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Communiqués de presse

Comment lutter contre le changement climatique pour nourrir les hommes ?

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En Ouganda, une augmentation de seulement  2 degrés de la température dévasterait la culture de café, dont dépendent de nombreux agriculteurs et qui génère 25% des revenus du pays à l’exportation. Cet exemple, parmi bien d’autres, illustre l’impact particulièrement dramatique des changements climatiques dans les pays pauvres dont l’économie est fondée sur l’agriculture.  Les sécheresses et les inondations sont considérées comme la plus grave menace du 21ème siècle sur l’agriculture et la sécurité alimentaire car ils  agissent simultanément à quatre niveaux: la disponibilité, l’accès, la stabilité et l’utilisation des ressources.
Les cultures, d’ailleurs, ne sont pas les seuls touchées. Les sécheresses, en réduisant les pâturages  disponibles, déciment également les troupeaux. Ainsi, alors que la malnutrition est habituellement quasi absente chez les populations pastorales parce que  les enfants bénéficient du lait très nutritif des animaux, on a vu dans les pays de la Corne de l’Afrique touchés par la sécheresse cette année, les taux de malnutrition grimper parmi les populations pastorales.

Cette raréfaction des ressources a un autre effet : des déplacements de population qui accroissent la compétition et les conflits (ex : conflits entre pasteurs et cultivateurs dépendants des mêmes terres). Parce qu’ils menacent les ressources alimentaires, les changements climatiques menacent la paix.

Des catastrophes de plus en plus fréquentes

Au cours de la dernière décennie, le nombre de personnes exposées aux catastrophes dites « naturelles » a triplé. Les pays en voie de développement sont les plus touchés, tant par la fréquence de ces désastres que par le nombre de victimes. Une personne sur 19 est affectée dans ces pays, contre  1 personne sur 1500  dans les pays riches ! D’ailleurs, ce sont souvent les pays ou populations qui émettent le moins de carbone  qui, injustement, souffrent le plus des changements climatiques.

Face à cette situation, on ne peut se limiter à réduire les gaz à effet de serre sur le moyen et long terme. Il faut aussi faire en sorte dès aujourd’hui que les populations soient moins vulnérables aux catastrophes climatiques qui les affectent déjà. C’est pourquoi Action contre la Faim travaille sur des programmes de prévention et de préparation en amont des catastrophes dans de nombreux pays comme les Philippes, le Guatemala, l’Ethiopie, le Kenya ou encore Haiti. « Travailler avec les populations pour qu’elles prennent conscience du risque existant est une des premières et des plus importantes étapes pour face à cette nouvelle réalité. », explique Frédéric Ham, responsable de la réduction des Risques et de la Préparation aux Désastres d’ACF. Et puis il y a les stratégies et programmes d’adaptation. L’une des priorités, dans le domaine de la sécurité alimentaire,  est la mise en œuvre de solutions et de techniques agro-écologiques applicables aux terres détériorées et marginales. La gestion de l’eau doit  être améliorée notamment par les petits exploitants utilisant l’eau de pluie. « C’est ce que fait ACF notamment au Sahel, quand elle construit de nouveaux points d’eau pour faire face à la sécheresse ou quand elle promeut des graines  résistantes au manque d’eau, », poursuit Ham.

Cette stratégie  de réduction des risques est d’ailleurs rentable : selon les nations Unies, 1 dollar investi dans la réduction des risques des catastrophes permet d’économiser 7 dollars de pertes suite à cette catastrophe !

COMMENT FAIRE FACE ?

Face aux changements climatiques …

  • L’adaptation doit recevoir le même degré de priorité que l’atténuation.

    Il faut que les mesures d’adaptation  aux changements climatiques, permettant de réduire la vulnérabilité des populations,  reçoivent le même degré de priorité que la réduction des gaz à effets de serre. Les secteurs de la nutrition et de la santé, de l’agriculture et de la sécurité alimentaire doivent être soutenus en premier lieu.

  • On doit garder en ligne de mire les familles et les communautés les plus vulnérables.

    Les mesures de support à l’adaptation doivent, au sein des pays les plus pauvres, se concentrer sur les plus vulnérables. C’est par l’adaptation au changement climatique que les populations les plus menacées pourront gérer par elles-mêmes les impacts des changements climatiques sur leurs moyens d’existence et leur environnement.

  • Les liens entre malnutrition et les changements climatiques doivent être mieux pris en compte.

    Il faut développer la recherche sur les liens entre changements climatiques et malnutrition. Pour  protéger la sécurité nutritionnelle des dérèglements climatiques, il est essentiel d’améliorer la compréhension des interconnections entre la sous-nutrition et les changements climatiques. Les études menées aujourd’hui dans ces domaines sont trop cloisonnées.

    De même, il faut mettre en place des politiques et des programmes intégrés et multisectoriels pour gérer les effets cumulés des crises alimentaires, économiques et climatiques sur la malnutrition. Cela nécessite décloisonnement et collaboration de la part des gouvernements, des Nations unies et de la société civile à l’échelle régionale, nationale et locale.

  • Les mesures prises pour l’atténuation des changements climatiques ne doivent pas amoindrir la capacité des populations à se nourri.

    Le cloisonnement des enjeux cités précédemment représente un risque majeur: des solutions à certains problèmes peuvent en créer d’autres. C’est le cas par exemple de programmes liés aux agro-carburants. Même si chaque pays doit faire des efforts en termes d’atténuation, ces mesures ne doivent pas saper davantage les capacités de familles et de communautés à se nourrir et se soigner.


CE DIMANCHE 4 DECEMBRE


Action contre la Faim prendra part à une table ronde sur le thème « Nutrition et changement climatique », focalisé notamment sur le rôle de femmes (voir pdf ci-joints). Elle aura lieu à Durban, au COP-17-  pavillon Africain, de 18h30 à 20h00.

 

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