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    Séisme HAITI

    Contenu

    Suivez les équipes d’urgence d’Action contre la Faim en Haïti

    Mardi 2 Février: trois semaines après le séisme…

    Fin du blog

     

    Il est temps de faire un petit bilan, 3 semaines après le séisme, alors quelques brèves avant de finir officiellement ce blog.

    Non pas qu’il ne se passe plus rien, mais le quotidien commence maintenant à être bien en place :


    -    toutes les équipes « eau et assainissement », « sécurité alimentaire » et nutrition sont maintenant organisées : une partie est chargée de repérer de nouveaux sites qui n’ont pas reçu d’aide (plus de 600 sites de regroupements à ce jour) ; une autre partie de la mise en œuvre des activités et la 3ème du suivi sur le plus long terme. Les besoins sont encore énormes et de nombreux lieux n’ont pas encore reçu d’aide : c’est un travail de fourmi de tous les repérer et les soutenir.

    -    Du côté des distributions alimentaires : on en est au 2 février, à près de 20 000 personnes qui ont pu bénéficier des biscuits hautement énergétiques. Tous les jours ce chiffre augmente.


    -    En eau et assainissement, 400 000 litres d’eau sont délivrés chaque jour. Là aussi ça augmente tous les jours.

    -    En nutrition et santé mentale, plus d’une centaine de mères et leurs nourrissons sont déjà venus dans les tentes nutritionnelles pour bénéficier de conseils ou juste d’un lieu paisible.

    -    Aujourd’hui était organisé une petite cérémonie dans chaque tente nutritionnelle en mémoire des victimes, des décédés, des disparus : les gens n’ont pas pu pleurer leur mort, ni les voir, ni même être surs qu’ils sont décédés : il est fondamental de commencer à enclencher les processus de deuil

    -    Les log continuent à courir partout : avec les programmes qui grossissent chaque jour, eux aussi doivent augmenter la cadence. Un énorme lieu de stockage a été mis en place, la base arrière de Saint Domingue fonctionne à plein : tous les jours du nouveau matériel arrive ; on ne compte plus le nombre de camions et voitures à disposition pour transporter l’eau, la nourriture, les personnes, les équipements les plus variés…

    -    En même temps que les activités d’urgence pures continuent, les activités un peu plus durables visant à redonner une autonomie aux sinistrés sont prêtes à être lancées cette semaine : travail contre nourriture, distribution d’aide monétisée, nettoyage des rues et des sites…

    -    Les priorités du moment ? l’assainissement, qui est un réel problème dans la ville : les épidémies commencent à faire rage. On enchaîne la construction de latrines et ce sont déjà près d’une cinquantaine de personnes qui circulent en « porte à porte » ou « tente à tente » pour expliquer des messages d’hygiène fondamentaux pour tenter de circonscrire le développement de maladies. On continue à espérer qu’il ne pleuve pas trop vite… et on fait tout pour que tout soit bien en place au moment de la saison des pluies et de la saison cyclonique.

    -    Autre priorité : venir en aide « aux populations hôtes » : toutes ces familles, à l’extérieur de Port au Prince, qui aujourd’hui doivent venir en aide à des proches, des cousins, des frères et sœurs ou des parents venus se réfugier chez eux. Sachant qu’il y a encore 3 semaines : c'étaient plutôt  les habitants de Port au Prince qui venaient en aide aux habitants des provinces.

    -    et la 3ème priorité, sans doute, serait de continuer à intervenir « humainement » auprès des sinistrés : c’est en travaillant avec eux que tout se mettra en place et qu’ils pourront se relever au plus vite. L’humanitaire est fondé sur des principes de respect, d’équité et d’humanité. Ce n’est pas par ce que l’on est dans une situation d’urgence qu’il faut traiter les gens comme du bétail. Un petit exemple aujourd’hui qui nous a rassurés sur cette démarche : une grande carte de vœux a été remise aux équipes ACF par toute une communauté pour nous remercier de les avoir aidés, en leur faisant confiance…

    -     et enfin… du côté de la vie de la "grosse" équipe d’ACF en Haiti : c’est toujours le camping, mais dans la bonne humeur. La phrase du jour « avec autant de promiscuité, on peut au moins être sure de la bonne coordination entre les équipes »

    -     Pascal, Julien, Shannon, Caroline, Pierre, Olivier, Paul, Laurent, et… une trentaine d’autres expatriés, et maintenant près de 250 employés locaux rien qu’à Port au Prince, et plus de 300 en incluant Gonaïves, Port de Paix… Même Jean Pierre, le chat, apparaît dans l’organigramme, sa  description de poste : « life decontractor » !

    -    Fatiguées, malades parfois (les microbes nous touchent aussi), énervées contre des choses qui ne se passent pas comme on le voudrait, mais surtout extrêmement motivées pour qu’Haïti retrouve au plus vite le visage qu’elle mérite, même si cela prendra certainement plusieurs années.

     

    - Le show bizz a nos côté à Paris pour répéter haut et fort que les besoins restent, même si Haiti ne fait plus les gros titres des journaux télévisés. Le moment de rappeler l’une des devises de l’organisation héritée de  Françoise Giroud, l’un de nos membres fondateurs : « Action contre la Faim : On reste quand les caméras s’en vont !»


    -    25 ans qu’ACF est présente aux côtés des Haïtiens, ce n’est sûrement pas maintenant que cela va s’arrêter…

    Vendredi 29 janvier 2010

    10h00 Paris – 4h00 Port au Prince:

    « Traditionnel » point Haïti avec toute l’équipe d’Isabelle



    10h30 Paris – 4h30 Port au Prince:

    Réunion à la Fondation de France avec les ONG « urgentistes » qui vont bénéficier de la première enveloppe de 2 millions allouée par la Fondation.


    On fait le point sur la manière dont nous allons travailler ensemble ; la flexibilité nécessaire sur les projets déposés car les choses changent vite et les bénéficiaires potentiels changent de zones de regroupement, de camps ...

    On y parle aussi beaucoup de termes : que veut dire Post-Crise ? nous nous accordons à dire que nous sommes encore et pour longtemps dans une phase d’urgence.  La phase de sauvetage est passée mais nous sommes dans la phase d’urgence. Et c’est dès maintenant que nous préparons la reconstruction, en intégrant le gouvernement haïtien à travers ses ministères techniques (santé, eau , agriculture…) dans la mise en œuvre de nos projets

    12h00 Paris – 6h00 Port au Prince:

    les Bretons confirment 60 000 €. Vivent les Bretons.



    12h30 Paris – 6h00 Port au Prince :

    Florence passe en coup de vent. Elle apporte de la Fédération de France la lettre officielle d’accord. Elle fait un rapide rapport sur ce qui s’est dit le matin (flexibilité, possibilité d’ajuster nos propositions aux réalités terrain… ) et repart assister à la réunion sur la reconstruction organisée par le Ministère des Affaires Etrangères



    14h30 Paris -  08h30 Port au Prince 

    Contact Mission : On a eu du mal à joindre la mission, presque 45 minutes à essayer sur les B-GAN et téléphones Voilà.
    Moins de secousses depuis 2 jours, mais ça peut toujours reprendre.
    Priorités du jour : Evaluation logistique / sécurité  (stock, accès routes, etc.) pour prise de décision effective concernant nos activités durant les 15 jours de grandes distributions

     

    15h00 Paris – 09h00 Port au Prince :

    Julien, le coordo wash,  a envoyé un rapport de 10 pages !



    15h52 Paris – 09h52 Port au Prince : Julien (FS) nous fait un retour de la conférence téléphonique à laquelle il a participé avec d’autres ONG et le PAM à Rome au sujet des prochaines distributions



    16h15 Paris – 16h15 Port au Prince :

    Cyril au tél avec Gaëtan, le 747 s’est posé ! 86 T à décharger maintenant…



    16h30 Paris – 16h30 Port au Prince :

    on n’y croyait plus, mais il semblerait que Raphaël passe avec 2 Ingénieurs hydrauliciens confirmés sur un plateau ! Mais, oui, départs confirmés.



    16h40 Paris – 16h40 Port au Prince:

    François Danel prépare son départ demain pour Haïti.  On lui fait passer la liste des choses à emporter, comme aux autres expats. « et t’oublie pas  un petit SMS pour nous informer de ton arrivée à saint Domingue ET de ton arrivée à Port au prince»



    16h30 Paris – 16h30 Port au Prince:

    Florence revient de la réunion « reconstruction ». Sur les 12 points retenus par l’ambassadeur, deux ont été mentionné par Action contre la Faim. Yesss ! Nécessité de soutenir par des allocations de subsistance les familles d’accueil/ mettre en place un « filet social » et de considérer le reboisement dans la cadre d’une nouvelle politique agricole.  Pour une organisation comme ACF qui travaille à la prévention des désastres, la situation de déboisement en Haïti est critique



    16h50 Paris – 10h50 Port au Prince:

    « Nos visiteurs Bioforce, ils vont être aux petits oignons ! » dixit Gaëtan.



    17h00 Paris – 11h00 Port au Prince :

    visite de Kery James, avec la com, il s’informe de ce qu’ACF a mis en place jusque là ; Florence lui explique, puis lui montre son PowerPoint avec des photos. Il demande ce qu’on pourrait faire avec 25 000€ de donation. Bérengère développe, elle est super convaincante.

     

    François Danel annonce le concert qui aura lieu le 14 février au Bataclan en faveur des sinistrés d’Haïti et nous envoie les paroles et la musique de la chanson de Kéry James. Ils repartent en nous souhaitant bon courage.

    17h30 Paris – 11h30 Port au Prince :

    UNICEF sont d’accord pour la WaSH, la Nut/psy, avec fonds apparemment dispo tout de suite et parlent d’une autre enveloppe à venir.



    18h00 Paris – 12h00 Port au Prince:

    le service communication attend toujours la validation de son communiqué de presse, du coup il est décidé de ne le faire partir que lundi.

     

    Jeudi 28 janvier :

    04h00 Port-au-Prince / 10h00 Paris
    Point Haïti avec toute l’équipe d’Isabelle :

    Distributions alimentaires : la mise en risque de nos opérations est clairement établie, en particulier sur nos sites de Champ de Mars et de Canapé vert. Quid de nos installations (baby tents notamment ?). Ce sera la question prioritaire du jour pour la mission.

    La durée de ces « mega-distributions » est un point clé, qu’est-ce qui se passe pendant ce temps là pour ceux qui ne pourront pas avoir accès ?
    Impact « minimum » pour ACF : on doit sortir nos stocks de BP5 des hangars du Programme Alimentaire Mondial, qui en a besoin pour ses sacs de riz (probablement). Or, on n’a pas de lieu où les transférer. Ni la maison, ni le bureau ne sont des solutions envisageables.
    Julien relance l’idée de faire des distributions de matériel, et de « campings communautaires »,  qui pourrait être une bonne approche complémentaire.

    Enfin, pendant l’« immobilisation » temporaire à Port-au-Prince, une mise en avant des programmes sur les autres sites, en cohérence avec notre objectif de soutenir les familles-hôtes, est envisagée.

    Il est nécessaire de faire remonter des infos quant à la nourriture réellement disponible sur les marchés, et à quel prix ? Emeline pourrait se consacrer à une étude de marché. Et en s’y prenant maintenant, on pourrait avoir une idée de l’impact des distributions du PAM. Les baby tents peuvent aussi être des bons lieux d’informations, via les mamans.

    Nutrition : les baby tents marchent super bien.
    Problématique du lait maternel : ACF est la seule structure d’accueil en place pour le moment. ACF s’occuperait juste de donner les rations de lait aux bébés (critères stricts de sélection : enfants qui n’étaient déjà pas allaités avant le tremblement de terre…) en tasse (prêt à boire).

    La distribution de trousseau de naissance peut aussi être une option (avec des choses pour la maman).

    Quant aux orphelins : feedback du terrain. Le PAM et UNICEF couvrent bien les besoins. Se pose peut-être encore la question du référencement des enfants trouvés seuls. Les orphelinats ont bénéficié de beaucoup de donations.


    05h00 Port-au-Prince / 11h00 Paris
    Réunion d’Information Générale (mensuelle) au siège ACF : c’est presque tout le siège d’ACF qui assiste à cette réunion.
    En guest star : Haïti / la réaction d’ACF / nos ennuis / nos emm … Et nos défis à venir aussi !
    Florence a préparé un petit topo avec des photos, des chiffres, des anecdotes. On partage ensemble la fierté du boulot accompli, des leçons apprises, des crises passées et les challenges de demain. Des messages d’encouragement et de soutien fusent que nous feront passer à l’équipe opérationnelle et au terrain.

    10h00 Port-au-Prince / 16h00 Paris
    Le conseil Régional d’Ile de France nous soutient.

    13h00 Port-au-Prince / 19h00 Paris
    La carte des sites de distribution alimentaire du PAM nous parvient. Il y a un point à l’angle de la rue de notre guesthouse.

    14h00 Port-au-Prince / 20h00 Paris
    Conseil d’Administration d’ACF !
    En guest star : Haïti / la réaction d’ACF / nos ennuis / nos emm …. Et nos défis à venir aussi !
    C’est donc un bis repetitas pour Florence. 30 min c’est court pour aborder le dossier. On passe rapidement sur les photos, plus de temps sur les questions de positionnement notamment sur l’aide alimentaire, les efforts financiers consentis par l’organisation, ce qui reste à accomplir…


    Mercredi 27 janvier :

    03h00 Port-au-Prince / 09h00 Paris

    Déjà quelques bonnes nouvelles bailleurs pour bien commencer la journée : UNICEF apporte son soutien à notre projet en Nutrition.

     

    03h10 Port-au-Prince / 09h10 Paris

    Info de Caro, notre gestionnaire : on peut enfin retirer de l’argent à Port-au-Prince.

     

    04h00 Port-au-Prince / 10h00 Paris

    Point Haïti avec toute l’équipe d’Isabelle + Florence : William est sur Gonaïves. Nous partageons les données de son rapport. Il y a + de 170.000 déplacés dans la région… La pression économique est forte sur les familles d’accueil. Cela conforte ce que nous imaginions : il faut absolument développer notre assistance sur Gonaïves.

     

    Côté ressources humaines nationales : un assouplissement des conditions de travail est mis en œuvre. Il est probable que contrairement à ce qui se faisait avant, les heures supplémentaires ne soient plus récupérées mais payées. Parce que vu le travail qu’on a devant nous… La fatigue se fait ressentir de plus en plus sur place. Suggestion : faire un espace détente sur le campement ? Il faut envisager la possibilité de passer une journée à l’extérieur de Port-au-Prince si possible.

     

    Orphelinats : Florence voudrait faire le point à ce propos. Quel recul a-t-on par rapport à UNICEF, quelles avancées ? Quelle coopération ? Pourquoi ? Quelles propositions sont faites dans les « clusters » (groupes de travail) ? Pour le moment, on sait qu’Uwimana travaille sur la question, qu’elle a fait une évaluation la première semaine et que les infos remontées jusque là font état d’une couverture plutôt bonne sur ces sites. Un feed-back plus précis sera redemandé à la mission.

