Début de la mission : De 1982 à 2003, puis réouverture en 2006
Personnel national : 308
Expatriés :27
Lieux d’intervention
Types d'intervention :
Le Tchad, pays enclavé parmi les plus vastes d’Afrique, est une mosaïque ethnique complexe, où est représentée la grande diversité des modes de vie sahélo-saharien (éleveurs/agriculteurs, sédentaires/transhumants/nomades). L’ensemble du pays, et notamment la bande sahélienne, est impacté par une pression démographique forte qui pèse sur une ressource fragile et en recul à cause de la désertification.
Le Tchad est l’un des 10 derniers pays sur le classement des indicateurs de développement humain (163ème sur 169 selon l’Indice de Développement Humain - 2010). Même si certaines zones – bassin du lac Tchad, zones pétrolières du Sud – constituent des poumons économiques, la déstructuration et la pauvreté chroniques relevées par l’IDH affectent l’ensemble du pays.
Les ressources financières du pays, fondées sur l’agriculture et l’élevage jusqu’à un passé récent, reposent depuis 2003 essentiellement sur le revenu pétrolier. Cependant, ces revenus sont encore mal répartis et profitent peu à la population et aux services techniques de l’Etat.
La population tchadienne connaît une situation globalement précaire au regard:
- des niveaux d’accès aux services de base (eau, éducation, santé),
- des degrés d’insécurité alimentaire,
- des taux de mortalité et de morbidité.
Ce sont ici les indicateurs d’une situation de crise structurelle qu’un certain nombre de facteurs ponctuels font régulièrement basculer en crise conjoncturelle (conflit, déplacement de population, épidémie, déficit pluviométrique, mauvaise récolte)
Le pays s’inscrit dans un contexte régional politique et sécuritaire fragile, auquel s’ajoute une instabilité politique interne particulièrement marquée ces dernières années. Ces deux facteurs ont entraîné d’importants déplacements de populations à l’est du pays (réfugiés et déplacés internes). Si les relations avec les pays voisins, notamment avec le Soudan, tendent à se normaliser, que les groupes armés d’opposition ont aujourd’hui peu de soutien, et que des retours de populations déplacées internes commencent à être observés, les échéances politiques à venir au Tchad et chez ses voisins risquent d’interférer sur une situation sécuritaire et humanitaire qui demeure fragile.
La réponse humanitaire, essentiellement mise en œuvre par des acteurs d’urgence, est longtemps restée concentrée à l’Est. La relocalisation de ces acteurs pour s’attaquer aux nouveaux besoins sur l’ensemble du pays (problématique sahélienne et épidémies) s’est caractérisée par une grande inertie. Au cours de l’année 2010, la crise nutritionnelle, les inondations et l’épidémie de choléra ont eu tendance à faire glisser le centre de gravité humanitaire du Tchad un peu plus vers l’Ouest.
ACF-France a commencé à travailler au Tchad en 1982 en mettant en œuvre des programmes de prise en charge nutritionnelle, de sécurité alimentaire et d’eau, assainissement et hygiène dans les régions du Kanem et du Guéra.
Entre 2002 et 2004, ACF-France interrompt ses activités et une passation est assurée avec des ONG locales.
En 2006, ACF-France reprend les activités de suivi alimentaire d’ACF-USA sur 6 camps de réfugiés soudanais et lance par ailleurs des évaluations dans le sud est du pays, afin de répondre à la problématique des déplacements de population internes, résultat de conflits intercommunautaires et d’exactions contre les populations civiles commises par des éléments venus du Soudan alliés à des groupes tchadiens.
Depuis fin 2007, ACF a multiplié les évaluations afin de comprendre les problématiques humanitaires qui affectent l’ensemble du pays, et en particulier la bande sahélienne.
Fin 2008, l’enquête nutritionnelle menée dans la région du Kanem par ACF met en avant des taux de malnutrition au-delà des seuils d’urgence et une situation d’insécurité alimentaire chronique, ce qui amène ACF à lancer un premier programme en bande sahélienne d’appui aux structures sanitaires pour l’amélioration de la prévention, la détection et la prise en charge de la malnutrition aiguë sévère.
Fin 2010, le processus de retour des personnes déplacées semble s’amorcer dans l’est du pays.
Dans le même temps, la nature largement structurelle de la crise nutritionnelle dans la bande sahélienne (certes démultipliée par des phénomènes conjoncturels de type soudure, épidémies, sécheresse) se confirme.
ACF entend par conséquent renforcer sa compréhension des vulnérabilités des populations, en basant son analyse sur les besoins spécifiques plutôt que les statuts (Résidents/réfugiés/déplacés) des populations, et en améliorant sa compréhension des différents modes de vie.
Ainsi, ACF espère apporter des réponses mieux adaptées et plus orientées sur le moyen/long terme (actions axées sur la prévention à partir des causes sous-jacentes de la malnutrition) qui conduiront a une appropriation effective de l’aide par les acteurs légitimes (services techniques, société civile).
ACF-F maintient une veille et une capacité d’intervention d’urgence en cas de nouvelle crise.
Par ailleurs ACF met en place des programmes de lutte contre le cholera et de prévention de l’épidémie
Améliorer la situation nutritionnelle et sanitaire (structurelle et conjoncturelle) : Appui technique, opérationnel et financier du système de santé en vue de l’intégration et de la mise à l’échelle des activités de promotion du développement de l’enfant.
Contribuer à la réduction des vulnérabilités des populations vivant dans la bande sahélienne, notamment pour les populations nomades souvent oubliées et les populations déplacées et réfugiées à l’Est.