Données générales
Mission ACF France
Début de la mission :1985
Personnel national : 643
Expatriés : 55
Lieux d’intervention :
- Bentiu (Sud Soudan)
- Malualkon (Sud Soudan)
- El Fasher (Nord Darfour)
- Shangil Tobay (Nord Darfour)
- Nyala (Sud Darfour)
- Kass (Sud Darfour)
Types d’intervention :
- Nutrition et Santé
- Sécurité alimentaire
- Eau et assainissement
Chiffres-Clés du pays
Population : 37,7 millions d'habitants (2008)
Espérance de vie : 60 ans (2008)
Indice de Développement Humain : 141ème rang mondial sur 177 (2004)
PNB par habitant : 800 US $ (2008)
Sources : OMS, Banque Mondiale, PNUD
Contexte
Le Soudan - plus grand pays d’Afrique - est peuplé de centaines d’ethnies différentes, cause sous-jacente des différents conflits traversés par le pays. Le pays vit aujourd’hui une crise de confiance dans le processus de paix entre le Nord et le Sud Soudan. La situation est loin d’être stabilisée malgré la signature des accords de paix entre le SPLM (Sudan People Liberation Movement, principal mouvement rebelle pendant la seconde guerre civile Nord-Sud qui a duré de 1983 à 2005) et gouvernement en janvier 2005, ainsi qu’un cessez-le-feu signé en octobre 2006 entre le mouvement rebelle LRA (Lord Resistance Army), le gouvernement sud-soudanais et le gouvernement ougandais qui a mit officiellement fin à la guerre civile et aux exactions.
Dans le sud du Soudan
L’application de certains points cruciaux des accords de paix se fait toujours attendre et les manifestations d’impatience, à la fois du Gouvernement du Sud Soudan et de la population civile, se sont multipliées au cours de l’année 2007. Les sujets qui fâchent ne manquent pas : retard dans la démarcation de la frontière, conflit sur la zone d'Abyei riche en pétrole et revendiquée par les deux parties, retrait inachevé des forces du nord de la zone sud et vice-versa. Ces sujets sont sources d’affrontements de plus en plus fréquents entre Nord et Sud, pour l’instant localisés sur la zone frontalière. Ils ont même été à l’origine du retrait temporaire du SPLM au sein du Gouvernement d’Unité Nationale en octobre 2007 en signe de protestation. Le Soudan a frôlé une nouvelle guerre civile lors des violents affrontements qui ont eu lieu entre l’armée gouvernementale du nord et le SPLM le 14 mai 2008 dans la ville d’Abyei. La ville entièrement détruite, est à reconstruire et une armée conjointe doit être déployée afin d’assurer la sécurité et de permettre le retour des quelque 50 000 civils déplacés. Si les tensions se sont atténuées, le futur reste incertain car les désaccords entre le Nord et le Sud demeurent virulents.
Par ailleurs, les divisions intra-sud sur des lignes à la fois politiques et ethniques sont réelles et sont également sources de tension et d’insécurité. Le recensement général de la population, effectué entre avril et mai 2008 en vue des élections voit ses résultats contestés. Le référendum sur l’indépendance prévu pour 2011, pourrait être retardé au vu des retards déjà accumulés, ce qui pourrait déboucher à moyen terme sur une nouvelle confrontation majeure entre le Nord et le Sud. Le respect ou non des prochaines échéances sera décisif pour l’avenir du Soudan.
Une dégradation subite et massive de la situation sécuritaire affecterait sévèrement une population encore vulnérable qui se relève tout juste des conséquences du conflit et qui a de plus été particulièrement touchée par les dernières inondations en juillet 2007. Par ailleurs, plus de 500 000 personnes réfugiées ou déplacées sont revenues au Sud Soudan depuis 2005, alors même que la capacité d’absorption locale reste limitée par les effets de la guerre sur les infrastructures, les services et les capacités de production.
A l’ouest du Soudan (Darfour)
Les conflits qui ont éclaté en 2003 entre la SLA (Sudan Liberation Army), le JEM (Justice and Equality Movement, un des mouvements rebelles principaux qui avait refusé de signer le DPA) et les forces gouvernementales ont fait entre 200 000 et 300 000 morts et 2,1 millions de déplacés selon les Nations Unies.
Suite à une détérioration continue de la situation politique, humanitaire et sécuritaire au cours de l’année 2006 alors qu’un accord de paix avait été signé le 5 mai de la même année (le DPA : Darfour Peace Agreement), quelques évolutions ont pu être perçues en 2007.
Après de nombreuses tergiversations, le gouvernement de Khartoum a finalement accepté, en août 2007, le déploiement d’une force de paix internationale au Darfour, l’UNAMID, à condition que celle-ci soit hybride : mi Nations Unies - mi UA (force de l’Union Africaine) et essentiellement composée de contingents de pays Africains.
Par ailleurs, un nouveau processus de négociations de paix a été lancé en octobre 2007, sous les auspices de deux envoyés spéciaux des Nations Unies et de l’UA. Tel que vivement souligné par de nombreux acteurs humanitaires, cet élément était indissociable de la réussite de la force internationale de paix puisque le DPA, rejeté par la majorité des parties au conflit mais aussi de la population civile, n’avait pas amené la paix dans la région.
Dans ce contexte, les affrontements sur le terrain entre partisans et opposants du DPA se sont faits plus rares alors que les attaques ciblant les acteurs humanitaires devenaient moins fréquentes et surtout moins violentes, permettant ainsi de regagner un peu d’espace humanitaire.
Néanmoins, la situation reste fragile et s’est même à nouveau détériorée fin 2007 avec la reprise des affrontements dans l’Ouest Darfour.
