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Colombie - La Guajira © Lys Arango pour Action contre la Faim

À la Une

Colombie

Le combat contre Jamú

Mercedes Ipuana, 70 ans, combat cette créature mythologique depuis bien trop longtemps, d’abord pour ses enfants, puis, aujourd’hui pour ses sept petits-enfants.

Pourtant, en ce temps de sécheresse et de crise qui dominent la terre wayuu, à l’extrémité nord-ouest de la Colombie, Jamú a bien failli remporter sa bataille contre cette famille. Luis, Isaac et Merchaides, de 2, 3 et 4 ans respectivement, sont tombés malades, victimes de la sous-nutrition.

"Je n’avais parfois rien à leur donner."
Mercedes Ipuana - Colombie
Mercedes Ipuana
La Guajira, Colombie

« Uniquement de la chicha (une boisson à base de maïs) qui remplit, mais ne nourrit pas », raconte leur grand-mère, Mercedes.

Ses filles ne pouvant plus s’occuper d’eux, c’est la grand-mère qui est devenue chef de famille. Elle tisse des sacs à dos aux couleurs vives qu’elle vend ensuite au village voisin. Mais il lui arrive de revenir bredouille, sans un peso dans ses poches. « J’étais désespérée. Je voyais leur regard s’éteindre, leur vie filer sans que je ne puisse rien faire » raconte-t-elle d’un air d’immense tristesse.

 

Colombie - La Guajira © Lys Arango pour Action contre la Faim

Mercedes Ipuana

Mercedes Ipuana a 10 petits enfants. Trois d'entre eux ont souffert de malnutrition.

© Lys Arango pour Action contre la Faim

Colombie - La Guajira © Lys Arango pour Action contre la Faim

Mercedes Ipuana

Mercedes Ipuana a 10 petits enfants. Trois d'entre eux ont souffert de malnutrition.

© Lys Arango pour Action contre la Faim

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Mercedes Ipuana et ses petits enfants

Mercedes Ipuana a 10 petits enfants. Trois d'entre eux ont souffert de malnutrition.

© Lys Arango pour Action contre la Faim

Colombie - La Guajira © Lys Arango pour Action contre la Faim

Mercedes Ipuana

Mercedes Ipuana a 10 petits enfants. Trois d'entre eux ont souffert de malnutrition.

© Lys Arango pour Action contre la Faim

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Mercedes Ipuana

Mercedes Ipuana a 10 petits enfants. Trois d'entre eux ont souffert de malnutrition.

© Lys Arango pour Action contre la Faim

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Puis un jour, les arijunas (femmes blanches, non indigènes) d’Action contre la Faim sont venues. « Lorsque nous les avons auscultés, les enfants étaient en état d’inanition, d’une maigreur extrême » se souvient la docteure Viviana Paola Mendoza Ortiz. « L’un d’entre eux souffrait de malnutrition sévère et les deux autres de malnutrition modérée. Heureusement qu’ils n’avaient pas attrapé d’autres maladies graves. Cela nous a permis d’organiser un programme pour qu’ils puissent suivre un traitement chez eux, sans avoir à se rendre à l’hôpital » ajoute la docteure.

Lorsque l’auxiliaire wayuu a traduit ces mots à grand-mère Mercedes, celle-ci en a pleuré de joie. « Je craignais que les arijunos du gouvernement viennent me voler mes petits-enfants » dit-elle. En effet, en raison de l’éparpillement des communautés, il y a de gros vides dans l’application des programmes d’assistance alimentaire et de prise en charge médicale de base et de suivi. Si bien que, de temps à autre, les médecins de l’hôpital font une tournée dans les communautés indigènes de La Guajira et prennent dans leur voiture les enfants atteints de malnutrition pour les soigner en ville. Les mères ont généralement plus d’enfants dont s’occuper et ne peuvent donc pas accompagner les malades, ce qui est extrêmement mal vécu dans la communauté.

 

La docteure Viviana et la nutritionniste Angie Jiménez ont remis à Mercedes les paquets d’aliment thérapeutique correspondant à chaque enfant et lui ont expliqué les indications à suivre. Les soins ont commencé et, tous les huit jours, l’équipe d’Action contre la Faim venait chez elle pour faire le suivi des petits et surveiller leur évolution.

La Guajira © Lys Arango pour Action contre la Faim

« Ils se sont rétablis d’une manière merveilleuse » dit Viviana. « Ils ont très vite repris de la masse musculaire et, signe de santé, sont devenus plus actifs : on les voyait jouer et tourner autour de nous pendant nos visites, assure-t-elle ».

La grand-mère s’est elle aussi mise à aller mieux et à retrouver le moral. Elle reconnaît être tombée dans la dépression en voyant ses petits-enfants dans cet état sans pouvoir rien y faire. Aujourd’hui, la famille va bien. Action contre la Faim lui a fourni des filtres pour que ses membres prennent de la bonne eau, ce qui aide à prévenir les maladies. Par ailleurs, il a été fait en sorte que les enfants soient associés à une cantine communautaire. Leur alimentation est ainsi assurée. Ils ont même commencé à aller à l’école. « Aujourd’hui, ils ont faim d’apprendre. Nous avons échangé une faim qui mène à la mort contre une faim de connaissances » sourit largement Viviana, qui sait bien que, pour cette fois-ci, elle a réussi à vaincre Jamú.


D’après les données recueillies par Action contre la Faim et UNICEF, près de 82 % des enfants de moins de cinq ans présentent un certain degré de sous-nutrition dans La Guajira. Parmi les raisons principales qui pèsent sur cette crise, il y a la sécheresse. La Guajira est en effet l’un des départements les plus chauds et les plus secs de Colombie, avec une température moyenne de 28 à 32°C et seulement 500 millimètres, parfois moins, de pluie annuelle.

D’autre part, l’importante dispersion des communautés indigènes entrave leur accès aux biens et aux services de base. Les programmes gouvernementaux d’assistance alimentaire, de prise en charge médicale et d’éducation primaire et continue présentent de gros vides. Quant aux services d’assainissement, d’adduction d’eau et d’électricité dans les zones rurales, ils brillent par leur absence.

Enfin, la fermeture de la frontière avec le Venezuela a fortement impacté la sécurité alimentaire, la nutrition, les moyens d’existence des familles et leur capacité de résilience. En effet, les Wayuu, traditionnellement semi-nomades et binationaux, avaient l’habitude de franchir la frontière pour compléter leur panier de base familial. Désormais, ils ne peuvent plus le faire.

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