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Témoignages

Olivier Launay, logisticien d'urgence

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Comment se déroule votre mission de logisticien d’urgence, en comparaison de vos précédentes expériences ?
Au Darfour, la mission était ouverte depuis 3 mois, donc l’enjeu consistait surtout dans la continuité de ce qui avait déjà été lancé. Ici, nous sommes partis de zéro, n’ayant pas de base au préalable dans la zone touchée. Pour cette mission d’urgence suite au cyclone, toute était urgent ! Il nous a fallu en même temps dédouaner les marchandises qui arrivaient à l’aéroport, trouver ne serait-ce qu’un chariot élévateur pour décharger, et de la main d’oeuvre, des camions pour acheminer cette aide, des entrepôts pour stocker, des camions, puis des bateaux – et donc de l’essence et du fuel – pour le transport de Yangon à Bogale. Là-bas, les nécessités étaient les mêmes : transporter, stocker, acheminer l’aide jusqu’aux bénéficiaires. Nous avons pu mettre en place tout ce circuit en une semaine, ce qui n’a pas été sans difficultés !

Comment avez-vous procédé ? Quelles ont été les priorités ?
La première inconnue, quand nous avons appris qu’un avion arrivait pour ACF à l’aéroport, était la question du dédouanement et de la certitude que cette marchandise ne nous serait pas confisquée, ce qui venait d’être le cas avec l’avion arrivé précédemment pour le Programme alimentaire mondial. Nous avons négocié, expliqué qu’il ne s’agissait pas d’une donation pour l’armée mais d’une volonté de notre organisation d’aider le pays suite à la catastrophe, et qu’il nous faudrait pour cela récupérer nous-mêmes ces marchandises. Il fallait aussi nous munir d’autorisations du ministère en charge, et tout cela m’a pris trois jours, chaque ministère se renvoyant la responsabilité. Mais cette première étape a été franchie avec succès, notamment grâce au soutien des ambassades: nous avons récupéré nos marchandises, dédouanées, et pour les avions suivants il ne nous a plus jamais été demandé de remplir des papiers.

Ensuite, quelle était la deuxième priorité ?
Ca n’est pas ensuite, mais en même temps, que mes trois collègues de la logistique ont géré la question des stocks, des camions et des bateaux. Ils ont du se créer un réseau très vite. En fait, nous avons d’abord trouvé un entrepôt dans une zone industrielle, et avons constaté qu’il y avait de nombreux camions. Nous nous sommes donc renseignés pour essayer d’en obtenir, et une fois que le bruit courait que nous cherchions des camions, les chauffeurs sont même venus se présenter d’eux-mêmes pour proposer leurs services. Depuis, nous avons sécurisé deux camions de 7 tonnes chacun en les louant – les plus gros camions sont réquisitionnés par l’armée – et nous avons noué des contacts avec plusieurs propriétaires de camions. Ces véhicules nous ont non seulement permis de transporter les marchandises de l’aéroport aux stocks, mais aussi dans un premier temps de l’acheminer vers Bogale. Quatre d’entre eux ont atteint Bogale, chargés de 21 tonnes de riz et de 4 tonnes de matériel de purification et d’assainissement de l’eau.
Mais 10km avant Bogale, un pont nous a semblé fragile, et nous avons préféré acheminer par bateau les 10 tonnes de riz et haricots, 6 tonnes de bâches plastique et 4 tonnes de bouteille d’eau minérale que nous souhaitions envoyer. Nous avons eu raison car le pont a cédé quelques jours plus tard. Les bateaux ont aussi l’avantage d’avoir une plus grande capacité de transport en termes de poids et de volume, et ils nous ont permis d’éviter les embouteillages qui se formaient sur les routes vers Bogale. Mais il ne nous a pas été facile de trouver des bateaux. Nous avions notamment conclu un accord avec le propriétaire d’une embarcation de 130 tonnes, qui n’est jamais venu…

Et pour l’essence et le fuel ?
C’est le nerf de la guerre désormais. Sur le prochain bateau, nous allons essayer d’envoyer 600 litres de fuel parce qu’il n’y en a vraisemblablement plus a Bogale. A Rangoon, il est difficile de s’approvisionner. Après une envolée, les prix sont redevenus normaux, mais il y a un problème de disponibilité.

Et sur le terrain, à Bogale, comment se déroule la logistique ?
L’équipe de Bogale a loué un bateau pour acheminer l’aide aux villages environnants, et elle partage deux entrepôts avec les autres organisations présentes (PAM et German agro action). Les employés birmans d’ACF sur place sont très efficaces. Certains travaillaient sur les programmes que nous développons dans le nord et nous les avons affectés sur l’urgence post cyclone.
En l’occurrence, presque toute mon équipe de Loikaw est venue en renfort sur la mission Nargis. Mon meilleur acheteur est aujourd’hui à Bogale, il fait un excellent travail nous avons beaucoup de chance de le compter parmi nous. Mais, comme moi, il va devoir retourner sur la base de Loikaw, pour poursuivre des programmes que nous avons dû interrompre à cause de cette catastrophe. Avant cela, il recrute et forme des employés sur place.

Nargis a-t-il eu des effets sur la région de Loikaw ?
Directement non, car cette région n’était pas sur le trajet du cyclone. Mais indirectement oui. Les prix n’ont cessé de grimper et de chuter, ce qui a eu pour conséquence que les vendeurs ne voulaient plus vendre. Tous attendent aussi les résultats du référendum, et cette situation bloque le pays.

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