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8 mois après le séisme, n'oublions pas les provinces

L'Artibonite, une zone particulièrement vulnérable en cette période cyclonique

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Aujourd’hui, ACF y observe une augmentation sensible des enfants admis dans les programmes de prise en charge de la malnutrition et une situation nutritionnelle très insatisfaisante.

 

Une forte pression économique avec l’arrivée de personnes déplacées

Depuis plusieurs années, les migrations régulières du Nord Artibonite, et plus particulièrement des Gonaïves, vers Port-au-Prince étaient motivées par les risques cycloniques, le manque d’activités économiques et donc d’emplois dans la région, le manque de formations universitaires, le déficit alimentaire structurel des zones rurales, etc. Dans les jours qui ont suivi le tremblement de terre, on a constaté un exode inverse, depuis Port-au-Prince vers les autres régions du pays, dont l’Artibonite.

Cet afflux de personnes dans le département a créé une forte pression économique pour les familles qui les accueillaient : dépenses alimentaires, achats de médicaments pour soigner les blessés, dépenses vestimentaires et scolaires, suppression de l’aide financière que certaines familles recevaient de Port-au-Prince avant le séisme, etc.

Par ailleurs, la présence des déplacés a encore accentué la pression sur les prix des marchés (entre 10 et 15% d’augmentation des prix) plaçant les familles les plus vulnérables dans une situation de grande précarité.

En 2009, plusieurs mois après les cyclones de 2008 dans l’Artibonite, les études d’ACF faisaient ressortir qu’une proportion importante des familles du Nord Artibonite n’avait toujours pas pu reprendre une activité économique normale, et étaient contraintes à des stratégies de survie érosives (endettement, prostitution, mendicité, migrations…). Dans ce contexte de déstructuration économique et avec un taux de chômage entre 60 et 70%, les marges de manoeuvre financières des ménages ayant accueilli des déplacés étaient réduites.

Ne disposant que de stocks réduits, voire nuls, de nourriture elles ont vendu tout ou partie de leur capital et/ou ont contracté de fortes dettes pour subvenir à leurs besoins alimentaires, et aux besoins élémentaires de leurs enfants et de ceux qu’ils ont accueillis.

 

Doublement du nombre d’admissions d’enfants malnutris sévère

ACF a constaté une forte augmentation du nombre d’enfants admis dans les structures de prise en charge de la malnutrition aiguë sévère sur les mois de juillet et août, et étudie les différents facteurs qui pourraient en être la cause. Les équipes d’ACF travaillent en effet, en appui aux structures du Ministère de la Santé pour la prise en charge de la malnutrition aiguë en zones rurales et aux Gonaïves (Gonaives : K-Soleil, Raboteau, hôpital de secours ; zones rurales : Ennery, Anse Rouge, Terre Neuve) depuis août 2009. Alors que ces structures avaient admis 42 nouveaux enfants sévèrement malnutris en juin 2010, ce sont 91 puis 95 nouveaux enfants qui ont été admis dans le programme en juillet puis en août. Le nombre d’admissions d’enfants a donc plus que doublé. 166 enfants sont actuellement suivis, la situation nutritionnelle est donc encore très insatisfaisante dans cette zone alors que les risques liés aux cyclones et aux inondations sont encore loin d’être écartés.

 

Des projets visant à réduire la vulnérabilité de la population aux « chocs » et aux catastrophes

Face à cette situation et aux risques de dégradation future, ACF a mis en place plusieurs projets visant à réduire la vulnérabilité des habitants, aider les familles d’accueil à faire face à l’afflux des déplacés et réduire l’impact de potentielles catastrophes naturelles. A travers une approche transversale de ces programmes ACF tente d’atténuer le niveau de vulnérabilité des familles en termes économique, agricole, sanitaire, et psycho-social.

