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colombie-4.jpg Lys Arango

À la Une

Colombie

Un an après l’accord de paix

À peine revenu du Putumayo, une zone du sud du pays que les FARC contrôlaient encore il y a quelques mois, Olivier Longué, directeur général d’Action contre la Faim Espagne, s’est exprimé à l’occasion d’une rencontre d’information :

 

 

"Pour la communauté internationale et de nombreux Colombiens des grandes villes, le chapitre le plus douloureux de l’histoire récente du pays (les plus de 50 années de guerre qui ont coûté 220 000 vies et fait 7,3 millions de déplacés) s’est refermé."
Olivier Longué
, directeur général d’Action contre la Faim Espagne

Les défis qui attendent le pays dans les mois et années à venir sont pourtant énormes : de vastes zones précédemment sous l’emprise de la guérilla restent inaccessibles à l’État et sont toujours privées de services de base, tandis que le formidable espoir suscité par le processus de paix commence à retomber. Il est trop tôt pour crier victoire. Le prix Nobel de la paix a acquis une reconnaissance internationale du processus ; il est important de préserver tant son esprit que la vague de soutien à la Colombie qu’il a suscitée dans le monde entier.

« Du côté des bonnes nouvelles, il faut signaler la réduction progressive des déplacements (en 2016, le nombre de personnes déplacées a atteint « à peine » un quart des 250 000 recensées en 2014), même si le phénomène est partiellement entretenu par d’autres groupes armés ou criminels qui occupent l’espace libéré par les FARC. L’engagement ferme et irrévocable du gouvernement et de la majorité de la population en faveur de la paix est également à souligner. »

« Rien n’est plus fragile que la paix »

« Grâce à leur grande expérience des situations de conflit et de post-conflit, les organisations humanitaires savent pertinemment que la construction de la paix prend du temps. La signature en grande pompe des accords a cédé la place à un processus complexe devant conduire de la guerre à une économie et une société pacifiques, à la réconciliation de populations qui ont accumulé des années de douleur et de rancœur… Mais ce pays nous a déjà donné un exemple très positif lors de la démobilisation du M19 au début des années 1990, et je suis convaincu qu’il réussira une nouvelle fois à panser ses plaies », a ajouté Olivier Longué, non sans rappeler que cette guerre ne concernait en réalité qu’une partie de Colombie, « une grande partie déconnectée, oubliée, rurale, dans des zones souvent reculées, comme la jungle amazonienne. » 

Le combat n’est pas encore gagné  

La communauté internationale commettrait une grave erreur en relâchant son effort actuel en faveur de la Colombie : « Le processus de paix doit bénéficier d’une supervision neutre. Les sensibilités sont toujours à fleur de peau et un point de vue externe sera fondamental. Un investissement économique est par ailleurs nécessaire (en juillet 2017, les Nations Unies n’avaient récolté que 35 % des 117,3 millions de dollars d’aide humanitaire réclamés, dont 3 millions fournis par le gouvernement espagnol) et il est crucial de sensibiliser les citoyens, en les convainquant que la paix n’est pas hors de portée », a poursuivi Olivier Longué.

Le rôle des organisations humanitaires

« Les organisations humanitaires restent indispensables non seulement pour couvrir les besoins de base en matière d’eau, d’alimentation et de refuge de cinq millions de Colombiens, mais également pour remplir notre fonction de vigilance humanitaire et de protection. Nous tenons à souligner qu’une organisation telle qu’Action contre la Faim, qui œuvre dans le pays depuis 1998, jouit aux yeux des populations exilées d’une reconnaissance à laquelle ne peuvent pas encore prétendre les institutions étatiques, raison pour laquelle nous pouvons et devons accompagner le processus jusqu’au bout », a assuré Benedetta Lettera, responsable géographique d’Action contre la Faim pour l’Amérique latine.

« Le développement rural est en effet l’un des points les plus importants du programme pour la paix et s’accompagne d’importants défis tels que le déminage des champs et la substitution des cultures illicites », a ajouté Olivier Longué. « Agriculture, commerce… tout est à reconstruire, y compris le futur des 15 000 guérilleros démobilisés et des millions de personnes déplacées, qui pourraient décider de ne pas regagner leur région d’origine et partir en quête d’une vie meilleure dans les villes. »

Les catastrophes naturelles imputables au changement climatique, qui ont fait plus d’un million de déplacés dans le pays, et la crise à la frontière avec le Venezuela sont deux autres défis humanitaires qu’il faudra affronter dans les mois à venir.

Action contre la Faim est présente en Colombie depuis 1998. Son équipe composée d’une soixantaine de professionnels de l’aide humanitaire a porté secours à plus de 450 000 personnes au travers de programmes d’eau, assainissement et hygiène, de nutrition et santé, et de sécurité alimentaire et des moyens d’existence. Action contre la Faim est une organisation humanitaire internationale qui lutte contre les causes et les effets de la faim. Nous sauvons la vie de filles et garçons malnutris. Nous garantissons l’accès à une eau salubre, à la nourriture, à la formation et aux soins de santé de base. Nous nous efforçons enfin de libérer les enfants, les femmes et les hommes de la menace de la faim.

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