Un ami engagé dans l'écologie et le développement durable m'a longuement parlé du Crédit Coopératif et j'ai décidé d'aller voir par moi-même. J'y ai trouvé une éthique forte, une banque à échelle humaine, un service personnalisé et des employés partageant les mêmes valeurs que moi. Un autre point démarque le Crédit Coopératif : la prise en compte sincère des besoins du client, qui se traduit notamment par l’absence d’actions commerciales agressives. Le fait que le Crédit Coopératif propose des produits d'épargne solidaire est aussi pour beaucoup dans mon choix.
Le seul moyen de faire reculer les injustices sociales est la solidarité entre ceux qui ont les moyens et ceux qui sont dans le besoin. Je ne trouve pas de sens à épargner de l'argent sans que cela puisse profiter à des personnes démunies. C'est pourquoi il est essentiel pour moi de partager le surplus que j'ai la chance de gagner, tout en constituant une épargne sécurisée et disponible en cas de besoin.
ACF est une ONG qui milite et agit pour que le plus grand nombre puisse manger à sa faim et boire une eau saine. Ces deux combats sont pour moi essentiels, car il n'existe à mes yeux aucune raison pour que ces deux droits fondamentaux ne soient pas respectés.
Cette initiative répond à un besoin de la part des donateurs. En effet, beaucoup d'entre nous aimeraient voir au-delà du reçu fiscal et surtout comprendre comment les dons sont utilisés, quelles sont les priorités sur le terrain, quels sont les besoins. Se rendre sur place, au plus près des bénéficiaires, permet aussi de donner plus intelligemment. Je me suis par exemple rendu compte de l'importance des actions de développement, souvent délaissées par les donateurs au profit d'actions d'urgence.
Au retour de ce déplacement, mon regard est plus militant et plus humain. Plus humain, parce que désormais, chaque fois que je place de l'argent sur mon livret, je pense à ceux qui sont à l'autre bout de la chaîne, aux personnes qui vont en bénéficier. Plus militant aussi, car fort des arguments issus de mon expérience sur le terrain, j'essaie de diffuser les valeurs de l'épargne solidaire et de convaincre les gens de l'utilité de ce type de placement.
ACF est présente au Libéria depuis 20 ans. Au début, ACF a mené des actions d’urgence pour venir en aide aux victimes de la guerre et aux populations déplacées. Mais depuis la fin de la guerre, ACF mène des actions de développement, en accord avec les priorités du gouvernement. Ces actions améliorent les conditions de vie de la population et participent activement à la construction d’une paix durable. Si ACF arrive à obtenir les financements pour rester deux années de plus, ce sera la fin d’un cycle, de la guerre à la paix durable. Ainsi ACF pourra se retirer du Libéria et laisser la main aux acteurs locaux.
Voir la concrétisation de nos dons et comprendre comment les actions sont menées, quelle plus grande motivation que celle-ci ?
C’est une thématique qui nous accompagne au quotidien lorsque l’on est chargé de clientèle au Crédit Coopératif. Cela permet de souscrire un produit bancaire tout en apportant son aide à une ONG dont les actions touchent nos clients. Je dirais que l’épargne solidaire permet de penser à soi et aux autres en même temps.
Mon regard n’a pas vraiment changé, mais il a évolué : le sentiment d’utilité d’un tel produit est renforcé par cette expérience. La souscription d’un livret peut parfois avoir un côté abstrait. La visite des projets m’a permis de voir concrètement sur le terrain que les choses changent, que grâce à l’installation des pompes à eau les enfants sont moins malades car ils peuvent boire une eau saine, que les femmes n’ont plus à marcher des heures pour aller chercher de l’eau. L’épargne solidaire, c’est du concret.
Je pourrai dire « j’y étais et j’ai vu ce que l’on fait de votre argent ». Cela change tout ; j’ai le sentiment d’avoir bouclé la boucle. Je souhaite que mon client reparte en se disant qu’il va contribuer à une action concrète de terrain.
Clairement oui, un produit solidaire, c’est bien plus qu’un produit bancaire. En quelque sorte, j’ai l’impression d’être utile à la fois pour le client qui souscrit et pour l’ONG bénéficiaire des dons.
Je n’imaginais pas quel pouvait être le processus pour forer un puits dans les villages, à quel point il est important d’établir un diagnostic en amont et de mettre en place un comité des villageois afin qu’ils prennent la main sur l’installation et que la pompe à eau soit pérenne. J’ai découvert tout ce travail fait par ACF.
Je n’avais pas idée non plus des changements que peut occasionner la mise en place d’un puits pour un village. Outre l’amélioration de la santé des villageois et l’allégement de la corvée d’eau pour les femmes, c’est le point de départ pour le développement du village (mise en place de nouvelles activités comme la fabrication de savons par exemple).
L’amélioration des conditions de vie est indéniable et le travail réalisé par ACF depuis la fin de la guerre civile est considérable. Le pays est maintenant en phase de post-urgence et ACF doit désormais s’atteler à renforcer les capacités des acteurs locaux, pour qu’ils puissent prendre en charge eux-mêmes et de manière durable les problèmes de malnutrition et d’accès à l’eau potable dans le pays. Il y a encore quelques années de travail.
C’est le côté participatif des actions qui sont menées. ACF a toujours dans l’idée de se retirer et de passer la main aux bénéficiaires dans les meilleures conditions.
Ils ont été nombreux, je retiens un peu égoïstement cette petite fille de quelques mois dans une nurserie d’un camp de réfugiés ; je n’oublierai pas sa façon de me tendre les bras.
Un produit solidaire n’est pas une mode, ce n’est pas non plus une manière de se donner bonne conscience. Je veux leur dire que les choses changent réellement sur le terrain grâce à nos clients qui, quel qu’en soit le montant, mettent de l’argent sur ces livrets.


