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Pakistan brebis © Khaula Jamil pour Action contre la Faim

À la Une

Climat

Une alimentation durable pour lutter contre la faim dans le monde

Les conflits et les inégalités sont les premières causes de cette augmentation. Les deux tiers des personnes souffrant de la faim vivent dans des pays en conflit ou souffrent encore des conséquences d’un conflit passé.  

La crise climatique et la crise sanitaire du Covid-19 ont également accentué la précarité de populations déjà vulnérables menaçant ainsi leur sécurité alimentaire. A travers le monde, des milliers de personnes ont perdu leur source de revenu et ont des difficultés pour se nourrir. Ce constat est autant valable dans les pays du Nord que dans les pays du Sud. Selon le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) d’ici 2030, 660 millions de personnes pourraient encore souffrir de la faim si rien n’est fait.  

 

Face à cette situation, l’alimentation durable est l’une des solutions pour garantir une sécurité alimentaire et nutritionnelle au plus grand nombre. Qu’est-ce que l’alimentation durable ?  Comment lutter contre la crise climatique et rendre notre système alimentaire durable ? Nous vous expliquons tout dans cet article.

 

Qu’est-ce qu’une alimentation saine, durable et responsable ? Définition ! 

 

Selon l’Agence de la Transition Ecologique (ADEME), l’alimentation durable, est l’ensemble des pratiques alimentaires qui visent à nourrir les êtres humains en qualité et en quantité suffisante sur le long terme. C’est une alimentation qui respecte l’environnement tout en étant accessible financièrement aux consommateurs et rémunératrice pour les producteurs. 

Selon la FAO, les régimes alimentaires conformes à l’alimentation durable ont « de faibles conséquences sur l’environnement » et « contribuent à la sécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi qu’à une vie saine pour les générations actuelles et futures ». Les régimes alimentaires durables contribuent à protéger et à respecter la biodiversité et les écosystèmes. En privilégiant par exemple des cultures sans pesticides et engrais chimiques, ils favorisent la biodiversité.  

 

Qu’est-ce qu’un produit alimentaire durable ? 

Un produit alimentaire durable signifie que le produit n’a pas contribué à la détérioration de l’environnement en respectant des normes environnementales lors de sa conception jusqu’à sa consommation finale.  

Manger durable : quels enjeux sur la planète ? 

Réduire les effets de la crise climatique

L’une des principales causes de la faim dans le monde est la crise climatique. Les catastrophes naturelles comme les cyclones, les inondations et les sécheresses se produisent plus régulièrement et plus longuement et font basculer des milliers de personnes dans une précarité économique et nutritionnelle. Ces phénomènes privent les populations de leurs terres, de leurs revenus, de leurs habitations. Le lien entre la crise climatique et les émissions de gaz à effet de serre, issus des activités humaines telles que la déforestation, l’agriculture industrielle, etc est démontré par les chercheurs du GIEC.   

Le dérèglement climatique et ses phénomènes diminue les récoltes des paysans et paysannes et pèse comme une menace sur le fonctionnement des systèmes de production agricoles. Il détruit les cultures, dégrade les sols et augmente le prix des denrées alimentaires. Certaines populations sont obligées de se déplacer pour survivre, 143 millions de personnes pourraient devenir réfugiés climatiques d’ici 2050 selon la Banque Mondiale.  

Rozina 35 ans est un petit entrepreneur qui a recu un coq de la part d'ACF ainsi que la nourriture pour lui. Elle a ainsi pu faire des economies sur la viande et les ?ufs ce qui lui a permis d'economiser sur son revenu mensuel. (Village Jamot Tando Allah Yar 21 aout 2020) Khaula Jamil
© Lys Arango pour Action contre la Faim
© Lys Arango pour Action contre la Faim
Site PK3. Depuis fevrier 2018 Action contre la Faim intervient dans la ville d?Alindao au sud de la Republique centrafricaine pour porter assistance aux 35 000 personnes deplacees sur quatre sites. La region de la Basse-Kotto a ete e theatre de violents affrontements entre groupes armes en mai 2017 provoquant le deplacement massif de populations vers Alindao aujourd?hui dans une situation d?urgence. © Lys Arango pour Action contre la Faim
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La consommation de viande

L’alimentation durable, en promouvant une réduction de la consommation de viande dans les pays riches, vise aussi à lutter contre la déforestation. L’alimentation utilisée pour nourrir le bétail européen dans les élevages industriels est souvent importée de pays qui déforestent massivement pour faire pousser du soja destiné aux animaux européens par exemple.  