     

    05h30 Port-au-Prince / 11h30 Paris

    Au siège : réunion « stratégie reconstruction » au pool d’urgence.

     

    08h00 Port-au-Prince / 14h00 Paris

    Cyril, THE psy d’ACF, arrive de Port-au-Prince. Il passe dans le pool et partage avec nous le déjeuner de départ de notre nutritionniste, Béa.

     

    09h00 Port-au-Prince / 15h00 Paris

    Réunion d’information et d’échanges entre les ONG et l’ambassadeur français chargé du dossier de la reconstruction en Haïti. Florence y assiste pour le compte d’ACF : beaucoup plus de monde qu’il y a quinze jours autour de la table… aux « urgentistes » viennent se mêler désormais le monde privé (EDF, GDF…), les ONG de Développement (agriculture, éducation…)…

     

    Nous sommes tous d’accord pour relever que le mot de « RE construction » est ici un abus de langage. Dans le cas d’un pays aussi pauvre qu’Haïti, il faut plutôt parler de « construction » tout court. RDV est pris pour une session de travail sur la reconstruction d’Haïti ce vendredi.

     

    18h00 Port-au-Prince / 00h00 Paris

    Contact mission :

    - La discussion entre Isabelle et les chefs de missions tourne autour de notre capacité à maintenir certaines activités (baby tent, distribution d’eau) sur les zones de distribution sélectionnées pour les grande distribution de nourriture du week-end. Surtout pour la zone de Canapé Vert.

     

    - Egalement discussion autour de la problématique sécurité engendrée par cette opération : regroupement important de population, risque de débordements… Quel impact pour nos mouvements, nos activités, la relation avec les populations pendant et « après » ?

    Mardi 26 janvier

    04h00 Port-au-Prince / 10h00 Paris
    A Paris, réunion de coordination de l’équipe d’Isabelle. On parle projets de reconstructions, des remplacements des équipes à prévoir. Cette période d’extrême urgence use vite. On est informé de la visite prochaine de François, Directeur Général d’ACF, aux équipes en Haïti ce week-end.

    Le centre de formation Bioforce va envoyer une mission d’évaluation en Haïti pour étudier la possibilité de monter un centre de formation / reconversion à de nouveaux métiers à Port-au-Prince pour le personnel national des ONG et les haïtiens volontaires (pendant 2 mois : mars / avril), comme ça avait été le cas au Sri Lanka. ACF est membre du conseil d’administration de Bioforce et le premier employeur des personnels formés dans cette école.  Ils nous demandent un coup de main en termes d’hébergement pour deux semaines et la possibilité de voir ensemble comment nous pourrions travailler de concert.

    « En parlant de salariés nationaux, combien avons-nous de personnel sous contrat à ce jour ? » demande Florence. « J’entends beaucoup parler d’expatriés mais combien de haïtiens a-t-on embauchés ? »

    Problématique des NFI – Non Food Items – la population a besoin de couvertures, outils, seaux… et personne ne veut les financer. Pourquoi ? Ce n’est pas assez  « sexy » de dire que l’on distribue des outils et des seaux ? Pourtant les haïtiens en ont besoin.

    Point logistique :
    - un vol DHL/MSF, avec 2800 tarpolines (bâches) et un expatrié logisticien : départ mercredi ;
    - un 747 ACF, avec 4200 tarpolines (bâches), 14.000 couvertures, 30 tonnes de BP5, du matériel en pagaille (outils WASH notamment, pompes…) et des véhicules : départ jeudi ;
    - un vol gratuit Air Méditerranée, avec du matériel télécom et peut-être un spécialiste communication, Thibault dedans : départ dimanche ou lundi.

    Discussion stratégique à avoir sur les abris ! Solutions très temporaires (tarpoline) mais quelle anticipation pour saison des pluies & la saison cyclonique à venir ? Discussion en cours à Montréal à ce sujet.

    04h58 Port-au-Prince / 10h58 Paris
    A Port-au-Prince : première réplique du jour…

    05h15 Port-au-Prince / 11h15 Paris
    … suivie rapidement par une deuxième…

    07h30 Port-au-Prince / 13h30 Paris
    … jamais deux sans trois ! Plutôt forte celle-là…

    07h45 Port-au-Prince / 13h45 Paris
    … et une dernière réplique pour la route. Très efficace comme réveil matin.

    08h00 Port-au-Prince / 14h00 Paris
    Olivier reçoit un rapport de Port-de-Paix : il y aurait environ 10.000 personnes venues se réfugier dans ce département. Les équipes d’ACF sur place ont distribué des kits d’hygiène et des couvertures dans les hôpitaux et les centres d’hébergement.

    Point mission entre Isabelle et l’équipe Haïti. « Bien sûr », répond-elle concernant Bioforce. « Amenez juste une tente, un sac de couchage, une bonne bouteille et du saucisson. » C’est aussi ça la grande famille humanitaire.

    Sophie envoie un e-mail à Florence : « Pour les personnels nationaux, j’ai la réponse. Nous employons à ce jour à Port-au-Prince : 133 journaliers, 29 personnes en CDD et 12 en CDI, alors que nous avions seulement une trentaine de salariés il y a quinze jours ! »

    09h00 Port-au-Prince / 15h00 Paris
    Répartition ce matin à la DINEPA des lieux prioritaires pour le « Cash for Work ». Le problème, comme d’habitude, ce sont les organisations qui ne viennent pas à ces réunions de coordination…

    Cécile, en charge du site internet, envoie un e-mail à Lucile à Port-au-Prince :
    « Quelques chiffres sur la consultation du blog mis à jour quotidiennement grâce aux infos que tu nous envoies ainsi que celles de Florence (page : www.actioncontrelafaim.org/seisme-haiti/)...
    Depuis sa mise en ligne le 15 janvier : 5.320 personnes ont consulté cette page et ils sont restés dessus environ 4’40’’. Les gens qui consultent cette page lisent donc attentivement les informations que nous mettons à jour.
    Bon courage et encore merci pour toutes les infos et photos envoyées. »

    10h00 Port-au-Prince / 16h00 Paris
    Les files s’allongent devant les banques et les institutions de transfert d’argent qui viennent de rouvrir : 300 personnes au moins à chaque fois. Le soutien de la très nombreuse diaspora haïtienne à l’étranger sera fondamental pour les Haïtiens sinistrés.

    11h00 Port-au-Prince / 17h00 Paris
    Visite d’un représentant du bureau des urgences de la Commission Européenne (ECHO) dans certaines de nos tentes mères-enfants dans les camps : ils se frayent un passage au milieu des mères en train d’allaiter. Vu le monde, ils réalisent la pertinence de cette activité.

    12h00 Port-au-Prince / 18h00 Paris
    Laurent, logisticien pour les distributions alimentaires, fait le tour des nouveaux sites pour vérifier leur accessibilité pour les camions chargés de nourriture : pas une mince affaire dans la ville aux « 100 » collines et aux dizaines de milliers de ruelles…

    13h00 Port-au-Prince / 19h00 Paris
    Une bonne cinquantaine de T-shirts et autres vêtements divers pendouillent entre les tentes/bureaux : ça ressemble de plus en plus à un petit camp de déplacés ce bureau. Imperturbable, Elisabeth continue ses recrutements entre une serviette, un tablier et deux paires de chaussettes.

    A Paris, Valérie, notre super organisatrice de déplacements des globe-trotters que nous sommes, et tout ça « pour le moins cher possible, hein Valérie ! », envoie à l’ensemble des équipes sa capitalisation sur les départs pour l'Urgence en Haïti. 38 départs tout confondus depuis le début de la crise !!!
    Tout est là : les vols, les compagnies, les N° de téléphone à appeler à Saint-Domingue et à Port-au-Prince… Merci la miss. On a tout ce qu’il faut pour continuer à planifier la relève des équipes dans une quinzaine de jours.

    14h00 Port-au-Prince / 20h00 Paris
    Le compound des Nations Unies est devenu une ville dans la ville. Collé à l’aéroport, les réunions qui s’y tiennent doivent s’interrompre toutes les 5 minutes à cause du bruit provoqué par le ballet des hélicoptères et des avions. « Et c’est pareil la nuit… », ajoute un monsieur plein de cernes…

    15h00 Port-au-Prince / 21h00 Paris
    Coup de fil de Greenpeace d’un bateau au large des côtes :
    « - On avait travaillé ensemble au moment du tsunami en Indonésie. Vous avez besoin de matériel ?
      - Volontiers. Il y a ‘quelques’ besoins dans le pays, vous avez quoi avec vous ??? »

    16h00 Port-au-Prince / 22h00 Paris
    Un réservoir d’eau de plus installé dans un camp et une station de traitement d’eau qui fonctionne à plein régime en centre-ville.

    16h30 Port-au-Prince / 22h30 Paris
    Carine, du groupe débriefing, revient de Gonaïves : elle a vu tous les employés d’ACF sur place. Les traumatismes déjà créés par les cyclones de 2008 se sont réveillés. Très nombreux sont ceux qui ont perdu des proches dans le séisme et qui sont restés sans nouvelle pendant plusieurs jours.

    17h00 Port-au-Prince / 23h00 Paris
    Au stade de Port-au-Prince, Oscar et Mohamed jouent les diplomates : c’est la guerre des chefs dans le camp. La tension monte. Après quelques heures de négociation, un chef de camp légitime est nommé par la population.

    18h00 Port-au-Prince / 00h00 Paris
    La fatigue se fait sentir du côté d’ACF… 15 jours maintenant que tout le monde bosse sans relâche et une impression de besoins interminables.

    19h00 Port-au-Prince / 01h00 Paris
    Coup de fil avec Gonaïves. William, le chef de mission du pool urgence, est sur place. Plus de 150.000 personnes auraient trouvé refuge dans le département de Gonaïves. Peuplé d’habitants déjà très pauvres à la base, quasiment chaque famille se retrouve avec des proches de Port-au-Prince à charge. Une forte pression économique et un stress de plus pour ces familles.

    20h00 Port-au-Prince / 02h00 Paris
    Le VSAT est installé : on va même pouvoir se connecter à internet !

    21h00 Port-au-Prince / 03h00 Paris
    Réunion de coordination, objectif : avoir plus de visibilité sur les actions à venir.

    22h00 Port-au-Prince / 04h00 Paris
    Julien rêve de tomates, en regardant son assiette de riz.

    23h00 Port-au-Prince / 05h00 Paris
    Pas de secousse à l’horizon, peut être que les chiens ne vont pas hurler à la mort cette nuit…

    00h00 Port-au-Prince / 06h00 Paris
    Simon refait ses organigrammes en écoutant une espèce de polka - folk - irlandaise improbable.

    Lundi 25 janvier

    03h30 Port-au-Prince / 09h30 Paris
    Tous les journalistes de France ont décidé de couvrir la conférence sur la reconstruction de Haïti qui se tient à Montréal et veulent donc nous entendre sur le sujet. Tout en rappelant que l’urgence est encore là et que la reconstruction ne peut se faire qu’avec l’adhésion de tous, on parle de la nécessité de soutenir un pays déjà fragile avant le séisme, des facteurs aggravants, de la relance économique en impliquant le peuple et les institutions haïtiennes…

    04h00 Port-au-Prince / 10h00 Paris
    Réunion de l’équipe d’Isabelle. Objectifs ce matin : organigramme / retour sur les contacts hier soir avec la mission / point bailleurs / RH.

    Côté organigramme : On va atteindre le total de 65 expatriés sur la mission assez rapidement… Plusieurs points réaffirmés :
    - l’importance de décider qui supervise quoi pour structurer et être opérationnel ;
    - ne pas séparer les coordinateurs en charge des projets urgence et ceux des programmes qui étaient en cours dans le pays avant le séisme. Ceci afin de garder la cohérence de l’expérience du personnel qui était déjà sur le terrain et d’anticiper sur sa reprise à terme de tous les programmes (y compris « urgence »).

    Tous ceux censés arrivés ce week-end sont bien là, fonctionnement impeccable. L’équipe de Gonaïves a été autorisée à réintégrer la maison (tous très fatigués, les conditions d’hébergement dehors étant difficiles).

    Côté distribution alimentaire : réunion prévue avec Florence en début d’après-midi (14h00) au sujet de la proposition faite à ACF de participer à une distribution massive de nourriture avec l’armée américaine. La décision est prise de refuser l’approche proposée : la présence d’une escorte armée ne garantit pas le bon déroulement des opérations de distribution, voire augmente le potentiel de dérapage. Un récapitulatif écrit sera envoyé à la mission dans les plus brefs délais.

    08h00 Port-au-Prince / 14h00 Paris
    Contact téléphonique entre Isabelle et Olivier, le chef de mission.
    Olivier a envoyé un e-mail à d’autres chefs de mission sur place pour réunir des avis différents sur la question des distributions alimentaires et de l’approche militaro-humanitaire qui va à l’encontre de notre charte.

    Pendant ce temps, rendez-vous au Champ de Mars entre Jonathan et une fine équipe de Hollandais - hydrauliciens - retraités venus donner un coup de main.

    08h30 Port-au-Prince / 14h30 Paris
    Début de la distribution de BP5 à Canapé Vert, qui avait dû être annulée hier. Sans militaire, mais avec des cartes de distributions : tout se passe bien.

    09h00 Port-au-Prince / 15h00 Paris
    Olivier et Pierre sont à la base des Nations Unies pour discuter de l’organisation de grandes distributions alimentaires dans toute la ville.

    09h30 Port-au-Prince / 15h30 Paris
    Béatrice, en coordination avec le Programme Alimentaire Mondial (UN) et Oxfam, met au point les questionnaires qui permettront de faire de vastes enquêtes auprès des ménages sur l’impact du séisme et les stratégies de survie développées par les sinistrés.

    09h45 Port-au-Prince / 15h45 Paris :
    La mission valide l’organigramme renvoyé par Bérengère. « On y est ! »

    10h00 Port-au-Prince / 16h00 Paris
    Au milieu du Champs de Mars, au sein du Ministère de la Culture, Jonathan trouve un forage qui pourrait être utile. C’est parti pour fouiller : 40 mètres de tuyaux sont sortis de terre.

    Au siège d’ACF, une équipe de France 3 vient filmer le pool d’urgence avant une interview avec Florence sur la reconstruction en Haïti. Pas facile de continuer de travailler avec la perche au dessus de la tête et la caméra qui zoome. Florence et Isabelle essayent tant bien que mal de finaliser le positionnement de l’organisation sur les distributions alimentaires avec le chef de mission malgré les micros, les caméras…

    11h00 Port-au-Prince / 17h00 Paris
    Elisabeth enchaîne les recrutements pour former des équipes de promoteurs de l’hygiène dans les camps.

    12h00 Port-au-Prince / 18h00 Paris
    Début d’une deuxième distribution de nourriture pour 2.500 sinistrés à Cannot, camp perché sur une colline de Port-au-Prince. En contrebas, pas une maison n’est debout.