Guillaume Boeri, client du Crédit Coopératif, Fabienne Tainturier, chargée de partenariats à ACF, Romain Roos, chargé de clientèle au Crédit Coopératif, (de gauche à droite) et Audrey Bégué, en charge de l'Epargne Solidaire au Crédit Coopératif (pas présente sur la photo) sont prêts à partir. L'avion décolle pour Monrovia dans quelques minutes.
Pendant 5 jours, ils vont aller à la rencontre des équipes d'Action contre la Faim et visiter les programmes de nutrition et de sécurité alimentaire à Monrovia et d'eau, assainissement et hygiène dans la région du Lofa.



Massimo Stella, chef de mission ACF accueille la délégation du Crédit Coopératif dans les locaux d’ACF à Monrovia. Il présente brièvement la mission et donne quelques consignes de sécurité avant de prendre la route en direction du Comté de Lofa, dans le nord du pays. Il explique que le Libéria est dorénavant un pays sûr. « Si des libériens vous apostrophent, c’est d’abord parce qu’ils sont curieux. Il faut discuter. Il n’y a, sauf exception, pas de raison d’avoir peur et de prendre ses jambes à son cou », affirme-t-il.
L’équipe du Crédit Coopératif est accompagnée de Mathieu Métois, responsable du programme eau, assainissement et hygiène, de Susanna Morrison, assistante du chef de mission et de Darius, un des chauffeurs d’ACF.
Le voyage est une véritable expédition : dix heures de 4X4 sur une piste en très mauvais état. Au programme : crevaison, voitures embourbées sur le chemin et traversée de villages. La voiture avec ses logos ACF est tout au long du voyage saluée par les habitants. « Ici tout le monde nous connaît, ACF est présent dans le pays depuis plus de 20 ans », justifie Mathieu Métois.
Arrivée le soir à Voinjama, district proche de la frontière de la Guinée, en vue de visiter les villages où ACF intervient. Toute l’équipe est bien fourbue mais impatiente d’être à mardi.




