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Témoignages

Au Burkina Faso, ACF favorise l'approche communautaire pour vaincre la malnutrition

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La Tapoa, une région défavorisée

Le Burkina Faso ne souffre d’aucun conflit, l’environnement social y est relativement stable, et le bilan céréalier de cette année est légèrement positif. Pourtant, ce bilan global de la situation masque bien des disparités au niveau régional.

La Tapoa est une province étendue et isolée située au sud-est du pays, aux frontières du Togo, du Bénin et du Niger. « L’accès au terrain est difficile », nous confie Bénédicte. « Parfois, plus de 3 heures de routes accidentées sont nécessaires pour se rendre dans un centre de santé ou dans l’un des villages où sont menées les campagnes de dépistage et de sensibilisation à la malnutrition. Le climat y est capricieux, surtout cette année où les pluies ont débuté fin juin et se sont étendues jusqu’en octobre rendant parfois les routes impraticables », ajoute-t-elle. Ce temps incertain et irrégulier alternant périodes de grandes sécheresses et inondations a un impact important sur la production agricole du pays, sur le prix des denrées alimentaires, en hausse depuis 2008, et par conséquent sur l’accès aux aliments de bases (huile, riz, lait…) pour les populations qui n’ont souvent qu’un plat unique à base de mil.

« Il faut ajouter à cela les mauvaises pratiques sanitaires et alimentaires, le poids des coutumes et des croyances, et le manque d’accès à l’eau potable favorisant des épidémies à répétition (rougeole, méningite, diarrhées…) », rappelle Bénédicte. Toutes les conditions étaient réunies pour augmenter les taux de malnutrition. Insuffisance des structures de santé, absence de dépistage actif, faible niveau de connaissance du personnel de santé sur la prise en charge de la malnutrition aiguë, mauvaise accessibilité aux centres de soins due à l’isolement et problème de non-gratuité n’ont malheureusement pas arrangé les choses. Dans un contexte de pauvreté économique aggravé et un environnement sanitaire et socioculturel propice à la détérioration de la sécurité alimentaire, l’anticipation des crises est difficile. C’est pourquoi ACF a décidé d’agir sur le long terme en développant un programme basé sur la méthode CMAM (Community Management of Acute Malnutrition : prise en charge communautaire de la malnutrition aiguë).

L’approche communautaire mise en place par ACF

Le CMAM repose sur une approche d’implication locale, en utilisant et agrémentant la capacité des structures communautaires déjà existantes, et en formant des membres de la communauté afin de prévenir, détecter et traiter la malnutrition aiguë. « Concrètement, il s’agit de reconnaître le potentiel de chaque individu dans le district sanitaire de Diapaga en le replaçant au coeur des décisions qui le concernent », précise Bénédicte. Avec son équipe de 13 personnes, elle a travaillé dans 25 CSPS (Centres de Santé et de Promotion Sociale), 2 CREN (Centres de Récupération et d’Education Nutritionnelle) et 18 aires sanitaires (territoire dépendant d’une structure de santé) autour de deux axes :

– l’appui technique aux CSPS existants pour permettre la prise en charge ambulatoire des cas de malnutrition aiguë modérée et sévère et l’appui technique aux CREN. Seuls les enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère avec complications médicales sont hospitalisés. Les enfants sans complications et ayant de l’appétit sont traités à domicile : après une visite médicale et des explications sur le traitement à suivre, ils peuvent retourner chez eux où ils seront soignés grâce à des pâtes nutritionnelles riches et thérapeutiques comme le Plumpy’nut. En réduisant le séjour des enfants dans les centres, la probabilité des infections et le fardeau financier et social pour la famille sont réduits. ACF veille tout particulièrement à la prise en charge et à la gratuité des soins pour les femmes enceintes et allaitantes, et les enfants de moins de 5 ans.

– l’approche communautaire de l’éducation nutritionnelle qui permet aux membres de la communauté de s’impliquer concrètement et de faciliter la transmission des bonnes pratiques. « Nous agissons en partenariat avec une radio, une troupe de théâtre et une ONG locales » ajoute Bénédicte. Les conseils donnés aux mères pour une meilleure prise en charge de leurs enfants en termes d’alimentation et d’hygiène sont d’allaiter les enfants le plus longtemps possible, de diversifier leur alimentation à partir de 6 mois, de les faire suivre dans un centre de santé dès l’apparition des premiers symptômes de la malnutrition, de vérifier la qualité de l’eau avant de la consommer, d’utiliser du savon autant que faire se peut… Pour s’assurer que le message circule et perdure, l’équipe d’ACF se rend de village en village, où chaque communauté choisit un volontaire qui va être formé au dépistage de la malnutrition et à l’éducation nutritionnelle. Il sera le relais entre les communautés et les centres de santé. « On lui demande ensuite de faire une séance de dépistage et de sensibilisation auprès de la population de son village une fois par mois », nous explique Bénédicte.

A terme, un processus d’autonomisation doit se mettre en place pour que les animateurs d’ACF n’aient plus à encadrer les volontaires et puissent agir auprès d’autres villages de la Tapoa. Depuis la mise en place de la mission en juillet 2008, plus de 400 volontaires ont été formés afin d’assurer la pérennité de la mission et contenir la malnutrition aiguë dans la région.

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