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Hopital de Fada, prise en charge de la malnutrition, programme de recherche MANGO. © Jean-Luc Luyssen
pour Action contre la Faim

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Burkina Faso

Agir grâce aux communautés

Bordé au nord par le Mali et le Niger, le Burkina Faso fait partie de la bande sahélienne, une région soumise à des crises récurrentes – qu’elles soient d’ordre environnemental, avec le phénomène El Nino, ou sécuritaire, avec la multiplication des conflits armés internes ou transfrontaliers. Près de 23 000 maliens sont réfugiés dans le pays, et les conflits dans le nord du Burkina impactent également la population. En 2017, on dénombrait 94 incidents d’une extrême violence ayant causés la mort de 84 personnes et plus de 38 blessés civiles et militaires. La situation sécuritaire s’empire cette année atteignant un nombre croissant de victimes.

Parallèlement, le pays est extrêmement vulnérable aux catastrophes naturelles. Sécheresses et inondations se succèdent alors que 80% de la population dépend de l’agriculture et de l’élevage pour subvenir à leurs besoins. En conséquence, on estime que 1,2 million de personnes souffriront d’insécurité alimentaire en 2018.

Nos équipes sont présentes depuis 2008 auprès des populations les plus vulnérables – notamment les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes et allaitantes. Aujourd’hui, la sous-nutrition est impliquée directement ou indirectement dans 45 % de la mortalité infantile, soit près de 30 000 décès d’enfants de moins de 5 ans par an.

Mobiliser les communautés pour lutter contre la sous-nutrition

Mark Sekpon, directeur d’Action contre la Faim au Burkina Faso, dresse un tableau inquiétant « Sur 18 millions d’habitants, soit environ 3,5 millions d’enfant de moins de 5 ans, 1 million d’entre eux sont malnutris chroniques, ce qui signifie qu’ils ont des retards de croissance importants. »

Lutter contre la sous-nutrition n’implique pas seulement de fournir des traitements aux enfants malades, il faut également informer et sensibiliser les communautés à la détection et à la prévention de la maladie. A travers des activités de mobilisations communautaires, nos équipes forment les femmes comme les hommes au dépistage de la sous-nutrition à l’aide de périmètres brachiales.

Au total, près de 90,000 foyers ont été formés par 168 agents de santé à base communautaire afin d’acquérir les bons réflexes pour que les enfants détectés soient rapidement pris en charge dans les centres de santé.

Les femmes comme agents de changement

L’implication des femmes est clé dans cette approche communautaire de lutte contre la sous-nutrition. Effectivement, comme l’explique Ali Lido, responsable de mobilisation communautaire « les pratiques traditionnelles en lien avec l’alimentation et le soin des enfants ou des ménages font parties des principaux freins dans la lutte contre la sous-nutrition. » Or ces tâches – et les représentations sociales qui y affèrent – reviennent souvent aux femmes.

Comme le souligne Mark Sekpon, le directeur pays, « C’est notre conviction profonde qu’une grande partie de l’aide humanitaire doit être mis en œuvre par les communautés locales pour pouvoir être des agents de changement et de transformation dans leur communauté. »

Diversifier l’alimentation

« Nous consommons ce que nous produisons » explique une jeune femme burkinabaise. Pour éviter les maladies dont la sous-nutrition, il est important que les enfants ainsi que les femmes enceintes et allaitantes reçoivent tous les nutriments nécessaires. Une des façons de s’en assurer est d’encourager la diversification alimentaire, c’est pourquoi nos équipes ont mis en place des jardins de santé avec les communautés. « Ce sont principalement les femmes qui cultivent les jardins pour la consommation du ménage mais aussi pour la commercialisation ce qui procure une source de revenus et renforce leur indépendance. » explique Traoré Abdallah Jabir, coordinateur terrain à Diapaga.

Tomates, oignons, concombres, les espèces cultivées sont locales et nombreuses, ce qui permet une rotation des cultures. En diversifiant les aliments cultivés, les familles se mettent également davantage à l’abri des aléas climatiques ou d’une mauvaise récolte. Effectivement, le Burkina est particulièrement impacté par le changement climatique et la détérioration des conditions climatiques est de plus en plus visible au fur et à mesure des années. La période de semis est décalée et des endroits qui n’avaient jamais subi d’inondations voient désormais leurs cultures arrachées par les pluies et le vent, expliquent les agriculteurs avec qui travaillent nos équipes. Marc Sekpon conclut « à travers les jardins de santé, nous accompagnons les communautés pour qu’elles s’adaptent au changement climatique. L’objectif est de rendre durable leur résilience aux chocs et catastrophes naturelles et que leurs productions agricoles aient un bon rendement pour que chacun ait les meilleures chances. »

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