    13h00 Port-au-Prince / 19h00 Paris
    Il y a bien de l’eau au fond du forage du Champs de Mars : on va pouvoir utiliser ce forage pour faciliter le remplissage des réservoirs d’eau installés dans la ville au lieu des multiples rotations de camions qui viennent de loin.

    Contact mission / siège :
    - Diem reviendra travailler en février.
    - Une cinquième tente/crèche a été ouverte.

    14h00 Port-au-Prince / 20h00 Paris
    Dans la maison branlante d’ACF, les logisticiens installent des étais pour consolider le plafond. Maintenant, il faut donc en plus faire attention à ne pas se prendre de poteaux dans la figure quand on traverse le bureau…

    14h30 Port-au-Prince / 20h30 Paris
    Une erreur de formule Excel nous fait revoir à la hausse le contenu du 747 qui doit partir de Dubaï. « Tu veux plus de couvertures ou plus de bâches en Tarpoline ? » demande JB à Isabelle. « Je veux plus de tout ! », répond elle… « OK », fait il. « Je fais au mieux ! »  Z.  E. N.     

    15h00 Port-au-Prince / 21h00 Paris
    Julie, la psy, entend parler de viols dans les camps et réfléchit à ce que l’on pourrait faire pour tenter de limiter ces agressions. « Construire des douches fermées, notamment. Ça protègera déjà un peu la pudeur des femmes qui sont aujourd’hui obligées de se laver devant tout le monde dans la rue », répond la Wash.

    16h30 Port-au-Prince / 22h30 Paris
    Solino, Christ Roy, rue Vaillant, Galilée, Petite savane… 8 nouveaux sites ont été préparés par Martha pour installer des réservoirs d’eau.

    17h00 Port-au-Prince / 23h00 Paris
    Encore de nouveaux arrivants ce soir : on en est à 45 expatriés. Question habituelle : « On s’est pas déjà croisé au Tchad ou en Afghanistan ? »

    18h00 Port-au-Prince / 00h00 Paris
     « Wash » et « Food security » s’échangent les adresses des nouveaux camps qu’ils ont repérés pendant la journée. On entend des phrases surréalistes : « le satellite de l’Eglise de Dieu n’a pas reçu d’aide, en revanche Platon a de l’eau. »

    19h00 Port-au-Prince / 01h00 Paris
    On s’installe dans la nouvelle tente/bureau des équipes de sécurité alimentaire pour faire le point du jour. « La food sec est un peu bancale, non ? » : l’unique place restante était dans la pente…

    19h25 Port-au-Prince / 01h25 Paris
    Laurent apprend qu’il va devoir gérer le « Parc de Brouette » pour les activités de « Cash for Work » mises en place afin de déblayer les rues. « Ça fait pas mal sur un C.V. gestionnaire du Parc de Brouette. »

    20h38 Port-au-Prince / 02h38 Paris
    Pendant la réunion Wash : « normalement, demain 4 nouveaux réservoirs seront approvisionnés en eau potable. » Réponse : « tu as déjà vu une journée qui se déroulait normalement depuis 15 jours ? »

    22h00 Port-au-Prince / 04h00 Paris
    Tout le monde se relaie un par un autour de l’unique connexion Outlook pour envoyer ses e-mails.

    Dimanche 24 janvier

    07h30 Port-au-Prince / 13h30 Paris
    Oscar et Uwimana, les nutritionnistes, partent chacun avec leurs équipes finir la mise en place des tentes/crèches nutritionnelles : ils ont quelques heures pour aménager un espace agréable et confortable pour les mères et leurs nourrissons.

    08h00 Port-au-Prince / 14h00 Paris
    Sur les lieux de la distribution alimentaire que devait organiser ACF ce jour, une organisation accompagnée par de nombreux militaires armés a décidé à l’improviste de faire une distribution de bouteilles d’eau… à 5 mètres des réservoirs d’eau d’ACF qui approvisionne en eau potable le camps depuis une semaine…

    08h10 Port-au-Prince / 14h10 Paris
    On tente de leur expliquer qu’il n’est pas nécessaire de faire une distribution de bouteilles d’eau ici, sachant qu’il y a déjà tout ce qu’il faut à… 20 mètres. Rien à faire : « c’est dans notre planning » répètent-t-ils. Hum… ça n’empêche pas de regarder autour de soi et de se coordonner.

    08h20 Port-au-Prince / 14h20 Paris
    Quand ils ouvrent les portes de leur camion, c’est un éclat de rire général dans la population… « C’est de la nourriture qu’on veut, de l’eau on en a déjà » disent les gens. Nous (ACF), on aimerait bien leur donner de la nourriture, mais pas possible de faire quoi que ce soit avec des militaires partout qui bloquent tout.

    08h30 Port-au-Prince / 14h30 Paris
    Les explications continuent… peine perdue. On se fait virer par les casques bleus. Abel, le logisticien d’urgence s’énerve. Mohamed, dit « le diplomate », prend le relai. Mais ce sera sans succès aussi. On est obligé d’annuler la distribution de nourriture.

    10h00 Port-au-Prince / 16h00 Paris
    Paul, dans les stocks, continue à charger et décharger des camions « j’aurais bien été au concert au Bataclan, au lieu de porter des caisses sous 40°C ».

    10h30 Port-au-Prince / 16h30 Paris
    À 50 km de Port-au-Prince, Antoine passe dans les camps, situés sur les hauteurs de la ville de Gressier, de « sous plateau », « morne cimetière » et « basse roche » pour repérer où installer des latrines.

    A Paris, le Bataclan se remplit pour le premier concert au profit d’Action contre la Faim pour l’Urgence Haïti à l’initiative des Inrocks en collaboration avec Jamel Debbouze et Groland. IAM, Indochine, Kerry James, Tiken Jah Fakoly, Diam’s, Pascal Obispo, Bumcello… se succèdent sur scène et enflamment la salle !

    11h00 Port-au-Prince / 17h00 Paris
    Les premières mères rentrent dans les tentes/crèches avec leur nourrisson, on accueille aussi notre premier bébé, né le jour du séisme.

    12h00 Port-au-Prince / 18h00 Paris
    Les programmes de « Cash for Work » se discutent avec Shannon : il faut penser à tout pour les équipes chargées du nettoyage des rues et prévoir du matériel spécifique pour qu’ils puissent se protéger. Et s’ils trouvent des corps, qu’est-ce qu’on fait ?

     

    A Paris, on parle aussi « Cash for Work ». Un mail de la Fondation de France nous apprend qu’elle a décidé après notre conversation de la veille de finalement nous accorder le budget que nous avions demandé initialement pour mener cette opération. Bon ben… il n’y a plus qu’à rehausser le nombre de familles que nous allons pouvoir aider… C’est mieux. Mais si on parlait assistance nutritionnelle maintenant ?

    13h00 Port-au-Prince / 19h00 Paris
    Une organisation venue avec plein de journalistes rajoutent ses stickers sur les réservoirs d’eau d’ACF. On va gentiment les voir en leur expliquant qu’au-delà des journalistes, ces stickers servent aussi aux chauffeurs des camions citernes à repérer les réservoirs qu’ils doivent remplir. Décidément, c’est la journée du cirque humanitaire…

    14h00 Port-au-Prince / 20h00 Paris
    Coup de fil du responsable de l’organisation internationale qui nous a bloqués ce matin : « Je suis vraiment désolé. Je veillerai personnellement à ce que ça ne se reproduise plus ». Bon, passe pour cette fois.

    14h30 Port-au-Prince / 20h30 Paris
    Entre deux petites ruelles du quartier de Delmas et derrière une porte dérobée, William découvre un camp de 4.000 personnes qui n’a pas reçu d’aide. Heureusement, les gens du camp ont mis en place une organisation millimétrée : toute la population y est déjà référencée. On va pouvoir y intervenir très rapidement.
     
    15h00 Port-au-Prince / 21h00 Paris
    Alors que les cadavres avaient quasiment disparu des rues, avec les opérations de déblaiement bâtiment par bâtiment, ils réapparaissent… sans commentaire.

    15h30 Port-au-Prince / 21h30 Paris
    Dans un autre camp installé sur un terrain vague, une partie de basket commence.

    16h00 Port-au-Prince / 22h00 Paris
    Dans le camp de Sainte-Marie, Cyril attend en plein soleil la voiture. Une dame du camp vient lui proposer une chaise. Il a beau refusé 15 fois en lui disant qu’il vaut mieux que, elle, s’assoit ; il doit finalement accepter et méditera – assis -  de la gentillesse des gens qui ont tout perdu.

    17h00 Port-au-Prince / 23h00 Paris
    On apprend que les soldats américains ont décidé de s’installer dans le grand stade de Port-au-Prince pour avoir une base en plein centre-ville. « Mais, il y a plein de personnes déplacées dans ce stade, ils veulent les dégager ?! »

    Fin du 2e concert au Bataclan à Paris. Kassav est rejoint par Joey Starr, 113, Khaled, Benjamin Biolay, Jamel Debbouze, Omar & Fred, Jules-Edouard Moustic… pour un final d’enfer !!!

    18h00 Port-au-Prince / 00h00 Paris
    Message de Gonaïves : ils continuent à amener de l’eau dans les centres de santé et à apporter du soutien dans l’organisation de petites cantines dans ces mêmes centres.

    19h00 Port-au-Prince / 01h00 Paris
    « A chaque fois que je prends une douche, je me dis qu’il va y avoir une secousse à ce moment-là et que je serai obligée de sortir à poil en courant devant tout le monde. Du coup, je me lave en 30 secondes ». Tout le monde rigole autour de la table : on fait tous la même chose… et pour la même raison.

    20h00 Port-au-Prince / 02h00 Paris
    À Saint-Domingue, le logisticien commence à péter les plombs sous le nombre de commandes à gérer en même temps que les arrivages de fret.

    21h00 Port-au-Prince / 03h00 Paris
    Réunion de coordination. Message d’Olivier, le chef de mission « plus de 20 points d’eau réapprovisionnés 3 fois par jour, des distributions alimentaires qui tournent, les programmes nutritionnels qui ont commencé : vous pouvez être fiers les gars. »

    22h00 Port-au-Prince / 04h00 Paris
    Briefing des nouveaux arrivants du jour par Cyril, le psy, pour les prévenir de ce qu’ils vont voir et vivre : « n’oubliez pas d’essayer de prendre du recul ».

    23h00 Port-au-Prince / 05h00 Paris
    Constat de fin de journée : on est plus de 50 à dormir dans le jardin et à travailler les uns sur les autres, mais on ne se tape pas encore dessus. Belle prouesse.

    23h30 Port-au-Prince / 05h300 Paris
    Ouah ! Sur Google Earth on voit nos réservoirs d’eau sur le Champ de mars !

    Samedi 23 janvier

    6h15 Port-au-Prince / 12h15 Paris
    Aujourd’hui, c’est samedi : grasse matinée jusqu’à 6H15... :-(

    7h00 Port-au-Prince / 13h00 Paris
    Il y aurait un nid de mygales dans le jardin : rumeur ou réalité ?? En même temps, depuis le débarquement de 50 expatriés dans ce même jardin, on espère qu’elles ont préférer fuir la zone.

    8h00 Port-au-Prince / 14h00 Paris
    Les formations débutent : aide alimentaire dans une tente, nutrition en urgence dans l’autre.

    8h30 Port-au-Prince / 14h30 Paris
    Shannon, arrivée la veille, part sur les sites. Sa mission : repérer quelles activités ACF pourrait faire faire aux sinistrés dans le cadre des programmes de "Cash for Work".

    9h00 Port-au-Prince / 15h00 Paris
    Le déblayage de maisons ? Trop dangereux, il faudrait y aller au bulldozer. En revanche, côté nettoyage des rues, des camps, des latrines, il y a du boulot…

    10h00 Port-au-Prince / 16h00 Paris
    Maintenant que les distributions d’eau et de nourriture sont bien en place sur plusieurs quartiers, Caroline et William se concentrent sur le repérage de nouveaux sites plus isolées qui n’ont pas encore reçu d’aide : pas besoin d’être 10 ONG par site, il y a du travai à ne plus savoir qu’en faire.

    11h00 Port-au-Prince / 17h00 Paris
    L’équipe logistique construit les premières tentes/crèches qui vont accueillir dès demain les femmes enceintes et allaitantes et leurs nourrissons.

    11h30 Port-au-Prince / 17h30 Paris
    Dans le camp de Tapis Rouge, Mme Dessousse nous parle de sa fille de 5 mois qu’elle a arrêté d’allaiter : elle ne sait pas comment la nourrir. On lui donne quelques conseils : la meilleure nourriture pour un nourrisson est le lait maternel. Il est tout à fait possible de reprendre l’allaitement même après une interruption…

    Traversée du marché de Tapis Rouge : la vie a bien repris ici. Les petits étals sont achalandés de produits frais qui viennent de province. On en profite pour faire un petit relevé des prix pour contrôler l’augmentation du prix de la nourriture.

    12h00 Port-au-Prince / 18h00 Paris
    Du côté des coordinateurs, on enchaîne l’écriture de propositions de projets aux bailleurs pour parvenir à faire financer toutes les nouvelles idées de programmes ou les nouveaux sites qui émergent tous les jours…

     

    A Paris, on continue de discuter avec les bailleurs de fonds pour augmenter la couverture des besoins.  Ce serait bien si la Fondation de France décidait d’allouer plus de fonds qu’elle ne l’a déjà fait… Elle nous a accordé le 1/3 de ce que nous demandions alors que les besoins sont importants et que la relance de l’activité économique est essentielle.

    On découvre le 2e rapport de Nicolas sur la situation à Gonaïves. C’est éloquent.

    « L’augmentation des prix de la nourriture comme des ustensiles de cuisine, est conséquente. Une cuillère en bois qui coûtait 20 Gourdes (0,5 USD) est passée à 50 Gourdes (1 USD) entre mercredi, lorsqu’on sait que la quasi majorité de la population avant le séisme gagnait moins de 2 USD par jour ! La distribution de kits de cuisine adaptés aux coutumes du pays s’avère essentielle.

    Après que ACF ait réparé toutes les installations majeures (sauf si les systèmes n’ont pas été complètement apprivoisés) dans les centres de santé et hôpitaux, assuré la chloration (à suivre) et réalisé le montage de douches et d’aires de lessive, les patients et personnels de santé peuvent se laver et boire sans dépenser d’argent. Les premières activités (distribution de jouets et de bonbons) ont été mises en place. On est tous motivés et le staff montre une grande volonté et des initiatives. Ils sont fiers je crois de ce que l’on fait à notre échelle avec nos moyens. »

    Quelques photos accompagnent ce rapport. Le sourire des enfants serrant dans leurs mains leurs jouets fait plaisir à voir.

    13h00 Port-au-Prince / 19h00 Paris
    Dans les stocks, Jonathan et son équipe finissent de conditionner et charger la station de potabilisation qu’ils commencent à installer cet après-midi dans le centre ville : il faudra 24h de montage.

