Début de la mission :2004
Personnel national : 129
Expatries : 18
Population : 10,4 millions d'habitants (2008)
Espérance de vie : 46,5 ans (2008)
Indice de Développement Humain : 171ème rang mondial sur 177 (2004)
PNB par habitant : 400 US$ (2005)
Sources : PNUD
Alors que le conflit du Darfour est entré dans sa quatrième année, l’instabilité à la frontière Soudano-Tchadienne n’a cessé de croître en 2007. Le gouvernement Tchadien et le gouvernement Soudanais continuent de se livrer à une guerre par groupes rebelles interposés. La situation humanitaire des quelque 230 000 réfugiés soudanais répartis dans une douzaine de camps le long de la frontière, et de la population autochtone, en est d’autant plus fragilisée.
Si la crise du Darfour reste un facteur de déstabilisation majeur, il n’en reste pas moins que le pays doit également faire face à une crise purement interne, tant sur le plan politique que sur le plan humanitaire.
Le régime du président Déby est en effet fortement contesté et a du essuyer plusieurs tentatives de coups d’états menées par la rébellion dont le dernier date de février 2008.
A l’est toujours (particulièrement au sud de l’axe Abéché-Adré), courant 2007, les violences interethniques et les incursions de groupes armés sont venus s’ajouter aux affrontements entre rebelles et armée, provoquant de nouveaux déplacements de populations vers les camps - plus de 80 000 déplacés supplémentaires ont été enregistrés en 2007- et empêchant les quelque 90 000 « anciens » déplacés de retourner dans leurs villages. Si les violences interethniques se sont apaisées depuis le début de l’année 2008, l’armée tchadienne continue à faire face à de nouvelles offensives des rebelles, dont la dernière date de juin 2008.
Le déploiement de la force européenne EUFOR qui a pour mandat de stabiliser la région et d’assurer la sécurité des populations civiles réfugiées ou déplacées, a d’ores et déjà pris du retard alors que sa forte composante française est vivement critiquée par les principaux mouvements rebelles.
L’instabilité politique rend l’action des organisations humanitaires particulièrement difficile dans l’est du pays et les suspensions temporaires d’activité en raison de l’insécurité sont fréquentes.
A l’Ouest du Pays, la région du Kanem frontalière avec le Niger est considérée comme l’une des zones les plus vulnérables du pays. Située en zone sahélienne défavorisée, la région fait face à une situation de malnutrition chronique élevée. Afin de pouvoir répondre de façon précise à cette problématique, Action contre la Faim entend lancer une enquête nutritionnelle d’ici la fin de l’été, puis développer une action de plaidoyer auprès des bailleurs de fonds institutionnels afin d’obtenir des financements pour développer des programmes.