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À la Une

Burkina Faso

Soutien psychosocial aux personnes déplacées

 Six sont particulièrement touchées – le Sahel, le Centre Nord, la Boucle du Mouhoun, le Nord, l’Est et le Centre Est – et nécessitent une aide d’urgence.

Dans ce contexte marqué par les violences, le renforcement des capacités de prise en charge des traumatismes est un enjeu majeur, notamment dans les zones d’accueil de déplacés. D’autant plus lorsqu’on sait que l’apparition de troubles mentaux augmente dans les situations de conflit : environ 5 % des personnes développent des troubles mentaux graves et 17 % des troubles légers ou modérés.

 

Les déplacés internes face aux traumatismes

 

Entre la violence liée aux conflits et le chemin de l’exode vers la sécurité, les déplacés doivent faire face au changement soudain de leurs conditions de vie. Les pertes physiques, économiques et sociales engendrées par les évènements ont un impact psychologique et psychosocial important sur les individus.

« Nous avions déjà entendu des rumeurs sur des tueries mais nous ne pensions pas pouvoir en être victimes. Nous avons pris peur et nous nous sommes enfui. Depuis notre arrivée ici nous ne sommes pas tranquilles car au village on cultivait et on gagnait de quoi manger. Nous n’avons pu emporter que trois sacs de riz avec nous. »  raconte Mariam*, cette mère de famille de 32 ans. 

En plus d’avoir été exposées à de nombreux chocs et évènements traumatiques, les personnes déplacées ont dû tout abandonner derrière elles dans leur fuite. Elles doivent vivre aujourd’hui dans des conditions difficiles où leurs besoins de base ne sont pas remplis (manque d’accès à l’eau et à la nourriture, manque de soins, abris inadaptés) et dans l’inquiétude permanente d’éventuelles dégradations de la situation sécuritaire dans leur zone d’accueil.

Les personnes manifestent alors des signes de détresse psychologique liés aux traumatismes qui se traduisent par différents troubles d’ordre somatiques (céphalées, insomnies, douleurs physiques, perte d’appétit), émotionnels (tristesse, peur, anxiété, dépression) ou comportementaux et cognitifs (difficulté de concentration, perte de mémoire, agressivité, reviviscence, évitement etc.).

« Un jour de marché des individus armés ont fait irruption dans notre village, ont capturé mon père et l’ont tué. Nous avons pris la fuite pour nous réfugier à Fada. Par moment j’ai peur que ces personnes ne reviennent et je pleure. J’ai reçu des conseils pour être moins anxieuse et maintenant je n’y pense plus quand je dors. »  explique Samira*, 12 ans

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Santé mentale Burkina Faso

© Action contre la Faim Burkina Faso

Un soutien psychologique indispensable pour avancer

 

Depuis août 2020, Action contre la Faim a mis en place des activités en santé mentale et soutien psychosocial dans la région de l’Est du Burkina Faso afin de réduire les souffrances psychologiques des personnes affectées par les conflits armés qui perdurent.

Cette réponse d’urgence vise à renforcer et à améliorer les mécanismes d’adaptation, la capacité de résilience et le bien-être des personnes en détresse psychologique. A travers ce programme, nos équipes mettent en place une prise en charge du psycho-traumatisme pour les adultes et les enfants, ainsi que des sessions de formation aux Premiers Secours Psychologiques pour les acteurs clés de la communauté.

« Dans mon village j’étais agent de santé à base communautaire, mais à cause de la situation sécuritaire, j’ai été contraint de me déplacer. Ici j’ai été identifié pour bénéficier d’une formation sur les premiers secours psychologiques. Avant il arrivait que des personnes viennent me voir pour des problèmes de cet ordre mais je n’arrivais pas à les aider. J’avais une mauvaise perception de la santé mentale que je prenais pour de la folie. Maintenant je peux aider, j’ai appris que le traumatisme peut être pris en charge et même soigné. » témoigne Ibrahim, marié et père de 9 enfants

Entre octobre 2020 et janvier 2021, 66 personnes clés de la communauté ont été formées aux Premiers Secours Psychologiques ; 391 personnes ont participé aux séances de psychoéducation et 221 personnes dont 186 femmes et 33 enfants ont bénéficié des dispositifs thérapeutiques (séance de groupe et/ou individuelle). Les personnes prises en charge affirment avoir surmonté certaines difficultés grâce à l’accompagnement proposé.

« Nos mamans nous ont dit qu’il y avait une réunion pour les enfants. Je présentais les signes expliqués sur les photos, mais maintenant ils ont beaucoup diminué. » témoigne Aicha*, 14 ans.

"J’ai moins peur qu’avant et je dors mieux. J’ai pu rencontrer de nouveaux amis avec lesquels je joue depuis."
Aicha
Burkina Faso

La difficulté d’accès aux services psychologiques dans les zones reculées reste un défi au Burkina Faso, renforcé par la stigmatisation associée aux problèmes de santé mentale. Il s’agit d’un réel enjeu pour le pays qui manque cruellement de traitements et de ressources humaines pour la prise en charge de ces troubles. Il n’existe qu’un nombre très limité de psychologues et d’infirmiers spécialisés et seulement une dizaine de psychiatres pour tout le pays.

*Les prénoms ont été modifiés

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