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Faire vivre son enfant dans un champ de ruines et dans le deuil
Suite au séisme meurtrier de janvier 2010, ACF a mis en place des programmes spécifiques en santé mentale et pratiques de soins à Port au Prince. Dans ce cadre, notamment, des tentes d’accueil mères – enfants offrait aux femmes un espace où elles pouvaient se reposer, tout en bénéficiant d’un soutien psychologique et d’une attention bienveillante.
Un intense travail d’accompagnement et d’écoute de ces mères a été réalisé, prenant en compte les ressentis et traumatismes qui, dans de nombreux cas, pouvaient conduire à la rupture du lien entre la mère et l’enfant, ou des soins qu’elle lui prodiguait habituellement.
Par exemple, un certain nombre de mamans pensait qu’elles n’avaient plus de lait après le tremblement de terre car il était «monté» dans leur cerveau. De ce fait, elles arrêtaient d’allaiter, pensant qu’elles ne pouvaient plus avoir de lait. Les programmes d’accompagnement ont donc visé à leur permettre de se détacher de ce type de croyances, à les faire sortir de la sidération et de l’abattement.
Par ailleurs, une tradition locale fait qu’à la naissance, on donne souvent à boire un mélange d’herbes au bébé. Or, comme l’eau n’était pas potable suite au séïsme, les nourrissons ayant un petit poids de naissance pouvaient rapidement devenir malnutris. L’équipe a donc expliqué aux bénéficiaires, au-delà de cette croyance, les bénéfices pour l’enfant de la prise du colostrum et de l’allaitement, en proposant aux mères un accompagnement dans les soins au bébé.