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Témoignages

Tchad

de la crise aux projets de développement

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ACF soutient ainsi la création de banques de céréales, le développement de petites activités commerciales pour améliorer les revenus des femmes, la vaccination du bétail, et des formations à l’élevage et à l’agriculture. C’est avec Antoine, responsable de ces projets, qu’on en découvre différents volets.

 

Des banques de céréales pour moins dépendre des marchés

 

Avec Antoine, responsable de projet de sécurité alimentaire et un de ses animateurs, Moussa, nous partons aujourd’hui en direction de Boulatchidi, village dans lequel a été construite et mise en place avec le soutien d’ACF une des 30 banques de céréales de la région. « Le principe, explique Antoine, c’est d’acheter des céréales au moment de la récolte (octobre-novembre), c’est-à-dire quand elles sont les moins chères sur les marchés, puis de les stocker jusqu’au pic de la période de soudure (lors des premières pluies, avant la récolte suivante). A ce moment-là, le stock est revendu généralement à un prix préférentiel. Le surplus d’argent ainsi dégagé permet d’acheter davantage de céréales à la récolte suivante, et ainsi de suite. Cela permet aux villages de moins dépendre des négociants et des spéculations sur les céréales qui sont parfois très importantes

 

ACF a aidé les villages volontaires à lancer ce projet en participant à la construction du bâtiment de stockage. Comment ? En formant les comités de gestion de la banque à la tenue des comptes et au fonctionnement d’une banque de céréales, et surtout en fournissant la première mise de départ en termes de céréales afin d’amorcer le fonctionnement de la banque. « Ainsi, à Boulatchidi, comme dans les trente autres villages où ce projet est mis en place, 65 sacs de 100 kg de mil ont été donnés pour constituer un stock initial de céréales ; soit 195 tonnes de mil au total » continue Antoine.

 

Ces banques de céréales permettent aux villageois, et notamment aux adhérents des banques de céréales, de bénéficier d’un tarif préférentiel lors de la vente du stock de céréales et de pouvoir profiter d’un stock dans des villages souvent mal desservis par les marchés environnants : « dans beaucoup de village, du fait des problèmes d’approvisionnement des marchés et d’enclavement de la région, les villageois doivent parfois parcourir plusieurs centaines de kilomètres pour pouvoir acheter des sacs de mil pas trop cher. Ce stock à disposition leur permet d’éviter un tel trajet ainsi que le coût et les risques qui y sont liés » explique Antoine. « L’existence d’une banque de céréales, c’est très important pour le village : ça permet d’avoir des céréales sans avoir à aller trop loin. Parfois, lors d’un décès ou d’une cérémonie, on pourra emprunter en urgence un sac de mil pour le remplacer ensuite lors d’un déplacement prévu. Nous voulons continuer à mener ce projet de banque de céréales : beaucoup de gens du village ont adhéré et paie une petite cotisation pour permettre à la banque de céréales de grossir et répondre ainsi aux besoins des villageois » ajoute le chef de village. 

 

 

Répondre aux besoins d’urgence pour préserver les initiatives de long terme

 

Mais il reconnaît également les difficultés : « c’est très dur en ce moment de rester concentré pour ne pas vendre ou consommer le stock actuel. Avec la crise alimentaire dans la région, les récoltes ont été insuffisantes et les prix ont déjà beaucoup augmenté : le prix du mil est déjà supérieur à celui pratiqué au pic de la période de soudure alors que ce pic est normalement dans 3 mois ! On voit bien l’intérêt du projet et, comme on a pu avoir l’occasion de le mettre en place, on est bien décidé à garder le stock jusqu’en juin. Le fait que la banque soit gérée de manière collective aide à ce qu’il n’y ait pas d’abus ou de négligences : tout le monde fait attention. »  Un autre villageois intervient à ce moment-là dans la conversation : « le bétail est en train de mourir de faim, il ne produit plus de lait. Il y a beaucoup de femmes seules ici. C’est dur ! En dehors des banques de céréales, il faut qu’ACF ou d’autres ONG interviennent pour nous aider. Nous avons faim et notre bétail meurt ! »

 

C’est pourquoi l’objectif d’ACF est donc également de pouvoir répondre aux besoins en urgence de ces villageois afin que les initiatives qui amélioreront la situation à long terme, – comme les banques de céréales-, ne soient pas compromises par la crise actuelle. C’est notamment un des objectifs des distributions alimentaires et d’aliments pour le bétail qui débutent en ce moment dans la région, mais le budget d’ACF ne permet pas encore de couvrir toutes les zones…

 

Lucile Grosjean

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