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Christophe Da Silva pour Action contre la Faim Christophe Da Silva pour Action contre la Faim

À la Une

Sahel

Une crise de développement

La pauvreté, les conflits, les déplacements forcés, le changement climatique, la mauvaise gouvernance, l’accès inégal aux services sociaux de base et les effets de la pandémie de COVID-19, entraînent une forte insécurité alimentaire. Sur le terrain, nos équipes constatent que le contexte humanitaire se détériore chaque année. En 2022, l’insécurité alimentaire et la malnutrition devraient atteindre des niveaux records à cause des conflits et des sécheresses qui ont endommagées les cultures et les pâturages. On estime ainsi que d’ici la prochaine saison de soudure (période annuelle précédant la récolte, de juin à août) plus de 30 millions de personnes devraient souffrir de la faim dans la région. Par exemple au Burkina Faso on estime qu’aujourd’hui environ 1,6 million de personnes souffrent de la faim. D’ici cet été, ce sera plus 2,6 millions. Soit une augmentation d’un million en à peine 6 mois.

Les conflits et la violence restent les principaux facteurs d’insécurité alimentaire dans la région. Ils affectent les zones fortement rurales où la plupart des habitants sont des agropasteurs, entraînant la destruction de leurs moyens de subsistance. Il en résulte une insécurité alimentaire qui peut exacerber les conflits en retour. En outre, le changement climatique, avec ses régimes pluviométriques imprévisibles et ses fréquentes inondations, ne fait qu’aggraver cette situation déjà alarmante. Il a un impact sévère sur les communautés rurales et pastorales et exacerbe encore plus la dynamique des conflits, provoquant des déplacements et des tensions pour les ressources locales. Chaque année, la période de soudure vient s’ajouter à cette situation déjà désastreuse et détériore davantage la sécurité alimentaire.

"Il serait réducteur de résumer la crise au Sahel à une crise sécuritaire."
Action contre la Faim

La situation sécuritaire au Sahel s’est fortement détériorée au cours de ces dernières années mais il serait réducteur de résumer la crise au Sahel à une crise sécuritaire. Il s’agit avant tout d’une crise de développement, où 40% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Pour répondre à cette crise, il faut s’attaquer à ses causes profondes et reconnaitre que les pays de la région sont confrontés depuis de nombreuses années à un affaiblissement des services de base dû à la difficulté de l’État à fournir des services publics à cause d’un manque d’investissements, à des problèmes de gouvernance et à des inégalités structurelles, sociales et territoriales fortes.

Les services publics d’éducation, de santé et de protection sociale laissent de côté une grande partie de la population, marginalisée ou discriminée. Par exemple, les populations rurales ont un accès extrêmement faible à la santé, à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement. Leurs possibilités de formation et d’emploi sont extrêmement limitées. Les différents chocs, qu’ils soient épidémiologiques, climatiques ou sécuritaires, ajoutent à la vulnérabilité structurelle de ces populations délaissées. Seule la réponse à ces défis permettra aux populations de la région d’envisager un avenir meilleur.

 


¹Par Sahel nous entendons ici  la région d’Afrique qui regroupe 10 pays (Burkina Faso, Cameroun, Gambie, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal et Tchad)

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