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®Veronique de Viguerie pour Action contre la Faim ®Veronique de Viguerie

Témoignages

Yémen

La lutte d’une famille pour survivre au Yémen

Le chiffre le plus bouleversant est probablement celui qui démontre la situation des plus jeunes. En effet, un enfant sur cinq au Yémen souffre de malnutrition aiguë, la forme de faim la plus meurtrière.

Ces chiffres décrivent les grandes lignes de la pire crise humanitaire du monde. Mais – trop souvent oubliés dans les gros titres et les tweets – ces chiffres représentent de vraies personnes qui luttent pour survivre et de vraies familles qui ont leur propre histoire à raconter.

Dans le cadre de notre intervention au Yémen, Action contre la Faim soutient financièrement des milliers de ces familles pour les aider à survivre. Récemment, j’ai été accueilli dans l’une de leurs maisons, où ils ont partagé un peu de ce qu’est la vie.

Avec Waleed, notre chauffeur, et Adel, notre superviseur du programme de sécurité alimentaire et des moyens de subsistance, j’ai parcouru les routes poussiéreuses jusqu’au village de Qaddah, le long de la côte ouest du Yémen. Nous avons été accueillis par Ali, le directeur de l’école locale et un leader communautaire très respecté qui aide nos équipes à identifier et à atteindre les familles du village. Il nous a emmenés rendre visite à Fatima* et à sa famille.

Après le décès de son mari suite à plusieurs AVC, Fatima s’occupe seule de son foyer et doit subvenir aux besoins de six enfants. Deux de ses fils adultes souffrent de graves handicaps, ce qui ne leur permet pas de travailler.

 

DANS LA MAISON DE FATIMA

 

La petite maison de la famille est faite de branches de palmiers, qui forment une frontière floue autour de leur terre mais qui laissent la maison exposée aux dangers. Lorsque nous sommes entrés et que nous nous sommes assis avec Fatima et ses enfants, je n’ai pas vu de cuisine ni de salle de bain. Leur four est à l’air libre, ce qui représente un réel risque d’incendie. Le seul équipement que je vois pour prévenir les incendies est un seau rempli de sable. Je m’inquiète de ce qui se passera si quelqu’un n’éteint pas bien le feu et que des étincelles jaillissent contre les murs dont la matière peut prendre feu rapidement.

Fatima met la tête entre ses mains et se rappelle avec angoisse la terrible situation d’il y a quelques années, lorsque cette région du Yémen était constamment bombardée La famille se cachait sous les sièges sur lesquels nous sommes assis aujourd’hui. La seule nourriture qu’ils avaient à manger était des restes de pain, des tomates et quelques pommes de terre partagées au sein de la communauté.

Je ne pose pas de questions sur les toilettes – c’est un sujet tabou. Mais, comme beaucoup de familles au Yémen, je suppose qu’elles utilisent la zone ouverte derrière leur maison, ce qui les expose aux maladies causées par l’eau et la nourriture contaminées. La famille dort dehors, à découvert, sur des matelas minces où bourdonnent les moustiques et autres insectes, à la recherche de nourriture.

 

 

JOINDRE LES DEUX BOUTS

 

Dans cette région du Yémen, les femmes – même celles qui sont aussi fortes et indépendantes que Fatima – sont confrontées à des difficultés en tant que chefs de famille. Il s’avère difficile pour les femmes de trouver un moyen de gagner de l’argent. Fatima nous montre fièrement ses compétences en matière de vannerie en osier – elle est déterminée à en faire une entreprise. Mais cela ne suffit pas.

Sari, l’un de ses fils, est pêcheur. Dans les bons jours, il attrape dix poissons – huit pour la vente et deux à partager avec sa mère, ses frères, sa femme, ses filles, ses nièces et ses neveux près du feu. Cependant, à partir d’octobre, comme chaque année, la saison des vents au Yémen empêche Sari et l’autre pêcheur de sortir en mer en toute sécurité et de gagner un revenu pendant six mois.

Fatima utilise ses mensualités monétaires d’Action contre la Faim pour acheter de la nourriture au marché local. Deux de ses petites-filles ayant récemment souffert de fièvres, elle utilisera également une partie de son argent mensuel pour payer le transport vers l’un des dispensaires gratuits gérés par notre équipe.

 

L’ESPOIR DANS LA PROCHAINE GENERATION

 

J’essaie de parler avec le petit-fils de Fatima, Ahmad, qui a sept ans, mais quand je lui demande ce qu’il a appris à l’école dernièrement, il est trop timide pour répondre. Puis, alors que nous nous levons pour partir, il dit tranquillement à quel point il est heureux d’être à l’école et est excité à l’idée que sa grand-mère puisse acheter des chaussures et de la papeterie.

L’école communautaire se situe à côté de la maison de Fatima. Elle a été agrandie par l’UNICEF et un partenaire local il y a quelques années. Action contre la Faim a fourni de l’énergie solaire et des puits d’eau à l’école, contribuant ainsi à la création d’un environnement sain pour un plus grand nombre d’élèves.

Ahmad est le seul enfant de la famille élargie qui va à l’école. Les enfants de Fatima n’ont pas pu bénéficier d’une éducation, elle garde donc de grands espoirs pour l’avenir de son petit-fils.

J’ai rendu visite à Fatima et à sa famille pendant une heure. Je me souviendrai toujours de leur maison et de la gentillesse qu’ils m’ont témoignée. Ils resteront avec moi pendant que j’écris des rapports et que je plaide en faveur de l’aide à apporter à d’autres familles.

Je suis fière de faire partie de mon équipe. Nous sommes sur le terrain 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et c’est notre entière responsabilité de rencontrer et de défendre les personnes qui ont besoin de notre aide.


*Les noms ont été changés.

Duaa
coordinateur de terrain pour Action contre la Faim
Yémen

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