Début de la mission :1995
Personnel national : 605
Expatries : 42
Lieux d’intervention
Types d'intervention :
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<p>Le 4 mars, après 25 ans de présence au Soudan, Action contre la Faim - France a fait l’objet d’un ordre d’expulsion des instances gouvernementales soudanaises. En tout, ce sont 13 ONG internationales et 3 ONG locales qui ont été obligées d’interrompre, sans délai, l’assistance humanitaire qu’elles apportaient aux populations dans le besoin. Cette décision faisait suite à un mandat d’arrêt contre le Président Bashir émis par la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Les biens d’ACF ont été confisqués, les avoirs financiers gelés, et les locaux mis sous scellés par les autorités. Les équipes expatriées ont été évacuées du Darfour vers Khartoum, sans incident notable, et les premiers retours vers Paris ont eu lieu dès le 7 mars. La mission a été officiellement fermée en avril 2009 après que l’ensemble de notre personnel national ait reçu son solde de tout compte et des indemnités de fin de contrat.
Au total et tous secteurs confondus, ce sont plus de 2 millions de personnes qui ont été affectées immédiatement et directement par l’expulsion des ONG et dont la vulnérabilité s’est aggravée. Suite à la seule expulsion d’ACF-France, 450 000 personnes bénéficiaires des programmes ACF ont été directement affectées du fait d’une diminution de la quantité et de la qualité de l’aide. De nombreuses actions de plaidoyer ont eu lieu à différents niveaux, auprès des Nations Unies, des bailleurs de fonds, des diplomates européens, ainsi que d’acteurs clés tels que la Ligue Arabe et l’Union Africaine. On retiendra notamment la présence d’ACF à une réunion au plus haut niveau de la Ligue Arabe au Caire. La communication publique est restée volontairement très discrète jusqu’au départ effectif de l’ensemble des expatriés. En fin d’année, ACF-F a publié un rapport de plaidoyer à diffusion limitée pour sensibiliser les acteurs internationaux sur l’injustice de cette expulsion et ses conséquences comme la privation de l’accès des populations à une aide humanitaire.
Dans les mois qui ont suivi l’expulsion, la situation humanitaire au Darfour est devenue très difficile à suivre en raison du peu d’acteurs sur place et de leur quasi impossibilité de sortir des centres urbains pour des raisons sécuritaires mais aussi administratives. L’ensemble de la communauté humanitaire craignait une catastrophe sanitaire qui n’a heureusement pas eu lieu. Il semble que la mobilisation des acteurs locaux, des organisations internationales restantes soient parvenues à recentrer leur actions sur les besoins d’urgence, délaissant de facto les projets d’autonomisation des populations engagés en 2008. On retiendra qu’à cette date la situation humanitaire au Darfour demeure très peu claire en l’absence de toute enquête indépendante.
Depuis septembre 2009, la communauté internationale a désormais le regard rivé sur le Sud. A un an du référendum sur l’autodétermination du Sud Soudan, il est couramment admis que le Sud votera pour son indépendance mais que l’Etat n’aura pas la capacité d’assumer sa responsabilité. Les Nations Unies qualifient le Sud Soudan de « humanitarian perfect storm » ou se conjuguent 3 facteurs critiques : (1) intensification des conflits intertribaux qui ont fait 2 200 victimes et généré 400 000 déplacements durant l’été 2009, (2) une crise alimentaire massive en raison des mauvaises récoltes de l’année 2009, (3) une crise économique du budget de l’Etat en raison de la baisse des revenus pétroliers dont le Sud Soudan est dépendant à plus de 95%.
Les acteurs humanitaires ont lancé plusieurs alertes auprès de la communauté internationale en appelant une mobilisation pour éviter un nouveau conflit civil national.
Dans le Sud du pays.
Afin d’être en conformité avec les règles de gouvernance internationales d’ACF, il avait été décidé en 2008 qu’ACF-France se retirerait progressivement du Sud Soudan au profit d’ACF-USA. Il était ainsi prévu que la dernière base opérationnelle d’ACF-France au Sud Soudan, Bentiu, soit fermée fin mai 2009, en prévoyant néanmoins une passation du programme nutritionnel au ministère de la santé. En raison de la décision d’expulsion d’ACF-France, cette passation n’a malheureusement pas pu être menée à son terme.
Au Darfour :
entre fin 2008 et début 2009, ACF regagnait peu à peu une liberté de mouvement, notamment en zones rurales du Jebel Mara. Cette situation marquait une certaine amélioration de la situation sécuritaire par rapport à 2007.
Jusqu’en mars 2009, le positionnement opérationnel était le suivant :
- Continuer à répondre aux besoins des déplacés dans les camps tout en renforçant la participation communautaire afin d’autonomiser les populations.Dans le reste du pays :
une surveillance de la situation humanitaire était prévue grâce à des enquêtes nutritionnelles et des contacts réguliers avec les autres acteurs humanitaires. Cette surveillance avait pour but de détecter l’émergence de crises humanitaires afin d’être en mesure d’apporter les réponses adéquates : intervention directe d’ACF-France et/ou plaidoyer auprès des partenaires.