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Ebola Liberia

Communiqués de presse

EBOLA

DES MILLIONS D’ENFANTS EUX AUSSI VICTIMES

Ebola Liberia

« Les enfants ont été exposés à des risques directs tels que le virus Ebola, et à des risques secondaires en devenant orphelins ; en voyant des membres de leurs familles infectés ; en quittant leur communauté ; en étant stigmatisés ou mis en quarantaine… Tout cela les a considérablement fragilisés. Concrètement, on remarque déjà que leur vulnérabilité à la sous-nutrition s’est accrue (1)» explique Gustave Vanda Mulenda, responsable des programmes de santé mentale et pratiques de soin à Monrovia au Libéria. Dans une société où être un enfant était déjà difficile avant l’épidémie, la peur de la maladie a mis à mal le sentiment de responsabilité collective envers les enfants et les a beaucoup isolés. La « no touch Policy », soit l’interdiction généralisée de se toucher, empêche les enfants, même les plus petits, de pouvoir jouer ou d’être réconfortés comme ils en auraient besoin. Cette année, ils ont fait face à de nombreuses situations difficiles qui vont avoir des conséquences, à long terme, sur leur développement et leur avenir.

Séparations

De nombreux enfants se sont retrouvés seuls. Séparés de leurs parents tués par Ebola, ou qui ont décidé de les éloigner des zones touchées par crainte de contamination, ces enfants n’ont pas toujours trouvé le réconfort et le soutien qu’un tel déracinement exige. Les familles élargies craignent de prendre soin des orphelins de parents infectés ou des enfants vulnérables, de peur d’être contaminés ou stigmatisés par la communauté. En Sierra Leone, on compte déjà plus de 8000 orphelins.

Peur, tristesse, angoisse

Dans les communautés touchées par Ebola, 5000 enfants sont morts, les autres vivent dans la peur, confinés, confrontés quotidiennement à l’évolution de l’épidémie et à des événements douloureux, tels que la tristesse des adultes et l’annonce des décès. Être témoins de la mort subite de membres de sa famille ou des interventions du personnel médical habillé en combinaison intégrale et étanche (PPE), du départ de membres de la famille vers des destinations inconnues, impacte psychologiquement les enfants. Les écoles fermées ainsi que les mouvements et interactions avec des amis étant limités, ils ont également été privés de moyens simples de gérer une partie de leur stress. Dans les trois pays les plus touchés, ce sont plus de 5 millions d’enfants qui ont été privés d’école. À la douleur d’avoir perdu des amis, des frères et des sœurs, s’ajoute souvent la stigmatisation et la discrimination par leur communauté ou dans les établissements de santé, et le fait qu’ils ne reçoivent pas toujours le soutien social ou psychologique dont ils ont besoin dans de telles circonstances. « Ils sont souvent laissés seuls, livrés à eux-mêmes, au moment où ils ont le plus besoin d’être consolés. » raconte Gustave.

Dégradation des conditions de vie, insécurité alimentaire

L’épidémie d’Ebola a également un impact négatif sur le bien-être psychosocial et sur la situation nutritionnelle des enfants. Dans de nombreuses communautés, les écoles remplissent des fonctions sociales spécifiques en plus de l’éducation, telles que la dispense d’aide social et la distribution de repas. Le fait de les déscolariser a donc eu un impact d’autant plus important que la fermeture des marchés et les restrictions de voyage dans les zones touchées ont causé la perturbation des activités économiques et ont réduit les revenus de beaucoup de familles. En conséquence, certains ont été obligés d’aller à la recherche de nourriture par eux-mêmes, tandis que le nombre d’enfants exposés au risque de sous-nutrition a augmenté.

Exclusion, stigmatisation

La cohésion communautaire, ciment important des sociétés dans l’ouest africain, a cédé la place à la stigmatisation sociale et à la discrimination. En effet, lorsqu’un cas suspect de fièvre Ebola est identifié, tous les membres de la famille sont obligés de rester confinés durant 21 jours et sont mis sous observation. Les membres de la communauté sont invités à éviter les interactions avec la famille mise en quarantaine. Des parents choisissent donc parfois de ne pas déclarer qu’ils sont malades augmentant ainsi le risque de contamination pour les enfants. Enfin, il est particulièrement important d’accompagner les survivants lors de leur retour chez eux et de soutenir l’ensemble de la communauté. Les enfants ayant survécu sont craints, discriminés et menacés. Ils se retrouvent exclus et isolés socialement.

Action contre la Faim intervient dans les trois pays les plus touchés par l’épidémie : la Guinée, la Sierra Léone et le Liberia. Des programmes d’accompagnement psychosocial sont mis en place auprès des populations.

Pour en savoir plus sur les activités mises en place par les équipes pour prévenir l’évolution de l’épidémie, pour soutenir les enfants et leurs familles impactées et accompagner le retour des survivants: http://blog.actioncontrelafaim.org/ebola-1-an-apres-lepidemie/

(1) Les équipes d’Action contre la Faim effectuent actuellement une enquête nutritionnelle dans cinq régions libériennes, les résultats devraient être disponibles d’ici quelques jours mais laissent déjà entrevoir une vulnérabilité accrue à la sous-nutrition  dans certaines zones.

Contact presse : Karima Zanifi : 01 70 84 72 37/ kzanifi@actioncontrelafaim.org /

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