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IMG_6584 © Action contre la Faim Tchad

À la Une

Tchad

Quand l’accès à l’eau entraîne violences et déplacements

Plusieurs villages ont été attaqués forçant les familles à fuir pour leur survie, laissant derrière elles leurs biens et leurs champs. Action contre la Faim est mobilisée depuis la mi-janvier à leurs côtés pour leur offrir un support d’urgence.

 

Les ressources naturelles, une source de conflit

 

Au cœur de ce conflit, des tensions liées à l’accès aux points d’eau et aux terres de pâture dans le district de Logone-Birni (Cameroun). « Ils se battent à cause de l’eau et du pâturage. Tous les habitants de mon quartier ont fui car ils attaquent tout le monde sans distinction. » explique Augustine Kadjala, veuve et mère de six enfants, originaire de Kousseri au Cameroun.

Alors que la pression sur les ressources naturelles ne cesse d’augmenter à cause du dérèglement climatique, les communautés d’éleveurs nomades et celles des agriculteurs et pêcheurs sédentaires voient leurs moyens d’existence diminuer et la coopération entre leurs deux groupes s’effriter. La situation d’insécurité latente dans la zone du Lac Tchad ne fait que renforcer ces dynamiques et freine les mécanismes locaux de cohésion sociale et de résolution des conflits. Ces épisodes de violences entraînent des vagues de déplacements au Cameroun mais aussi au-delà des frontières vers le Tchad limitrophe.

"J'ai fui mon pays par peur de mourir pour venir au Tchad"
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Koyalto Déborah Grâce
N'Djamena, Tchad

Koyalto Déborah Grâce est mère de sept enfants et grand-mère d’un petit garçon de quelques mois, elle était absente le jour de l’attaque. Sa maison a été entièrement pillée et sa famille a dû fuir précipitamment « Ce jour-là, j’étais au village, ma fille était restée à la maison avec son enfant. Elle était bloquée chez nous car notre quartier a été pris pour cible. Tous les habitants de notre quartier étaient paniqués et ils ont commencé à fuir les violences. Ma fille m’a appelée. Elle était choquée et paniquée. Je lui ai dit de quitter la maison le temps que j’arrive. Elle s’est cachée dans la maison de ses cousins. »

 

 

Des conditions d’accueil rudimentaires et des besoins immenses

 

Arrivées au Tchad, les familles ont pu s’installer dans la capitale N’Djaména dans les sites de Nguéli et Karway mais nombreux sont ceux qui se retrouvent démunis. Augustine a construit un petit abri de fortune pour s’abriter avec ses enfants. Mais l’étroitesse du lieu les oblige à se séparer « Quatre enfants dorment avec moi, et deux autres avec ma voisine à côté. Elle a plus d’espace que moi et a accepté que mes enfants partagent son abri de fortune la nuit. »

Pour Abdou Bouba, le soulagement de se mettre à l’abri est tempéré par les perspectives d’avenir « Avec ma femme et mes trois enfants, nous sommes arrivés au Tchad avec seulement les vêtements qu’on portait. »

"Nous nous sommes débrouillés pour construire nos abris avec les moyens du bord en ramassant par terre tout ce qui nous semble utile pour la construction."
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Abdou Bouba
N'Djamena, Tchad

Recruté par Action contre la Faim comme journalier, Abdou encadre désormais les distributions menées par les équipes du mécanisme de réponse rapide (RRM).

Depuis mi-janvier, soutenue par ECHO, Action contre la Faim a commencé à distribuer des articles de première nécessité. 4000 familles réparties dans les onze sites de Nguéli ont reçu des kits d’articles non alimentaires et bénéficient d’un soutien monétaire durant trois mois. « Nous distribuons des kits composés de 2 nattes de 3 places, 2 couvertures, 2 moustiquaires, 2 jerrycans de 20 litres et une somme de 17000 FCFA soit environ 25€ par ménage pour leurs permettre de se procurer des articles complémentaires au marché local. » explique Damienne Beksoubo, Responsable programme sécurité alimentaire et moyens d’existence.

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© Action contre la Faim Tchad

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Le soutien monétaire, une aide efficace et digne

 

Pour les personnes déplacées, le soutien monétaire permet de répondre aux besoins immédiats comme l’achat de nourriture mais aussi de reprendre du pouvoir de décision sur leur sort. Koyalto songe à ouvrir un petit commerce « avec l’argent que je viens de recevoir, je vais acheter de l’huile et des pistaches pour faire des boulettes et vendre. Même si je n’ai que 500 FCFA comme bénéfice, ce sera déjà beaucoup »

Quant à l’avenir, beaucoup ne songe pas à retourner au Cameroun tant que la situation ne se sera pas apaisée. Koyalto, Augustine et Abdou évoquent tous leurs inquiétudes quant à la déscolarisation de leurs enfants et à leur avenir. « Je transmettrai comme valeur à mes enfants la tolérance. Nous sommes avant tout des camerounais et donc des frères. Ce n’est pas normal qu’on s’entretue entre nous » conclut Abdou.

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