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À la Une

Sommet de l'alimentation

Compte rendu Point Presse

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En préambule, François Danel a rappelé que la crise actuelle n’est qu’un facteur aggravant d’une situation déjà dramatique pour des millions d’individus victimes de malnutrition : 854 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde et un million de personnes en meurent chaque année. A la veille du sommet de l’alimentation, ACF invite l’ensemble des acteurs à considérer la lutte contre la faim dans sa globalité. Les causes de la faim et de la malnutrition sont nombreuses et les initiatives en faveur du développement des agricultures locales ne représentent qu’une réponse partielle à la crise.

 

Libéria

Le riz est l’aliment de base des Libériens. Cependant, aujourd’hui, le pays importe environ les deux tiers de la consommation annuelle de sa population.

Les 14 années de conflits qui ont ravagé le pays, l’absence d’autosuffisance alimentaire, le taux de chômage estimé à 80% de la population et l’extrême pauvreté sont les éléments de la réalité quotidienne de ces populations très vulnérables.

Bien que le Libéria ne connaisse pas d’émeutes de la faim, la population souffre beaucoup de la crise alimentaire actuelle : « Le stock de riz actuellement disponible dans le pays sera consommé d’ici à la fin de l’été et la prochaine récolte, qui commencera en septembre, mettra du temps à être acheminée jusqu’aux villes », précise Bérengère de Penanster, chef de mission d’Action contre la Faim au Libéria. Donc si les effets immédiats ne se font pas encore ressentir, les conséquences à venir en terme de malnutrition sont inquiétantes. « Jusqu’à présent les familles arrivent encore à limiter les impacts de la hausse des prix en limitant les déplacements ou en changeant leur régime alimentaire. Le riz est réservé aux enfants et les mères se nourrissent de manioc. Mais ces mécanismes d’adaptation ne pourront durer éternellement. »

De plus, avant même cette crise, ACF avait évalué des taux de malnutrition aigüe alarmants à Monrovia, la capitale. « Suite à une enquête menée par ACF en février dernier, on estime que 400 enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition sévère, la forme la plus grave de malnutrition. De plus 12 000 enfants souffrent de malnutrition modérée et sont donc particulièrement vulnérables à tout changement de leur régime alimentaire », conclut Bérengère.

 

Burkina Faso

Si au niveau national, le pays a atteint l’autosuffisance alimentaire depuis une quinzaine d’années, les populations restent vulnérables dans les régions à risques. Le taux de malnutrition est élevé. « L’alimentation des Burkinabais est essentiellement constituée de céréales, souligne Claire Ficini, chef de mission ACF au Burkina Faso, cela engendre un déséquilibre nutritionnel. Action contre la Faim est présente au Burkina Faso depuis février 2008, avec pour objectif d’améliorer la prise en charge et la prévention de la malnutrition dans les zones à risques, notamment en appuyant les structures de santé existantes. En effet la malnutrition n’a été reconnue problème de santé publique au niveau national que récemment ». Le schéma est différent en milieu urbain, où les populations sont entièrement dépendantes des produits importés, comme le lait et l’huile, qui connaissent une inflation de 70 %.

Le Burkina Faso, où 55% du revenu des familles est consacré à l’alimentation, est un des premiers pays à avoir été marqué par les émeutes de la faim le 20 février 2008.

 

Afghanistan

L’Afghanistan est un des pays qui, avant la crise alimentaire, était déjà dépendant des importations de denrées alimentaires. Les sécheresses récurrentes, les voies de communication défaillantes et l’insécurité ne permettent pas à ce pays d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. Malgré une bonne récolte en 2007, les prix des denrées ont très fortement augmenté, entre 70% et 100%. Et ce phénomène ne va pas aller en s’améliorant : « La saison sèche approche et les récoltes s’annoncent plus mauvaises que l’année dernière, » constate Bertrand Brequeville, Chef de mission en Afghanistan.

