliers ont été blessées et des centaines de personnes ont été portées disparus.  

En plus de ces pertes humaines lourdes, les dégâts matériels ont bouleversé la vie quotidienne de millions de personnes. Les maisons et immeubles se sont effondrés, laissant des milliers de familles sans abri et forcées de se déplacer. Les hôpitaux ont été gravement endommagés, privant les populations de soins essentiels. Les routes se sont fissurées, isolant des villages entiers, tandis que les réseaux d’eau et les infrastructures d’assainissement ont été détruits, plongeant les communautés dans des conditions précaires, privées de moyens pour survivre et exposées à un risque accru de maladies hydriques. 

La réponse d’urgence : agir vite, agir dans les premières heures 

Face à l’ampleur de la catastrophe, les équipes d’Action contre la Faim présentes au Myanmar ont réagi dès les premières heures. Après évaluations des besoins, les équipes sur place ont déployé une réponse adaptée au contexte de crise et de conflit, en ciblant les populations les plus vulnérables : femmes enceintes, nourrissons et enfants. 

Cette intervention s’est articulée autour de trois priorités : sécurité alimentaire, accès à l’eau et à l’hygiène, et soutien aux services de santé essentiels, avec pour objectif de répondre aux besoins urgents et de réduire les risques de santé publique après la catastrophe.

Des paniers alimentaires et des kits d’hygiène ont été distribués pour répondre aux besoins immédiats des populations affectées. Les paniers contenaient des produits de base comme du riz, de l’huile, des pois chiches et du sel. Les kits d’hygiène comprenaient savon, serviettes hygiéniques, serviettes de toilette et produits pour l’hygiène bucco-dentaire.  

En parallèle et pour assurer la continuité des soins, Action contre la Faim a soutenu les équipes mobiles du Département de Santé Municipal de Sagaing en fournissant médicaments essentiels, matériel médical et équipements de protection. Cette collaboration a permis de maintenir l’accès aux services de santé dans un contexte fragilisé où les infrastructures étaient gravement endommagées. 

Une réponse ancrée dans la communauté 

Action contre la Faim place la collaboration au cœur de son action. Pour garantir des solutions adaptées et durables, les équipes travaillent main dans la main avec des acteurs locaux. Leurs expertises et connaissances des communautés, dont ils font partie intégrante, sont indispensables pour que l’aide soit pertinente, acceptée et qu’elle prépare la résilience à long terme. 

Ainsi, en plus de soutenir les services de santé locaux, la coopération s’est étendue à des associations birmanes. Nos activités ont été menées notamment en collaboration avec le Comité de réponse aux séismes de Min Lan, une association représentant la communauté de ce quartier de la ville de Sagaing, particulièrement touché par le séisme. 

Les équipes d’Action contre la Faim ont ainsi travaillé en partenariat pour mettre en place une réponse communautaire, permettant la distribution de kits d’eau, d’hygiène et d’assainissement aux familles les plus affectées.  

Enfin, pour restaurer des conditions de vie dignes et endiguer le risque de maladies hydriques — pouvant entraîner la malnutrition —, des installations essentielles détruites par le séisme ont été réhabilitées ou reconstruites, notamment au sein des établissements de santé.

Ces activités conduites permettent aux populations d’accéder à une eau potable sûre grâce, par exemple, à la construction de réservoirs à eau, la réalisation de tests de qualité et la chloration des sources. Elles permettent aussi de renforcer l’assainissement – par la mise en place de filtres à eau, la gestion des déchets solides et la création de sites adaptés pour leur élimination – et de favoriser l’hygiène. 

Rebondir après la catastrophe et accompagner la reconstruction après le séisme

Au-delà de l’urgence immédiate, Action contre la Faim accompagne les communautés dans leur reconstruction : tant matériellement que psychologiquement. Cette continuité illustre l’évolution des besoins : de la survie à court terme vers la résilience à long terme. 

Ainsi, neuf mois après le séisme, l’action ne s’arrête pas. Trois priorités se dessinent aujourd’hui : la restauration des moyens de subsistance, la santé mentale et l’inclusion pour aider les familles birmanes à retrouver leur autonomie et à reconstruire leur avenir.  

Un enjeu majeur concerne les foyers désormais dirigés par des femmes.  « Le séisme s’est produit pendant la prière du vendredi, un moment où de nombreux hommes étaient rassemblés. Le nombre de victimes masculines a été particulièrement élevé en raison de l’effondrement de certains lieux de culte », explique Ralf THILL, Directeur pays d’Action contre la Faim au Myanmar. « En conséquence, un grand nombre de ménages sont désormais dirigés par des femmes. Soutenir ces femmes pour qu’elles puissent accéder à des sources de revenus indépendantes et durables est essentiel », souligne-t-il.  

Concomitant à la violence du séisme, aux pertes humaines et matérielles, le traumatisme des populations reste profond.  

Dans le quartier de Min Lan à Sagaing, où une mosquée s’est effondrée, l’impact psychologique demeure. “À chaque appel à la prière, plusieurs familles subissent des manifestations d’anxiété sévère, témoignant de l’impact psychologique durable de la catastrophe”, explique Ralf Thill.

La région continue par ailleurs de subir des épisodes sismiques — le dernier datant de septembre 2025 — parfois en pleine nuit, contraignant les habitants à rester dehors pendant des heures. Ces épisodes alimentent naturellement un climat de stress et d’anxiété.

Le soutien psychologique reste donc central dans la réponse d’Action contre la Faim. Ici aussi, nos équipes travaillent avec des professionnels locaux pour offrir un accompagnement direct visant à prendre en charge les traumatismes et le stress persistant causés par le séisme du 28 mars dernier.

Au Myanmar, la crise ne se limite pas aux conséquences du séisme. Elle s’inscrit dans un contexte humanitaire beaucoup plus large, marqué par une insécurité alimentaire alarmante. Alors que 19,9 millions de personnes2– soit plus d’un tiers de la population – ont besoin d’une aide humanitaire, Action contre la Faim poursuit son engagement à long terme aux côtés de partenaires locaux au Myanmar.  


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2 Myanmar-2025-2025-03-07