8h00 - Briefing à la base ACF
Mutasim, chef de base, et Mathieu, responsable du programme eau, assainissement et hygiène (wash), nous présentent aux membres de l’équipe locale et nous expliquent le fonctionnement de la base.
Nous visitons le stock de pièces détachées et de matériel de forage, le stock de fuel (photo 1), le garage, l’ordinateur radio et le laboratoire d’analyse (photo 2). Ces aspects logistiques sont essentiels dans la mise en œuvre du projet wash : forage, construction ou réhabilitation des pompes pour l’accès à l’eau potable, transport du matériel jusqu’aux villages d’accès souvent difficile…
9h00 - Départ pour le village de Kpakamai à une heure de piste de la base
Nous rencontrons le secrétaire du comité d’eau en charge du bon fonctionnement et de la pérennité de la pompe à eau (photo 3). Il nous explique qu’elle a été installée en novembre 2009 avec ACF et permet à l’ensemble des 558 habitants du village d’accéder à l’eau potable tous les jours, évitant ainsi de nombreuses maladies. Il est notamment en charge de collecter les cotisations des habitants pour la maintenance de la pompe.
Un autre membre du comité, dont le rôle est de sensibiliser les villageois à l’hygiène ajoute que la pompe permet également d’éviter aux femmes de longs trajets pour aller chercher l’eau. Elles peuvent ainsi consacrer plus de temps à des activités génératrices de revenu pour l’école des enfants et les soins.
14h00 - Visite du village de Loboba
La pompe du village est toute neuve, elle a été inaugurée il y a à peine deux mois. Fatta, en charge de l’éducation à l’hygiène pour le projet wash, nous rappelle que la formation des habitants aux règles d’hygiène est absolument cruciale. L’accès immédiat de la pompe doit être entretenu par les villageois et nettoyé régulièrement pour garantir la potabilité de l’eau.
Le projet inclut également la fabrication de savon. Un groupe de villageois a été formé à la technique de saponification. La fabrication du savon permet de revenir sur certains gestes quotidiens en matière d’hygiène et est également une source de revenu grâce à la vente dans le village et sur les marchés.
Les enfants du village nous suivent jusqu’à la voiture qui nous ramène à la base.
Nous aurions beaucoup d’autres choses à raconter sur les actions menées par ACF, les échanges avec les bénéficiaires du projet… mais le générateur va couper, plus d’électricité dans 5 min…




En attendant une petite réparation du 4x4, photo de groupe avec une partie de l’équipe ACF (photo 1).
8h00 - Départ pour le village de Balahun
Pour rejoindre la zone du projet, il nous faut laisser les 4x4 et traverser la rivière sur pont de bambou et de lianes.
Nous sommes accueillis à la mairie par les villageois qui nous font part des difficultés qu’ils rencontrent en matière d’accès à l’eau du fait de la situation géographique du village. Plusieurs ONG sont passées par le village pour faire des évaluations, mais seule ACF est revenue pour les aider sur cette problématique. Le camion de forage ne pouvant pas parvenir jusqu’au village, ACF est intervenue non pas par la mise en place d’une pompe, mais en distribuant des jerricanes et des “waterguard”, des solutions chlorées qui permettent d’assainir l’eau (Photo 2). L'impact sur la santé des enfants a été immédiat : diminution des diarrhées...
Bientôt les villageois seront formés aux précautions d’hygiène en matière d’eau et pourront se procurer le “waterguard” dans des points relais impulsés par ACF. Les villageois profitent de notre présence pour remercier ACF et nous rappeler que les besoins sont encore grands dans le village.
14h00 - Visite du projet Kolahun
Nous découvrons les 6 pompes qui ont été installées par ACF dans le village.
Sur le chemin du retour vers la base, nous avons rencontré quelques difficultés que nous vous laissons apprécier… (photo 3) et qui ont été surmonté avec brio grâce au flegme d’Augustin Flomo et Darius.





Après 10 heures de route, nous voici de retour sur Monrovia.
Pour ce dernier jour, Cherry Fulk, en charge des programmes de nutrition pour ACF au Liberia, nous explique comment fonctionne le centre de nutrition thérapeutique (CNT) et les moyens qui existent pour traiter la malnutrition à domicile quand les personnes ne peuvent pas se déplacer jusqu’au centre (Photo 1). Elle insiste sur l’importance du suivi psychologique des personnes prises en charge au CNT et sur le suivi nutritionnel à long terme des personnes ayant bénéficié d’un traitement.
Durant cette matinée, nous visitons un programme très complet mis en place dans un camp de déplacés, situé dans la banlieue de Monrovia.
Ce programme comporte notamment des volets d'éducation à l'hygiène (Photo 2), de nutrition maternelle et infantile (Photo 3).
Il intégre également des actions liées à la sécurité alimentaire permettant aux déplacés d'accéder à une autonomie alimentaire (formation aux méthodes de compost -photo 4- et d'agriculture élémentaire, photo 5).
Puis ce sera le retour pour la France après une semaine très riche de rencontres et d’immersion avec les équipes d’ACF.
Un grand merci à tous !!!