    13h30 Port-au-Prince / 19h30 Paris
    Martha reçoit un coup de téléphone d’un des chauffeurs de camion-citerne : il est en train de re-remplir son camion d’eau mais a entendu dire que le réservoir de Croix Deprez était déjà rempli. Elle envoie un gars en moto vérifier : il mettra moitié moins de temps que le camion à traverser la ville.

    14h00 Port-au-Prince / 20h00 Paris
    Le compound des Nations Unies près de l’aéroport est devenu une ville dans la ville : c’est là qu’ont lieu toutes les réunions de coordinations et qu’ont été relocalisés tous les bureaux des différentes agences des Nations Unies.

    15h00 Port-au-Prince / 21h00 Paris
    Julien cherche une carte de la tectonique des plaques sur Haïti : on nous pose 30 fois par jour la question du pourquoi de ce séisme. Un petit schéma ne sera pas de trop…

    15h30 Port-au-Prince / 21h30 Paris
    Petit point téléphonique avec Gonaïves : on en est où des déplacements de population vers les villes de province ??

    16h Port-au-Prince / 22h Paris
    Les nouveaux arrivants de la veille reviennent de leur première journée en ville : tous se sont pris « une claque » devant l’ampleur du désastre et des besoins.

    16h30 Port-au-Prince / 22h30 Paris
    Fin du test de recrutement des psy. Les candidats retenus commencent à soutenir les sinistrés dans les camps.

    17h00 Port-au-Prince / 23h00 Paris
    Point sur les organigrammes de chaque secteur d’intervention : on ne va pas tarder à s’y perdre dans tous les recrutements.

    Vendredi 22 janvier

    02h30 Port-au-Prince / 08h30 Paris
    Florence passe saluer Erland. « On a dit oui pour les BP5. ». « Sauf qu’entre temps on a perdu l’avion », lui répond-il. « Mais j’ai bon espoir d’en trouver un autre… »

    L’équipe ACF aimerait bien savoir si la Fondation de France lui a accordé le budget demandé. Le comité de décision avait lieu finalement hier soir.

    03h30 Port-au-Prince / 09h30 Paris
    Nous apprenons par la radio le soutien de la Fondation de France. On attendra le mail de confirmation pour avoir des détails….

    04h00 Port-au-Prince / 10h00 Paris
    On démarre la réunion d’information et de coordination à Paris. On parle beaucoup de ce troisième avion – un boeing – qui pourrait partir mardi ou mercredi de Dubaï.
     
    06h30 Port-au-Prince / 12h30 Paris
    Une minute de silence est organisée au siège en mémoire de Westner notre gardien décédé mais aussi de toutes les victimes de ce séisme, des nombreux sans abris et des blessés… Nous avons trouvé un texte de quelques lignes d’un écrivain haïtien qui décrit si bien la beauté de ce pays. Nous partageons également la colère d’un autre écrivain haïtien face à ce qui est dit de son pays. Nous tenons, nous, à saluer la dignité du peuple haïtien dans ces moments difficiles.

    08h00 Port-au-Prince / 14h00 Paris
    Cyril, le logisticien en support à Saint-Domingue, doit trouver de quoi faire 15.000 kits d’urgence, soit 15.000 bouteilles d’eau de javel, 15.000 couvertures, 15.000 paquets de serviette hygiénique, 15.000 seaux munis de robinets, 15.000 marmites… Allez, bonne journée !

    08h30 Port-au-Prince / 14h30 Paris
    Oscar, le nutritionniste, commence une formation sur la nutrition des nourrissons et les conseils à donner aux mères pour qu’elles reprennent/continuent l’allaitement : indispensable si l’on veut que les plus petits ne tombent pas malades !

    08h53 Port-au-Prince / 14h53 Paris
    Le service achat expédition et les comptables pourchassent Florence dans les couloirs. Elle doit absolument quitter le siège M A I N T E N A N T pour se rendre à la délégation de l’Union Européenne à Paris. Ils doivent absolument lui faire signer le bon de commande final pour l’avion… 3min pour tout imprimer et signer.

    09h30 Port-au-Prince / 15h30 Paris
    Quelqu’un peste sur son téléphone qui ne marche définitivement pas.

    10h00 Port-au-Prince / 16h00 Paris
    Encore une secousse… tout le monde sort du bureau.

    11h00 Port-au-Prince / 17h00 Paris
    Les tentes poussent dans le jardin comme des champignons : dortoirs, espaces de travail… ça s’organise de mieux en mieux

    12h00 Port-au-Prince / 18h00 Paris
    Le PAM décide de mettre un stock à disposition des ONG. Sur un bout de papier est dessiné le plan et la répartition des espaces pour chacun : le joli plan sur informatique attendra.

    13h00 Port-au-Prince / 19h00 Paris
    Martha, une hydraulicienne, a une quinzaine d’échantillons d’eau dans les bras. Objectif : les tester pour bien vérifier la qualité de l’eau distribuée.

    14h00Port-au-Prince / 20h00 Paris
    Dans le quartier de Sainte Marie, fin de la distribution de biscuits hautement protéinés : 700 familles ont des réserves pour 15 jours. Ça a dépoté et tout ça dans le calme !

    14h30 Port-au-Prince / 20h30 Paris
    Caroline, avec des représentants de la Mairie, passe de camps en camps. Le but : repérer les sites les plus vulnérables ou ceux qui n’ont pas encore reçu d’aide.

    16h00 Port-au-Prince / 22h00 Paris
    Début de la cérémonie en mémoire de Wesner Beaucéjour, gardien d’ACF, décédé durant le séisme. Sa famille, des proches et tous ces collègues sont rassemblés.

    16h30 Port-au-Prince / 22h30 Paris
    A Léogâne, Christian et Antoine ont terminé de monter la station de potabilisation d’eau : elle permet de rendre potable 5.000 litres d’eau par heure. Reliée à des réservoirs, elle dessert le camp avoisinant de Parc Christophe.

    17h00 Port-au-Prince / 23h00 Paris
    Dans les stocks, c’est un ballet continu : on décharge des camions, on range rationnellement, on charge d’autres camions qui partent sur les distributions ou les installations d’eau potable.

    17h15 Port-au-Prince / 23h15 Paris
    Prosper, un ancien employé d’ACF à Gonaïves et expert en « Cash for Work », arrive au bureau : il a démissionné de son poste actuel mieux payé pour revenir travailler avec nous. Merci !

    18h00 Port-au-Prince / 00h00 Paris
    De nouveaux expatriés arrivent de Saint-Domingue. Bonne nouvelle, ils ont ramené des cartouches de cigarettes avec eux : on a frôlé la crise…

    Jeudi 21 janvier

    01h00 Port-au-Prince / 07h00 Paris

    Petite attention du jour : un logisticien colle sur un poteau une photo du fils du chef de mission âgé de 2 ans qui était à Port-au-Prince au moment du séisme. Il a été évacué en France, tout va bien pour lui !

     

    03h00 Port-au-Prince / 09h00 Paris
    A Paris commence la réunion mensuelle de coordination de la commission humanitaire de Coordination Sud, qui regroupe quelques unes des ONG Françaises humanitaires. ACF en est le chef de file. Nous parlons bien sûr de la crise en Haïti, nous partageons le sentiment que la population haïtienne se comporte avec dignité. Toutes nos équipes nous rapportent que les distributions d’eau et de nourriture se passent dans le calme.

     

    06h30 Port-au-Prince / 12h30 Paris

    Effervescence dans le bureau-jardin : aujourd’hui, organisation des premières distributions de nourriture et de kits d’urgence.

     

    07h00 Port-au-Prince / 13h00 Paris

    Premier contact du matin avec Paris. On travaille sur le contenu d’un troisième avion avec le reste du matériel hydraulique des stocks d’urgence. On met quoi sinon pour compléter la cargaison ? Des couvertures ou du BP5 ? De quoi manque-t-on là-bas ? Ils en sont où le PAM de leurs stocks de nourriture ? Pas la peine d’envoyer plus de biscuits si le pays en regorge…

    Depuis le siège, Action contre la Faim relance son appel aux dons car les besoins de la population sont immenses et qu'il faudra encore beaucoup de temps et d'argent pour les combler.

     

    07h15 Port-au-Prince / 13h15 Paris

    A Port-au-Prince, Pierre est déjà sur la route pour localiser et mettre des latrines là où c’est possible : un défi majeur vu la concentration de population dans les camps.

     

    07h30 Port-au-Prince / 13h30 Paris

    Grâce au renfort de la cellule de Paris, les 1ers débriefings des employés locaux commencent à s’enchaîner.

     

    08h00 Port-au-Prince / 14h00 Paris

    Quatre personnes de Pompiers sans Frontières passent au bureau pour prendre des informations et nous prévenir des endroits où ils veulent s’installer.

     

    09h00 Port-au-Prince / 15h00 Paris

    Dans le quartier de Sainte-Marie, les files d’attentes commencent à se former dans le calme. Les membres des comités locaux, qui se sont formés ici comme dans tous les camps de fortune pour prendre en charge environ 50 familles chacun et permettre de faire le lien entre la population et l’organisation, expliquent encore une fois comment la distribution va se passer. Toutes les personnes du site ont reçu une carte d’enregistrement la veille qui valide leur participation à la distribution.

     

    09h15 Port-au-Prince / 15h15 Paris

    Un périmètre de sécurité est organisé et un circuit de distribution avec entrée, enregistrement, distribution et sortie est mis en place.

    Florence, Isabelle et Caroline font le point sur les sommes engagées. Entre le matériel envoyé (et donc les avions)et les expatriés, plus tout ce que nous pouvons dépenser localement (location de camions, voiture…), nous en sommes à plus de 1.2 millions d’euros à ce jour.

     

    09h30 Port-au-Prince / 15h30 Paris

    Une quinzaine de personnes sont recrutées dans la foule sur les conseils des comités pour faire de la manutention et assurer l’ordre. En tout, ce sont 30 personnes travaillant pour ACF qui sont là pour faire en sorte que tout se passe dans le calme.

     

    10h30 Port-au-Prince / 16h30 Paris

    Le deuxième camion chargé de nourriture n’arrive pas à monter en haut de la ruelle où est situé le camp : les pick-up prennent le relais pour monter peu à peu la nourriture.

     

    11h00 Port-au-Prince / 17h00 Paris

    Au fur et à mesure que le chargement est débarqué, les équipes de sécurité alimentaire forment les kits pour chaque personne : une ration de biscuits hautement protéinés pour 15 jours, un seau, 2 jerricans, un carton de produit d’hygiène (savon, dentifrice, brosse à dent, lessive, serviette…).

     

    11h15 Port-au-Prince / 17h15 Paris

    Nouvelle secousse.

    A Paris, la phrase du jour de l’avis de tous revient à Olivier, le CDM, qui vient de nous demander de « bourrer le cul de l’avion avec des couvertures ». On n’ose imaginer la manière dont il charge sa voiture quand il part en week-end.

    Alors ces Biscuits protéinés, on en met ou pas ?

     

    11h30 Port-au-Prince / 17h30 Paris

    On abandonne l’idée de faire 2 distributions sur 2 sites différents : le déchargement du camion à distance bloqué en bas de la rue prend trop de temps et comporte trop de risques. La distribution aura lieu demain matin aux aurores sur le 2e site.

     

    12h00 Port-au-Prince / 18h00 Paris

    La 1ère distribution commence. Une à une les personnes rentrent dans l’espace de distribution, font poinçonner leur carte, prennent leur ration, puis sortent.

     

    12h30 Port-au-Prince / 18h30 Paris

    Le grand jeu des enfants est d’essayer de rentrer dans l’espace de distribution pour voir si on va leur dire de sortir… ils trouvent ça très drôle.

     

    13h00 Port-au-Prince / 19h00 Paris

    La distribution suit son cours. Grâce aux porte-voix, les équipes expliquent à la foule de rester dans le calme, les membres des comités sillonnent la queue pour expliquer le processus.

     

    15h30 Port-au-Prince / 21h30 Paris

    Environ 200 familles ont reçu cette ration de 15 jours avec un kit d’hygiène. On doit en être à autant, voire au double de « merci ».

    A Paris : le DFID, agence de coopération du gouvernement britannique, nous confirme son soutien. Julien est heureux.

    Les « opés » tourmentent Sophie, au service Achat Expéditions, et Erland, le directeur logistique, en changeant d’avis sur la cargaison toutes les heures. « Vous savez ce que vous voulez ? » demande Erland… « On attend le terrain » répondent les opés en cœur.

     

    18h30 Port-au-Prince / 00h30 Paris

    Des propriétaires de camions arrivent au bureau : la négociation commence sur le prix des locations. Le but pour ACF : sécuriser les rotations de camions citernes dans la ville pour l’approvisionnement en eau. Aujourd’hui, 13 camions ont tourné et 146m3 d’eau ont été distribués.

     

    22h00 Port-au-Prince / 04h00 Paris

    Encore une forte secousse. Bon, ça va s’arrêter quand ??

    Mercredi 20 janvier :

    04h00 Port-au-Prince / 10h00 Paris

    A Paris débute la traditionnelle revue des informations obtenues par Isabelle lors de son contact de minuit avec la mission :

    - Les organigrammes sont attendus, la mission bossera dessus dès réception.

    - Les distributions de BP5 sont prévues demain sur trois sites identifiés.

    - Mouvements de population : déplacement vers Gros Morne, Marmelade, Anse Rouge, etc.

     

    Des nouvelles de Gonaïves : Les habitants de Gonaïves connaissent bien « Action grandgou », ACF en créole. Ils nous font à ce point confiance qu’ils sont venus spontanément déposer au bureau les choses collectées en signe de solidarité pour les habitants de Port-au-Prince : couvertures, jouets… Ils savent que nous distribuerons tout ça avec précaution.

     

    05h55 Port-au-Prince / 11h55 Paris

    Un nouveau séisme de magnitude 6.1 sur l’échelle de Richter vient frapper Haïti encore endormi, c’est la plus forte secousse depuis le séisme de la semaine dernière. L’épicentre se trouve à une soixantaine de kilomètres à l’ouest de Port-au-Prince.

     

    Au bureau d’ACF : réveil en sursaut pour tout monde : la terre tremble, la maison craque de partout. Tout le staff dort dans le jardin, donc heureusement tout va bien.

     

    06h15 Port-au-Prince / 12h15 Paris

    Toutes les personnes qui ont un téléphone qui fonctionne appellent leurs familles ou amis à Port-au-Prince pour savoir s’ils vont bien et prévenir qu’ils sont en sécurité.

     

    06h30 Port-au-Prince / 12h30 Paris

    Premier tour dans la ville, un vent de panique souffle et la rumeur enfle : est-ce-que Haïti est vraiment maudit ? N’est-ce que le début des répliques ? On lit la peur sur les visages.

     

    07h00 Port-au-Prince / 13h00 Paris

    Les équipes logistiques ont réussi à trouver un camion avec de l’essence et en état de rouler. Départ pour le stock pour charger les stations de potabilisation à installer à Léogâne et Gresset, en périphérie de la ville.

