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Témoignages

Madagascar

Relancer l'agriculture au plus vite avant la saison sèche

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Le maire de Tuléar le disait lui-même : « il y a un risque de malnutrition, si on aide pas les gens à se relancer rapidement. La nourriture sur les marchés de Tuléar et autour, vient de cette partie du district ». 

Situés en bordure du fleuve et donc bien irrigués, les villages longeant la digue sont essentiellement constitués d’agriculteurs. Mais la force des vents et des pluies lors du passage du cyclone Haruna fin février ont provoqué la montée brutale du fleuve et la rupture de la digue sur plusieurs centaines de mètres.

 

Tous les villages situés dessous ont été inondés en quelques minutes, comme en témoigne Jacqueline, assise ce jour-là sur les ruines de sa maison entouré de ses 2 enfants et de ses petits-enfants : « c’était la nuit, on dormait, on a entendu des cris des voisins et on s’est aperçu que l’eau dans notre maison atteignait le niveau du lit. On a vite compris que le fleuve était sorti de son lit ; on est parti très vite, mais entre-temps on avait déjà l’eau qui commençait à atteindre notre poitrine. On est monté sur le toit avec les enfants. On a attendu le lendemain vers 16h pour tenter de redescendre et rejoindre un site de regroupement. »

Et son fils André de poursuivre : « on a dû porter Jacqueline et les plus petits car il y avait trop d’eau et de courant pour eux pour marcher. On n’a rien pu emporter avec nous, vu qu’on les portait. Nos cultures ont été noyées, les stocks de manioc et de maïs que nous avions ne sont plus consommables car détrempés, une partie de mon matériel agricole a été détruit, notre maison est largement endommagée… On doit repartir de zéro. » Pour Florence, une voisine un peu plus loin, « trouver à manger, et reprendre l’agriculture au plus vite est prioritaire. Cultiver le manioc, le riz, le maïs : c’est ce que nous faisions pour gagner nos vies. »

 

Face à cela, Mohamed Sylla, expert en sécurité alimentaire dans les équipes d’urgence d’ACF a rapidement réfléchi à la meilleure solution pour leur venir en aide : distribuer directement de l’argent aux familles sinistrées ? C’était sa première idée mais vu les difficultés pour obtenir des semences de bonne qualité à un prix abordable de façon isolée – si c’était chaque agriculteur qui passait commande grâce à l’argent donné-, il a plutôt opté pour des distributions immédiates de semences pour permettre aux familles de se relancer avec la fin de la saison des pluies.

 

Par ailleurs, au vu du besoin d’abris pour toutes ces familles ayant perdu leur maison et plus globalement du besoin de relancer la vie économique dans la zone sinistrée, Mohamed s’est appuyé sur les ressources et le fonctionnement de la zone : un peu plus loin, dans un village également touché par le cyclone, les habitants sont spécialisés depuis toujours dans la construction de cases traditionnelles. C’est la principale activité économique de ce village. Un accord a donc été passé avec eux : ils construisaient des cases traditionnelles pour les habitants du quartier de la digue ayant perdu leur maison, contre un forfait payé par Action contre la Faim. Près de deux cents cases devaient ainsi être construites et distribués. Comme le dit Claude, juché sur le toit de la case qu’il est en train de construire « J’essaie d’en faire le maximum, c’est mon activité principale : j’ai une femme et quatre enfants. L’argent que je vais gagner va me permettre de les nourrir. » 

 

Pendant que les maisons se construisaient, Mohamed a avancé sur les distributions de semences : en partenariat avec l’organisation paysanne locale La Maison des Paysans et en concertation avec les agriculteurs de la zone du quartier de la digue, différentes espèces de semences ont été achetées, testées et acheminées. Le but : avoir des semences permettant des cultures rapides et d’autres plus longues, certaines faites pour la consommation familiale et d’autres destinées à la revente pour assurer un revenu aux familles. En tout, ce sont 24kg de trois types de semences différentes qui ont été distribués à 2000 familles pour leur permettre de cultiver un hectare de terres pendant la saison agricole actuelle. En moins d’un mois, les premières distributions avaient lieu et les agriculteurs de cette zone fortement sinistrée pouvaient reprendre leurs activités.

 

 

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