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FSL Cambodia 2016 Guy Calaf

À la Une

Lutte contre la Faim

Toujours pas une priorité pour le gouvernement

Certes, des décisions encourageantes ont été prises. Nous saluons par exemple le choix du gouvernement de quitter la Nouvelle Alliance pour la Sécurité Alimentaire et la Nutrition (NASAN), demande portée par Action contre la Faim depuis plusieurs années. Cette alliance renforçait le poids des multinationales au détriment de l’agriculture paysanne en Afrique.

Concernant le droit international humanitaire, le document l’évoque à peine. Il est pourtant primordial d’accroitre les actions diplomatiques en faveur de la résolution des conflits. Le gouvernement doit s’engager à respecter le droit international humanitaire, mais aussi et surtout à le promouvoir, ainsi que les les droits humains.

 

Nous condamnons également la vision promue dans le texte sur l’aide au développement qui « contribue à réduire les incitations aux départs (..) et ce faisant, l’immigration irrégulière ». Rappelons qu’il est prouvé que le développement économique d’un pays n’a jamais permis de réduire le flux migratoire. L’aide au développement a pour seul et unique objectif l’éradication de la pauvreté dans les pays les plus vulnérables.

 

PAS D’ENGAGEMENT POUR LA SOUS-NUTRITION

Nous regrettons que la lutte contre la sous-nutrition ne soit que brièvement mentionnée par le document. Pire, aucun engagement financier n’y est annoncé pour soutenir le secteur. La lutte contre la faim n’est de toute évidence pas prise au sérieux par le gouvernement.
En n’engageant aucune nouvelle dépense financière dans la lutte contre la sous-nutrition, la France assume ainsi pleinement le fait d’être l’un des pays de l’OCDE qui contribue le moins à cette lutte : 25 millions d’euro en moyenne par an, contre 700 millions pour l’Angleterre !
Pourtant, la faim est est un enjeu étroitement lié aux priorités annoncées par le gouvernement français, que sont le genre, l’éducation et le climat. Elle touche aussi 815 millions de personnes dans le monde. Et tue 6900 enfants par jour.

"La France, 6ème puissance mondiale, a un devoir humain d’aider les populations en souffrance ."
thomas-ribemont
Thomas Ribémont
Président, Action contre la Faim

Il nous paraît aujourd’hui tout à fait inacceptable d’ignorer cette problématique, dans un monde marqué par une hausse du nombre de personnes touchées par la faim, et par les quatre crises alimentaires vécues au Yémen, Soudan du Sud, Nigéria et Somalie.

 

C’est un relevé de décision en demi-teinte qu’a publié, le 8 février, le gouvernement français. Sous la gouvernance du Premier Ministre, les ministères se sont réunis pour acter les priorités sectorielles, financières et géographiques de l’aide française dans les pays en voie de développement lors du Comité interministériel de la coopération internationale et du développement (CICID).

Saluons, dans un premier temps, la décision du gouvernement de quitter la Nouvelle Alliance pour la Sécurité Alimentaire et la Nutrition (NASAN), demande portée par Action contre la Faim depuis plusieurs années. Cette alliance renforçait le poids des multinationales et les intérêts de l’agrobusiness au détriment de l’agriculture paysanne en Afrique. La France accentue ainsi sa volonté de soutenir « un développement rural inclusif et l’agriculture familiale, à travers une intensification agro-écologique et une amélioration de la nutrition des populations ». Dommage, qu’aucun objectif financier sur la sécurité alimentaire ne soit mentionné. Une fois encore.

La lutte contre la malnutrition n’est pas une priorité du gouvernement et cela se confirme avec une mention très brève de l’enjeu mais également l’inexistence d’engagements financiers. Pourtant, la faim est étroitement corrélée aux priorités annoncées par le gouvernement (le genre, l’éducation et le climat). Les effets du changement climatique ont des conséquences directes sur les populations vulnérables (diminution des ressources, désertification, submersion des basses-terres) et devraient impliquer le déplacement forcé de 250 millions de personnes d’ici à 2050. Les engagements financiers annoncés pour les secteurs du genre et de l’éducation étaient nécessaires mais rappelons qu’un enfant qui a le ventre vide, n’ira pas à l’école et que la faim tue 6900 d’entre eux par jour.

En n’engageant aucune dépense financière dans la lutte contre la malnutrition, la France assume ainsi pleinement le fait d’être l’un des pays de l’OCDE qui contribue le moins à lutter contre cet enjeu (25 millions d’euros en moyenne par an contre 300 millions pour la lutte contre les trois grandes pandémies VIH-SIDA, tuberculose et paludisme). Pourtant, difficile d’ignorer cette problématique dans un monde marqué par une recrudescence du nombre de personnes touchées par la faim (+38 millions) et par les quatre crises alimentaires vécues au Yémen, Soudan du Sud, Nigéria et Somalie. La nutrition nécessite des engagements financiers immédiats. En 2015, la Grande-Bretagne allouait 28 fois plus de fonds à cette cause que la France (700 millions d’euros), une situation qui demeure inacceptable.

Difficile également d’ignorer les taux de malnutrition chronique particulièrement élevés dans les pays du Sahel, pourtant priorisés par la France notamment à travers l’Alliance pour le Sahel. Cette initiative qui se veut être le pendant développement de la force militaire G5 Sahel- Tchad, Mauritanie, Mali, Niger, Burkina-Faso- est en filigrane, une initiative pour lutter contre l’insécurité, la migration et le terrorisme. A ce titre, nous condamnons la vision promue dans le texte sur l’aide au développement qui permettrait « de traiter les causes profondes des flux migratoires irréguliers ». Cet aspect marque un recul des politiques de développement. Rappelons qu’il est prouvé que le développement économique d’un pays n’a jamais permis de réduire le flux migratoire. L’aide au développement a pour seul et unique objectif l’éradication de la pauvreté dans les pays les plus vulnérables.

Enfin, cette feuille de route évoque à peine l’action humanitaire de la France. Il est pourtant primordial d’accroitre les actions diplomatiques en faveur de la résolution des conflits. Le gouvernement doit s’engager à respecter mais aussi et surtout à promouvoir le droit international humanitaire et les droits humains, ainsi que les principes humanitaires d’impartialité et de neutralité qui guident l’action humanitaire.

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