Les forêts, en plus d’être des puits de carbone, abritent 80% de la biodiversité terrestre. Selon des études, 20% des émissions de gaz à effet de serre dues aux activités humaines proviennent de la dégradation des forêts. Généralement les forêts emmagasinent plus de CO2 que tout autre écosystème et sont donc très importantes. Les forêts protègent le sol des érosions, elles protègent également la biodiversité de la faune et de la flore. Quand les forêts se dégradent, le carbone emmagasiné se disperse sous forme de gaz à effet de serre, surtout quand la dégradation est entraînée par le feu. Ainsi, des quantités énormes de CO2 sont libérées dans l’atmosphère. Quand nous perdons des forêts, nous perdons des espèces animales et végétales, mais nous accentuons surtout le réchauffement climatique.

L’impact de l’agroindustrie 

Le système d’agriculture industrielle largement répandu dans les pays développés représente un autre mal pour la planète et a été mis en cause par le GIEC. Les experts avancent qu’il sera “impossible de maintenir les températures mondiales à des niveaux sûrs sans changer notre façon de gérer les terres et la manière de produire de la nourriture« . 

Les monocultures, l’utilisation d’intrants chimiques comme les pesticides et engrais ont un impact sur le climat et la biodiversité.  

En effet, l’industrie des engrais est liée à celle des énergies fossiles. Or, l’agrochimie utilise de grandes quantités d’hydrogène dans les procédés de fabrication des engrais azotés. Aujourd’hui, 95 % de l’hydrogène est encore produit à partir d’énergies fossiles, principalement à partir de gaz mais aussi de charbon. Alors qu’il est impératif d’arrêter l’exploitation des énergies fossiles pour lutter contre la crise climatique. 

De même, l’utilisation d’engrais augmente le gaz à effet de serre, appauvrit et dégrade les sols qui ne sont plus du tout productifs sur le long terme. L’utilisation immodérée d’engrais et de pesticides conduise à la pollution de l’environnement (air, nappes d’eau potable, cours d’eau de manière générale etc.).  

-PHOTO TAKEN 19OCT05- Roosters and chickens are seen in a breeding farm in Mungia, northern Spain, O..

Réduire le gaspillage alimentaire 

Un système alimentaire durable implique d’abord la maitrise de notre production agricole. Chaque année dans le monde, 1.3 millions de tonnes soit environ un tiers de la nourriture est perdue ou gaspillée le long de la chaîne alimentaire, depuis la production jusqu’à la consommation selon la FAO 

Dans les pays du sud, le gaspillage se fait au niveau de la production. C’est ce qu’on appelle les pertes alimentaires. C’est le contraire au niveau des pays du nord, qui enregistrent plus de gaspillage au niveau de la consommation. La plus grande partie du gaspillage vient des ménages qui jettent 11% de la nourriture.  

Selon la FAO, « une réduction du gaspillage alimentaire à l’échelle mondiale, régionale et nationale aurait un effet positif substantiel sur les ressources naturelles et sociétales. La réduction des pertes alimentaires évite la pression sur les ressources naturelles. » Si on peut réduire le gaspillage alimentaire de moitié, il sera plus facile de nourrir la population humaine de façon durable. 

 

Comment avoir une alimentation durable ? Quelles sont les solutions pour alimentation durable ? 

 

Pour rendre l’alimentation durable accessible, il faut privilégier une agriculture durable qui favorise les écosystèmes et une gestion durable de la terre et des ressources naturelles. Contrairement à l’agriculture industrielle actuellement dominante, l’agriculture durable garantit une production sans engrais chimiques ni pesticides. La production et l’utilisation abusive d’engrais et de pesticides polluent l’environnement. La production passe par un processus industriel lourd, entraînant de nombreux dommages environnementaux.  

 

L’agroécologie, une alternative à l’agriculture industrielle. 

 

L’agroécologie paysanne concerne des pratiques agricoles qui respectent les saisons et les territoires, permet de cultiver sans produits phytosanitaires, en travaillant avec les processus naturels et en tirant bénéfice des interactions entre les plantes, les animaux, les sols.  

Elle s’appuie sur de nombreuses techniques respectueuses de l’environnement comme l’utilisation du compost ou la recherche de complémentarité entre les espèces. De plus, l’agroécologie va chercher à intégrer d’autres paramètres de gestion écologique comme une utilisation modérée de l’eau, l’économie d’espace cultivés, le reboisement ou la lutte contre l’érosion. Ce mode de production rend les sols durablement productifs, s’inscrivant ainsi dans un cercle vertueux. L’agroécologie est ainsi une science des écosystèmes, qui met particulièrement en valeur les connaissances du terrain, les savoirs paysans. 

