Début de la mission :2008
Personnel national : 80
Expatriés : 7
Lieux d’intervention
Types d'intervention :
Pays enclavé, sans ressources naturelles notoires, le Burkina Faso, fortement dépendant de ses importations, est particulièrement fragilisé par les déséquilibres économiques mondiaux. Ce contexte économique et environnemental a un impact direct sur la situation nutritionnelle de la population.
Les perspectives sont préoccupantes : l’économie burkinabée, fondée pour l’essentiel sur l’agriculture pluviale, risque d’être fortement handicapée par les incidents climatiques récurrents, la stagnation des rendements limités par des techniques de production extensive, un accès difficile aux intrants et l’appauvrissement progressif des sols.
Outre ces difficultés, le pays observe une forte croissance démographique. Le recensement de 2006 dénombre 14 millions d’habitants sur le territoire et, tenant compte du taux de croissance, on peut estimer que la barre des 30 millions sera dépassée dans 20 ans.
La croissance économique du pays a du mal à suivre cette croissance démographique et on assiste, malgré les efforts engagés par les politiques nationales, à une dégradation du niveau de vie de la population ainsi qu’à une stagnation de la qualité des services.
Les niveaux d’alphabétisation des femmes et de scolarisation des enfants demeurent très insuffisants dans certaines zones rurales enclavées ; ceci explique en partie que les attitudes des populations reposent encore sur des savoirs traditionnels qui justifient des pratiques de soins souvent néfastes pour la santé et plus spécifiquement néfastes pour le statut nutritionnel des enfants.
Les résultats de l’enquête nutritionnelle nationale (SMART) conduite par la Direction de la Nutrition du Ministère de la Santé en août/septembre 2010 montrent une prévalence de la malnutrition aiguë globale de 10,5% avec 1,4% de forme sévère ; une prévalence de l’insuffisance pondérale (poids/âge) de 31,4%; une malnutrition chronique (taille/âge) qui se situe à 28,8% . Les maladies hydriques très fréquentes, contribuent à l’aggravation de la situation nutritionnelle des populations.
La population du Burkina évolue en permanence dans une situation de précarité nutritionnelle qui explique qu’en dehors de toute crise, le statut nutritionnel d’une part non négligeable de la population est critique.
Par ailleurs, la population dans son ensemble est exposée chaque année au moment de la soudure à une insécurité alimentaire saisonnière dont la gravité varie d’une année à l’autre et d’une région à l’autre en fonction des résultats des campagnes agricoles.
A ce risque chronique, viennent s’ajouter des crises « exceptionnelles » : ces dernières années le pays a connu des épisodes de pluies très destructeurs qui peuvent mettre rapidement en péril des populations déjà fragiles. Les crises économiques sont aussi lourdes de conséquences dans le contexte de précarité burkinabé.
ACF propose une action visant à renforcer les capacités des acteurs présents dans la prévention et la prise en charge de la malnutrition aiguë. L’organisation souhaite également développer l’appui à la surveillance nutritionnelle, notamment dans les zones à risque, et contribuer à une meilleure compréhension des liens existants entre malnutrition et insécurité alimentaire.
ACF a commencé à travailler dans la région de l’Est en 2008 en appui aux services sanitaires burkinabés, pour contribuer à l’amélioration de la prévention et de la prise en charge de la malnutrition aiguë. C’est l’une des régions du Burkina où les indicateurs de développement sont les plus alarmants et les taux de malnutrition aiguë particulièrement préoccupants. Cette région est, avec le Sahel et le Nord, une des trois régions jugées prioritaires par le PAM. Considérant que les besoins de cette région le justifient, ACF continuera à concentrer ses efforts à l’Est du pays.
Ces objectifs sont réalisés grâce à plusieurs domaines d’intervention :