     

    07h30 Port-au-Prince / 13h30 Paris

    Aujourd’hui encore, il y a 150 personnes devant le bureau qui cherchent du travail : on enregistre leur profil. Peu, hélas, ont les compétences qu’ACF recherche.

     

    Les équipes d’eau et assainissement se répartissent le travail : un pour suivre l’approvisionnement des différents points d’eau par camions citerne, un pour trouver de nouveaux sites pour installer des réservoirs d’eau, un troisième dévolu aux problématiques d’assainissement, un quatrième pour les réunions de coordination avec l’Etat et les autres ONG, un cinquième pour l’installation de station de traitement dans les zones en dehors de Port au Prince et le dernier pour participer au diagnostic et à la réparation du réseau d’eau de la ville.

     

    08h00 Port-au-Prince / 14h00 Paris

    Pour les équipes de sécurité alimentaire : le défi, c’est de réussir à organiser des distributions dans le calme. Mohamed commence une formation rapide des personnes qu’il a recrutées les jours précédents sur l’organisation d’une distribution alimentaire.

     

    Selon une source officielle, il y a désormais plus de 300 campements improvisés à Port-au-Prince, regroupant environ 370.000 sans abri.

     

    08h30 Port-au-Prince / 14h30 Paris

    Début de la réunion de coordination logistique : « et pour l’essence, il y a une solution qui se dessine ??? »

     

    09h00 Port-au-Prince / 15h00 Paris

    William cherche des informations sur la zone la plus proche de l’épicentre de ce nouveau séisme : y a-t-il des dégâts là-bas ?

     

    09h30 Port-au-Prince / 15h30 Paris

    Il fait déjà une bonne trentaine de degrés : la rotation des camions citernes approvisionnant les points d’eau mise en place est plus qu’appréciée.

     

    10h00 Port-au-Prince / 16h00 Paris

    C’est l’agitation dans les stocks : du matériel arrive, d’autre part vers les sites de distribution.

     

    10h30 Port-au-Prince / 16h30 Paris

    Ça se sait dans la ville qu’ACF a installé des points d’eau à plusieurs endroits. Du coup, des représentants de quartier se présentent au bureau pour faire des requêtes.

     

    11h00 Port-au-Prince / 17h00 Paris

    Ça y est : un architecte vient inspecter la maison. Pourra-t-on réintégrer le bâtiment ?? Réponse : uniquement le rez-de-chaussée. On reste méfiant : on ne dormira pas dedans.

     

    On apprend que des victimes ont pu être sauvées après huit jours passés sous les décombres. Cela permet à la population de garder espoir.

     

    12h00 Port-au-Prince / 18h00 Paris

    Après deux heures de recherche, William trouve enfin la représentante du maire de Port-au-Prince chargée de la coordination de l’aide. ACF est la première ONG à venir les informer de ce que nous faisons dans la ville.

     

    12h15 Port-au-Prince / 18h15 Paris

    Au Ministère de la Culture (un des seuls qui est resté debout), alors que la réunion se poursuit avec la représentante du maire, un incident éclate : un homme a voulu voler une chaise, d’autres essaient de l’arrêter. Des coups de feu sont tirés, tout le monde se retrouve à plat ventre.

     

    12h45 Port-au-Prince / 18h45 Paris

    Après avoir essayé de poursuivre cette réunion à l’Ambassade de France et devant le refus des gendarmes de laisser rentrer la représentante du maire, la réunion a finalement lieu sur les marches du Champ de Mars à côté d’un des réservoirs d’eau qu’ACF a installé : c’est encore là le plus calme…

     

    13h00 Port-au-Prince / 19h00 Paris

    Après 3 heures de travail, les équipes de sécurité alimentaire ont terminé d’inscrire les noms de 969 familles sur les cartes de distribution.

     

    14h00 Port-au-Prince / 20h00 Paris

    Début de la distribution de ces mêmes cartes de distribution dans le camp de déplacés de Sainte-Marie. Ce processus d’enregistrement permettra de gagner du temps pour toutes les distributions à venir, d’assurer davantage de sécurité et d’être sûr que toutes les familles du camp recevront les rations alimentaires.

     

    15h00 Port-au-Prince / 21h00 Paris

    Une prime exceptionnelle de soutien de 300 dollars est donnée aux employés d’ACF présents au moment du séisme et affectés par la catastrophe. Ils nous tombent dans les bras : ça montre à quel point ils en avaient besoin.

     

    A Paris, nous avons obtenus les promesses de soutien des bailleurs institutionnels mais il faut désormais leur envoyer nos plans d’actions, basés sur toutes les évaluations en cours. On continue donc d’écrire page après page ce que nous proposons de faire à l’Union Européenne, le gouvernement britannique, la coopération américaine, le gouvernement suédois. En attendant la validation finale de tous ces grands bailleurs c’est grâce à la confiance et à l’argent des donateurs privés qu’ACF travaille déjà effectivement depuis maintenant 5 jours.

     

    15h30 Port-au-Prince / 21h30 Paris

    Martha termine de faire la tournée des différents points de distribution d’eau pour remplir les réservoirs d’eau fraîche. La circulation dantesque dans Port-au-Prince n’aide pas vraiment à la circulation des camions citernes.

     

    16h00 Port-au-Prince / 22h00 Paris

    Pascal et son équipe finissent d’installer un nouveau point de distribution d’eau dans le site de Sainte-Marie : on en est à 115.000 litres d’eau disponible.

     

    17h00 Port-au-Prince / 23h00 Paris

    Arrivée de Saint-Domingue à la maison de 6 nouvelles personnes d’ACF avec le fret de 108 tonnes de matériel et de nourriture : pas facile de voyager léger accompagné de 5 camions de 16 mètres de long…

     

    17h30 Port-au-Prince / 23h30 Paris

    On essaie de caser encore 2-3 tentes dans le jardin pour les nouveaux arrivants : un véritable jeu de tétris commence.

     

    18h00 Port-au-Prince / 00h00 Paris

    L’équipe de Solidarités que nous logeons dans le jardin depuis leur arrivée ramène des bières pour nous remercier de l’accueil : la première gorgée de bière depuis 8 jours !

     

    19h00 Port-au-Prince / 01h00 Paris

    Point sur les commandes de matériel, les budgets, etc.

     

    20h00 Port-au-Prince / 02h00 Paris

    Début d’une réunion générale pour présenter les nouveaux et les règles de vie et de sécurité : 29 expatriés autour de « la table ».

     

    21h00 Port-au-Prince / 03h00 Paris

    Un expatrié se met au piano pour se détendre : la Lettre à Elise résonne dans tout le quartier : un peu de douceur dans un monde de brutes.

     

    22h30 Port-au-Prince / 04h30 Paris

    Fin de la réunion de coordination, tout le monde se redirige vers ses ordinateurs pour compiler les informations de la journée.

     

    Bilan de la journée : des points d’eau en plus, plus de 100 tonnes de matériel et de nourriture que l’on a enfin pu réceptionner, des équipes de plus en plus nombreuses qui sont formées chaque jour, des kits d’urgence contenant couverture, bâche et matériel d’hygiène qui sont prêt à être distribués demain.

     

    La motivation à travailler dans cet enfer : les gens qui viennent nous voir et qui nous remercient d’avancer chaque jour un peu plus. Eux aussi à un moment, ils vont se mettre à y croire, qu’ils ont un avenir au-delà de 2012.

    Mardi 19 janvier :

    01h00 Port-au-Prince / 07h00 Paris
    Michaël, le logisticien, se bat pour mettre en place la connexion internet.

    01h13 Port-au-Prince / 07h13 Paris
    SMS de JB à Florence et Gaétan :

    " Juste pour vous confirmer que les 355m3/87t de matériel ont bien été charge dans le 747, 2eme avion ACF, et qu'il a décollé à 3h22 de Vatry ce matin, avec à son bord 1 logisticien ACF, 1 personnel de Veolia et 1 personne d’Aquassistance. Heure approximative d'arrivée à Saint-Domingue : 15h30 heure locale."

     

    Florence transmet à tout le comité de direction et à l’équipe.

    03h00 Port-au-Prince / 09h00 Paris
    Un rapport nous arrive de notre équipe de Gonaïves. Nous découvrons qu’ils ont mis en place plein de petites actions pour aider les populations déplacées, qui arrivent de Port-au-Prince.  Ils ont bricolé du matériel pour l’hôpital avec des bouts de bois, voudraient bien assurer le traitement de l’eau et ont planifié de distribuer des bonbons aux Ti Moun (petits enfants) traumatisés qui arrivent de Port-au-Prince. On est fiers d’eux, qui se débrouillent avec les moyens du bord.

    Florence appelle le responsable des urgences de MDM et lui demande de considérer une intervention à l’hôpital de Gonaïves. Ils se connaissent depuis longtemps, c’est un ancien d’ACF. Il promet de prendre la demande en considération mais eux aussi croulent sous les priorités.

    L’équipe de Port-au-Prince a trouvé un bureau ! On va pouvoir déménager.

    05h00 Port-au-Prince / 11h00 Paris
    Réunion du comité de direction. Gilles, le DAF, demande : « c’est quoi un berlingot... ? »  « Euh… Une voiture, Gilles. Deux ont été données par Citroën et sont dans l’avion qui a décollé cette nuit », répond Florence.  « Tiens, regarde j’ai une photo. »

    06h30 Port-au-Prince / 12h30 Paris
    A Port-au-Prince, Simon s’attaque au manguier du jardin, il n’est pas dit qu’on ne mangera pas de fruit aujourd’hui.

    08h00 Port-au-Prince / 14h00 Paris
    Jonathan, l’hydrologue part en évaluation de l’état du réseau de distribution de la ville de Port-au-Prince. Direction la régie des eaux pour trouver des cartes du réseau d’eau sous les décombres et repérer les endroits les plus urgents à réparer.

    Il ya environs 60 personnes dans le jardin et 10 voitures… c’est pire que le métro parisien à 08h00 du matin cet endroit.

    Pierre part pour une journée de meeting coordination dans la base UN.

    Michaël et Abel partent pour l’aéroport pour transférer le stock depuis le tarmac vers l’entrepôt que nous venons de trouver.  

    08h30 Port-au-Prince / 14h30 Paris
    Florence est interviewée depuis Paris par RFI. La radio est très écoutée en Haïti. L’objectif est de passer des conseils simples à la population sur l’Eau et l’Assainissement. Ce qu’elle expose est traduit en créole.

    Les messages sont simples mais essentiels.
    Il faut traiter l’eau en mettant une petit cuillère à café d’eau de javel dans un seau de 25l, se laver les mains avec du savon ou des cendres, rassembler les ordures et creuser des trous si possible pour les enterrer, trouver des endroits dédiés aux excréments…

    Quelqu’un crie : « Y a-t-il une prise disponible quelque part ? »

    Pascal est avec ses nouvelles équipes locales Eau et Assainissement et leur explique comment fonctionne le bladder (réservoir souple pouvant contenir une grande quantité d’eau) et comment vérifier la qualité de l’eau.

    Contact entre Cyril (psy ACF) et Isabelle. Il nous informe qu’une cérémonie commémorative pour Wesner, notre gardien disparu, aura lieu vendredi prochain.

    09h00 Port-au-Prince / 15h00 Paris
    Début de la première réunion générale avec les anciens membres du staff local de Port-au-Prince depuis le séisme. Une minute de silence et de recueillement en mémoire des personnes disparues. Explication sur le fonctionnement de l’équipe et des programmes pendant l’urgence.

    09h30 Port-au-Prince / 15h30 Paris
    Julien part pour la Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement, l’objectif de la coordination est de trouver des camions et de l’essence.

    10h00 Port-au-Prince / 16h00 Paris
    Meeting de coordination des ONG françaises à la résidence de l’Ambassade de France, dans le jardin car la maison est par terre.

    Accord du PAM pour mettre à notre disposition 12.000 kg de biscuit protéinés (BP5). Ils seront distribués dès demain.

    10h30 Port-au-Prince  / 16h30 Paris
    Appel de la DFID, la coopération britannique : 1 million de £ confirmé sur les 2 millions demandés (pour 6 mois). Un mail plus formel devrait suivre.

    11h00 Port-au-Prince / 17h00 Paris
    Un premier réservoir de 10.000 litres est installé à Croix de Prés.

    12h00 Port-au-Prince / 18h00 Paris
    A Port-au-Prince, l’équipe rencontre un homme, il est sociologue, il a tout perdu. Il nous offre son aide pour faire quelque chose d’utile. On commence l’installation de la 2e citerne. L’espace  est confiné, il faut nettoyer 10m2, faire un remblai bien plat qui servira de plate forme, monter le réservoir, les tuyaux et les robinets…  

    Contact entre Isabelle et la mission :
    Le fuel va probablement devenir un énorme souci.
    Dernières infos : les réserves en République Dominicaine seraient déjà épuisées. Le cluster logistique parlait de quantités rapatriées, qui seraient en fait assez réduites. Annonce de l’arrivée d’une équipe ++ de logisticiens dont certains spécialisés en aide alimentaire en renfort ; que du top professionnelle ! La mission peut aussi compter largement sur une ligne budgétaire staff national (recrutement pour distribution par exemple). Prévu : 30 expatriés demain. William nous informe que pour Léogâne : le transport serait ok, les camions sont disponibles en tous cas. Reste à valider l’envoi de la station là-bas.

    La question reste ouverte : quel positionnement sur la nourriture ?! Chaud/froid, BP5 ? Qu’est-ce qui est dispo sur place ? Cantines ou distributions ? Caroline est en réunion avec le PAM. A suivre.

    13h12 Saint-Domingue / 19h12 Paris
    Le 747 est maintenant déchargé ! Cyril va maintenant installer toute la cargaison dans les containers/camions, puis la marchandise partira vers la frontière. La Minustah prend le relais escorte à la frontière. Arrivée possible demain midi ou soir à Port-au-Prince.

    13h30 Port-au-Prince  / 19h30 Paris
    Le bureau d’assistance aux urgences du gouvernement américain (OFDA) valide leur intérêt pour notre proposition de projet et demande une proposition d’actions détaillées complète, en bonne et due forme afin de finaliser leurs décisions. Super nouvelle mais du coup longue nuit en perspective.

    14h00 Port-au-Prince / 20h00 Paris
    Mais où sont les camions citerne des pompiers de Saint-Domingue ?????

    14h30 Port-au-Prince / 20h30 Paris
    Pascale et Pierre remplissent le pick-up de matériel d’assainissement. A défaut de camion on utilise les voitures.

    15h00 Port-au-Prince / 21h00 Paris
    L’équipe au siège continue de préparer les budgets, les projets et attaque sa 7e soirée au bureau. Les images tournées par France 2 hier sont diffusées ce soir. L’équipe écoute le journal en différé sur Internet pendant la pause burger.

    Pierre termine les organigrammes. Il se fait un peu chahuter. Il faut dire que mettre 6 heures pour dessiner des organigrammes ça peut sembler beaucoup. Mais nous parlons de 50 personnes sur ce tableau et de tous les liens « hiérarchiques » qui vont avec. Il a fait un travail de titan.

