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À la Une

Irak

Survivre au traumatisme

Tout a commencé en 2014, lorsque l’Etat islamique a pris possession de Bawiza, un village au nord de Mossoul. A l’époque, Abdul, 19 ans, vivait avec sa famille et occupait ses journées à vendre des jouets dans la rue.

Deux ans sous le contrôle de l’Etat islamique

Pendant deux ans, l’EI a réussi à construire un système de gouvernance fondé sur l’instrumentalisation de la terreur et l’utilisation d’une violence inouïe pour imposer son interprétation de la loi islamique. Ils frappent les fumeurs, amputent les mains des voleurs, jettent les homosexuels du haut des immeubles. « J’ai vu de mes propres yeux la lapidation de deux femmes accusées d’adultère. Elles suppliaient mais ils les ont tuées« , raconte Abdul Aziz, qui confie être encore aujourd’hui parfois réveillé par leurs voix appelant à l’aide. Dans le camp où il a trouvé refuge, Abdul ne supportait pas le confinement :

 « Je me suis senti étouffé et les souvenirs me tourmentaient. Tous ceux qui étaient là avaient vécu l’horreur ».

Ahmed Sulaiman, chef de projet en santé mentale et en soutien psychosocial pour Action contre la Faim raconte : « Certains cas de suicides s’étaient déjà produits chez des personnes déplacées et Abdul souffrait de dépression sévère et de stress post-traumatique. Cependant, après quelques séances de travail avec l’un des psychologues de l’équipe, son état a commencé à s’améliorer. Nous l’avons soutenu pour qu’il développe sa propre stratégie d’adaptation au traumatisme : l’aider à parler de ses expériences, à traiter ses sentiments afin de limiter son stress ». Après 17 jours, Abdul était prêt à rentrer chez lui.

 

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Lys Arango

Quelques mois plus tard, notre équipe mobile sillonne les rues de Bawiza. Les stigmates de la guerre sont visibles : les maisons sont couvertes de gravas, les façades perforées par des éclats d’obus. Le bruit des bombes provenant de Mossoul (située à seulement 8 km) devient plus audible et des colonnes denses de fumée se dessinent dans le ciel. Petits et grands ne sursautent pas, la guerre fait partie de leur quotidien.

Abdul est là et s’avance à un rythme lent parmi la foule qui s’approche. « Il ressemble à une autre personne« , dit Ahmed.

« C’est très impressionnant d’avoir travaillé dans les camps avec des personnes déplacées et de les revoir après leur retour chez eux ».

Lorsque l’équipe y est entrée pour la première fois, Bawiza avait des allures de ville-fantôme. « Il n’y avait pas d’eau, pas d’électricité, pas de nourriture. Aucun accès aux services de santé de base. Depuis, la situation s’est à peine améliorée. Si les conditions ne changent pas, la majeure partie de la population restera dans les camps ».

 

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Survivre au traumatisme

A l’intérieur du minibus, sept hommes sont assis en cercle. Guidés par un psychologue et un travailleur social d’Action contre la Faim, ils commencent à parler. Chacun exprime ses peurs et ses problèmes. Quand vient le tour d’Abdul, il regarde Ahmed et dit: « Je voudrais retourner à l’école. Je pense que l’éducation résoudrait beaucoup de problèmes dans notre société. » Il s’interrompt un instant, respire profondément avant de conclure : « j’aimerais avoir les clefs nécessaires pour aider les autres dans le futur ».

Depuis sept mois, l’offensive militaire menée par les forces de sécurité irakiennes pour récupérer Mossoul aux mains de l’EI, a obligé plus de 300 000 personnes à fuir, en plus des 3 millions de personnes déplacées en Irak depuis 2014.

« Les familles qui ont été déracinées font face à de nombreux obstacles pour s’adapter à la vie dans les camps, et ceux qui choisissent de revenir chez eux ont tout à reconstruire », explique Lisa Peyre, coordinatrice de l’intervention en santé mentale d’Action contre la Faim.

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