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Soudan du Sud Nyanut © Peter Caton pour Action contre la Faim

Témoignages

Soudan du Sud

Une femme déterminée à améliorer la santé de sa communauté

Situé à Malualkon, une région connue pour sa chaleur intense, le village de Nyanut est le foyer d’environ 1 500 personnes qui vivent loin des structures de soins de santé et des autres services publics. Le paysage jaune éclatant des cultures de maïs et de sorgho contraste fortement avec le sol rouge foncé des quelques fermes de la région. Ces peuplements ruraux isolés dépendent de la pluie pour arroser leurs cultures.

Avant l’installation du forage, l’eau représentait un défi quotidien pour les habitants de Baackuel. Sans aucun accès à l’eau, ils devaient entreprendre un véritable périple pour se rendre dans le village disposant d’un forage le plus proche.

« Je commençais à marcher avec mes ânes à 6 h du matin pour aller chercher de l’eau », raconte Nyanut. « Je faisais sept heures par jour à pied parce que mes ânes portaient l’eau sur le chemin du retour. Parfois, mes enfants venaient avec moi, mais la plupart du temps, j’y allais toute seule. »

Chaque jour, l’eau recueillie par Nyanut était utilisée jusqu’à la dernière goutte. Et chaque jour, elle faisait le trajet pour faire de nouvelles provisions.

"Si nous n’allions pas chercher de l’eau tous les jours, nous avions très soif et nos enfants tombaient malades. C’était très dur."
Soudan du Sud Nyanut
Nyanut
Baackuel, Soudan du Sud

En septembre, Action contre la Faim a construit le tout premier forage du village. Quelques mois plus tard, le village de Baackuel s’était complètement transformé.

Pour entretenir la source d’eau, un comité de cinq femmes et cinq hommes a été créé. Les équipes d’Action contre la Faim ont formé les membres du comité à l’hygiène, à l’assainissement et à la gestion de l’eau, et en seulement quelques mois, l’état de santé des habitants de Baackuel s’est considérablement amélioré.

Soudan du Sud Nyanut © Peter Caton pour Action contre la Faim

Soudan du Sud

Un des enfants de Nyanut, Amiok Pol, 7 ans, se prépare à collecter de l'eau du puit.

© Peter Caton pour Action contre la Faim

Soudan du Sud Nyanut © Peter Caton pour Action contre la Faim

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Nyanut travaille avec un staff d'Action contre la Faim pour maintenir le puit d'eau communautaire

© Peter Caton pour Action contre la Faim

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« Beaucoup de choses ont changé. Nous apprenons à nos voisins à construire des latrines, à respecter des mesures d’hygiène chez eux et à montrer aux autres comment faire. Lorsque nous nous réunissons avec les membres de notre communauté, nous ne parlons pas seulement de la gestion de l’eau. Nous leur expliquons également l’importance des latrines et de l’hygiène », déclare Nyanut.

Les nouvelles pratiques sanitaires ont transformé le village, de plus en plus de familles suivant les directives de Nyanut et du comité de gestion de l’eau. Action contre la Faim a formé les membres du comité de gestion de l’eau de Baackuel à construire des latrines à partir de matériaux locaux.

Le comité apprend à sa communauté à construire des latrines et lui explique les avantages d’en avoir chez soi pour la santé et la sécurité. En effet, en plus de prévenir la transmission de maladies, Nyanut explique que « la défécation à l’air libre peut être dangereuse, car vous pouvez marcher sur un serpent ou vous faire attaquer par des animaux sauvages pendant la nuit, comme des hyènes ».

Nyanut a été la première personne du village à construire des latrines, et cela a motivé ses voisins. La communauté est tellement fière de ses latrines qu’elle en a décoré certaines avec de la peinture à la cendre locale. La plupart des latrines sont construites par des femmes qui, tout comme Nyanut, veulent que Baackuel soit déclaré « sans défécation à l’air libre » par Action contre la Faim et organiser une grande fête, comme l’ont fait d’autres villages de la région.

Soudan du Sud Nyanut © Peter Caton pour Action contre la Faim

Soudan du Sud

Nyanut peint les latrines qu'elle a construit pour sa maison.

© Peter Caton pour Action contre la Faim

Soudan du Sud Nyanut © Peter Caton pour Action contre la Faim

Soudan du Sud

Nyanut mène une réunion du comité de gestion de l'eau.

© Peter Caton pour Action contre la Faim

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Nyanut est fière de voir à quel point la communauté a confiance en ses compétences. Elle a d’abord été sélectionnée pour rejoindre le comité, puis nommée en tant que trésorière et présidente.

« Je garde l’argent récolté auprès de la communauté pour l’entretien du forage. Les gens me font confiance, je travaille très dur », dit-elle. « Si quelque chose doit être fait ou si la communauté a besoin de quelque chose qui implique de parcourir de longues distances, je me propose toujours. C’est pour cette raison qu’ils m’ont choisie. »

Toutes les familles du village participent à l’entretien du forage, ce qui donne à la communauté le sentiment que l’avenir de son eau est entre ses mains. Si le forage a besoin de réparations, Nyanut dispose d’un budget pour acheter des pièces de rechange ou embaucher un mécanicien.

« Mon travail, c’est de mobiliser les gens. Lorsque nous devons nous réunir, par exemple lorsqu’il faut informer la communauté que nous avons besoin de sa contribution pour réparer le forage en cas de panne, c’est moi qui convoque la réunion », dit-elle avec fierté.

La gestion de l’argent qui garantit l’accès de la communauté à l’eau est l’une des plus grandes responsabilités qu’une personne puisse avoir dans le village. La confiance est la clé. Mais même lorsque suffisamment de contributions sont recueillies pour la réparation, il n’y a parfois pas de mécanicien disponible ou disposé à se rendre au village.

« Lorsque cela arrive, nous avons soif. S’il existait une formation pour apprendre à réparer un forage, je serais ravie de la suivre », déclare Nyanut. « De cette manière, je pourrais réparer le forage de mes propres mains et nous pourrions économiser cet argent pour la communauté. »

En principe, la présidence des comités est toujours occupée par un homme, mais Nyanut est tellement attachée à sa communauté qu’elle a décidé de faire une entorse à la tradition. Elle a inspiré la nouvelle génération à repenser les rôles de genre : certaines filles du village aspirent à être un jour elles-mêmes à la présidence du comité. Un avenir auquel Nyanut espère pouvoir assister.

« Les villageois me respectent. Quand je convoque une réunion, ils viennent à l’heure et m’écoutent », déclare Nyanut. « Les gens sont satisfaits de mon travail, et j’espère que lorsque les filles grandiront et se marieront, elles occuperont ce poste au comité. »

Nyanut et les autres femmes du village contribuent également à leurs communautés de façon moins visible au quotidien, notamment en prenant soin de leurs enfants et en s’engageant à améliorer la santé de tous.

Grâce à ses efforts, Nyanut est en train de transformer la vie des habitants de Baackuel, mais elle a des ambitions encore plus grandes pour sa communauté.

« Si la communauté toute entière écoute les messages que nous transmettons sur l’hygiène en tant que comité de gestion de l’eau, nous allons changer beaucoup de choses dans les années à venir. Nous n’allons pas en rester là. Aujourd’hui, nous construisons nos propres latrines à l’aide de matériaux locaux. Si nous continuons ainsi, encore plus de choses vont changer. C’est mon rêve pour la communauté. »

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