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2021_AAH_Klenner_Maria_Bekaa_Activities_93 © Maria Klenner pour Action contre la Faim

À la Une

Liban

Un avenir meilleur pour les réfugiés grâce à une approche innovante

Cette initiative a incité la communauté à adopter de meilleures pratiques et a encouragé Douaa à améliorer sa propre situation en demandant une bourse d’études. Et grâce à sa motivation, Douaa étudie maintenant le droit à l’université.

 

PROMOUVOIR L’HYGIÈNE PAR L’AUTONOMISATION DES COMMUNAUTÉS

 

Depuis le début de la pandémie, Action contre la Faim Liban, soutenue par USAID, a mené une action stratégique novatrice en consortium avec Relief International (RI), Médecins du Monde (MdM) et Première Urgence Internationale (PUI).

Axée sur une approche d’engagement communautaire, cette action a consisté à travailler avec des membres de confiance de la communauté, comme Douaa. Ceux-ci ont joué le rôle de mobilisateurs communautaires et de coordinateurs dans leurs campements improvisés. Sélectionnés et formés au préalable, ils ont mené diverses séances de sensibilisation à l’hygiène, liées notamment à l’hygiène personnelle, aux maladies d’origine hydrique, au traitement de l’eau, à la propreté des latrines et à la gestion des déchets. Différents sujets relatifs au COVID-19 ont également été abordés, tels que les symptômes et les précautions à prendre, l’auto-isolement, le nettoyage et la désinfection des habitations et des surfaces, l’utilisation efficace des masques, les avantages de la vaccination et les étapes à suivre pour s’inscrire sur la plateforme nationale de vaccination.

Le recours aux porte-paroles adéquats pour sensibiliser la population a permis de lever le tabou qui entoure la maladie et qui empêche généralement la communauté réfugiée de signaler les cas positifs, de prendre des mesures préventives ou de s’inscrire pour la vaccination. Après le programme, nous avons observé une augmentation du nombre de cas déclarés, et 35 des mobilisateurs communautaires et autres membres de la communauté ont été enregistrés sur la plateforme de vaccination, certains ayant déjà reçu le vaccin. Les résultats ont également montré un impact positif sur la cohésion sociale et l’autonomisation des femmes, puisque les sessions ont rassemblé des personnes d’âges et de milieux différents et ont permis aux femmes et aux filles de participer activement à des activités communautaires en dehors de leur foyer.

2021_AAH_Klenner_Maria_Bekaa_Activities_184 © Maria Klenner pour Action contre la Faim

Liban

Le personnel d’Action contre la Faim Liban forme les coordinateurs et les mobilisateurs communautaires à la prévention du COVID-19 et des maladies hydriques.

© Maria Klenner pour Action contre la Faim

RENFORCER LA RÉSILIENCE, CONSTRUIRE UN MEILLEUR AVENIR

 

« Tous les membres d’Action contre la Faim que j’ai rencontrés m’ont donné le sentiment qu’il n’y avait aucune différence entre nous dans le travail. La communication était très facile, et j’ai trouvé la formation plutôt animée et dynamique », souligne Douaa.

Notre équipe de sensibilisation à l’hygiène est également très satisfaite de la contribution de Douaa et la considère comme quelqu’un qui apprend vite et qui essaie toujours d’aider les autres coordinateurs : « Elle a été la première à transmettre les données nécessaires en ligne lorsque notre équipe n’a pu le faire pendant le confinement, ce qui a motivé plusieurs mobilisateurs communautaires et autres coordinateurs à faire de même. Grâce à son implication, notre travail a eu un plus grand impact », fait remarquer un agent de terrain d’Action contre la Faim.

2021_AAH_Klenner_Maria_Bekaa_Activities_94 (2) © Maria Klenner pour Action contre la Faim

Liban

Douaa devant la tente où elle vit avec ses parents et ses frères et sœurs.

© Maria Klenner pour Action contre la Faim

Sept ans avant cette expérience, Douaa avait quitté la Syrie, alors qu’elle était encore à l’école secondaire, pour demander l’asile au Liban. Comme la plupart des enfants réfugiés, elle a rencontré de nombreuses difficultés pour poursuivre sa scolarité. Elle vit aujourd’hui dans un campement improvisé de réfugiés, isolé et surpeuplé, dans la vallée de la Bekaa, où il n’y a pratiquement aucune intimité, sans parler d’un espace adéquat pour étudier. Elle avait d’ailleurs pour habitude d’attendre que sa famille s’endorme pour étudier la nuit et dormir ensuite le jour. En dépit de cet environnement difficile, elle a réussi ses études secondaires, même si cela semblait être la dernière étape de sa scolarité. Les principaux obstacles à l’accès à l’université auxquels la plupart des réfugiés syriens sont confrontés – principalement le statut juridique, les frais de scolarité inabordables et les obstacles sociaux qu’elle a déjà dû surmonter – ont empêché Douaa d’envisager ne serait-ce qu’une bourse d’études comme une option. Sans aucune perspective d’avenir, elle a entendu parler de notre projet et a décidé de postuler pour devenir bénévole chez nous. Après avoir passé avec succès le processus de sélection, elle a accompli un excellent travail qui a contribué à améliorer le niveau d’hygiène global de la zone.

« Ce qui est le plus important pour moi, en tant que locale, c’est la propreté du campement, alors quand j’échange avec les gens et que je sensibilise les enfants, je suis heureuse parce que j’apporte ma contribution. C’est un beau travail, et c’est beau de faire du volontariat parce que cela vous fait prendre conscience de votre valeur et de la valeur de ce que vous accomplissez, et c’est encore plus beau quand tout le monde reconnaît votre contribution. C’est magnifique d’être en contact avec tout le monde : les gens instruits, les gens non instruits, les enfants… donc je pense que le volontariat en général fait de nous une nouvelle personne », explique la jeune fille.

Sa participation à ce projet a encouragé Douaa à déposer une demande de bourse d’études à l’Université Libanaise. C’est maintenant une brillante étudiante en droit, avec des projets ambitieux et une carrière prometteuse. Tout cela démontre que renforcer l’autonomie des réfugiés peut contribuer à améliorer la confiance en soi, à favoriser les opportunités et, par conséquent, à améliorer la vie de chacun.

« Je me consacre à ma réussite. Dans cinq ans, je me vois comme quelqu’un qui a réussi et qui essaie de laisser son empreinte dans la société. Je veux aussi écrire, et je travaille sur une idée de livre. J’espère que dans cinq ans, il y aura un ouvrage publié avec mon nom dessus. J’espère ! »

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