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À la Une

Rapport d'enquête d'ACF sur Bogale

un risque de crise nutritionnelle très important

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Les conclusions de leur enquête sont extrêmement inquiétantes tant pour la situation immédiate des survivants que pour le moyen terme.

 

Alors qu’ Action contre la Faim organise depuis une semaine des rotations de convois humanitaires vers les victimes du cyclone, nos équipes sont de plus en plus inquiètes face à l’ampleur des besoins, le faible nombre d’acteurs en présence pour mener des opérations d’aide humanitaire et la rapide détérioration de la situation. Le seul district de Bogale comprenait 400 000 habitants répartis dans 527 villages autour de la ville principale de Bogale (50 000 habitants). Dans cette zone, ACF est l’une des rares ONG internationales active.

 

 

 

Premiers éléments de l’enquête :

 

Nutrition / Sécurité alimentaire:

 

    • La première priorité de toutes les personnes interrogées est la nourriture : les gens passent leur journée à chercher de la nourriture et à trouver un moyen de la cuire. Depuis maintenant 15 jours, les survivants se nourrissent essentiellement de quelques fruits et légumes collectés dans la nature et de riz moisi : les populations récupèrent en effet du riz mouillé par les inondations et tentent de le faire sécher sur le bord des routes.

 

    • Le prix du riz a été multiplié par 4 depuis le cyclone (60 000 kyat / sac soit 60 dollars/sac)

 

    • Le nombre de repas est passé de 3 à 2 par jour pour 72% des personnes interrogées

 

    • 86% des personnes interrogées consomment un riz détérioré et ont divisé par 2 les quantités de nourriture pour chaque repas.

 

    • Une semaine après le cyclone, les gens se disaient déjà « affamés »

 

    • Face à cette situation, la population développe des « mécanismes de survie » qui pourraient aggraver leur situation dans un futur proche : emprunt à des taux très importants, vente des biens qui leur restent, …

 

    • L’activité économique est totalement sinistrée : la majorité des pêcheurs ont perdu leurs outils de pêche (bateaux, filets,…) et les agriculteurs ont perdu leurs semences, leurs outils et leurs buffles.

 

    • La plupart des stocks de nourriture des familles et des commerçants a été détruits.

 

En conclusion, les équipes d’ACF craignent l’émergence rapide d’une crise nutritionnelle, étant donné les difficultés auxquelles font face les acteurs humanitaires pour apporter une aide massive dans les zones sinistrées.

 

 

 

Eau et assainissement:

 

    • 75% des gens collectent leur eau de boisson dans des mares. Ces dernières ont été très fortement contaminées soit par le sel, les débris, les cadavres d’animaux et d’hommes ; notamment dans les zones rurales.

 

    • 95% des latrines existantes sont détruites, laissant craindre des contaminations fécales dans l’eau.

 

    • La majorité de la population a tout perdu, dont les récipients qui leur servaient à transporter et conserver l’eau. Ils ne peuvent donc pas collecter les eaux de pluies qui seraient pourtant davantage potables que l’eau des mares.

 

    • Des cas de diarrhées commencent à être rapportés aux équipes d’Action contre la Faim mais il y a un très fort risque que leur incidence augmente. De même les cas de malaria et de pneumonie pourraient croître si l’accès à l’assainissement et aux soins de base n’est pas très vite rétabli. 23% des personnes interrogées se disent atteints de maladies. Ces maladies liées à l’eau peuvent rapidement entraîner les personnes atteintes vers la malnutrition.

 

 

 

Malgré des contraintes, l’aide atteint les sinistrés

 

Face à cette situation humanitaire dramatique, la logistique reste une contrainte majeure, accentuée par le début de la mousson. Les derniers ponts qui tenaient encore ne sont désormais plus praticables. L’accès par la route n’est donc plus possible. Les équipes d’Action contre la Faim utilisent 2 bateaux pouvant accueillir chacun 20 et 25 tonnes de fret qui font des rotations entre Rangoon et Bogale. Ces bateaux permettent d’avoir un accès grandissant aux zones les plus isolées. Plusieurs dizaines de tonnes de riz, d’eau, de pastilles de purification et de kits de premières nécessité ont donc pu être distribuée s et continuent à l’être.

 

Ainsi l’explique, Richard Poncet, ingénieur hydraulicien d’ACF en Birmanie : « Nous voulons tout d`abord assurer une capacité de stockage d`eau de qualité au niveau du foyer. Mon premier souci concerne la qualité de l`eau. Les populations utilisant principalement les eaux de surface comme ressources en eau potable, le risque de transmission de maladie diarrhéique est un facteur important. La saison des pluies arrivant avec la mousson, cette eau fraîche doit être collectée. Nous distribuons des bâches plastiques faisant office de toits, et d`autres qui, pliées, permettent de constituer des réservoirs de collecte d`eau de pluie.

Mais il n`y a pas que l`eau, nos programmes sont très complémentaires : quelqu’un qui a faim ne se soucie pas de la qualité de l`eau qu`il boit, sa priorité est de trouver quelque chose à manger. Et quelqu’un qui est malade peut ne plus se soucier de rien : il doit manger une nourriture équilibrée, et boire une eau saine. Il faut donc que nous leur apportions toute notre aide en même temps, et au plus vite. »

 

Par ailleurs, après un premier avion chargé de 40 tonnes de matériel ACF affrété grâce au soutien de la Délégation à l’Action Humanitaire, un autre avion comprenant 12 tonnes de bâches, jerricans, kits de purifications d’eau a été affrété grâce au soutien de l’OFDA (Office of U.S. Foreign Disaster Assistance). Le fret de ces 2 avions a été déchargé avec succès à Rangoon et est en cours d’acheminement vers Bogale.

Action contre la Faim parvient donc à mener des opérations d’urgence dans la zone du Delta malgré de fortes contraintes. Mais cette aide demeure largement insuffisante à l’échelle des besoins des sinistrés.

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