Début de la mission :1998
Personnel national : 42
Expatries : 3
Population : 45,6 millions d'habitants (2007)
Espérance de vie : 72,6 ans (2007)
Indice de Développement Humain : 70ème rang mondial sur 177
PIB/habitant : 7 256 USD
Sources : OMS, Banque Mondiale, PNUD
Depuis plus de quarante ans, la Colombie souffre du conflit armé qui oppose différents acteurs : l’Etat, les partisans de l’Armée de Libération Nationale (ELN), les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) et les paramilitaires des Autodéfenses Unies de Colombie (AUC).
L’extension géographique du conflit et sa continuité dans le temps ont provoqué des déplacements massifs de population (estimés à presque trois millions de déplacés). Des milliers de personnes vivent confinées sans moyen de se déplacer librement ni d’accéder aux ressources dans les terres contrôlées par l’armée. La Colombie est aujourd’hui le deuxième pays du monde avec le plus grand nombre de déplacement de population, que se soit des déplacements massifs ou plus restreints.
La confluence des conflits pour la possession des terres et le trafic de stupéfiants (170 000 hectares de plantation de coca) alimentent et enkystent le conflit dont la solution semble toujours s’éloigner un peu plus.
La faible présence des pouvoirs publics dans de nombreuses zones du pays et dans certains cas la faible volonté politique favorisent l’impunité des responsables de violations des Droits de l’Homme et diminuent la capacité d’assistance aux populations déplacées ou isolées.
La population civile est la principale victime de cette situation et elle devient peu à peu une cible des différents acteurs du conflit pour défendre leurs intérêts. A l’aide humanitaire dont ont besoin les déplacés s’ajoute l’insécurité alimentaire des populations qui se refusent à abandonner le peu de ressources qu’il leur reste.
La crise économique ne fait qu’empirer la situation : le chômage touche 15,3 % de la population et le sous-emploi 35,1 %. Près de 64 % de la population (82,6 % dans les zones rurales) se trouve en situation de pauvreté. Plus de 3,5 millions d’enfants sont déscolarisés. 20 % des foyers les plus riches concentrent 52 % des recettes du pays et 53 % de la terre est entre les mains de 1,08 % des propriétaires.
Action contre la Faim s’inquiète des violations systématiques des Droits de l’Homme et du Droit International Humanitaire, des attaques dirigées contre la population civile et de la fermeture des espaces humanitaires pour porter secours aux victimes civiles.
Le processus de démobilisation des groupes paramilitaires a soulevé d’importantes controverses dans le pays. D’une part, on doute de l’effectivité réelle du désarmement. L’expérience sur le terrain permet d’affirmer que la population est toujours soumise au contrôle réel et violent des organisations d’autodéfense. D’autre part les critiques sont constantes à l’égard de la Loi de la Justice et de la Paix (juillet 2005) qui aurait servi de cadre juridique à « la remise de peine » des démobilisés.
ECHO, COSUDE/DDC (coopération suisse), AECI, BBVA, dons privés