Face à l’urgence alimentaire, Action contre la Faim adapte ses programmes afin de prévenir le plus efficacement possible les besoins dans les prochains mois. « En Hazaradjat, dans le centre du pays, nous mettons en place des programmes dit de « Cash for work ». Cependant, cette année, nous allons distribuer de la nourriture au lieu de l’argent, insuffisante face aux prix très élevés. »

« Le phénomène de la hausse des prix a généré de véritables bombes à retardement »

En conclusion, les émeutes de la faim ont éclaté dans une trentaine de pays, mais « des bombes à retardement sont sur le point d’exploser dans beaucoup d’autres, là où les populations souffrent en silence », explique François Danel. Afin de prévenir l’augmentation du nombre de victimes de la faim, ACF conduit des opérations en urgence et développe des missions destinées à résoudre durablement la crise alimentaire.

Le réveil de l’opinion publique et des instances internationales sur le fléau de la faim rendent désormais possible la création d’un Fonds Mondial de lutte contre la Faim et la Malnutrition.

Pourquoi un Fonds Mondial de lutte contre la Faim et la Malnutrition ?

Les analyses récentes (Nations-Unies, FAO, PAM….) soulignent l’insuffisance des moyens financiers consacrés tant aux effets urgents de la crise alimentaire (distribution en zone rurales et en zones urbaines) qu’aux effets plus durables de la crise ( relance des politiques agricoles, principalement familiales).

Les acteurs qui interviennent dans la lutte contre la faim et la malnutrition sont nombreux, chacun d’entre eux intervenant dans un domaine d’expertise bien identifié.

Il manque aujourd’hui un organisme international capable de coordonner des financements additionnels qui permettraient de réduire fortement la malnutrition et de traiter en profondeur les causes de la faim.

Ce Fonds serait avant tout un instrument financier dont la priorité serait de mobiliser, gérer et allouer des ressources dans la lutte contre la faim et la malnutrition.

 

Les principes :

 

-Une aide additionnelle : les ressources financières collectées doivent s’ajouter et non se substituer aux budgets déjà existants. L’enjeu consiste à s’emparer de la prise de conscience actuelle au niveau des opinions publiques, des Etats et des institutions financières internationales pour canaliser au travers d’un nouveau dispositifs des aides accrues pour faire face à l’enjeu mondial de sécurité alimentaire.

 

-L’adéquation des projets aux priorités définies au niveau local : la condition du succès consiste à gérer les projets en cohérence avec les priorités des Etats, en particulier en ce qui concerne la relance des politiques agricoles.

 

-Des projets menés en partenariats cohérents dans un cadre prédéfini : gouvernements, société civile, ONG, secteur privé, organisations multilatérales et bénéficiaires doivent pour maximiser l’efficacité de leurs actions, agir selon des objectifs et un cadre prédéfinis.. En cohérence avec le principe précédant, il est nécessaire de renforcer la cohérence des actions de lutte contre la malnutrition et la faim en créant des cadres qui incitent les différents acteurs à plus de coordination.

-Une exigence de transparence et de responsabilité : l’attribution des ressources est soumise au respect d’indicateurs de performance des programmes. Cette caractéristique paraît déterminante pour attirer de nouvelles subventions.

Le périmètre

Il est important que le Fonds Mondial de lutte contre la Faim et la Malnutrition puisse financer une palette large de projets allant du traitement de la malnutrition aigue sévère à des projets de renforcement des agricultures familiales.

Ce spectre large de financement de projets permettra de traiter les conséquences de la faim mais également d’intervenir de façon préventive sur les causes de la crise alimentaire actuelle.

Seul un organisme de type nouveau a aujourd’hui capacité à attirer des fonds supplémentaires. Les entités existantes, malgré leurs compétences spécifiques, ne permettront pas d’offrir une image de gestion plus globale et plus rigoureuse en termes de pilotage de projets.

Les principes suivants représentent des atouts déterminants pour attirer de nouveaux fonds.

-La gestion de projets décidés en cohérence avec la priorité des Etats

-Le volet partenarial de soumission et d’analyse des projets et notamment le partenariat avec la société civile et les entreprises

-L’exigence de rigueur dans l’avancement des projets. Ce principe est certainement de nature à renouveler l’image d’efficacité de l’aide actuelle. Il nécessitera certes un investissement dans un premier temps pour mettre en place une cellule de pilotage des projets mais face aux défis de cette crise alimentaire, la mise en place d’outils de gestion performants semble difficilement contournable

-La généralisation volontariste des meilleures pratiques testées au niveau mondial.

Contact presse : 06 70 01 58 43

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