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Dr. Ghislain-Patrick Pembi © Paul Lorgerie
pour Action contre la Faim

Témoignages

République centrafricaine

« Le problème n’est pas forcément le sous-effectif, mais la formation du personnel de santé »

Après avoir travaillé pour Alima ou encore l’Organisation mondiale de la Santé(OMS), il dresse aujourd’hui un constat pessimiste de la situation sanitaire à Alindao, dans une ville où les soins sont pourtant gratuits.

Que pensez-vous d’Alindao ?

Alindao est une belle ville où règne malheureusement l’insécurité. Dans la ville, dans la périphérie. Cela est un vrai obstacle pour notre pratique. Pour la sensibilisation et pour échanger avec les patients.

 

 
Pourriez-vous nous parler de la situation sanitaire à Alindao ?

J’ai vite compris que je ne chômerai pas ici. La première raison est que la ville est saturée. L’hôpital a été conçu pour accueillir la population d’Alindao. Mais aujourd’hui, des déplacés sont venus s’installer dans et sur les pourtours de la ville du fait qu’il existe des soucis chez eux. Tout au long de la journée, nous recevons des patients, en plus des blessés qui nous viennent de la périphérie en raison des combats qui y sévissent. Si bien que le personnel est débordé.

Combien de personnel de santé comptez-vous dans votre équipe pour combien de patients ?

Le problème n’est pas forcément notre sous-effectif, mais la formation de ce personnel de santé. La question de savoir combien il y a d’aides-soignants, d’infirmières ou de médecin pour une quantité de patients donnée ne se pose pas. Les personnes travaillant ici sont des appuis et sont tout simplement submergées dès qu’un patient arrive. Il est nécessaire de les former davantage.

Dr. Ghislain-Patrick Pembi © Paul Lorgerie pour Action contre la Faim
Quelles sont les pathologies que vous observez le plus parmi vos patients ?

Les patients qui souffrent du paludisme sont les plus nombreux. Avec toutes les complications que cela entraine. Il y a également des cas d’infections pulmonaires, notamment avec des pneumonies, que ce soit chez les enfants ou les adultes. Ainsi que des cas de diarrhées suivis de déshydratation. Et enfin des blessures par balles, tous les jours. C’était le cas hier par exemple.

Avez-vous le matériel nécessaire pour la prise en charge de vos patients ?

Nos partenaires comme ACF sont présents dans l’hôpital et nous ont fourni du matériel. Malheureusement, ce n’est toujours pas suffisant au regard du nombre de patients que nous recevons. Par ailleurs, nous sommes régulièrement en rupture de stock de médicaments essentiels au bon traitement des pathologies dont je vous ai parlé.

Action contre la Faim soutient le département Nutrition au sein de votre hôpital, bien que vous soyez en poste depuis peu, avez-vous entendu parler d’amélioration ?

Lorsque je suis arrivé, mon prédécesseur m’a fait faire une visite. J’ai constaté que beaucoup de choses sont à améliorer dans ce département. Il est nécessaire que l’on installe dans les mois à venir un service de soins intensifs structuré et équipé. Idem pour les autres services. Aujourd’hui dans l’hôpital, les enfants malnutris sont mélangés avec les enfants malades qui se trouvent dans le service pédiatrique. Or nous savons que les enfants qui souffrent de malnutrition sont des nids à microbes et peuvent donc contaminer les autres.

Une collaboration avec Action contre la Faim semble inévitable ici. S’il faut former du personnel, nous le ferons ensemble. S’il faut restructurer l’organisation, nous monterons un canevas de travail avec des échéances et des objectifs précis, etc. Par ailleurs, j’aimerais proposer une réunion mensuelle avec Action contre la Faim et les autres acteurs humanitaires présents dans la ville pour exposer les données de toutes les activités du mois passé pour définir nos objectifs.

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