    17h00 Port-au-Prince / 23h00 Paris
    Florence dépose Isabelle et Bérengère prés de chez elles. Petite pensée pour les habitants de Port-au-Prince. Ça fait exactement 7 jours qu’ils ont traversé l’enfer. Il reste tant à accomplir. Certains ont annoncé ce soir la fin de la période de sauvetage et le début de la reconstruction. De qui se moque-t-on ! Nous sommes encore pleinement dans la phase d’assistance et cela va durer…

    18h00 Port-au-Prince / 00h00 Paris
    Point entre Isabelle et le chef de mission sur les dernières nouvelles : debrief’ demain matin aux équipes parisiennes.

    Lundi 18 janvier

    00h00 Port-au-Prince / 06h00 du matin Paris
    Caroline nous envoie son premier rapport

    "Port-Au-Prince est devenu un immense dortoir à ciel ouvert. Les populations manquent de tout pour couvrir leurs besoins de base : eau, nourriture, abri, couverture, matériel de cuisine… Quelques petites distributions ont eu lieu mais elles ne représentent qu’une goutte d’eau par rapport aux besoins. Il est urgent de démarrer des distributions à grande échelle de nourriture et de NFI (couvertures et abris temporaires en priorité). Les nuits sont froides et l’ombre rare en journée.
    Les sites de distributions retenus correspondent aux points de rassemblement ou camps identifiés par l’équipe Eau & Assainissement. L’un des plus importants est celui du Champ-de-Mars situé au centre-ville. Il semblerait que le nombre de personnes soit moins important aujourd’hui qu’aux lendemains du séisme.

    Un recensement des bénéficiaires a déjà été effectué dans 4 camps. Les sites retenus à ce jour sont :
    -    Champs de Mars : 3.067 familles
    -    Ste Marie (situé à Canapé Vert) : 970 familles
    -    Place de Canapé Vert : 636 familles
    -    Stade Sylvio : 393 familles
    Au total, 5066 familles ont été recensées sur ces 4 camps, soit une estimation de 25.330 personnes.
    La stratégie est de démarrer au plus vite les distributions dans les camps où le recensement a été effectué, c'est-à-dire dès réception des biscuits protéinés. En attendant l’arrivée des biscuits ACF en provenance de France une commande de 12 tonnes a été adressée au PAM, ce qui nous permettrait de démarrer les distributions au plus vite.

    Aucun acteur présent en-dehors d’ACF n’a encore commencé des enregistrements/recensements dans les camps et n’a une idée du nombre de personnes qu’il prévoit de couvrir.
    German Agro Action a annoncé la réception prochaine de 1.500 rations pour 15 jours (riz, pois, huile, sel). Ils n’auront pas la capacité de distribution et mettront certainement à disposition leur stock. Ils nous ont demandé si nous étions prêts à éventuellement travailler en collaboration avec eux.
    Unicef devrait nous fournir 1.000 couvertures aujourd’hui, ce qui nous permettrait d’organiser une première distribution.

    Le PAM doit diffuser un état de leurs stocks. Ils ont à disposition des cartes de bénéficiaires et nous leur avons fait une demande. Les cartes auront le logo PAM et non ACF, mais ça reste la solution la plus rapide et pratique."

    03h00 Port-au-Prince / 09h00 Paris
    Réunion de la cellule de crise opérationnelle à paris qui se concentre sur les Ressources Humaines. Nous n’avons pas assez d’hommes sur place. On phosphore intensément : qui devons nous envoyer en plus, pour faire quoi et où ??? Nous sommes une quinzaine autour de la table à dessiner une organisation. Ce premier jet devra être validé par la mission.

    03h30 Port-au-Prince / 09h30 Paris
    Le comité de direction se réunit pour faire le point après le week-end. Erland nous rejoint.
    Florence fait un point de situation : programme, équipes, besoin de fonds privés pour continuer les actions … On envoie un autre avion avec de la nourriture ? Voyons déjà les stocks du PAM. RDV est pris pour l’après midi-même entre elle et François sur le sujet.

    04h00 Port-au-Prince / 10h00 Paris
    Florence présente à François le DG et Gilles, le DAF : une demande d’affectation de fonds propres de 700.000 euros. Objectif : démarrer les actions de cash for work. L’idée est de donner soit de la nourriture soit des bons pour aller chercher de la nourriture au marché aux personnes qui pourraient déblayer les rues.

    06h30 Port-au-Prince / 12h30 Paris
    Le chef de mission a reçu des informations de Gonaïves. Les hôpitaux ont besoin de support pour s’organiser et assurer l’hygiène. Aujourd’hui (et depuis plusieurs jours) pas une goutte d’eau à l’intérieur de K-Soleil et les infirmiers passent d’un blessé à l’autre sans se laver les mains, sans gants. Les patients n’ont pas accès à l’eau. Leurs accompagnants doivent acheter de l’eau dans la rue mais n’ont déjà plus ou n’auront plus de cash du tout d’ici quelques jours.
    ACF a décidé de soutenir les hôpitaux et les centres de santé : réparation du réseau d’eau, chloration, soutien sur l’hygiène, aide à la mise en place de repas pour les patients et accompagnants (mise à dispo de nos réchauds cantine).

    A Port-au-Prince les équipes administratives tiennent une première réunion. Retour au boulot pour nos deux staffs haïtiens Berthony et Nadia (caissière). Retour au travail de Cara (assistante RH) prévu dans la semaine suivant les possibilités de transport depuis Gonaïves. Berthony se rend en ville pour évaluer avec un contact chez Unibank les possibilités de reprise des activités bancaires. Il faudrait contacter d’autres ONG pour connaître leur politique de gestion de la trésorerie !

    Nous  préparons des communications aux bailleurs suite au séisme : état des pertes de matériel et de documents justificatifs des dépenses, retard sur la remise des rapports pour les contrats en cours. La phrase du jour revient à notre administrateur en charge des urgences, Nicolas : l’archiviste est revenu travailler mais il n’y a plus d’archives !

    Priorités de l’équipe administrative et RH pour la semaine : entretiens avec le personnel sous contrat pour évaluation des situations personnelles et professionnelles suite au séisme.

    08h30 Port-au-Prince / 14h30 Paris
    Pierre a donné son feu vert « sécurité ». Lucille part avec William en exploration à Léogâne ! Christian essaie de récupérer des cartes des installations en eau dans la région de Léogâne pour les repérages de cette après-midi.

    A Paris on aimerait bien savoir si les pompiers de Saint-Domingue vont nous aider à mettre de l’eau dans nos bladders. … allez Julien appelle….

    09h30 Port-au-Prince / 15h30 Paris
    Les camions viennent enfin remplir les 4 bladders du Champ de Mars : soulagement de tout le monde. La pénurie d’essence sur la ville limite tout le monde dans ses activités.

    10h00 Port-au-Prince / 16h00 Paris
    Réunion de coordination des acteurs en WASH à la Dinepa : chacun explique où il a commencé à travailler.

    11h00 Léogâne / 17h00 Paris
    Arrivée de Christian et Guillaume à Léogâne : la ville est détruite à 80%.
    Une demi-heure plus tard, ils arrivent à mettre la main sur le maire : la Mairie est par terre, il a installé « ses bureaux » dans le square d’à côté.

    11h40 Léogâne / 17h40 Paris
    C’est parti pour la tournée des camps de la zone de Léogâne. Objectif : trouver des points d’eau sur lesquels ACF pourra installer des stations de potabilisation et recenser le nombre de personnes par camps.

    12h00 Port-au-Prince / 18h00 Paris
    Nico, l’admin, signe un contrat pour louer une maison avec un grand espace de stockage : enfin !

    Pendant ce temps, Uwimana, la nutritionniste passe dans l’orphelinat « Enfant haïtien mon frère » : tous les enfants vont bien, ils reçoivent eau et nourriture.

    16h Port-au-Prince / 22h00 Paris
    Quelques informations en vrac nous parviennent des équipes :
    - Les autorités annoncent que 80.000 personnes sont enterrées à ce jour.
    - On estime à 1 million le nombre de personnes sans maison.
    - Le Gouvernement Haïtien annonce la réouverture des banques demain (30 a 40 agences).

    19h00 Port-au-Prince / 01h00 Paris
    La mission exploratoire à Léogâne s’est bien passée. Très bon accueil par la population. Une station d’eau va pouvoir être montée, peut-être aujourd’hui ou demain.

    Les Couvertures UNICEF sont distribuées.
    Mise en place de latrines : pas d’autorisation de creuser tranchées au Champ de Mars. Il va falloir envisager des bidons !

    Dimanche 17 janvier

    04h00 Port-au-Prince / 10h00 du matin Paris
    L’équipe du siège travaille principalement à domicile. On s’organise des conférences téléphoniques sous skype, on s’échange des e-mails. Ça continue de travailler mais plus au calme.

    L’équipe de la communication se relaie au siège. Florence est là aussi pour répondre aux interviews.

    Un de nos bailleurs à qui nous avons envoyé une proposition d’action à 22h00 hier soir nous a donné son accord 53 minutes plus tard. Du jamais vu. Basés sur la connaissance qu’ils ont de notre organisation et de ce que nous réalisons en Afghanistan. Merci messieurs les suédois de votre confiance.

    07h00 Port-au-Prince / 13h00 Paris
    Premier point de la journée entre Isabelle à Paris et Olivier à Port-au-Prince. Ils parlent planification des activités : où va-t-on travailler, pour combien de personnes...

    Isabelle informe olivier de ce que nous avons travaillé et écrit au siège pour soulager l’équipe terrain qui, elle, continue ses évaluations… On a besoin de connaitre mieux et plus précisément les besoins pour affiner notamment la réponse alimentaire.

    08h30 Port-au-Prince / 14h30 Paris
    A Paris, François sollicite sur la demande de Florence la Fondation de France pour des fonds. La réunion d’attribution des projets est mardi nous répond-t-on. Pas de problème nous aurons quelque chose à soumettre !

    A Port-au-Prince, Caroline, notre responsable en sécurité alimentaire, arrivée hier avec l’airbus, est en évaluation dans la ville avec les hydros. On attend son retour avec impatience.

    Julien, Pierre et William sont en évaluation sur la zone de Croix Deprez.
    Nous relevons 2 camps : un de 60 et un de 45 tentes. Emplacements possibles pour bladders, accessibles aux camions. Beaucoup de gens sont toujours devant leurs maisons, il est à prévoir un grossissement rapide du camp.

    Pendant ce temps, Pascal installe 4 bladders sur le Champ de Mars.
    La mission demande à Isabelle de nous transmettre ses remerciements pour le soutien apporté sur l'écriture des projets ces derniers jours...

    12h30 Port-au-Prince / 18h30 Paris
    Pas de nouvelles fraiches de la mission. Tout le monde est sur le terrain.

    A Paris Florence boucle son deuxième papier de communication interne sur la mise en place de la réponse d’urgence Haïti. Il sera plus long que le court e-mail envoyé mercredi matin à tous. Cinq pages pour exposer à tous les salariés, aux membres du conseil d’administration, aux cinq sièges internationaux d’ACF de part le monde et enfin à tous nos représentants dans nos pays d’intervention « ce qui se passe ».  Tout le monde est impatient de savoir ce que nous faisons en Haïti et comment vont les équipes.

    14h30 Port-au-Prince / 20h30 Paris
    En début d’après-midi les bladders sont installés, mais pas d’eau. Les producteurs font savoir que maintenant ils sont à cours de carburant. On apprend alors que l’UNICEF n’aura pas de carburant avant 2 – 3 jours. Les pompiers de Saint-Domingue parait-il, ont des camions d’eau à la zone industrielle de l’aéroport.

    15h00 Port-au-Prince / 21h00 Paris
    Nous sommes à l’aéroport. Effectivement il y a une dizaine de camions pleins d’eau. Hélas les pompiers nous font savoir que pour des raisons de sécurité ils ne sortent plus après 15h00. Nous prenons rendez-vous pour demain matin à la première heure pour organiser la livraison.

    Arrivée de Pierre et Johan (Véolia).

    Enfin l’impression de faire quelque chose nous dit Julien.

    Etat du dispositif eau potable dimanche soir

     

    Lieu

    Dispositif

    Staff

    Comité

    Bénéficiaires

    Canapé Vert

    2 x 10 m3

    2 rampes

    2 animateurs ACF

    2 comités de 4 personnes

    3 000

    Champ de Mars

    4 x 10 m3

    6 rampes

    4 animateurs ACF

    4 comités de 4

    25 000

    Croix de Prez

    assessment fait, emplacements repérés

    rien

    rien

    500 sur les camps et plus aux alentours

     

    Stade

    assessment fait mais de moins en moins de monde

    rien

    rien

    en baisse, incertain

    Plan pour lundi :
    -    Récupérer les stocks de dalles de latrines.
    -    Commencer à réfléchir sur les endroits où creuser des tranchées et comment (outils, cash for work…).
    -    Résoudre le problème ciment et fers pour supports latrines. Possibilité d’utiliser les gravats ou parpaings de récupération ?

    Samedi 16 janvier

    22h00 Port-au-Prince / 04hO0 du matin à  Paris
    Flore, notre RH support en l’absence de Raphaël, rencontre le prochain expatrié à partir sur Haïti, Mickaël. Il monte de Vendée dans son camion jaune qu’il va poser dans le garage d’ACF. Elle lui fait signer son contrat de volontariat sur le capot de son camion et lui souhaite bonne route. Son avion décolle dans trois heures vers Saint-Domingue.

    François, le directeur général d’ACF, est en contact avec Erland depuis l’airbus. Il vient de se poser pour refaire le plein et attendre le jour à Fort-de-France.

    23h00 Port-au-Prince / 05hO0 du matin à  Paris
    Premier rapport écrit d’Olivier, le chef de mission.

    " Toute la population est à considérer comme affectée indirectement. Pétionville est majoritairement épargné : mais certains quartiers « populaires » en flan de montagne sur la route Canapé Vert sont effondrés. La route Boudon ou encore appelée Panaméricaine a subit de gros dommages. Canapé vert, zone de notre bureau, est sérieusement affecté. (70% destruction). Le bas de la ville, quartier populaire et quartier ministériel sont les plus affectés : Carrefour Feuille, Martisan, Carrefour… (85% destruction)

    Du fait du manque de communication les 3 premier jours, il est encore difficile de se faire une idée précise. Mais la coordination UN se mettant en place ce J4 devrait permettre de commencer ce soir à mieux tracer les zones affectées.
    J2 une cellule opé était montée par OCHA. Bien que ce soit le bordel, on peut dire que la mise en place de la coordination pour le moment est rapide et motivée.
    Les populations s’organisent la nuit et semble gérer leur sécurité. Pour l’instant le climat lors des évaluations reste serein. Tout de même témoin d’un pillage de magasin. Nous avons été témoins de distributions d’eau qui se passent très calmement.

