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Soudan du sud malnutrition Climat © Peter Caton pour Action contre la Faim

À la Une

Soudan du Sud

De nouvelles formes d’agriculture redonnent de l’espoir aux femmes

Adhele, 35 ans, savait que quelque chose n’allait pas lorsque son fils de deux ans, Piol, est devenu presque immobile. « Il ne bougeait pas, il ne jouait pas, il restait juste allongé », se souvient-elle. Ses soupçons se sont confirmés lorsque notre équipe a mené un dépistage de masse de la sous-nutrition chez les enfants du village de Baackuel.

« Ils ont mesuré le bras de mon fils et m’ont dit de l’amener au programme de traitement ambulatoire ».

 

"J’ai été très surprise d’apprendre que mon enfant souffrait de sous-nutrition"
Adhele
Baackuel, Action contre la Faim

« Je me suis sentie très triste parce que personne d’autre ne souffrait de sous-nutrition chez moi », explique Adhele, qui a immédiatement fait le trajet de 40 km entre son village et le site de nutrition le plus proche d’Action contre la Faim à Malualkon, une ville du nord-ouest du Soudan du Sud.

« Au centre ambulatoire, j’ai reçu des aliments spéciaux pour nourrir mon enfant chaque jour, et les médecins m’ont dit de continuer le traitement pendant 14 jours. En seulement quelques jours, j’ai pu voir la différence. Piol était beaucoup plus éveillé et a commencé à grossir. J’étais soulagée. »

De retour au village, Adhele était déterminée à prévenir et à éviter la faim, comme de nombreuses autres mères qui ont vu leurs enfants souffrir de sous-nutrition potentiellement mortelle.

Soudan du sud malnutrition Climat © Peter Caton pour Action contre la Faim

Soudan du sud malnutrition Climat

Adhele et son enfant de deux ans, Piol, qui a reçu un traitement contre la sous-nutrition de la part d’Action contre la Fai

@ Peter Caton pour Action contre la Faim

Soudan du sud malnutrition Climat © Peter Caton pour Action contre la Faim

Soudan du sud malnutrition Climat

Adhele dans son potager.

@ Peter Caton pour Action contre la Faim

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Action contre la Faim aide à traiter la malnutrition aiguë, mais aussi à prévenir son apparition. Pour cela, les villages vulnérables comme Baackuel doivent développer une sécurité alimentaire à long terme. C’est là que notre projet de potagers entre en jeu.

Dans le cadre de ce projet, Adhele a été sélectionnée par sa communauté pour faire partie des premières personnes du village à être formées aux nouvelles façons de cultiver des aliments nutritifs. Santino Garang, qui se consacre à la promotion de l’hygiène au niveau communautaire pour Action contre la Faim, explique que « la manière traditionnelle de cultiver dans la région consiste à labourer la terre et à semer les graines de façon aléatoire. Ensuite, les villageois attendent que la pluie arrose le sol. Nous leur enseignons de nouvelles méthodes de culture de la terre à l’aide de petits barrages et en utilisant le forage voisin pour l’irrigation. Nous le faisons afin de garantir la sécurité alimentaire lorsque les autres cultures n’aboutissent pas à cause de la sécheresse. »

La pluie dicte le rendement des récoltes dans ces zones sèches du Soudan du Sud. En novembre, après la saison des pluies, les températures peuvent atteindre 38ºC. Dans les villages comme Baackuel, l’agriculture traditionnelle s’appuie sur les prévisions météorologiques. Mais le changement climatique rend les catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes et extrêmes, et les récoltes, qui représentent l’approvisionnement alimentaire de tout le village, sont de plus en plus vulnérables.

« Quand j’étais petite, il pleuvait d’avril à novembre. Maintenant, il se peut qu’il commence à pleuvoir en juin et que la pluie s’arrête en octobre, ce qui vous prend par surprise. » explique Adhele.

"Aujourd’hui, il n’est pas rare de cultiver deux à trois parcelles et de ne rien récolter."
Adhele
Baackuel, Soudan du Sud

De nombreuses familles du village, dont celle d’Adhele, cultivent du sorgho.

