Données générales
Mission ACF France
Début de la mission :1985
Personnel national : 600
Expatriés : 52
DEPARTEMENT DU NORD OUEST (ville de Bombardopolis)
DEPARTEMENT DE L’ARTIBONITE (ville des Gonaïves)
DEPARTEMENT DE L’OUEST (ville de Port au Prince)
Détection et traitement de la malnutrition aigue
Soutien aux pratiques de soins mères-enfants
Soutien psychologique
Amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement et promotion de l’hygiène
Prévention et gestion des risques de catastrophes naturelles
Sécurité alimentaire (activités de relance économique et de relance agricole)
Réponse à l'épidémie de choléra
Chiffres-Clés du pays
- Personnes bénéficiaires : environ 800 000 personnes
- Population : 10 millions d’habitants (2010)
- Espérance de vie : 60 ans (2010)
- Indice de Développement Humain : 145/169 (2010)
- PIB/habitant : 646$ en PPA (2009)
- Sources : OMS, Banque mondiale, PNUD
Contexte
Haïti connaît une instabilité politique chronique depuis son indépendance en 1804, entre dictatures, coups d’Etat et interventions étrangères. Plus d’une douzaine de chefs d’Etat se sont succédé depuis la fin du régime des Duvalier en 1986.
L’instabilité politique et ses multiples conséquences (mauvaise gouvernance, insécurité, migrations, exode rural…) ainsi que des catastrophes naturelles à répétition (tempête Jeanne en 2004, cyclones en 2008, séisme en 2010) ont fait sombrer Haïti dans une dangereuse spirale de paupérisation.
En termes économique, le pays souffre d’une faible productivité agricole d’autant plus limitée par le mauvais réseau routier, des secteurs secondaire et tertiaire limités notamment en termes de création de valeur ajoutée. Ce qui fait d’Haïti un pays dépendant à 80% des importations extérieures, notamment en termes alimentaire.
D’après le rapport sur le développement humain du PNUD de 2009, 72% de la population vit avec moins de 2 dollars par jour. L’accès aux services (santé, éducation, eau…) est plus que problématique. Par exemple, seul 51% de la population a accès à une eau potable qualifiée de sûre.
Par ailleurs, la très forte dégradation environnementale du pays (déforestation, érosion, gestion des déchets…) rend la population haïtienne particulièrement vulnérable aux catastrophes naturelles.
Dans ce contexte, un séisme de magnitude 7 sur l’échelle de Richter a frappé Haïti le 12 janvier 2010 et plus particulièrement la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Le bilan fait état de plus de 230 000 morts et 1,5 million de sans-abris, dont 1,17 millions de personnes regroupées dans les sites de regroupement spontanés, rien que pour l’agglomération de Port-au-Prince (Nations unies, Rapport du Secrétaire Général sur la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti, avril 2010).
Près de la moitié de la ville de Port-au-Prince serait détruite, de façon inégale d’un quartier à l’autre et 40 millions de mères cube de gravats seraient à évacuer avant de pouvoir reconstruire. Ces destructions ont touché aussi bien les habitations individuelles que les infrastructures publiques : le palais présidentiel, le Parlement et presque tous les ministères se sont effondrés. Au-delà de la destruction physique des infrastructures, le séisme ayant touché la capitale, c’est l’ensemble des institutions du pays qui ont été ébranlées. De nombreuses personnes occupant des postes clés dans le fonctionnement de l’Etat et des services publics (députés, professeurs, médecins, étudiants, etc.) ont péri dans l’effondrement des bâtiments officiels ou de leurs habitations individuelles.
Avec le séisme, les populations sinistrées ont largement perdu leurs activités et sources de revenus, les appauvrissant d’autant et entraînant une rupture importante de la demande sur les marchés. Face à cela, les mécanismes de survie des ménages semblent avoir atteint certaines limites qui pourraient entraîner une dégradation de la situation nutritionnelle.
Depuis octobre 2010 le pays et en particulier la ville de Port-au-Prince et les régions de l’Artibonite et du Nord Ouest font face à une grave épidémie de choléra. Au plus fort de l'épidémie, plusieurs dizaines de décès étaient enregistrés par jour. En juin 2011 on comptait plus de de 5.300 personnes décédées et 310.000 cas diagnostiquées. Après une première phase de réponse d’urgence, avec des programmes en eau assainissement et hygiène, la mission travaille actuellement à prévenir et contenir l'épidémie de choléra qui connait une recrudescence depuis la fin du printemps.
ACF en Haïti
Action contre la Faim (ACF) intervient en Haïti depuis 1985 sans interruption.
