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Les violences de l’exil

survivre dans les camps de déplacés en Somalie

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Après plus de 20 ans d’instabilité politique, de violences et de privation des droits des Somaliens, Le conflit est toujours en cours dans le Centre-Sud de la Somalie. Jusqu’à présent, la communauté internationale et les différentes autorités somaliennes n’assument toujours pas leurs responsabilités vis-à-vis de la population. Les civils sont les premières victimes de cette instabilité chronique et le degré de vulnérabilité et de traumatismes a dépassé depuis bien longtemps l’imaginable.

Protéger les personnes déplacées

Avec 1,1 million de déplacés sur le territoire somalien, l’urgence se porte sur la protection des personnes déplacées afin que leur sécurité, leurs droits et leur dignité soient sauvegardés. « Une aide humanitaire d’urgence doit être maintenue, financée et accompagnée d’un soutien à plus long terme pour redonner aux personnes les moyens de vivre et de gagner leurs vies » explique Isabelle Roubeix, directrice régionale des opérations d’Action contre la Faim.

Aucune solution durable n’a été trouvée à ce jour pour répondre à leurs besoins. L’insécurité ne permet pas, dans la plupart des cas, un retour dans leurs foyers. Pour une majorité, cela fait des années qu’ils vivent en transit, souvent expulsés d’un camp à l’autre. Ces expulsions créent encore davantage de vulnérabilité et sont contraires aux droits des déplacés et aux droits humains. Elles doivent être fermement interdites si elles ne sont pas faites avec le consentement libre des personnes déplacées, et vers un lieu adapté disposant de services de base accessibles. « Tant que ces services ne fonctionneront pas, le retour des populations déplacées et réfugiées, comme c’est le cas dans le camp kenyan de Dadaab où vivent 332 000 Somaliens, n’est pas envisageable » ajoute Isabelle Roubeix. A cette situation s’ajoute le retour des Somaliens ayant trouvé refuge au Yemen et fuyant à présent les combats et les bombardements pour revenir dans leur pays, qui n’a pas les moyens de les accueillir.

Des zones rurales inaccessibles aux ONG

Les Somaliens, et notamment les déplacés, sont majoritairement d’anciens agriculteurs. Une aide humanitaire doit être développée dans les zones rurales, aujourd’hui encore largement inaccessibles pour les organisations humanitaires dans le Centre-Sud de la Somalie. L’accès de toutes les populations aux services de base de même que l’accès des ONG aux populations doivent être respectés et facilités par toutes les parties au conflit. Il est également important de souligner que la mise en place de règlementations administratives liées à la lutte contre le terrorisme par un certain nombre de bailleurs de fonds fait courir un risque de poursuite judiciaire aux organisations travaillant dans des lieux contrôlés par des groupes définis comme « terroristes » par la communauté internationale. Ces réglementations sont contraires aux principes d’humanité et d’impartialité des organisations humanitaires et représentent un obstacle majeur à l’accès aux populations des zones rurales.

Une politisation de l’aide qui doit cesser

Depuis des années, l’aide humanitaire en Somalie est fortement politisée par toutes les parties au conflit. Manipulée, l’aide est devenue un levier politique permettant de favoriser certains groupes ou d’utiliser les besoins basiques des populations, la nourriture par exemple, comme tactique de guerre. Il est fondamental que l’aide humanitaire soit dépolitisée et la vie des civils, protégée.

 

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« Les violences de l’exil : survivre dans les camps de déplacés en Somalie »

 


Porte-parole disponible pour interview

Contact presse: Agnes VARRAINE-LECA – avarraineleca@actioncontrelafaim.org

01 70 84 72 22 / 06 70 01 58 43

Photographie : © Eric Dessons – Kenya

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