    Nous recensons à présent les staffs et évaluons ceux qui reprennent le travail. Nous n’avons pas encore revus tout le monde, mais avons des nouvelles de tous excepté Diem. Progressivement la mobilisation se réalise. Demain devrait voir une équipe sur le retour de manière plus organisée. Il a été fortement indiqué à tous les expatriés arrivant de prendre en considération ++ l’état psychologique des équipes : pas trop de pression, du tact et de la compassion.
    Cependant demain va être l’occasion de recommencer à mettre des horaires de travail, des rotations de staff, du recrutement, et de remettre des règles claires de travail pour tous, processus qui aidera également chacun à se recentrer. Attention aux problématiques « suivi heure sup » auquel on a eu à faire face à Gonaïves en 2004 et en 2008.

    La communication est l’une des contraintes majeurs de ces premiers jours. Un autre défi : peu de moyens mobilisables pour le moment en ville (surtout camions). Grosse difficulté également de stockage. Fret international : m…, ca aussi ce n’est pas évident… Pas facile de tracer les avions, mais bon support du siège. Aéroport dépassé, clearance d’atterrissage au compte goutte : probabilité haute de déroutage sur la  République Dominicaine.

    Première perspective du programme :
    Eau : Comme d’habitude, ce sera le premier développement du programme. Le protocole d’entente ACF sur les urgences avec UNICEF a été déclenché. De plus, nous avons commencé à réquisitionner du matos wash de leur stock.
    Des zones d’intervention ont été réparties entre ONG. ACF interviendra à: Champs de Mars (20.000 pers), place Canapé Vert, (9.000 pers), Stade (3.000 pers).

    Attention Gonaïves : mouvement de population  vers Gonaïves. On commence à parler de camps provisoire. Des besoins wash peuvent apparaître. Les hôpitaux commencent à saturer.  En conclusion il faudrait tirer des priorités… Là tout est prioritaire… Tout d’abord les programmes."

    01h00 Port-au-Prince / 07hO0 Paris
    Florence appelle l’airbus. Tout le monde dort sauf le pilote. Il confirme le départ dans deux heures et un atterrissage à 06h00, heure local à Port-au-Prince.

    04h00 Port-au-Prince / 10hO0 Paris
    Isabelle, Florence et toute l’équipe se retrouvent au bureau. On continue l’écriture de projets… et on attend des nouvelles de l’avion. Florence continue de répondre aux interviews télés et radio. Lucille fait de même à Port-au-Prince.

    06h30 Port-au-Prince / 12h30 Paris
    L’airbus a atterri ! Y a plus qu’à décharger maintenant. A Paris, on clôture la packing list de l’avion de lundi.

    08h30 Port-au-Prince / 14h30 Paris
    L’équipe s’agglutine devant l’écran d’un ordinateur pour voir notre équipe de choc en logistique en Haïti décharger l’avion derrière la journaliste de france24.

    10h30 Port-au-Prince / 16h30 Paris
    L’airbus redécolle ! Tout est déchargé mais reste sur l’aéroport.

    11h30 Port-au-Prince / 17h30 Paris
    Les mouvements de population vers l’extérieur de la ville se poursuivent.
    Léogâne semble ravagé, sans aucune assistance. Il faudrait voir si on peut aller visualiser les besoins dans la zone. Pierre va évaluer la sécurité.

    Les cadavres disparaissent progressivement des rues.

    Olivier, notre chef de mission, repense l’organisation de ses équipes en vue de l’arrivée de nouvelles ressources humaines. Toujours les mêmes priorités logistiques : connexion internet multipliée sur plusieurs PC.

    18h30 Port-au-Prince / 00h30 Paris
    Première activité lancée : On a réussi à connecter quelques bladders. Ça y est : l’eau coule. Le terrain informe Isabelle et Florence qui transfèrent l’information à tout le monde. Nous sommes tous super contents de cette nouvelle. Merci aux équipes et à la logistique !

    Mise en place des deux premiers bladders donc sur la place de Canapé Vert (2x10m3). Le matin à la DINEPA qui abrite le groupe de coordination « Eau et Assainissement », les producteurs d’eau par osmose inverse se sont engagés à nous livrer. Julien et son équipe installent les bladders mais le camion n’arrive pas.  En fait il est en bas de la place et sert de l’eau « au cul du camion ». Impossible vu le nombre de personnes de le « détourner » pour aller remplir nos bladders. Du coup en fin d’après midi, la mort dans l’âme nous replions les bladders. Sur ce, arrive un camion - dégoté par Abel, le coordinateur logistique -  des pompiers de Saint-Domingue. Nous réinstallons les bladders en un temps record et les remplissons dans la foulée. Premier pas !

    Dans son rapport Julien mentionne :
    " Plusieurs nouvelles organisations internationales sont en train d’arriver.
    Excellente réactivité et participation de l’UNICEF et super collaboration avec Aquassistance. Les camions avec le stock de contingence d’ACF arrivent de Gonaïves à la base logistique (nouvelle base UN de Port-au-Prince). Bon moral. Pascal est à fond."

    Côté distribution on continue le recensement de la population. Pareil côté nutrition.

    Vendredi 15 janvier

    03h00 Port-au-Prince / 09hO0 Paris
    L’élan de générosité du grand public est très important. Les dons récoltés sur le site Internet d’Action contre le Faim s’élèvent déjà à 150.000 euros.

    L’aéroport de Port-au-Prince est saturé et risque de fermer à tout moment. Les avions seraient alors détournés sur Saint-Domingue ce qui retarderait d’autant plus l’arrivée des secours et du matériel.

    Réunion de coordination au siège. Isabelle et Florence font un débriefing des informations reçues en soirée et calent avec les équipes la rédaction des projets de réponse à la catastrophe. Ces projets doivent être finalisés pour 13h30. Jade, Pierre et Bérengère rejoignent l’équipe du siège en soutien logistique et projets.

    04h00 Port-au-Prince / 10hO0 Paris
    La terre tremble toujours à Port-au-Prince.

    06h30 Port-au-Prince / 12h30 Lyon
    Les médias français arrivent dans la zone de fret d’Airbus et assistent au chargement d’environ 20 tonnes de matériel humanitaire de première urgence dans l’avion mis à notre disposition par EADS et Airbus. De même, Aquassistance nous a fourni des d’unités de traitement de l’eau et des experts hydrauliciens pour traiter l’urgence.

    A Paris, on prépare déjà le deuxième avion. Départ prévu lundi dans la journée : destination Saint-Domingue. Cette fois ci ce sont des biscuits protéinés qu’Action contre la Faim veut envoyer à Port-au-Prince. Après l’eau, la nourriture est le besoin prioritaire.
     
    07h30 Port-au-Prince / 13h30 Paris
    Le bureau d’Isabelle et de son équipe ressemble à une ruche. Tout le monde s’active. Caro, la responsable des budgets, passe de bureau en bureau pour chiffrer les propositions d’actions préparée avec le terrain par Julien notre responsable de la sécurité alimentaire et de l’aide alimentaire, Béa notre nutritionniste et Nicolas, notre hydro. Normalement c’est le terrain qui fait ça mais l’équipe en Haïti n’est pas encore en capacité technique.

    Au matin du 3ème jour, état des lieux du point de vue nutritionnel : il y a peu de centres de santé qui soient fonctionnels et ceux qui sont debout sont débordés et manquent de tout. Les équipes craignent une dégradation rapide de la situation nutritionnelle due au manque de nourriture, au manque de lait pour les plus petits (problèmes d’allaitement suite au choc psychologique) et au fait que beaucoup d’enfants se retrouvent orphelins. La population est désemparée et se sent abandonnée.

    Jean Baptiste, du département logistique, interpelle Florence et Isabelle. Suite aux rumeurs de pillage des stocks du Programme Alimentaire Mondial et de l’insécurité autour de l’aéroport, ne devrait-on pas envoyer l’airbus à Saint-Domingue ? Florence, de passage dans le bureau, en profite pour faire un point sur les propositions d’actions. La deadline de 13h30 a été respectée ? ben… non… on est à la bourre…

    08h00 Port-au-Prince / 14hO0 Paris
    Isabelle appelle le bureau de la première dame de la République Dominicaine, dont nous connaissons le conseiller,  et commence à voir si l’option Saint-Domingue est possible pour l’airbus. Elle confirme au passage l’arrivée de nos trois expatriés partis jeudi. Ils ont dormi à Fort-de-France et ont pris un avion ce matin pour Saint-Domingue. Ils vont sauter dans quelques minutes dans une voiture en direction de la frontière haïtienne. Ils dormiront à la frontière et rejoindrons demain leurs collègues venus les chercher.

    L’équipe logistique préfèrerait que l’on envoie l’avion en République Dominicaine ce qui nous permettrait de ne pas risquer de perdre notre chargement. Florence préfère quant à elle que l’on prenne le risque de ne pas pouvoir atterrir à Port-au-Prince. L’arrivée de ce matériel est importante pour la mise en route des stations de traitement de l’eau !!! Aller à Saint- Domingue c’est prendre du retard sur le lancement des opérations d’assistance.

    09h00 Port-au-Prince / 15hO0 Paris
    La situation sanitaire est inquiétante à cause des milliers de corps en décomposition qui n’ont pas été encore enterrés. Les populations demandent des masques, des gants et du baume du tigre pour supporter l’odeur pestilentielle. Mais la plupart des corps sont enfouis sous les décombres et ne sont que difficilement accessibles.

    10h00 Port-au-Prince / 16hO0 Paris
    Après des démarches multiples d’Isabelle et de son contact, JB, de coups de fils à Haïti où l’on nous confirme que la zone de l’aéroport est OK, Florence tranche : destination de l’airbus Port-au-Prince. Elle informe Erland. On refait le plan de vol pour la 3e fois… Désolée Erland et bon vol ! Merci cher contact du bureau de la première dame de Saint-Domingue. Restez vigilant : vous êtes notre plan B si l’atterrissage à Port-au-Prince ne fonctionne pas !

    Le frêt d’ACF Madrid – principalement du matériel hydro - en provenance du Panama est arrivé à Port-au-Prince. On le décharge en ce moment même.

    12h00 Port-au-Prince / 18hO0 Paris
    Décollage de l’A320 en direction de Port–au–Prince : il devrait pouvoir atterrir demain à Port-au-Prince via Fort-de-France.

    A Paris on parle projets et actions à mener en distribution alimentaire. On nous propose de la viande séchée : on prend ou pas ? On a trouvé des partenaires haïtiens pour nous aider à faire des distributions d’eau et réhabiliter les points d’eau endommagés. Super, mais quand ? demande Florence.

    13h00 Port-au-Prince / 19hO0 Paris
    A Paris on finit de relire les propositions d’actions. A Port-au-Prince on se bat pour obtenir l’autorisation pour l’airbus d’atterrir. Nous avons bien la qualification de vol humanitaire mais cela ne suffit pas...  L’aéroport est saturé d’avions en train d’atterrir.

    L’équipe du pool d’urgence Madrid Cyril (Log), Cathy (Admin), Martha (Wash), Oscar (Nut) sont arrivés à Saint-Domingue.

    Martha et Oscar ont déjà un véhicule de prêt grâce au contact d’Isabelle pour un « Kiss frontière » que Cyril (Log) organisera ce jour avec la mission Haïti. Cyril et Cathy resteront en base arrière à Saint-Domingue. Ils deviennent notre point focal sur la République Dominicaine.

    17h00 Port-au-Prince / 23hO0 Paris
    L’armée américaine nous informe qu’elle nous assistera pour l’atterrissage de l’avion à Port-au-Prince. Isabelle, Florence et Jean-Baptiste relaient l’information au QG de Airbus  qui contacte l’équipage en vol.

    Jeudi 14 janvier :

    03h00 Port-au-Prince / 09hO0 Paris
    70k€ de dons ponctuels ont été collectés dans la nuit.

    05h00 Port-au-Prince / 11hO0 Paris
    Le Conseil Général des Hauts de Seine accorde à ACF un don de 100.000€. Des collectivités locales, partenaires institutionnels, entreprises et donateurs privés se mobilisent également à ses côtés et relaient ses appels aux dons d’urgence.

    Les équipes logistiques travaillent à remplir l’avion qui partira demain.

    06h30 Port-au-Prince / 12h30 Paris
    Dans la crainte d’une dégradation des conditions sanitaires, le personnel d’ACF participe au nettoyage des rues et à la distribution de sacs plastiques pour évacuer détritus et excréments et prévenir tout risque d’épidémie liée à la contamination de l’eau par les matières fécales et les cadavres.

    07h00 Port-au-Prince / 13h00 Paris
    Validation du mailing d'appel aux dons d'urgence qui partira le 19 janvier aux 300.000 donateurs d'ACF.

    07h30 Port-au-Prince / 13h30 Paris
    L’airbus prêté partira vendredi en fin d’après-midi (arrivée prévue samedi – possibilité d’atterrir à Port-au-Prince en négociation, forte possibilité de devoir se poser à Saint-Domingue) de Toulouse et s’arrêtera à Lyon pour charger le matériel avec 5 personnes à bord : William - responsable urgence, Caro - expert en sécurité alimentaire, Erland - directeur logistique, Cyril - psy du siège et Paul – logisticien.

    Le matériel représente 140m3 de matériel dont des kits d’urgence, de quoi faire tourner nos usines de potabilisation de l’eau pour 16.000 personnes.

    08h00 Port-au-Prince / 14hO0 Paris
    La coordination de l’aide humanitaire sur place est difficile, toutefois, une première réunion entre les principales organisations présentes en charge de l’eau et l’assainissement, dont ACF, a lieu.

    09h00 Port-au-Prince / 15hO0 Paris
    Les équipes techniques partent en « explo ». Julien et Pascal sur la situation de l’eau et l’assainissement ; Uwimana pour la nutrition.

    L’adresse mail du CDM fonctionne à nouveau.

    09h30 Port-au-Prince / 15h30 Paris
    Arrivée de la première équipe de renfort à Port-au-Prince pour la mise en place rapide des programmes d’aide aux sinistrés.

    Les mouvements de population sont nombreux : les habitants s’éloignent de la ville et emmènent leurs blessés vers les hôpitaux de Gonaïves et de Saint-Marc : les hôpitaux se remplissent très vite.

    Un Fret d’ACF Madrid doit arriver du Panama ce jour. Pas plus de nouvelles pour le moment.

    Point entre Gaétan et Sophie, respectivement référent logistique au siège et coordinatrice logistique. Une de nos préoccupation est la constitution d’un camp de base correct et respectant les règles de sécurité. Décision à prendre : l’équipe reste-t-elle dans notre location actuelle ou doit-elle se rapprocher de la zone aéroportuaire (où se trouve la coordination mais qui est moins sûre).

    12h00 Port-au-Prince / 18h20 Paris
    150.000€ collectés via notre site web.

    15h30 Port-au-Prince / 21h30 Paris
    Les équipes d’évaluation font remonter des scènes de désolation et des besoins gigantesques. Les habitants sont dans la rue : installation d’abris de fortune dans tous les espaces ouverts comme les places publiques, stades, églises…

    Soins de 1ère urgence : centres de santé détruits, non fonctionnels (personnel absent) ou débordés, et à court de médicaments. Seuls 3 centres sont ouverts sur les 9 visités.

