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Communiqués de presse

#EndAusterity

Les organisations signataires appellent le FMI à cesser immédiatement de promouvoir l’austérité dans le monde

Notre rôle est de nous soucier de la capacité des gouvernements à respecter les droits humains et à œuvrer à l’atteinte des objectifs de développement durable. C’est en cette qualité que nous exprimons la plus grande inquiétude face au conseil donné par le FMI aux pays de revenir à l’austérité une fois la crise actuelle terminée. Cette pandémie a mis à nu les répercussions mortelles des sous investissements systématiques dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la protection sociale, ressenties le plus durement par les populations marginalisées, notamment les femmes, les personnes âgées, les minorités raciales et ethniques, les travailleurs informels et les familles à faible revenu. Cette crise a également mis en lumière le rétrécissement des classes moyennes et l’aggravation des écarts entre riches et pauvres.

Le FMI a évoqué à plusieurs reprises la nécessité d’une reprise équitable et verte. Il a déclaré que l’inégalité entre les genres et économique, le changement climatique et une mauvaise gouvernance, peuvent affaiblir la croissance et mettre en péril la stabilité. Ces dernières années, le FMI a élaboré des orientations opérationnelles à l’intention de son personnel sur l’intégration de l’analyse des inégalités entre les genres et des inégalités économiques dans ses travaux et a approuvé un cadre
macroéconomique pour les dépenses sociales. Tout cela suggère que le FMI est prêt à user de son influence et de son autorité pour aider les pays à réduire les inégalités.

Et pourtant, malgré cette rhétorique et ses propres avertissements concernant l’aggravation des inégalités, le FMI a déjà commencé à enfermer plusieurs pays dans de nouveaux programmes de prêts à long terme conditionnés par l’austérité, au cours des derniers mois. Au-delà de la conditionnalité de ces programmes récents, nous notons qu’un nombre important de
programmes de financement d’urgence COVID-19 du FMI, contiennent un libellé encourageant l’assainissement budgétaire en phase de reprise. Et alors que les gouvernements peinent à payer un service de la dette accru et devraient continuer à avoir besoin de niveaux extraordinaires de financement extérieur pour les années à venir, les programmes de prêt du FMI – et les
conditions qui les accompagnent – joueront un rôle prépondérant dans le façonnage du paysage économique et social au lendemain de cette pandémie.

Un assainissement budgétaire basé sur l’austérité ne ferait qu’aggraver la pauvreté et les inégalités et compromettre la réalisation des droits économiques et sociaux. Les études du FMI le corroborent. Maintes fois, l’assainissement budgétaire rigide et rapide imposé dans les conditions des programmes du FMI a entraîné des réductions dévastatrices des investissements dans la santé et l’éducation, des pertes de retraites et de protections sociales durement gagnées, des gels des salaires publics, des licenciements et un accroissement du travail non rémunérés dans le domaine des soins. Dans tous les cas, ce sont les personnes les plus vulnérables qui portent le poids de ces réformes, tandis que l’élite, les grandes entreprises et les créanciers en bénéficient. Hormis les effets directs, l’assainissement budgétaire n’assure pas la reprise économique et la création de nouveaux emplois, et une mise en œuvre immédiate pourrait au contraire aggraver la récession. Cela n’entraînera pas non plus une transition juste vers des économies résilientes au changement climatique.

Au lieu de coupes d’austérité, il est essentiel de créer un espace budgétaire et de donner aux gouvernements le temps, la flexibilité et le soutien nécessaires pour parvenir à une reprise durable, inclusive et juste. Des mesures immédiates et urgentes sont nécessaires pour soutenir la santé financière des pays par le biais de subventions et d’autres financements hautement concessionnels, en appuyant l’annulation et la restructuration de la dette et en émettant une nouvelle allocation de droits de tirage spéciaux. Cependant, les efforts de relance à moyen et long terme doivent continuer à promouvoir une plus grande marge de manœuvre budgétaire et politique permettant une augmentation plutôt qu’une diminution des dépenses sociales, et des politiques fiscales progressives qui collectent des revenus suffisants et redistribuent équitablement la richesse.

Cela implique d’évaluer systématiquement les impacts des réformes de la politique budgétaire sur les inégalités de genre et les inégalités économiques, et de rejeter celles qui ont des impacts sociaux négatifs. Cela implique également de négocier des accords de manière transparente avec la contribution de diverses parties prenantes, notamment la société civile, à travers un dialogue social national. Cela implique en outre de recommander et promouvoir des réformes fiscales progressives telles que l’impôt sur la fortune et les bénéfices excédentaires des grandes entreprises, de lutter de manière significative contre la fraude fiscale, l’évasion fiscale et les flux financiers illicites. Cela implique enfin de soutenir systématiquement les gouvernements pour restructurer leurs dettes afin qu’ils puissent prioriser les investissements dans des services publics de qualité.

L’économie mondiale est à la croisée des chemins entre de nouvelles décennies d’austérité et de crises de la dette, ou l’adoption d’un cadre macroéconomique compatible avec la lutte contre les inégalités, la justice climatique, la réalisation des droits humains et la réalisation des objectifs de développement durable. Avant ses Assemblées annuelles de 2020, nous appelons le FMI à ne plus commettre les erreurs du passé et à clore définitivement le sombre chapitre de l’austérité conditionnée.

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