Au cours de ces nombreuses années de présence, et en réponse à des crises récurrentes, la mission Haïti a mis en œuvre des projets dans différents domaines d’actions relevant de son expertise : Sécurité Alimentaire, Santé/Nutrition, Santé mentale et pratiques de soins, Eau, Assainissement et Hygiène. Il s’agit pour ACF de continuer à soutenir les populations victimes des catastrophes à répétition, tant pour retrouver des moyens d’existence et des conditions de vie décentes que pour anticiper l’arrivée de nouvelles catastrophes.
Suite au séisme du 12 janvier 2010, les équipes d’ACF ont immédiatement mis en place de larges opérations d’urgence dans le centre ville de Port-au-Prince, à Léogane et à Gressier pour apporter une réponse aux besoins immédiats des populations sinistrées, en termes de prise en charge de la malnutrition, de soutien psycho-social, d’accès à l’eau et à l’assainissement, d’accès à l’alimentation et à des biens de première nécessité, et de relance.
Les projets d’ACF en Haïti, qu’ils s’inscrivent dans un contexte d’urgence (crises politiques, catastrophes naturelles) ou de réponse à des problématiques structurelles, s’articulent autour d’une dynamique d’appui aux capacités locales.
Département du Nord Ouest
Prévention et gestion des risques de désastres
- Gestion des risques et des désastres (réduire la vulnérabilité et l’impact des désastres) :
- Renforcement des compétences des acteurs en gestion du risque et réponse à l’urgence
- Campagne d’information et de sensibilisation de la population
- Protection des populations contre les désastres
Eau, assainissement et hygiène
Programme de réduction de la prévalence des maladies diarrhéiques, via l’amélioration de l’accès à l’eau potable autour de 3 axes prioritaires :
- Remise en état de réseaux d’eau
- Renforcement des capacités des autorités locales dans la gestion/maintenance des réseaux
- Promotion de l’hygiène : amélioration des connaissances et pratiques liées à l’hygiène
- Construction de latrines familiales et communautaires
Département de l’Artibonite
Les interventions d’ACF dans le département de l’Artibonite constituent une réponse aux conséquences des cyclones et inondations de 2008 et à l’afflux de personnes déplacées dans la zone suite au séisme du 12 janvier 2010. De manière transversale, ACF met particulièrement l’accent sur l’intégration des problématiques de gestion et prévention des risques de catastrophes en tentant de réduire la vulnérabilité de la population à ces catastrophes.
Nutrition et santé
- Formation continue et appui aux infrastructures du ministère de la Santé pour la prise en charge de la malnutrition aigue chez l’enfant : six (6) points de traitement ambulatoire de la malnutrition dans les structures de santé du département et une (1) unité de stabilisation nutritionnelle pour les cas les plus graves dans l’Hôpital des Gonaïves.
- Organisations de consultations auprès de la population en grande difficulté psychologique pour leur permettre de mettre en route leur processus de résilience.
- Accompagnement à la mobilisation communautaire pour la mise en place des activités de prévention, de dépistage, et de référencement des enfants détectés malnutris
- Intégration et mise en place de système de référence entre les programmes VIH et les programmes de nutrition
Pratiques de soins et soutien psycho-social
- Soutien à l’allaitement et activités psychosociales pour les femmes enceintes et allaitantes ayant des enfants entre 0 et 2ans dans huit (8) tentes maman-bébé du département en zones rurales et urbaines.
- Accompagnement psychologique et social de jeunes filles mères dans 3 centres d’accueil de Gonaives.
Sécurité alimentaire et moyens d’existence
- Activités de Cash for Work bénéficiant à plus de 5000 familles pour l’évacuation de boue et de déchets dans la ville des Gonaïves en amont de la saison cyclonique, et pour la réhabilitation d’infrastructures routières et agricoles dans les zones rurales
- Soutien à la réinsertion de familles vulnérables et de jeunes filles mères à travers la relance d’activités génératrices de revenus et le renforcement des associations de quartiers.
Eau, assainissement et hygiène
- Prévention et réduction de la mortalité et de la malnutrition infantile dues aux maladies liées à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement : mise en place d’ateliers de fabrication de chlore (3) et de pompes (1) ; réhabilitation de pompes à main, de forages et de points d’eau dans le Haut Artibonite ; accompagnement personnalisé de 800 familles dans leurs pratiques d’hygiène (bilan sanitaire, sensibilisation, distribution de kits d’hygiène et suivi).
