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Afghanistan

Les ONG appellent à une aide basée sur les besoins des Afghans et non ceux des militaires

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Le Plan d’Action Humanitaire 2010 (PAH) établit une stratégie d’un an pour les organisations d’aide humanitaire afin de répondre aux besoins vitaux et combler les manquements du gouvernement. Institutions faibles, corruption et violence ont limité la capacité du gouvernement à protéger et subvenir aux besoins de ses citoyens, dont les 5,5 millions de réfugiés qui sont de retour chez eux et les centaines de milliers de déplacés dus au climat de violence actuel. Un rapport récent d’Oxfam international a montré que les Afghans considèrent la pauvreté comme l’un des principaux vecteurs du conflit.

En 2009, il manquait près de 200 millions de dollars pour financer les programmes de santé, de nutrition, de déminage et de construction en urgence d’abris. Le manque de financement a laissé des milliers de victimes des inondations sans les abris nécessaires pour affronter un rude hiver et incapables de replanter les champs dévastés.

En dépit de la récolte exceptionnelle de cette année, des millions d’Afghans ne peuvent satisfaire leurs besoins nutritionnels élémentaires et la malnutrition des enfants a atteint un niveau alarmant. En novembre, une évaluation collective conduite dans un camp de personnes déplacées à Kaboul, a montré que plus d’un enfant recensé sur cinq, souffre de malnutrition aiguë et n’a pas accès aux traitements. « Une action d’urgence et une surveillance rigoureuse de la situation nutritionnelle dans les régions tant urbaines que rurales sont essentielles pour prévenir la crise et garantir que nous serons capables de répondre aux besoins des personnes menacées », explique Shashwat Saraf, chef de mission d’ACF.

« Les bailleurs n’agissent pas assez pour répondre aux besoins des Afghans », affirme le Dr. Habibullah Sahak, directeur général de Ibn Sina, une organisation de santé afghane. « Les services de santé se sont quelque peu améliorés, mais plus de 200.000 enfants et 10.000 femmes enceintes meurent encore chaque année, essentiellement parce qu’ils manquent des soins médicaux fondamentaux, d’eau potable et d’alimentation. »

Les représentants des organisations humanitaires expliquent que l’accès à la plus grande partie de l’argent disponible pour le pays, implique de travailler avec le gouvernement ou de soutenir des opérations de lutte anti-insurrectionnelle. « Travailler avec le gouvernement constitue une meilleure approche à long terme – si seulement il était stable. Le gouvernement étant contesté, il devient risqué d’être associé à ses programmes dans certaines régions », dit Laurent Saillard, directeur de ACBAR.

Les acteurs humanitaires soutiennent qu’une trop grande partie de l’aide va là où se trouvent les troupes, ou est utilisée dans le cadre d’une stratégie de lutte anti-insurrectionnelle. « Si nous devions nous impliquer dans la lutte anti-insurrectionnelle et travailler avec les équipes officielles de reconstructions ou des groupes militaires, notre acceptation dans les communautés serait compromise. C’est un risque que nous ne pouvons pas prendre et par conséquent, nous avons décliné les opportunités de financement qui impliquent le travail avec les militaires et dans la lutte anti-insurrectionnelle », explique Lex Kassenberg, directeur général chez CARE International.

Le Pentagone a déjà doublé l’aide allouée aux militaires américains en Afghanistan pour atteindre 1.2 milliards de dollars, grâce au Commanders’ Emergency Response Program (CERP). On s’attend aussi à ce que l’USAID utilise la majorité de ses fonds pour soutenir des opérations de lutte anti-insurrectionnelle au sud et à l’est. Le Canada, dont les troupes se situent à Kandahar, attribue la moitié de son financement dans la guerre qui déchire la province.

Il est urgent d’équilibrer les fonds de l’aide humanitaire et les budgets militaires. Une étude montre que l’argent de l’aide humanitaire arrivant dans le pays représente moins de 10 % des dépenses militaires réalisées par les troupes des pays donateurs.

« Les militaires font partie du conflit ils ne peuvent donc pas fournir d’aide humanitaire sans compromettre la protection et la sécurité des civils », assure Hashim Mayar. « L’aide humanitaire ne devrait être apportée par les troupes qu’en dernier ressort, pour sauver des vies, conformément aux directives militaires et civiles convenues par l’OTAN et le Pentagone. »

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