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Christophe Da Silva pour Action contre la Faim

En Immersion

Tchad

Au cœur d’une distribution dans un camp de réfugiés nigérians

 

L’escalade des violences en décembre et janvier dernier a eu pour conséquence de nouvelles vagues d’exil dans les pays voisins : plus de 4000 personnes ont traversé le lac pour rejoindre le Tchad portant le nombre de réfugiés nigérians à près de 16 000 personnes. Si certains se sont installés dans les villages hôtes de la région ou en milieu urbain, la majorité sont désormais dans le camp de Dar Es Salam. 

lA DISTRIBUTION

Ouvert depuis 2014, il accueille à présent 13 000 personnes. Francine scrute du regard la foule qui se presse autour du cordon tendu entre les arbres rachitiques du camp de réfugiés de Dar Es Salam au Tchad. Une centaine de personnes, principalement des femmes et des enfants, tous réfugiés nigérians attendent d’être appelées pour percevoir leur kit d’articles ménagers essentiels. Au centre du cercle, deux membres d’Action contre la Faim expliquent le contenu du kit. Ils sont des relais communautaires, des réfugiés qui vivent dans le camp et qui sont embauchés comme journaliers de manière ponctuelle. « Les familles sont arrivées en janvier dernier, elles ont fui l’attaque de Rann au Nigeria pour se réfugier ici, explique Francine qui gère la base de Baga Sola d’Action contre la Faim au Lac Tchad. A leur arrivée, en parallèle de creuser des forages et construire des latrines, nous avions fait une première remise de biens de première nécessité en termes d’hygiène mais suite à une enquête post-distribution nous avons noté que tous les ménages ne possédaient pas un certain nombre d’éléments essentiels tels que des couvertures, des nattes, ou des seaux. Les savons se sont rapidement épuisés c’est pour ça qu’il est important de redistribuer à nouveau. »

ACTION CONTRE LA FAIM - TCHAD © Christophe Da Silva pour Action contre la Faim

Christophe Da Silva pour Action contre la Faim

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lA VIE DANS LE CAMP

Amina vient d’être appelée. Sa carte d’identification de réfugié en main elle se dirige vers les équipes qui la font émarger en trempant son doigt dans de l’encre. Nousseiba, 3 mois, est accrochée dans son dos. L’enfant est née de l’autre côté du Lac Tchad, à peine une semaine avant que les insurgés n’attaquent leur village. Amina récupère son kit et se dirige chez elle. A mi-chemin Oumar, son mari la rejoint pour l’aider. « Ils sont arrivés à 5h du matin, mon grand-frère a été tué. Avec Amina, nous avons 3 enfants mais j’ai aussi amené mes parents, la veuve de mon frère et ses 4 enfants. » Avec sa famille, ils ont marché durant trois jours avant de trouver une pirogue pour les faire traverser. « Je n’ai pas payé le passage, les gens ont été solidaires. Maintenant nous sommes ici, mais je sais qu’une partie de mes proches s’est réfugiée ailleurs au Nigeria. Je n’ai plus de téléphone et aucun moyen de les contacter » explique Oumar.

La famille s’estime chanceuse, l’emplacement qui leur a été attribué est accolé à un arbre qui fournit un peu d’ombre. Leur habitation se réduit à une tente faite de bâches dans laquelle il est difficile de rester à cause de la chaleur ambiante qui avoisine les 45°C. A 12 personnes, il est compliqué d’avoir un peu d’intimité. Ils ont aménagé une petite percola faite de branchages sous laquelle le kit est déballé. « Dans mon pays, j’étais pêcheur et je faisais un peu d’agriculture, se remémore Oumar, désormais nous ne faisons qu’attendre les distributions pour vivre. C’est ce qu’il y a de plus dur, ne pouvoir rien faire et ne pas savoir si nous pourrons reprendre une vie normale. »

Amina, quant à elle, ne veut pas évoquer la fuite. Les souvenirs sont douloureux.

Francine soupire « Il y a un vrai besoin de soutien psychologique sur les traumatismes. En janvier, nous sommes allés à Ngouboua qui est sur le Lac Tchad, dans un camp de transit pour les réfugiés. Nous avions mis en place en urgence un système d’adduction d’eau pour apporter rapidement de l’eau potable. Et à un certain moment, il y a eu des bruits d’armes et on a constaté une psychose. Des mamans qui venaient nous voir en demandant « qu’est ce qui se passe ? est-ce que c’est pas fini ? est-ce que ça va nous retrouver ? ». La réalité c’est que les financements sont rares pour ce type de soutien mais il faut accompagner ces communautés qui ont tout quitté et qui se sont retrouvés au milieu de nulle part totalement dépendantes de l’assistance humanitaire. »

 

Présente au Tchad depuis 1982, Action contre la Faim a ouvert la base de Baga Sola en avril 2016 dans la Province du Lac Tchad pour soutenir les personnes réfugiées, mais aussi les déplacés internes et les communautés hôtes impactées par cette crise humanitaire qui se superpose à un contexte socioéconomique déjà difficile. Dans la Province nous mettons en place des activités en eau, assainissement et hygiène telles que le forage de puits, la construction de latrines ou encore des sessions de sensibilisation à l’hygiène et à la défécation à l’air libre qui peut entrainer des maladies diarrhéiques comme la sous-nutrition. En parallèle, pour permettre aux populations de dégager des ressources et d’assurer leurs avenirs, nous mettons en place RESILAC un projet de long terme en consortium avec CARE et le Groupe URD, qui vise à apporter une réponse mêlant urgence, réhabilitation et relèvement dans la région du lac Tchad (frontalière du Cameroun, du Niger, du Nigéria et du Tchad) – zone affectée par une crise économique et sociale, des chocs climatiques récurrents et une crise sécuritaire d’ordre régional.

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