Début de la mission :décembre 2003
Personnel national : 36
Expatries : 6
Lieux d'intervention :
Types d'intervention :
Population : 27,6 millions d'habitants (2008)
Espérance de vie : 62 ans (2008)
Indice de Développement Humain : 140ème rang mondial sur 177 (2007)
PNB/habitant : 1010 US$ (2008)
Sources : OMS, Banque mondiale, PNUD
En 1951, la monarchie népalaise a mis un terme à son système d'autorité héréditaire en instituant un gouvernement qui a abouti dans les années 90 à une monarchie parlementaire. Ce processus a été marqué par de fortes instabilités politiques entre 1991 et 2001. Ainsi pas moins de 13 gouvernements se sont succédés. Les Népalais ont subi près de 10 années de guerre civile qui opposait le gouvernement et la rébellion maoïste. Depuis le 21 novembre 2006, le pays est officiellement en paix grâce à un accord historique de partage du pouvoir scellé entre les deux acteurs. Ce règlement pacifique prévoit la participation des ex-guérilleros à un gouvernement. C’est chose faite puisqu’ils ont obtenu cinq ministères dans le gouvernement provisoire. Parallèlement, une assemblée a été élue en mai 2008 pour rédiger une nouvelle Constitution. La première décision de cette assemblée constituante a été d’abolir la Monarchie et donc le règne du roi Gyanendra. Depuis mai 2008, le Népal est donc devenu la plus jeune république du monde.
Près de 40% des Népalais vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté et le PIB par habitant atteint à peine 270 dollars, soit près de deux fois moins que chez le voisin indien. Le pays possède très peu d’hôpitaux (3 pour 10 000 habitants) et connaît donc un taux de mortalité infantile parmi les plus élevés au monde (91/1000 naissances). Il faut ajouter à cela de dures conditions climatiques et une vulnérabilité accrue face aux catastrophes naturelles (séismes, glissements de terrain, inondations) qui affectent le pays régulièrement.
Dans ce contexte, les régions montagneuses du Nord Ouest, complètement isolées du reste du pays, concentrent de nombreux facteurs de vulnérabilité : catastrophes naturelles à répétition (dont une importante sécheresse début 2006 dans la région Karnali), prévalence élevée de la malnutrition, accès limité à la nourriture, absence de structures de santé et de transport, isolement, etc. De surcroît, la guerre civile y a laissé des traces en démultipliant ces problèmes structurels. Les avancées politiques à l’échelle nationale, très lentes et incertaines à cause notamment de l’apparition de nouvelles tensions dans le Teraï (sud du pays), n’ont encore que peu d’impact sur les populations les plus vulnérables.
Action contre la Faim a mené, fin 2004, une étude sur la situation alimentaire et l'accès à l'eau potable dans les régions de Mugu, Humla et Bajhang, à l'Ouest du pays. La situation alimentaire sur cette zone s'est fortement dégradée au cours des 10 dernières années. Les problèmes structurels ont été exacerbés par le conflit. Les restrictions de mouvement, la non-existence de services étatiques sur certaines zones du pays, les taxations, et les déplacements de population, sont parmi les nombreux facteurs qui ont détérioré la situation alimentaire.
Face à cette situation, l'objectif pour les équipes d'Action contre la Faim est de soigner les enfants malnutris et d'augmenter la capacité des communautés à subvenir à leurs besoins vitaux immédiats (manger et boire). Action contre la Faim a choisi dans un premier temps de mettre en place des programmes dans la région de Bajhang, à partir du printemps 2005, puis dans les provinces de Mugu et Humla en 2006. Aujourd’hui, ACF est également en train d’évaluer les besoins nutritionnels dans le Terai et notamment Kanchanpur, au sud ouest du pays.