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Kenya

Ce que les éleveurs kenyans attendent de la réunion FAO

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GARBATULLA, (Kenya), 23 juillet – On a du mal à croire qu’il y a pu avoir ici de verts pâturages. Une terre sablonneuse jonchée de carcasses d’animaux brûlées par le soleil, des mares asséchées, de maigres arbustes rabougris : rien ne semble pouvoir sortir aujourd’hui de ce sol aride. De mémoire de villageois, on n’a pas vu une telle sécheresse depuis au moins soixante ans. Les éleveurs désemparés voient mourir leur bétail, faute de pâturages. Un drame dans cette région où l’élevage est souvent la seule source de revenus et de diversification alimentaire, en dehors de la bouillie de maïs.

Fatuma fait partie des quelque 3,5 millions de kenyans affectés par la sécheresse. Ce matin, une de ses vaches est morte : la 7e en quelques semaines. Aujourd’hui, il ne lui en reste plus que 4. « Regardez nos animaux ! Comment voulez-vous qu’on arrive à les vendre ? s’exclame Hussein, un autre éleveur, en poussant devant lui une chèvre malingre. Personne ne veut acheter des bêtes aussi mal en point. Avant, le bétail nous permettait d’acheter des céréales, de l’huile ou du sucre. Maintenant, plus rien. Beaucoup de gens ont quitté la région mais nous, on ne sait pas où aller. On est nés ici et on ne sait rien faire d’autre que d’élever des animaux. »

Rationnement

Cette année, dans la région de Garbatulla, la « longue saison des pluies» (mars-juin) comme la « courte » (octobre-décembre) ont été mauvaises. Associée à une forte hausse des prix sur le marché, la faiblesse des précipitations a été fatale. Pour économiser les ressources, les communautés prennent des mesures d’urgence, comme le rationnement de l’eau des puits. Dans certains villages, les familles ne sont autorisées qu’à prélever 20 litres par jour et par foyer : une quantité bien inférieure au minimum de 15 litres quotidiens par personne recommandé par l’OMS pour répondre aux besoins basiques en matière d’hygiène et de santé, et qui fait craindre aux équipes d’ACF la recrudescence de maladies hydriques.

Les bêtes, elles aussi, sont rationnées : les troupeaux viennent s’abreuver tour à tour. « Je suis ici depuis 9 heures du matin pour faire boire mes chèvres et il est maintenant 15 heures, explique Giro Abdi, qui mène son troupeau à la pompe. Je suis le numéro 9 par ordre de passage. J’ai soif et je ne peux même pas boire de cette eau ; elle est trop salée pour les hommes.»

Quand on lui dit que les ministres du monde se réuniront lundi à Rome pour élaborer leur réponse à la crise qui les touche, Giro Abdi lance un appel : « Dites-leur que nous avons vraiment besoin d’aide. On ne peut pas continuer comme ça. »

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