Ainsi, un programme d’activités génératrices de revenus a pour but de permettre à 450 familles de développer une activité économique qui leur permettra de subvenir à leurs propres besoins et de participer à la relance économique de certains quartiers. Ces programmes s’accompagnent d’un volet social afin d’aider à une réelle réinsertion des personnes les plus faibles et donc vulnérables.

Des activités de « Cash for work » sont également en cours afin de limiter l’impact de potentielles inondations et de soutenir les familles d’accueil. Ainsi aux Gonaïves, des travaux d’assainissement dans des quartiers vulnérables de la ville ont permis d’évacuer plus de 20 000 m3 de boues résiduelles des inondations de 2004 et 2008 encore présentes dans des quartiers vulnérables. Plus de 1000 personnes ont déjà pu bénéficier de ce programme.

Dans les zones rurales, les activités en cours portent sur la réhabilitation d’infrastructures routières et agricoles pour améliorer les accès aux marchés et aux structures de santé et réduire les risques d’inondation et d’isolement des habitants face à la saison cyclonique. Ce sont plus de 4 000 personnes qui profiteront de ce programme « d’argent contre travail » en zones rurales.

En termes d’infrastructures en eau, assainissement et hygiène, la ville compte des centaines de puits de faible profondeur qui permettent de pallier le manque d’approvisionnement en eau (non chlorée et non potable) du réseau. Cependant, ces forages sont souvent contaminés car la nappe peu profonde est polluée du fait du manque d’assainissement. ACF a mis en place des ateliers de fabrication artisanale de chlore et de pompes afin que la population puisse être autonome dans l’entretien des pompes et la chloration de l’eau non potable dans leur foyer.

Dans le Haut Artibonite, ACF vient ainsi en aide en cumulé à plus de 70 000 personnes.

L’exposition très élevée de la ville des Gonaïves aux risques cycloniques a été soulignée au cours des dernières années avec les tempêtes et les cyclones de 2004 et 2008. Au vu de la vulnérabilité actuelle des habitants du département, le moindre choc serait catastrophique. Au-delà des nécessaires gros travaux visant à réduire les risques d’inondations dans les Gonaïves, il s’agit également de travailler avec la population pour réduire leur vulnérabilité face à ces risques.

Les familles déplacées suite au séisme qui étaient désireuses de se réinstaller dans leurs zones d’origine doivent se résigner parfois à retourner à Port-au-Prince faute de moyens et de support pour vivre de façon décente et pouvoir accéder à un emploi.

 

8 mois d’intervention à Port au Prince en quelques chiffres…

Depuis le 12 janvier, les programmes mis en oeuvre par ACF ont permis d’aider plus de 800 000 personnes (certaines personnes pouvant bénéficier de plusieurs programmes)

  • Accès à l’eau potable :

Plus de 3 millions de litres d’eau potable distribués chaque jour grâce à 74 camions citernes

Plus de 250 000 personnes servies chaque jour en eau

68 points de distribution ACF approvisionnés

  • Assainissement et hygiène:

Près de 900 latrines aménagées de stations de lavage des mains et 88 douches installées dans les sites de regroupement bénéficiant à plus de 80 000 personnes.

Nettoyage communautaire des sites et mise en place de poubelle

  • Nutrition et psychosocial :

13 tentes « maman-bébé » de soutien à l’allaitement

6 points de traitement ambulatoire pour le traitement de la malnutrition aigüe sévère

4 tentes dédiées au soutien psychologique

  • Sécurité alimentaire, distributions et soutien économique :

Plus de 47 000 rations de compléments alimentaires hautement protéinés

13 741 kits de première nécessité (couvertures, bâches, savons, seaux…)

764 131 euros distribués à près de 12 000 personnes grâce aux projets « Argent contre travail »

43 447 lots de « Coupons de Nourriture Fraiche » représentant plus d’un million d’euros en valeur marchande distribués à 15 000 familles

236 940 euros distribués à 3590 personnes âgées ou invalides

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