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Témoignages

Tarak Bach, logisticien aux Gonaïves, ville meurtrie d'Haïti

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Entre août et septembre 2008, quatre cyclones ont balayé la région de l’Artibonite, au Nord-Ouest de l’île : une intervention d’urgence, à la mesure des dégâts, s’imposait pour Action contre la Faim.

Depuis que les cyclones se sont abattus il y a bientôt deux mois sur Haïti, que l’on appelait jadis la « perle des Antilles », les problèmes se sont multipliés pour les habitants de l’île. Déjà en situation de grande précarité et d’insécurité alimentaire chronique, ces derniers se sont trouvés totalement démunis. Récoltes dévastées suite aux inondations, infrastructures détruites, amas de boue sur plusieurs mètres envahissant certains centres villes comme ceux des Gonaïves ou de Cabaret , au Nord-Ouest du pays…

Tout est à reconstruire quatre ans après qu’une même catastrophe ait causé des dégâts similaires : en 2004, la tempête tropicale Jeanne avait ravagé Les Gonaïves, causant la mort de plus de 3000 personnes. Les habitants, à peine remis de ces bouleversements, ont de nouveau dû affronter de terribles dégâts. Ce qui a d’ailleurs fortement étonné Tarak –expatrié d’ACF sur place- est que les habitants, profondément choqués par les derniers événements et en situation de grande détresse, ont demandé des cellules psychologiques, demande assez rare dans ce genre de contexte.

Dès le début du mois de septembre, Action contre la Faim a renforcé ses équipes sur place et mis en oeuvre en urgence des programmes d’assistance à la population. Le personnel travaillant dans le pays a été multiplié par six en l’espace de quelques jours. Ainsi, la petite équipe composée de quatre personnes a reçu le renfort d’une vingtaine de travailleurs humanitaires appelés d’urgence sur le terrain. Tarak faisait partie de cette équipe de renfort. Contacté par Action contre la Faim au tout début du mois de septembre, il était en Haïti une semaine plus tard comme Logisticien d’urgence.

Tarak Bach-Bouab, profession : Logisticien

Tarak Bach Baouab a suivi un parcours atypique et effectué un tournant professionnel à 180° pour se consacrer à l’humanitaire. Economiste de formation, il effectue ses premiers emplois dans le domaine de la finance et dans des banques d’investissement, avant de réaliser qu’il voulait mettre ses compétences « au service d’actions davantage en accord avec ses principes ». Son engagement associatif remonte à son arrivée en France en 2002, à l’âge de 25 ans (d’origine tunisienne il est né et a vécu aux Etats-Unis). Il oeuvre alors sur la base du volontariat dans les Restos du Coeur et donne des cours de français à des immigrés clandestins. Il enchaîne ensuite les missions au service de plusieurs ONG, souvent dans des zones jugées difficiles comme dans les Territoires palestiniens, au Pakistan ou en Irak. Comme il se définit lui-même : « Je suis un globe-trotter et ne reste jamais longtemps au même endroit ».

Cette fois-ci, c’est en tant que logisticien qu’Action contre la Faim a fait appel à lui. Il explique : « Le logisticien est celui qui doit répondre aux besoins matériels de la mission et trouver des solutions aux divers problèmes techniques rencontrés ». Aussi, dans ce contexte de crise, le rôle de Tarak était de gérer le passage à l’urgence et d’assurer le bon déroulement des programmes. Les besoins en équipement pour Haïti ayant explosé après le passage des cyclones, il devait gérer cet afflux de matériel.

Basé à Port au Prince, dans la capitale haïtienne, Tarak était régulièrement amené à circuler dans différentes zones du pays. Une nouvelle base opérationnelle a été créée dans la ville des Gonaïves, dans la région de l’Artibonite, la région la plus durement touchée par les cyclones et les inondations. Les Gonaïves, qui comptent 300 000 habitants , vivent actuellement sous perfusion humanitaire et des distributions de vivres sont organisées quotidiennement. Tous les services de base, que ce soit pour l’accès à l’eau, aux soins ou à la nourriture, sont absents. Des rotations d’hélicoptères ravitaillent les secteurs les plus isolés de la région, toujours difficiles d’accès. Tarak rappelle que « les conséquences des tempêtes tropicales se superposent aux problèmes de sous-alimentation chronique et à la crise alimentaire, rendant la situation dramatique ».

Pour ACF, la priorité est l’accès à l’eau

Une trentaine d’ONG étant présentes sur le terrain, ces dernières sont réparties le travail afin d’évoluer de manière coordonnée. Ainsi ACF s’est essentiellement concentrée dans un premier temps sur les problèmes d’accès à l’eau potable et de nettoyage de la ville des Gonaïves, l’objectif étant d’assurer la reconstruction et le retour à la vie normale. L’équipe avec laquelle travaillait Tarak a construit quatre stations de potabilisation d’eau et a distribué en parallèle des milliers de bidons d’eau potable, venant en aide à plus de 25 000 personnes. Dans un deuxième temps, les points d’eau endommagés ont été réhabilités et une large distribution de kits d’hygiène a été mise en place afin d’éviter la propagation des maladies liées à l’eau. La ville est encore aujourd’hui recouverte par plus de 50 centimètres de boue difficile à évacuer : « A ce rythme, il faudrait des mois et des mois pour déblayer totalement la ville », confie Tarak.

Dans un second temps, ACF a ouvert des cantines pour les femmes enceintes et les femmes allaitant ainsi que pour les enfants en bas âge. Avec un repas servi chaque jour, le but est de prévenir l’émergence de la malnutrition. Au total, ce sont près de 75 000 personnes qui ont bénéficié directement ou indirectement de ces programmes.

Aujourd’hui, la phase d’urgence pure est finie et, après quatre mois extrêmement denses, la mission de Tarak se termine donc. Mais son engagement humanitaire et son envie de travailler sur le terrain, eux, n’ont pas faibli.

En Haïti, la nouvelle période qui démarre s’annonce davantage critique et décisive pour l’avenir des habitants. La phase d’urgence a laissé place à une action s’inscrivant sur le long terme, qui doit permettre une reconstruction durable des Gonaïves, (ce) sans quoi les habitants ne sortiront pas de la précarité.

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