    Traumatisme psychologique considérable pour la population : pertes de proches dans des conditions effroyables, cris des personnes, famille coincées sous les décombres, angoisse pour les personnes dont on reste sans nouvelles, vue et odeur des nombreux cadavres, blessures graves et au niveau matériel, beaucoup ont tout perdu.

    Pour l’eau : des camps de fortune se sont installés un peu partout (dès qu’il y a un espace libre, il y a des gens).  A priori ce n’est pas tant la disponibilité de l’eau que sa qualité et surtout l’assainissement qui sont à craindre (du fait des gens qui dorment partout dans la rue, il y a des détritus et des excréments partout).

    Mercredi 13 janvier

    Minuit Port-au-Prince / 06h00 Paris
    Florence envoie un e-mail à tous les directeurs pour les informer que l’équipe va bien et leur demander de se mobiliser chacun dans leurs parties. Erland, directeur logistique, sur l’état des stocks, Gilles, directeur financier, sur la mise à disposition d’argent et Catherine DRH pour appeler les familles de nos équipes, Valérie pour mobiliser des fonds privés.

    01h00 Port-au-Prince / 07h00 Paris
    Florence et Isabelle se retrouvent et discutent des actions à mener sur la base des expériences passées (tremblement de terre à BAM en Iran, celui du Pakistan et le Tsunami…). Priorité des besoins, quel dimensionnement de la réponse, quelle erreurs ne pas reproduire…  Elles se proposent d’intégrer Rebecca, la référente nutrition du siège, dans leurs réflexion car Reb’ était dans la première équipe présentes à BAM, après le tremblement de terre.

    Florence discute avec son homologue d’ACF à Madrid de la possibilité qu’il mette à disposition ses équipes d’urgence et le stock de produits qu’il a à Panama.

    02h00 Port-au-Prince / 08h00 Paris
    Toutes les équipes opérationnelles arrivent au siège. Première réunion de crise sous la direction d’Isabelle pour une définition d’un plan d’action à TRÈS court terme.

    - Gaëtan : en charge de regarder l’état des stocks d’urgence (matériel hydro, biscuits protéinés..) avec le service achats expéditions et de plancher sur l’acheminement des stocks.
    - Raphael, chargé des RH expatriées : doit nous faire la liste de tous les expatriés mobilisables par corps de métier.
    - Contact avec William, responsable de l’équipe d’Urgence, pour faire partir les 3 personnes actuellement au siège.
    - Isabelle et Anne-Catherine doivent appeler tous nos bailleurs de fonds.

    L’équipe d’Isabelle se coordonne avec le centre de crise du Ministère des Affaires Etrangères pour un premier départ d’hommes et de matériel dans la journée de mercredi.

    03h00 Port-au-Prince / 09h00 Paris
    Constitution de la cellule de crise à Paris au niveau de la direction ACF. L’enjeu est d’organiser la coordination de tous les départements pour la mise en œuvre d’une réponse RAPIDE  & efficace.
    Olivier du département des RH et sa collègue Isabelle prennent en charge l’appel aux familles.

    03h30 Port-au-Prince / 09h30 Paris
    Les questions des journalistes sont nombreuses pour recueillir des informations sur la situation sur place.

    William, responsable du pool d’urgence, actuellement au Tchad appelle Florence pour lui donner les contacts d’Aquassistance, notre partenaire technique pour les stations de traitement de l’eau. Il faut absolument voir s’ils peuvent nous mettre à disposition du personnel et du matériel

    04h30 Port-au-Prince / 10h30 Paris
    Florence et François se mobilisent pour répondre à la presse tandis qu’Isabelle et son équipe organisent l’envoi de matériel à l’équipe d’Haïti : téléphones, ordinateurs, T-shirts, kits d’intervention en eau et biscuits. La liste s’allonge.

    05h00 Port-au-Prince / 11h00 Paris
    Les 3 experts techniques de l’équipe d’urgence d’ACF sont mobilisés pour prendre l’avion affrété par le gouvernement français vers Port-au-Prince à 15h. Raphaël a réuni 5 autres personnes dont les départs vont s’étaler du lendemain au surlendemain

    06h00 Port-au-Prince / 12h00 Paris
    Un appel aux dons d’urgence est lancé par ACF.

    Isabelle et Florence appellent Olivier pour lui annoncer l’arrivée des supports humains et matériels.  Il raconte alors que les secousses continuent et qu’il n’a pas vraiment réussi à se reposer. Il va tenter d’aller au bureau.

    L’équipe d’ACF basée dans la ville de Gonaïves s’apprête à acheminer tout le matériel disponible comme des stations de traitement d’eau alors que le personnel à Port-au-Prince installe une nouvelle cellule d’opérations provisoire dans le jardin de la maison ACF.

    07h00 Port-au-Prince / 13h00 Paris
    Les JT montrent que la plupart des habitations ainsi que les structures officielles telles que le Palais Présidentiel et le Siège de l’ONU ont été totalement détruites. Les équipes présentes sur place font les premières évaluations des besoins

    08h00 Port-au-Prince / 14h00 Paris
    Une voiture ACF quitte Gonaïves avec à son bord Sophie, coordinatrice logistique, Pascal, ingénieur hydraulicien et Uwimana, notre coordinatrice nutritionniste. Objectif : rallier Port-au-Prince pour leur apporter du matériel, de l’essence et du support à Olivier, Julien et notre équipe haïtienne. Selon la MINUSTAH la route est praticable.

    Olivier est arrivé au bureau. Il a du finir le trajet à pied. Les rues ne sont pas praticables. Nos locaux sont éventrés. Nos voitures sont ensevelies sous les gravats, le premier étage s’est empilé sur le RDC… Notre personnel national n’est pas là mais on les comprend. Beaucoup habitent loin et ils doivent s’occuper de leurs familles. Nous espérons qu’ils ont passé une nuit correcte. Olivier récupère quelques ordinateurs dans les décombres.
    Il estime qu’il y a en moyenne deux maisons sur trois de détruites mais que ces destructions ne sont pas homogènes… Il va partir explorer les environs.

    09h00 Port-au-Prince / 15h00 Paris
    Trois employés de la cellule d’urgence d’ACF et un coordinateur de programmes expérimenté décollent de Paris avec un hydraulicien d’Aquassistance, expert dans le traitement de l’eau.

    Un deuxième fret ACF est prévu pour acheminer sur place le matériel nécessaire à la prise en charge des victimes en termes d’alimentation et de conditions sanitaires.  ACF craint que le manque d’eau potable se fasse ressentir cruellement et rapidement sur place et privilégie donc ce type de matériel dans l’avion.

    10h00 Port-au-Prince / 16h00 Paris
    Les nombreux pillages et la multiplication des répliques sismiques ont instauré un climat de peur et tiennent la population éloignée des habitations sans moyens de subsistances ou sanitaires, ce qui inquiète beaucoup les équipes d’ACF.

    Une réorganisation des horaires de travail de l’équipe à Paris doit être mise en place afin de pouvoir travailler en parallèle avec la mission.

    11h00 Port-au-Prince / 17h00 Paris
    Pascal Nègre nous appelle pour nous annoncer un grand partenariat Universal Music / ACF sur l'urgence Haïti.

    14h00 Port-au-Prince / 20h00 Paris
    Entre deux interviews télé, Florence et François font un premier point de situation avec le président de l’organisation et les membres du CA.

    16h00 Port-au-Prince / 22h00 Paris
    Le vol MAE a décollé d’Istres avec les six membres du personnel d’ACF à son bord.

    17h00 Port-au-Prince / 23h00 Paris
    Les équipes en provenance de Gonaïves sont sur le point d’arriver à Port-au-Prince. Ils auront mis deux heures pour faire les 20 derniers kilomètres.

    Dernier point de la journée avec les équipes de Port-au-Prince.
    -    Toujours pas de nouvelles de Diem (notre psy haïtien) et de Berthony (admin)
    -    Une première réunion entre ONG a pu se tenir. Elle a permis de faire un premier bilan des capacités des uns et des autres. Le groupe des CDMs va essayer de retrouver les UN et de fixer un rendez-vous quotidien avec eux.
    -    Problématique de la gestion des corps : il n’y a plus de morgues dans la ville.
    -    Problématique de la gestion des excréments : les gens défèquent en plein air. La mission envisage la distribution de sacs en plastique avec des points de collecte quartier par quartier.
    -    La mission doit évaluer quelles sont les conditions d’accès à la nourriture : il n’y a plus de boutiques ouvertes, plus de marchés.

    Les équipes s’agglutinent dans le jardin de la maison. Le bâtiment penche : pas question de rester à l’intérieur.

    Mardi 12 janvier

    17h00 Port-au-Prince / 23h00 Paris
    Un séisme d’amplitude 7 sur l’échelle de Richter frappe Haïti. L’épicentre du tremblement de terre se trouve à proximité de la ville de Port-au-Prince. Sophie, notre coordinatrice logistique, en déplacement sur la ville de Gonaïves est au téléphone avec Julien (coordo eau et assainissement), basé à Port-au-Prince. Il sent la terre trembler et l’avertit « p.. un tremblement de terre ». Sophie n’a pas le temps de finir la conversation, la ligne est subitement interrompue. On apprendra quelques heures plus tard que le quartier de Canapé Vert où ACF a son bureau fait partie des plus touchés.

    Elle ressent elle aussi une secousse. Toute l’équipe de Gonaïves sort dans le jardin.

    17h15 Port-au-Prince / 23h15 Paris
    Sophie, suivant les procédures en cas de soucis, appelle le téléphone d’urgence. A l’autre bout du fil, Patrick un des quatre responsables géographiques de l’organisation est de permanence 24h sur 24h. Elle l’informe de la rupture de la communication et du bruit important qu’elle a entendu avant que la ligne soit coupée.

    17h30 Port-au-Prince / 23h30 Paris 
    Après avoir établi avec Sophie un premier état des lieux (qui des membres de nos équipes est où ce soir là) et devant la gravité de la situation, Patrick contacte Florence Daunis, directrice des opérations à ACF au siège parisien.
    Florence récupère le N° de téléphone satellite de Sophie et tente de la rappeler. Le téléphone est sur répondeur. Elle demande à Sophie de l’appeler et dans l’attente se connecte alors sur Internet. Les premières informations tombent déjà : 7.3 sur l’échelle de Richter ! Des destructions massives sont déjà mentionnées. L’état de catastrophe majeure est déclaré et une alerte au Tsunami est lancée.

    Florence contacte Isabelle, responsable géographique en charge d’Haïti et l’informe de la situation. Elle lui demande de trouver tous les N° de téléphone connus de la base de Port-au-Prince afin d’appeler les deux expatriés, Julien et le chef de mission Olivier, présents sur place.

    18h00 Port-au-Prince / 00h00 Paris
    Isabelle réveille Gaétan, son logisticien, et le met à contribution pour récupérer tous les N° dont nous avons besoin.

    Dans le même temps Florence arrive enfin à parler à Sophie. Elles conviennent que la situation est grave et décident que Sophie se rende à la MINUSTAH. Ils auront peut être des informations fiables et une ligne téléphonique avec Port-au-Prince.

    18h15 Port-au-Prince / 00h15 Paris
    Isabelle appelle Florence. Gaétan et elles pensent qu’il est urgent de contacter Port-de-Paix, notre autre base, car la maison est prés de la mer. En cas de tsunami, les équipes seraient extrêmement vulnérables…. mais les lignes téléphoniques haïtiennes ne fonctionnent plus.

    18h30 Port-au-Prince / 00h30 Paris
    Isabelle, Florence et Gaëtan tentent sans relâche et désespérément de joindre les équipes sur place pour s’assurer de leur état et évaluer l’étendue du sinistre mais les moyens de communications avec Haïti sont interrompus : les N° de téléphone d’Olivier et Julien et les téléphones satellites ne répondent pas.

    19h00 Port-au-Prince / 01h00 Paris
    Les premières images de la catastrophe sont diffusées à la télévision. Sur Internet il est mentionné une réplique de 5.9.  Nous sommes toujours sans nouvelles de la trentaine d’employés basés à Port-au-Prince.

    Sophie revient de la MINUSTAH. Ses interlocuteurs n’ont plus de contact avec la base UN à Port-au-Prince mais ils savent que Canapé vert est sévèrement touché. L’information nous broie le cœur : c’est là où se situe notre bureau.
    Elle a croisé handicap international. Leur bureau est « par terre ». Ils sont dans le même quartier que nous. Les infos se recoupent ….

    Florence envoie un message à tous les directeurs d’ACF pour les prévenir qu’une situation de détresse majeure se dessine

    19h15 Port-au-Prince / 01h15 Paris
    Florence appelle le centre de crise du ministère des affaires étrangères afin de savoir s’ils ont plus d’informations. Ils lui confirment les destructions massives et que le quartier de Canapé Vert est touché.

    Florence envoie Isabelle et Gaétan se recoucher. Il va falloir être de bonne heure demain matin au bureau. Ça ne sert à rien de s’épuiser à trois sur des téléphones. RDV vers 6h au bureau !

    Florence appelle François, le Directeur général de l’organisation, pour l’informer de la situation. Elle est inquiète !

    20h00 Port-au-Prince / 02h00 Paris
    Le ministre des Affaires Etrangères, Bernard Kouchner, annonce que la France se prépare à apporter une aide d’urgence en Haïti.
    Florence prend RDV avec Sophie pour un prochain contact à 6h du matin, heure parisienne.

    20h30 Port-au-Prince / 02h30 Paris
    Oliver, chef de mission d’ACF en Haïti, appelle le téléphone d’urgence. Il vient de rejoindre son domicile. Il va bien malgré une entorse. Le bureau d’ACF et nos véhicules sont totalement détruits. Les équipes nationales étaient avec nous au bureau. Tous s’en sont sortis sauf l'un de nos gardiens, Wesner, pour qui nous nous inquiétons beaucoup car il pourrait être sous les décombres du bureau. 

    Patrick envoie un SMS à Florence et Isabelle pour leur donner des nouvelles.
    Olivier appelle Sophie pour la rassurer.


    21h30 Port-au-Prince / 03h30 Paris
    Thomas, Co-directeur des opérations, prévient Florence que nos amis de Médecins du Monde sont sans nouvelles de leurs équipes.

    23h30 Port-au-Prince / 05h30 Paris
    Les rares nouvelles et images provenant de la ville de Port-au-Prince dont le centre semble totalement détruit laissent envisager le pire quant au nombre de victimes.

    Florence appelle Sophie puis Olivier pour prendre des nouvelles de tous. Nous nous disons notre soulagement qu’Olivier, Julien, leur familles de même que Cara, Bertho et tout notre personnel haïtien aillent bien. Olivier confirme la destruction du bureau.

    Elle commence à évoquer avec Thomas par e-mail interposé la réponse qu’ACF va pouvoir apporter aux besoins des habitants de Port-au-Prince.

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