« Nous ne savons pas ce qu’il adviendra du sorgho que nous produisons chaque année dans nos parcelles. Si nous rencontrons un problème à cause de la sécheresse, nous ne savons pas ce qui va se passer. Mais nous produisons beaucoup de légumes verts dans le potager, et cela nous permettra de prévenir la malnutrition. »

Pour prospérer sur ces terres arides, le potager a besoin d’eau. Il est situé à quelques pas du nouveau forage de la communauté, ce qui permet l’irrigation et la culture d’aliments nutritifs tels que les tomates, le gombo, les oignons, le chou frisé, les pastèques et les citrouilles.

Chaque jour, Adhele va chercher de l’eau cinq fois pour remplir environ 11 jerrycans. En ce moment, elle remplit un jerrycan supplémentaire pour construire sa propre latrine avec son mari Garan.

 

« Les latrines ont de nombreux avantages. Les enfants ne devraient pas déféquer à l’air libre, parce qu’ils peuvent tomber malades. La nuit, vous pouvez vous faire mordre par un serpent ou vous faire attaquer par des animaux sauvages, comme des hyènes. Si vous avez une latrine, vous êtes en sécurité », explique Adhele.

La formation d’Action contre la Faim sur la construction de latrines à base de matériaux locaux a eu une répercussion dans tout le village.

« L’idéal serait que tout le monde ait sa propre latrine, car c’est quelque chose d’utile et de sain. Même quand il pleut, vous pouvez déféquer en toute sécurité plutôt qu’à l’air libre », explique Adhele, qui est aussi membre du comité de gestion de l’eau de la communauté, qui sensibilise à l’hygiène et entretient le forage. 

« J’ai été choisie par la communauté pour faire partie du comité », explique Adhele. « La présidente, Nyanut, m’a donné la responsabilité d’entretenir et de nettoyer le forage. De nombreuses personnes d’autres villages viennent y chercher de l’eau, et parfois, leurs ânes défèquent autour du forage, ce qui peut provoquer des maladies. C’est à moi de faire en sorte que le forage reste propre. »

Soudan du sud malnutrition Climat © Peter Caton pour Action contre la Faim

Soudan du sud malnutrition Climat

Adhele s’occupe du forage communautaire.

@ Peter Caton pour Action contre la Faim

Soudan du sud malnutrition Climat © Peter Caton pour Action contre la Faim

Soudan du sud malnutrition Climat

« Le chou frisé et le gombo sont presque prêts à être récoltés. Les voir fleurir me rend heureuse », déclare Adhele.

@ Peter Caton pour Action contre la Faim

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« Le travail assidu d’Adhele ne laisse personne indifférent. « Certaines personnes viennent me voir et me remercient pour mon travail », explique Adhele. « D’autres me félicitent parce qu’elles considèrent que je rends service à la communauté. »

« La position de leader d’Adhele contribue à transformer le rôle des femmes dans le village. « Je suis ravie de faire partie du comité de gestion de l’eau et de montrer à la communauté que les femmes peuvent avoir confiance en elles et qu’elles sont capables de beaucoup de choses », explique Adhele.

Adhele passe une grande partie de sa journée à faire des allers-retours entre sa maison et son potager et à transporter des jerrycans, afin de s’assurer que le potager reste vert et de garantir la sécurité alimentaire de sa famille. Pour Adhele, travailler la terre avec ses mains pour faire pousser les cultures est quelque chose de nouveau qui lui apporte beaucoup de joie. Le fait d’apprendre une nouvelle façon de cultiver redonne de l’espoir aux habitants du village.

 

« Le chou frisé et le gombo sont presque prêts à être récoltés. Les voir fleurir me rend heureuse. Nous sommes très contents des graines que nous avons reçues. La communauté toute entière est très reconnaissante de la formation que nous avons reçue, et nous voulons continuer à apprendre. De plus en plus de villageois souhaitent apprendre à cultiver un potager. Nous pouvons aider à prévenir la sous-nutrition chez nos enfants. C’est notre souhait le plus cher. »

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