Communiqué de presse

Comment lutter contre le changement climatique pour nourrir les hommes ?


Durban

C’est souvent l’image d’un ours polaire hagard sur un pan de glace rétrécis qui symbolise l’impact  des changements climatiques. Comme si hélas les hommes n’étaient pas eux aussi, et au premier chef, affectés par ce phénomène… Parce qu’ils agissent sur les causes fondamentales de la malnutrition (l’insécurité alimentaire, l’accès à l’eau réduit), les changements climatiques viennent grossir les rangs des victimes de la malnutrition. Résultat : on estime que la sous-nutrition infantile sera de 20% supérieure à ce qu’elle aurait été en l’absence de changement climatique d’ici 2050. Aujourd’hui, la sous-nutrition tue 10 000 enfants par jour. Combien seront-ils demain si nous ne faisons rien aujourd’hui ?

En Ouganda, une augmentation de seulement  2 degrés de la température dévasterait la culture de café, dont dépendent de nombreux agriculteurs et qui génère 25% des revenus du pays à l’exportation. Cet exemple, parmi bien d’autres, illustre l’impact particulièrement dramatique des changements climatiques dans les pays pauvres dont l’économie est fondée sur l’agriculture.  Les sécheresses et les inondations sont considérées comme la plus grave menace du 21ème siècle sur l’agriculture et la sécurité alimentaire car ils  agissent simultanément à quatre niveaux: la disponibilité, l’accès, la stabilité et l’utilisation des ressources.
Les cultures, d’ailleurs, ne sont pas les seuls touchées. Les sécheresses, en réduisant les pâturages  disponibles, déciment également les troupeaux. Ainsi, alors que la malnutrition est habituellement quasi absente chez les populations pastorales parce que  les enfants bénéficient du lait très nutritif des animaux, on a vu dans les pays de la Corne de l’Afrique touchés par la sécheresse cette année, les taux de malnutrition grimper parmi les populations pastorales.

Cette raréfaction des ressources a un autre effet : des déplacements de population qui accroissent la compétition et les conflits (ex : conflits entre pasteurs et cultivateurs dépendants des mêmes terres). Parce qu’ils menacent les ressources alimentaires, les changements climatiques menacent la paix.

Des catastrophes de plus en plus fréquentes

Au cours de la dernière décennie, le nombre de personnes exposées aux catastrophes dites « naturelles » a triplé. Les pays en voie de développement sont les plus touchés, tant par la fréquence de ces désastres que par le nombre de victimes. Une personne sur 19 est affectée dans ces pays, contre  1 personne sur 1500  dans les pays riches ! D’ailleurs, ce sont souvent les pays ou populations qui émettent le moins de carbone  qui, injustement, souffrent le plus des changements climatiques.

Face à cette situation, on ne peut se limiter à réduire les gaz à effet de serre sur le moyen et long terme. Il faut aussi faire en sorte dès aujourd’hui que les populations soient moins vulnérables aux catastrophes climatiques qui les affectent déjà. C’est pourquoi Action contre la Faim travaille sur des programmes de prévention et de préparation en amont des catastrophes dans de nombreux pays comme les Philippes, le Guatemala, l’Ethiopie, le Kenya ou encore Haiti. « Travailler avec les populations pour qu’elles prennent conscience du risque existant est une des premières et des plus importantes étapes pour face à cette nouvelle réalité. », explique Frédéric Ham, responsable de la réduction des Risques et de la Préparation aux Désastres d’ACF. Et puis il y a les stratégies et programmes d’adaptation. L’une des priorités, dans le domaine de la sécurité alimentaire,  est la mise en œuvre de solutions et de techniques agro-écologiques applicables aux terres détériorées et marginales. La gestion de l’eau doit  être améliorée notamment par les petits exploitants utilisant l’eau de pluie. « C’est ce que fait ACF notamment au Sahel, quand elle construit de nouveaux points d’eau pour faire face à la sécheresse ou quand elle promeut des graines  résistantes au manque d’eau, », poursuit Ham.

Cette stratégie  de réduction des risques est d’ailleurs rentable : selon les nations Unies, 1 dollar investi dans la réduction des risques des catastrophes permet d’économiser 7 dollars de pertes suite à cette catastrophe !

COMMENT FAIRE FACE ?

Face aux changements climatiques …


CE DIMANCHE 4 DECEMBRE


Action contre la Faim prendra part à une table ronde sur le thème « Nutrition et changement climatique », focalisé notamment sur le rôle de femmes (voir pdf ci-joints). Elle aura lieu à Durban, au COP-17-  pavillon Africain, de 18h30 à 20h00.