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Irak Alaa, ACF beneficiary in Qayyarah in her bakery © Action contre la Faim Irak

À la Une

Irak

Les femmes se lancent dans les affaires à Qayyarah

 La ville de Qayyarah se situe sur la rive ouest du Tigre, à quelque 70 kilomètres au sud de Mossoul. Pendant de nombreuses décennies, l’économie locale a souffert d’un manque d’activités génératrices de revenus et de perspectives d’emploi, avec un nombre croissant de ménages vivant sous le seuil de pauvreté. Deux ans et demi sous le contrôle de l’État islamique (EI) et des affrontements armés ont eu un impact extrêmement négatif sur la population et sur la ville. 35 % des infrastructures restent endommagées ou détruites.

 

LE RETOUR DIFFICILE A QAYARRAH

 

Plus de 35 000 habitants ont fui Qayyarah avant qu’elle ne tombe sous le contrôle de l’EI en 2014. La période d’occupation et les opérations de reprise de la ville qui ont suivi, ont laissé des traces profondes qui continueront à affecter les habitants de la région pendant plusieurs années.

Marwa se souvient de ces « jours frustrants et sombres » sous l’occupation de l’EI et de sa famille qui a été forcée de quitter sa propre maison. « Les membres de l’EI nous ont forcés à quitter notre maison et l’ont confisquée pour leur usage. En peu de temps, ils ont arrêté mon frère qui était le seul soutien de la famille». Sa famille vivait dans des conditions difficiles et ne pouvait pas se permettre d’acheter des produits de première nécessité, même la nourriture. « Après le retrait de l’EI, nous avons découvert que notre maison était complètement détruite. »

Après plusieurs années entre Kirkuk et Erbil, la vie d’Alaa et de sa famille ne s’est pas améliorée immédiatement. « Mon mari a perdu son emploi à cause du COVID-19. Comme il n’avait ni travail ni argent, notre vie s’est à nouveau plongée dans la tristesse et la dépression». La vie d’une autre résidente, Muna, s’est également transformée en survie après la mort de son mari lors de la libération de la ville : « Soudain, je me suis retrouvée toute seule avec ma fille, et le vide a rempli nos vies. Nous avons déménagé dans la maison de ma famille avec 14 autres membres de la famille. Ils étaient confrontés à une situation économique difficile. Je devais demander à mes parents ou à mes frères tout ce dont j’avais besoin, et c’était la chose la plus difficile et la plus embarrassante à faire. Il n’y avait pas d’autre choix ».

La plupart des habitants de Qayyarah étaient employés dans la fonction publique et dépendaient des salaires du gouvernement. Après l’occupation et les opérations militaires, des centaines de personnes ont perdu leur emploi dans ce secteur. Aujourd’hui, avec un taux de chômage allant jusqu’à 70 %, ils sont nombreux d’acheter de la nourriture et d’autres produits de première nécessité à crédit auprès de magasins.

IDENTIFIER LES TALENTS ET CRÉER DES COMMERCES

 

Aujourd’hui, les hommes et les femmes sont confrontés à de graves difficultés pour accéder à l’emploi ou trouver une source de revenu stable. La récente évaluation d’Action contre la Faim menée à Qayyarah a révélé que l’absence de capital de départ est l’un des principaux obstacles qui rendent difficile la reprise d’anciennes ou la création de nouvelles entreprises. La détérioration de la situation économique, les restrictions en matière de sécurité, la concurrence et le manque de compétences commerciales sont les principaux facteurs qui affectent de manière négative les performances des entreprises. En outre, l’avance de trois ou quatre mois de loyer est souvent exigée en Irak, où le coût du loyer augmente également.

Action contre la Faim a décidé de relever ces défis en mettant en place un dispositif spécifiquepour soutenir les nouvelles initiatives commerciales et le démarrage de petites entreprises. Le programme vise à trouver des solutions durables en matière d’emploi, à condition que les nouvelles entreprises génèrent davantage d’opportunités d’emploi sur le marché local.

 

ACHETEZ DES PÂTISSERIES ET DES FRIANDISES DANS LA BOULANGERIE D’ALAA

 

« Je passais mon temps libre à faire des pâtisseries pour ma famille, mes proches et mes amis. Ils sont habitués à me voir faire des gâteaux, des friandises et des jus pour les fêtes d’anniversaire et les événements ». Bien qu’Alaa ait aimé cuisiner toute sa vie, elle n’a jamais pensé que cela deviendrait son premier emploi. De retour à Qayyarah, elle a présenté son idée d’entreprise pour la création d’une boulangerie.

« Action contre la Faim m’a appelé, et à ce moment, je me suis sentie incroyablement heureuse. J’avais peur d’avoir de grandes responsabilités. Mais grâce à la formation, j’ai surmonté mes craintes et j’ai acquis une expérience en marketing et en promotion qui m’a motivé à développer mon entreprise ».

En Irak, la santé mentale et le soutien psychosocial constituent une partie essentielle des programmes d’Action contre la Faim. Grâce à cette expertise, les nouveaux propriétaires d’entreprises bénéficient d’une formation psychosocialequi leur permet de surmonter leurs craintes et de développer leurs compétences sociales avant de se lancer dans l’aventure commerciale.

