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À la Une

Haïti

Etat des lieux 5 mois après le séisme

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Entre urgence et nécessité d’organisation

 

Pour les équipes d’ACF présentes sur le terrain, il n’a pas été simple de mettre en place dans l’urgence des programmes au sein de la capitale haïtienne. « Nous travaillions dans les régions au Nord d’Haiti comme l’Artibonite et le Nord Ouest. A Port au Prince, la population ne nous connaissait quasiment pas », explique Pierre. Mais très vite, il a fallu de toute façon s’organiser. « Avant le lancement d’un programme, nous commençons par créer un lien avec la population, leur expliquer notre méthodologie, la raison d’être de nos projets. Dans certains quartiers, il faut parfois assurer notre sécurité en allant présenter aussi aux chefs de gangs ce que l’on compte faire, expliquer comment cela va se passer… De cette manière, il y a très peu de problèmes ensuite ». De même, aucune distribution n’est faite à l’aveugle : des recensements sont menés ce qui permet de savoir qui l’on va toucher et à combien de personnes l’on va distribuer, des cartes sont fournies à chaque famille bénéficiaire ce qui permet de bien vérifier à qui l’on distribue effectivement. Cela aide également à éviter les tensions. « On donne des rendez-vous aux personnes en leur donnant leur carte, et chacun sait donc qu’il va recevoir quelque chose en allant chercher sa ration. Cela évite que les gens se pressent, s’agglutinent sur les sites de distributions autour des camions en pensant que c’est « premier arrivé, premier servi ». Ainsi nous nous assurons que ce ne sont pas les mêmes qui sont servis plusieurs fois, au détriment des autres », raconte Pierre. Le mode de fonctionnement d’ACF explique ce choix, car « le plus important pour nous, c’est de travailler avec la population dans le respect et la dignité », souligne-t-il. A l’heure actuelle, environ 14 000 familles ont reçu des kits non alimentaires (produits d’hygiène, bâches…), 12 000 familles ont reçu des biscuits hautement protéinés et plus de 33 000 bons alimentaires ont été distribués.

 

Au-delà des besoins matériels, la nécessité d’un soutien psychologique

Afin de permettre aux haïtiens de travailler à la reconstruction de leur pays tout en gagnant de l’argent, des programmes d’argent contre travail sont mis en place dans plusieurs quartiers de Port au Prince. 5800 personnes, et donc leur famille, en ont déjà bénéficié, et 2000 y participent actuellement. Elles travaillent notamment au nettoyage des ravines qui sont généralement encombrées de déchets et de gravats. Cela constitue une action de prévention puisque la saison des pluies est en cours et que l’encombrement des ravines pourrait causer d’importantes inondations.

Concernant le domaine de la nutrition, des « Points Conseil en Nutrition », ou « tentes maman-bébé », ont été installés dans la capitale. Leur but : conseiller les jeunes mères sur l’allaitement et soutenir celles qui ont été les plus traumatisées par la catastrophe. Face au grand nombre de personnes en détresse psychologique, ACF a également mis en place des tentes où des psychologues mènent des consultations individuelles ou de groupe. Des groupes de parole y sont organisés, et à chaque séance un nouveau thème est abordé. « L’objectif est de faire parler les personnes pour qu’elles puissent à nouveau se projeter dans le futur. On leur demande par exemple comment elles envisagent l’avenir, comment elles ont vécu le séisme ou bien comment elles vivent le fait d’habiter dans des camps de déplacés. Cela aide également à éviter de nouveaux traumatismes », raconte Pierre. Aujourd’hui encore, des répliques du séisme continuent de se faire sentir, provocant à chaque fois des mouvements de panique qui montrent à quel point les gens sont choqués. Pour l’instant, 16 tentes maman-bébé et 3 tentes de soutien psychologique sont en place. De nouvelles tentes devraient encore ouvrir d’ici peu.

Pour améliorer durablement l’accès à l’eau aussi il y a beaucoup à faire. « Cinq mois après la catastrophe, plus de 139 000 personnes bénéficient de nos distributions d’eau potable chaque jour. Mais à long terme, il faudra envisager la création d’un nouveau réseau de distribution d’eau. Avant le séisme, seuls 30% de la population avait accès à l’eau potable. Alors dans ce domaine, on parle plus de construction que de reconstruction ! », explique Pierre. Pour cela, une plus grande implication est nécessaire, que ce soit de la part des bailleurs ou de l’Etat haïtien.

 

Quand la menace d’une nouvelle catastrophe plane sur la reconstruction

Quant à la reconstruction, pour l’heure « elle est seulement dans les discussions », déplore Pierre. Car si les rues sont peu à peu dégagées des gravats, elles sont à nouveau ré-encombrées très vite : « Partout on peut voir des Haïtiens, debout dans les ruines de leurs maisons écroulées, qui cassent le béton avec des outils de fortune et qui mettent leurs gravats dans les rues ». Un autre problème se pose : celui de l’occupation des lieux publics. « Pour que la vie puisse reprendre son cours, il faudrait rouvrir les écoles, les hôpitaux. Mais beaucoup de locaux sont occupés par des déplacés qui n’ont plus de toit et qui n’ont nulle part où aller. Malheureusement cela crée des tensions entre les déplacés et les étudiants, notamment, qui aimeraient reprendre les cours ».

Aujourd’hui, la situation se stabilise pour les Haïtiens, mais la saison des cyclones commence et fait craindre à tous l’arrivée d’une nouvelle catastrophe. « En théorie, c’est la Protection Civile haïtienne qui est censée gérer les situations de désastre. Seulement là, ses locaux ont été complètement détruits par le séisme. De plus, les habitants de Port au Prince sont généralement peu exposés aux cyclones… du moins quand ils sont abrités dans leurs maisons. Entassés dans des camps comme c’est le cas aujourd’hui, on ne sait pas ce qu’il peut arriver ». La vigilance et une forte préparation sont par ailleurs plus que nécessaire car d’autres zones du pays, comme la ville de Gonaïves par exemple, sont très exposées, et la population ne serait pas en mesure de faire face à une nouvelle urgence.

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