C’est aussi un mouvement social, qui remet les paysan.e.s, les citoyen.ne.s au cœur des systèmes alimentaires : pour qu’ils soient maîtres de décider ce qu’ils cultivent et ce qu’ils consomment ! C’est à dire que l’agroécologie ne se limite pas à la mise en place de pratiques agricoles, c’est un modèle social qui cherche à apporter plus de justice dans les systèmes alimentaires, par exemple en rééquilibrant les relations commerciales entre producteurs, distributeurs et consommateurs, pour apporter une rémunération juste aux paysans et paysannes.  

L’agroécologie n’emploie pas les techniques de l’agriculture conventionnelle. Elle respecte les humains et l’environnement.  

 

 

L’agroforesterie est une alternative pour le reboisement. L’agroforesterie est une méthode de gestion des terres dans laquelle des arbres ou des arbustes sont cultivés aux alentours ou au milieu des cultures et pâturages. L’agroforesterie peut grandement contribuer à l’atténuation de la crise climatique parce que les arbres permettent de capturer du carbone, et permettent de s’adapter aux effets de la crise climatique. Les arbres plantés dans les champs protègent les cultures contre le vent excessif, le grand froid, la sécheresse, les inondations et les tempêtes. 

 

Citoyens, consommez durable 

 

Une alimentation durable implique également que le consommateur priorise les produits locaux et de saison qui proviennent d’un système de production responsable comme l’agriculture biologique ou l’agroécologie.  L’alimentation de proximité exige moins de dépense d’énergie (transport, conservation…) qu’une autre venant de loin.  

Une alimentation durable passe également par la réduction de notre consommation de viande. La production de viande implique aussi d’importantes émissions de gaz à effet de serre. Au niveau mondial, la production de viande est en forte évolution et dépasse déjà 300 millions de tonnes. A titre d’exemple, la production d’un seul kilogramme de bœuf génère 32,5 kg de CO2. Concrètement, l’élevage industriel pousse l’agriculture à émettre plus de gaz à effet de serre, car les animaux doivent consommer beaucoup d’aliments très impactants pour le climat. De plus, l’élevage se fait sur des terres agricoles qu’on pouvait utiliser pour plus de production alimentaire. 

Les animaux génèrent aussi en quantité du méthane, un autre gaz à effet de serre. Le fait de diminuer notre consommation de viande surtout dans les pays industrialisés, peut donc baisser la pression sur le climat. 

 

Notre action pour le développement d’une alimentation durable

 

Dans nos pays d’intervention nous mettons en place des programmes pour améliorer la résilience des populations et adapter les pratiques agricoles aux changements climatiques ou encore pour lutter contre la désertification. Nous sensibilisons sur les bonnes pratiques agroécologiques et nous luttons contre les facteurs qui entrainent la faim dans le monde.  

Au Cameroun, nous avons initié des programmes pour renforcer la sécurité alimentaire des populations. Nous avons mis en place des champs écoles paysans. Ces écoles sont un espace de transmission, de partage de connaissances mais aussi d’apprentissage sur les techniques d’agriculture résilientes et durables comme par exemple, des techniques de semis en ligne, ou des techniques plus économes en eau afin de préserver cette ressource. Nos projets dans le pays prennent en compte la gestion des ressources naturelles et des conflits agropastoraux. Nous avons également mis en place un programme de redressement économique et Social et de lutte contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle des territoires (RESILAC).  

Au Pakistan, nos équipes interviennent dans une dizaine de districts à travers la production de cultures adaptées au climat, des potagers, la gestion du bétail, (comprenant l’élevage de chèvres et de volailles) et des activités de pisciculture au niveau communautaire. Action contre la Faim a travaillé avec les petits agriculteurs, en introduisant des méthodes de vulgarisation telles que l’établissement de parcelles de démonstration et des sessions de formation pour accroître les partages de connaissances et encourager le changement de comportements des agriculteurs et agricultrices vers une agriculture plus respectueuse de l’environnement. 

AuCambodge et enOuganda , nous avons accompagné les populations dans la création de potager et de jardins. Ces actions permettent une meilleure autonomisation des populations. Elles peuvent parfois apporter un revenu supplémentaire et sont une source de diversification alimentaire. 

En Ethiopie , nous avons aidé au développement d’une activité en hydroponie pour aider les agriculteurs locaux à faire face à la sécheresse et à l’assèchement des terres. Cette technique, permet de cultiver hors sol de la nourriture pour le bétail mais aussi pour les populations locales. 

Au Nigéria, nous avons lancé une activité « Un Homme, un arbre » pour lutter contre la désertification dans la région de Yobe qui impacte fortement les paysans et paysannes. 

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