Aujourd’hui, tout le monde à Qayyarah peut acheter des bonbons et des friandises à la boulangerie d’Alaa. Ses affaires se portent bien, et elle exprime une incroyable gratitude aux équipes d’Action contre la Faim et à ses proches. « Mon mari était aussi le candidat avec sa propre idée d’entreprise. Cependant, nous n’avons dû garder qu’un seul plan d’affaires. À ce moment, j’étais la femme la plus chanceuse du monde, car il a décidé de laisser tomber son idée et de soutenir pleinement mon projet. Il a cru en mes capacités et m’a aidée à réaliser mon rêve ! »

À l’avenir, Alaa prévoit de développer d’autres services, tels que la formation des femmes et des jeunes filles à la fabrication de pâtisseries, et de créer des opportunités d’emploi pour les femmes de la région.

Irak Alaa, ACF beneficiary who opened her own bakery in Qayyarah © Action contre la Faim Irak

 

LOUEZ UNE ROBE CHEZ MARWA

 

Après son deuxième divorce, Marwa a eu du mal à se remettre. Elle a travaillé dans de nombreux endroits avec des salaires de misère entrainant une grande frustration et démotivation professionnelle. Plutôt que de tomber dans le désespoir le plus total, Marwa a soumis sa proposition d’affaires pour ouvrir un magasin de location de robes.

« L’idée d’une entreprise de location de robes était mon rêve depuis mon enfance. J’étais tellement heureuse lorsque ma mère faisait du shopping, et j’insistais pour qu’elle m’emmène dans les magasins de robes de mariée et d’occasion pour la regarder, me promener dans le magasin et contempler sa beauté ».

Les équipes d’Action contre la Faim ont soutenu l’idée de Marwa et ont fourni une formation de pair à pair sur la planification des affaires, la location de vêtements, la comptabilité, le repassage adapté et le service après-vente. Son idée d’entreprise s’est révélée être un grand succès : « Je me souviens encore de cette nuit avant mon premier jour de travail. Je n’arrivais pas à dormir à cause du sentiment de bonheur qui m’envahissait, et je me suis réveillée tôt le matin pour envoyer la robe au client par le service de livraison ».

De plus en plus de clients demandent à Marwa de nouveaux modèles et robes repérées dans les grandes villes. Elle croit que : « Les femmes peuvent travailler et surmonter les difficultés, les critiques, et briser la barrière de la peur et de l’échec ».

Irak Marwa's garment rental shop © Action contre la Faim Irak
Irak Marwa, benefited from ACF program to open her own garment rental shop © Action contre la Faim Irak
Irak Marwa's garment rental shop entrance © Action contre la Faim Irak
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ORGANISEZ VOTRE MARIAGE AVEC MUNA

 

« Un jour, une amie m’a invité à son mariage. Je n’avais rien à lui offrir, mais j’ai pensé que je lui proposerais un service qui pourrait la rendre heureuse. Avec des fleurs, une table, des chaises et quelques tissus décoratifs, j’ai conçu une décoration complète pour sa fête ». Cette expérience s’est avérée essentielle pour l’avenir de Muna, qui cherchait depuis longtemps un revenu stable.

Muna a développé son idée commerciale de services d’organisation de mariages et a reçu le soutien d’Action contre la Faim pour la concrétiser. Elle a suivi avec succès une formation technique, et son entreprise a réalisé un très bon chiffre d’affaires en moins d’un mois. Elle élève seule sa fille et doit relever de nombreux défis car les veuves sont souvent stigmatisées et exclues de la vie active au sein de leur communauté. « J’étais si heureuse que ma famille ait été mise au défi et m’ait permis d’aller de l’avant avec l’ouverture d’une page Facebook pour promouvoir mon entreprise ».  

« Ma fille et moi tenons à remercier Action contre la Faim. Leur soutien a changé nos vies, et nous a amené du désespoir et de la dépendance à l’espoir et à l’autonomie ». Muna conseille à chacun de ne pas perdre espoir et de ne jamais baisser les bras.  

Irak Muna with her daughter, benefited from ACF program to offer wedding services © Action contre la Faim Irak
Irak Muna's wedding services © Action contre la Faim Irak
Irak Muna's wedding services site © Action contre la Faim Irak
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Alaa, Marwa et Muna font partie des 38 résidents de Qayyarah, hommes et femmes, qui ont bénéficié du programme. Chaque projet d’entreprise sélectionné bénéficie d’un soutien financier d’une valeur moyenne de 3 000 dollars, fourni en deux tranches. Les nouveaux propriétaires d’entreprises reçoivent une formation dispensée par des travailleurs psychosociaux et une formation aux compétences commerciales dispensée par des techniciens des moyens de subsistance. Lorsqu’un apprentissage complémentaire spécifique entre pairs est nécessaire, Action contre la Faim mobilise les chefs d’entreprise locaux expérimentés pour combler les lacunes de compétences des nouveaux collègues. Une bonne association entre les moyens de subsistance et le soutien psychosocial renforce l’impact et la durabilité des nouvelles entreprises.

 


1Le projet « Améliorer le redressement et la résilience des populations touchées par la crise, grâce à une programmation multisectorielle et intégrée en Irak » est financé par l’USAID/BHA.

2Life, Social and Emotional training (LSE) est une formation dont l’objectif est de développer les compétences d’interaction sociale, les savoir-être en termes de confiance en soi et de gestion des émotions.

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