Faire un don

Votre navigateur internet n'est pas à jour.

Si vous souhaitez visionnez correctement le site d'Action contre la Faim, mettez à jour votre navigateur.
Trouvez la liste des dernières versions des navigateurs pris en charge ci-dessous.

sophie2-1.jpg

Témoignages

Sophie Lefevre, Responsable du Programme Nutrition pour une mission pionnière en République Démocratique du Congo

sophie2-1.jpg

Après des études de Biologie, Sophie Lefevre devient infirmière hospitalière et exerce durant 2 ans et demi, dans le service des dialyses puis aux urgences. Elle acquiert alors l’expérience de la prise en charge globale d’un patient (suivi médical, relation avec la famille, réalisation des examens, coordination entre les différents services…). Cependant, l’envie d’ailleurs se fait ressentir, elle désire exercer son métier à l’étranger. L’humanitaire s’imposera à elle, « l’idée de travailler dans l’humanitaire me trottait dans la tête depuis longtemps mais je n’ai jamais eu la volonté de sauver le monde ».

 

Après deux premières missions au Soudan dans la région du Darfour, Sophie, jeune femme très motivée, effectue une formation humanitaire à Bordeaux pour acquérir de solides compétences de responsable de projet. Sa dernière mission, à Buta, s’inscrit dans cette optique. Elle part en Février 2008 et a constitué son équipe : un assistant programme, un éducateur et deux nutritionnistes.

 

Cette dernière mission fut très différente des précédentes car Sophie et son équipe n’intervenaient pas dans un contexte de crise. Leur projet consistait à mettre en place un protocole de dépistage et de traitement de la malnutrition dans les structures de santé locales. Dans la zone, les enfants souffrant de malnutrition aigüe sont souvent également contaminés par le VIH Sida. La malnutrition et le virus interagissent pour rendre encore plus faibles et vulnérables les personnes atteintes. Cette région a vu pendant les années de guerres congolaises une partie de sa population fuir pour se réfugier au Sud Soudan voisin. L’heure est désormais aux retours mais tout est à recommencer et les populations dites « retournées » sont très exposées à la malnutrition de par leur dénuement.
Cependant, en République Démocratique du Congo, les soins médicaux sont payants, qu’ils soient prodigués à l’hôpital ou dans des structures dites « ambulatoires ». « Nous souhaitions avoir une approche communautaire et sensibiliser les Congolais à la problématique de la malnutrition ». Un comité local de nutrition fut alors créé pour pallier à la difficulté de rémunérations du personnel médical congolais. A la différence d’un centre nutritionnel thérapeutique d’ACF, ce comité composé de médecins ou infirmiers ainsi que d’habitants de la zone, agit comme un organisme de gestion voir comme « un intermédiaire » entre la population congolaise et les personnels médicaux. Il veille aussi à ce que la malnutrition ne prenne pas plus d’ampleur dans la région (le taux de malnutrition aiguë globale est de 8.3% et celui de malnutrition aiguë sévère est de 1.7%).
« Nous leur donnons les outils nécessaires en les formant », ACF n’intervient qu’en soutien financier et organisationnel. En aucun cas, l’ONG se substitue aux autorités locales et aux personnels congolais, son souhait étant que ce centre puisse exister par lui-même et être pérenne.

 

Aujourd’hui la situation dans cette région de la RDC-province orientale s’est « apaisée » même si de terribles combats ont encore lieu non loin de là au Nord Kivu. Le pays a de nombreux personnels médicaux qualifiés, ressources très importantes pour relancer une vraie politique de santé après dix années de troubles et de guerres civiles. Mais les moyens financiers et les infrastructures manquent cruellement. La mission de Sophie était de faire une place plus grande à la malnutrition dans le fonctionnement des services de santé locaux : « Nous voulions réellement que notre combat devienne leur projet ».

 

Il y a toujours un moment où l’ONG s’efface et laisse les personnels nationaux gérer. Dans cette mission, il fallait que les personnels congolais prennent « le pouvoir » et perpétuent ce combat contre la malnutrition. Sophie et son équipe se sont vraiment concentrées sur la formation, pour qu’ils puissent à leur tour prendre en charge les enfants en souffrance. Aujourd’hui, ils sont autonomes, ont un cadre de fonctionnement bien rodé grâce à l’expertise de Sophie et de ses collègues.

 

A 31 ans et 3 missions à son actif, Sophie nous confie vouloir prendre un peu de recul. Elle revient de Buta avec l’impression d’avoir passé le « flambeau » aux personnels de santé Congolais. Action contre la Faim développe ce type de programmes en appui aux ministères de la santé de certains pays stables dans lesquels l’association intervient. La malnutrition reste aujourd’hui très souvent le parent pauvre de l’aide internationale ainsi que des politiques de santé des pays les plus touchés. Par manque de moyens, par manque de volonté mais souvent aussi parce qu’elle n’est pas considérée comme un problème de santé publique.

Restez informés de nos dernières nouvelles

Votre adresse de messagerie est utilisée pour vous envoyer les lettres d'information d'Action contre la Faim.
Vous pouvez à tout moment utiliser le lien de désabonnement intégré dans la newsletter.
En savoir plus sur la gestion de vos données et vos droits.