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À la Une

Urgence

sécheresse en Amérique Centrale

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  • Une évaluation nutritionnelle, réalisée auprès d’environ 800 enfants de 6 communes de 3 départements du « Couloir de la Sécheresse » a montré que le taux de malnutrition aigüe atteignait à peine les 0,5%. De plus, aucun cas de malnutrition aigüe sévère n’a été recensé.
  • Les programmes mis en place par Action contre la Faim dans le nord du Nicaragua portent leurs fruits et à l’heure actuelle, la situation nutritionnelle est sous contrôle.

 

Managua, mai 2010

Suite à la situation alimentaire et nutritionnelle détectée par ACF-Espagne dans le Couloir de la Sécheresse au Nicaragua, due à la sécheresse provoquée par le phénomène « El Niño », l’organisation a réussi à maintenir le taux de malnutrition à un niveau assez bas grâce à des programmes mis en place dans la zone. Il est toutefois nécessaire de maintenir le niveau d’alerte car le problème alimentaire se poursuit.

Face à l’urgence que constitue le manque de nourriture, l’organisation a mis en place un programme d’urgence de distribution de semences et de matériel, et une surveillance nutritionnelle, financés par l’Office d’Aide Humanitaire de la Commission Européenne (ECHO), qui a apporté son soutien afin de faire face à la sécheresse en facilitant l’accès à la production agricole pour plus de 2600 familles de 150 communautés. « Avec la distribution de kits de matériel agricole qui contiennent notamment des graines de maïs améliorées et des fertilisants, 1400 hectares de céréales ont pu être plantés lors de la première période de production de la saison agricole, soit le triple de l’objectif initial », indique José Luis Vivero, coordinateur régional pour l’Amérique Centrale d’ACF-Espagne.

Ce projet sera renforcé par l’installation de plus de 80 silos communautaires, afin que les producteurs disposent d’un lieu où entreposer une partie de leur récolte pour constituer une « banque de semences ». Cela leur permettra ainsi de disposer de réserves pour pouvoir semer une deuxième fois pendant la saison agricole, non seulement en 2010 mais aussi durant les prochaines années.

De même, des « sites sentinelles » de surveillance et d’alerte précoce ont été établis dans 25 communautés, en coordination avec le Ministère de l’Agriculture et des Forêts du Nicaragua (MAGFOR) et avec l’appui de la FAO et de Plan International. Les communautés s’engagent à participer en tant que références à la surveillance des facteurs qui déterminent la sécurité alimentaire des habitants de leur région.

D’autre part, la première récolte de la saison n’aura pas lieu avant le mois d’août et il existe actuellement très peu d’opportunités d’emplois permanents. C’est pourquoi Action contre la Faim a mis en place un programme intensif de recrutement de main d’oeuvre qui a bénéficié à 2400 familles et leur a permis de supporter la sécheresse tout en maintenant les niveaux de malnutrition sous contrôle.

 

L’urgence continue

« Nous avons remarqué que les familles diminuaient de plus de 70% la quantité de céréales de base qu’elles préparaient pour leur repas, ainsi que les rations et les temps de repas, jusqu’à consommer un quart de la portion de maïs par personne et par jour. Dans le même temps, les prix sur le marché augmentent chaque semaine, ce qui limite l’accès aux aliments pour la population », remarque José Luis Vivero. « Dans la majorité des communes du Couloir de la Sécheresse nicaraguayen, les producteurs n’ont plus de semences pour la première période de la saison agricole, c’est pourquoi plus de 80% des familles achètent actuellement leurs aliments et exercent un travail temporaire sporadique », ajoute José Luis. Pendant ce temps, à cause de la sécheresse, l’eau continue à être rationnée dans les puits communaux. Des horaires ont été déterminés pour la distribution, et la quantité est limitée à un seau par famille et par jour.

Les situations de « risque de malnutrition » et de « malnutrition modérée » risquent de s’aggraver si le manque d’aliments et de travail temporaire persiste. L’augmentation des prix des produits de base (maïs et haricots) sur les marchés locaux en affecte l’accès, et dans certains villages, la population la plus vulnérable a déjà commencé à vendre ses biens, comme des poules et des porcs. « Bien que le Couloir de la Sécheresse soit plutôt vert à l’heure actuelle et que le manque d’aliments dans les foyers n’ait pas engendré une crise nutritionnelle pour les enfants, le problème alimentaire continue », note José Luis Vivero.

 

Action contre la Faim souhaite, entre autres :

– nourrir les enfants à l’école durant les mois critiques (de mai à juillet)

– établir des programmes intensifs de recrutement de main d’oeuvre (emplois temporaires non qualifiés) pour pouvoir venir en aide à la population vulnérable afin d’éviter une migration forcée et fournir des ressources aux familles les plus pauvres

– renforcer les « Sites sentinelles » au niveau communautaire

– renforcer le programme de Bons Alimentaires et en faire un élément important du « Réseau de Protection Sociale contre la Faim »

– développer l’offre en quantité et en qualité des biens fournis

 

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