Le déploiement de la force internationale a déjà pris du retard en raison de contraintes financières, logistiques et administratives. Cette dernière est restée impuissante devant la reprise des combats dans l’ouest Darfour en décembre 2007 entre le JEM et l’armée soudanaise, provoquant de nouveaux déplacements de populations à l’intérieur des terres ou vers le Tchad voisin (12 000 réfugiés). Reprise qui a de surcroît causé la suspension des négociations de paix. Le 10 mai 2008, lors de l'attaque de Khartoum (Omdourman, aux portes de Khartoum), la tentative de coup d’Etat opérée par le JEM a enlisé les relations entre le groupe rebelle et le gouvernement de Khartoum.
Par ailleurs, les camps de déplacés sont de plus en plus politisés et instrumentalisés et les violences interethniques augmentent.
ACF au Soudan
Action contre la Faim est présente au Soudan depuis 1985. Ces dernières années, elle vient en aide aux populations affectées par les conflits et tente de leur assurer des ressources minimales pour survivre. Des programmes de nutrition sont en place dans les zones urbaines et dans les camps de réfugiés; ainsi que des programmes de construction / réhabilitation de points d’eau potable, des programmes de sécurité alimentaire (distributions de semences et d’outils ; distributions alimentaires). Dans le Sud Soudan, ACF se désengage progressivement d’une logique d’urgence pour se consacrer à une assistance basée sur la contribution des communautés villageoises.
La dégradation de la situation sécuritaire, induite par la multiplication des mouvements rebelles, a contraint ACF à suspendre ses activités dans le camp de Gereida fin 2006, mais aussi dans presque toutes les zones rurales du Darfour.. ACF redéploie des programmes dans le sud du pays, afin de répondre aux besoins des populations dans les zones de retours, en ouvrant une base à Malualkon (Sud Soudan). L’association a également ouvert une nouvelle base à Kass, au Sud Darfour et a augmenté sa présence dans un camp de déplacés à Shangil Tobay (Nord Darfour).
SUD SOUDAN : Région de Bentiu (Unity State)
Nutrition
- Centres de Nutrition Thérapeutique (CNT)
- Programme de traitement de la malnutrition à domicile (OTP)
- Formation du personnel du Ministère de la Santé
- Passation des activités au Ministère de la Santé
- Surveillance nutritionnelle
Sécurité alimentaire
- Distributions de semences (dont nouvelles variétés) et d'outils, notamment via des foires aux semences
- Création et support de banques de semences
- Formations agricoles (notamment à la multiplication de semences)
- Activités génératrices de revenu
- Projet pilote de culture de riz avec irrigation
- Evaluations conjointes des programmes eau et assainissement et sécurité alimentaire
Eau et assainissement
- Construction de latrines
- Réhabilitation et construction de points d’eau
- Promotion à l’hygiène (via des communautés agricoles villageoises)
SUD SOUDAN : Région de Malualkon (Northern Bahr el Gazar)
Nutrition
- Centres de Nutrition Thérapeutique (CNT), incluant une approche psychosociale
- Programmes de traitement de la malnutrition à domicile (OTP)
- Surveillance nutritionnelle
Sécurité alimentaire
- Distributions de semences et d’outils (via des communautés agricoles villageoises)
- Activités liées à la pêche (distribution de matériel, formations)
- Formations agricoles
- Organisation de foires aux semences
- Evaluations conjointes des programmes eau et assainissement et sécurité alimentaire
Eau et assainissement
- Construction de latrines
- Construction d’incinérateurs dans les centres nutritionnels
- Promotion à l’hygiène (via des communautés agricoles villageoises)
NORD DARFOUR : El Fasher et camps environnants, ainsi que Shangil Tobay (en zone rurale)
Nutrition et pratiques de soins
- Centres de Nutrition Thérapeutique (CNT) avec des programmes de traitement de la malnutrition à domicile (camp d’Abu Shock)
- Surveillance nutritionnelle dans les camps et les villes.
- Amélioration des pratiques de soins aux enfants.
Sécurité alimentaire
- Distributions alimentaires et surveillance de la situation alimentaire
- Distribution de semences et d’outils
- Formations agricoles
- Milling vouchers (bons d'échange permettant aux bénéficiaires de faire moudre les céréales reçues au cours des distributions alimentaires)
- Distribution de foyers améliorés (fours économisateurs d’énergie) et formation à la fabrication et à l’utilisation
Eau et assainissement
- Réhabilitation de puits, de pompes, dont une réhabilitation en "food-for-work" (travail contre nourriture)
- Forages
SUD DARFOUR : Nyala et camps environnants, ainsi que Kass
Nutrition et pratiques de soins
- Centres de Nutrition Thérapeutique (CNT) avec des programmes de traitement de la malnutrition à domicile (Nyala et camp de Kalma)
- Surveillance nutritionnelle dans les camps et les villes.
- Amélioration des pratiques de soins aux enfants.
Sécurité alimentaire
- Surveillance de la situation alimentaire
- Distribution de semences et d’outils
- Formations agricoles
- Milling vouchers (bons d'échange permettant aux bénéficiaires de faire moudre les céréales reçues au cours des distributions alimentaires)
- Distribution de foyers améliorés (fours économisateurs d’énergie) et formation à la fabrication et à l’utilisation
Eau et assainissement
- Réhabilitation de puits, de pompes, dont une réhabilitation en "food-for-work" (travail contre nourriture)
- Forages (camp de Kass et zones rurales dans la région de Kass)
- Construction et réhabilitation de latrines et de douches dans les camps
- Promotion à l’hygiène