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Bangladesh - Hygiene promotion © Sébastien Duijndam
pour Action contre la Faim

En Immersion

1 an après l'exode Rohingya

La chanson comme outil de sensibilisation

Habibur Rahman chante sur un rythme local, mais les paroles ne sont pas celles auxquelles on s’attend. Elles parlent de pratiques d’hygiène, telles le lavage des mains, qui permettent d’éviter des maladies. Elles énoncent des principes de précaution, tout en adressant les problématiques qui préoccupent l’assemblée : la difficulté à trouver des médicaments si l’on tombe malade et le coût des traitements dont on peut s’affranchir en respectant ces règles simples.

Habibur Rahman est lui-même Rohingya, il a fui son pays en 2008.

"Le gouvernement me forçait à travailler dans des champs sans salaire."
Habibur Rahman
Cox's Bazar, Bangladesh

« J’ai traversé la frontière avec mon instrument et en 2009 j’ai commencé à travailler avec Action contre la Faim. J’ai appris la mandoline à l’âge de 15 ans dans mon village. Ici, j’aide à concevoir des textes en fonction des messages de prévention sur l’hygiène et je les mets en musique. »

 

L’approche musicale peut surprendre mais son impact est indéniable. Le tenancier du salon de thé a lui aussi changé ses pratiques d’hygiène et invite ses clients à faire pareil. Situé en bordure de route, le lieu est très passant, ce qui permet de sensibiliser un grand nombre de personnes.

Mohammad Belal Uddin est le responsable de projet eau, assainissement et hygiène. Il anime ces rencontres avec les habitants du camp, soutenu par des volontaires communautaires et le chanteur. Il dirige la séance, s’assure que les gens ont compris les messages et distribue une trousse d’hygiène basique avec serviette, coupe-ongles et savon aux participants. « Il y a un an, nous avons commencé à travailler avec les nouveaux arrivants. Les conditions étaient terribles : pas d’accès à l’eau, pas de latrines et pas de gestion des déchets. Les gens jetaient les ordures et leurs déjections dans les canaux. C’était la situation parfaite pour le développement des maladies liées à l’eau comme la diarrhée qui peut conduire à la malnutrition. Maintenant, bien que les abris soient de fortune, il y a plus d’accès aux services de base. Les connaissances et les comportements se sont également améliorés. »

Une évolution que Selim Kham a lui-même expérimentée au sein de sa famille. Il a fui le Myanmar en 2008 lors de situations de violence similaires et, à tout juste 28 ans, il fait désormais partie des volontaires communautaires d’Action contre la Faim. « Je suis heureux d’avoir l’occasion d’enseigner aux gens comment améliorer leurs conditions de vie et prévenir les maladies. J’apprends en même temps. J’ai convaincu ma famille et mes voisins de l’importance de tels comportements. J’ai un garçon de 4 ans. A présent, chaque fois que ma femme le nourrit, elle s’assure qu’il s’est lavé les mains avant de manger. Au Myanmar, nous nous lavions les mains en utilisant uniquement de l’eau, maintenant nous savons que nous devons utiliser du savon. Ce sont ces petits détails qui font la différence. »

Apprendre par le jeu

À quelques allées de là, un autre type de séance de sensibilisation à l’hygiène se déroule. Loin de l’ambiance sérieuse de la maison de thé, une quinzaine d’enfants est réunie sous un préau de bambous. Entre deux rires, les volontaires communautaires ont bien du mal à discipliner tout un chacun. Petit à petit, les garçons et les filles se concentrent. La séance peut commencer : un jeu de rôle pour expliquer comment les germes se transmettent entre individus, de main en main. Chacun leur tour, les enfants répètent les sept étapes de lavage de mains.

Quelques heures plus tard, ce sera l’atelier de gestion des déchets. Toujours auprès des enfants : « ils apprennent vite et partagent leurs connaissances avec leurs proches. C’est très important d’éduquer les nouvelles générations pour que les comportements changent » explique Monina Yasmin, chargée de projet eau, assainissement et hygiène. Une volontaire s’approche du groupe, un panier à la main. Des reflets irisés s’en échappent, attirant l’attention des plus jeunes. Chacun reçoit une balle emballée dans du papier-cadeau brillant. L’excitation est à son comble et les paquets sont vite déchiquetés. Jetés au sol, les emballages s’engluent dans la boue. Gentiment, les volontaires expliquent les bons réflexes à adopter : jeter les déchets dans les endroits dédiés et brûler ceux contaminés par des substances organiques.

« Nous organisons également des séances spécifiques avec les jeunes filles et les femmes sur l’hygiène menstruelle. Nous nous sommes aperçus que les connaissances à propos des menstruations étaient très pauvres. Ce manque d’information mène à de mauvaises pratiques et avec les conditions sanitaires déplorables, cela favorise le développement d’infections et de maladies. » raconte Monina. « Au début des séances, nous rassurons les femmes. C’est un phénomène normal et naturel que chaque femme vit. Il n’y a pas de honte à avoir. Nous leur expliquons le fonctionnement du cycle féminin, comment bien désinfecter les protections utilisées et comment se débarrasser des déchets. J’aime le fait de pouvoir aider les gens. Quand je les recroise, ils m’interpellent souvent « Apa1, merci d’être venue » et cela fait sens pour moi. »


1 Apa, terme générique signifiant « sœur » pour s’adresser à une femme

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