Département de l’Ouest (Port-au-Prince)
Nutrition et pratiques de soins
- Prise en charge et traitement des enfants malnutris aigus sévères dans 10 Centres de Nutrition Ambulatoire
- Dépistage quotidien de la malnutrition par les équipes d’ACF et/ou des travailleurs et bénévoles communautaires
- Activités de sensibilisation à l’allaitement, à la diversification alimentaire et aux problématiques psychosociales dans la communauté (dans les quartiers et/ou les sites de regroupement) et dans les centres nutritionnels ambulatoires.
- Continuité de la distribution de Lait Artificiel pour les Nourrissons Prêt à l’Emploi aux enfants de 0 à 12 mois, dans deux tentes de lait, jusqu’au 28 février 2011 pour les nourrissons ne pouvant pas bénéficier de l’allaitement maternel (orphelins de mère, etc.)
- Accompagnement individualisé pour les familles les plus vulnérables dans le cadre de visites à domicile, afin de les aider à s’inscrire dans une dynamique de changement de comportement et prodiguer à leurs jeunes enfants des soins adaptés, favorisant leur bon développement et leur état nutritionnel.
- Formation des agents de santé du Ministère de la Santé Publique et de la Population, de la ville de Port-au-Prince, de matrones et d’associations de femmes aux bonnes pratiques d’allaitement et de pratiques de soin
Soutien psychologique
- Evaluation psychosocial de 2000 personnes vulnérables
- Soutien psychologique individuel ou de groupe à 500 personnes
- Supervision et formation technique de 10 psychologues nationaux
- Evaluation de la situation psychosociale et en santé mentale
- Contribution
à la définition du plan national en santé mentale en collaboration avec
les autres acteurs nationaux et internationaux dans le domaine de la
santé mentale
- Sensibilisation et plaidoyer pour la prise en compte des aspects psychosociaux et de santé mentale dans les urgences.
Sécurité alimentaire et Moyens d’existence
- Activités de « cash for work » ou Travail contre rétribution
- Identification de 37 sites d’intervention en coordination avec la Direction Nationale de l'Eau Potable et de l'Assainissement (DINEPA) et identification des travaux prioritaires à mener avec les comités des sites ciblés
- Distribution des kits outils donnés aux comités en fin de programme
- Sélection, recrutement et formation de 1200 travailleurs différents pour chaque rotation de 15 jours (au total 17 000 travailleurs).
- Mise en œuvre des travaux de déblaiement des gravats et curage des ravines
- Distributions directes d’argent
Activités mise en place pour les personnes ne pouvant pas bénéficier des activités de Cash for work du fait d’une trop grande vulnérabilité (handicap, âge, …)
- Identification de partenaires locaux spécialisées dans l’appui aux personnes avec des vulnérabilités spécifiques : Secrétairerie d’Etat à l’Intégration des Personnes Handicapées et diverses associations locales de soutien aux personnes âgées, séropositives, handicapées, sourds-muets…)
- sélection des bénéficiaires et partenariat avec une institution financière
Sensibilisation des bénéficiaires au déroulement du programme et conseils sur l’utilisation de l’argent reçu
- Dons de 330 000 euros aux 5000 personnes ciblés, soit près de 70 euros par personnes.
- Surveillance de la situation
Participation à des enquêtes et études pour évaluer la sécurité alimentaire des ménages.
Eau, Assainissement et hygiène
- Approvisionnement en eau potable par camion pour plus de 250 000 personnes chaque jour, soit plus de 3 millions de litres d’eau distribués chaque jour
- Gestion de 224 points de distribution d’eau
- Mise en place de latrines (plus de 800 à ce jour) avec entretien et vidange quotidiens
- Mise en place de 146 stations de lavage des mains à proximité des latrines installées.
- Construction et mise en place d’aires de douches
- Réhabilitation et construction de points d’eau durables
- Accompagnement des comités pour la gestion de l’eau et de l’assainissement : processus d’élection, formations à l’entretien des points d’eau et des structures d’assainissement, au recouvrement des coûts, dons de matériel, etc. afin de peu à peu leur transmettre la gestion de l’approvisionnement en eau potable et de l’assainissement dans leur quartier.
- Identification de 5 associations locales et formation à l’utilisation d’antenna Wata pour la production de chlore.
- Organisation de nettoyages communautaires sur l’ensemble des sites avec fourniture de 1000 poubelles et 30 incinérateurs.
- Séances régulières de sensibilisation à l’hygiène auprès de 23100 foyers et 500 séances de sensibilisation ciblées vers les femmes et les enfants dans les écoles, les marchés et les centres de santé.