Début de la mission : août 2007
Personnel national : N/A
Expatries : 9
Lieux d'intervention :
- Shariatpur
- Barguna
- Cox's Bazar
Types d'intervention :
- Nutrition et santé
- Sécurité alimentaire
- Eau, assainissement et hygiène
- Préparation aux désastres
Population : 156 millions d'habitants (2008)
Espérance de vie : 63 ans (2008)
Indice de Développement Humain : 140ème rang mondial sur 177 (2004)
PIB/habitant : 450 US$ (2008)
Sources : OMS, Banque Mondiale, PNUD
Le Bangladesh est l’un des pays les plus densément peuplé au monde et la moitié de sa population vit avec moins d’un dollar par jour (UNDP, 2005). Pour la frange la plus vulnérable qui compte plus de 30 millions de personnes, l’un des problèmes principaux est l’accès à la nourriture, mais aussi l’accès aux ressources naturelles, dont la terre. Ainsi, 65% des pauvres des zones rurales sont sans-terre et travaillent en tant qu’ouvriers agricoles pour des salaires modiques. Ces travaux saisonniers et précaires ne permettent pas de couvrir les besoins élémentaires des familles et l’augmentation des prix des denrées alimentaires fragilise d’autant plus les plus vulnérables.
De surcroît, du fait de sa géographie très plate et de sa faible altitude, le Bangladesh est l’un des pays les plus sujets aux catastrophes naturelles : inondations, typhons, raz-de-marée, etc. Plus de 200 désastres naturels ont touché le pays ces 35 dernières années et ont durablement affecté sa situation socio-économique, et plus particulièrement celle des plus vulnérables vivant le long des berges du Gange. Ainsi, la mousson de l’été 2007 a donné lieu à l’un des plus importants épisodes d’inondation de la dernière décennie selon le Gouvernement. Les inondations dans le district de Shariatpur ont touché près de 122 000 familles dont 50 000 sévèrement. De plus, dans la nuit du 15 novembre, le violent cyclone tropical « Sidr », classé en catégorie 4, ravage tout le sud et le centre du pays, laissant derrière lui un paysage de désolation et plus de 8 millions de personnes affectées, dont certaines qui avaient déjà été touchés par les inondations.
Ces deux catastrophes naturelles ont entrainé une perte de denrées et de biens agricoles considérable, et, par conséquent, une flambée des prix. Elles ont également sérieusement affecté l’accès à l’eau potable et nombre d’infrastructures sanitaires sont devenues inutilisables.
Parallèlement à ces catastrophes, différents facteurs fragilisent la situation du pays : l’instabilité politique, avec un gouvernement intérimaire qui reste au pouvoir en attendant les élections qui ne cessent d’être repoussées ; les violences régulières entre les étudiants et les policiers notamment dans la capitale ; une corruption qui gangrène le pouvoir politique et l’administration ; la radicalisation de certains groupes islamistes ; et la discrimination de certaines minorités ethniques.
Parmi ces minorités ethniques, on retrouve les Rohingyas, une minorité musulmane de Birmanie. Pour la plupart, ils ont quitté leur pays au début des années 90 pour fuir la discrimination et les contraintes socio-économiques qui fragilisaient, et qui fragilisent encore, leur situation. L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés estime que plus de 200 000 Rohingyas vivent encore au sud-est du Bangladesh, dont 26 000 dans les camps officiels, et 8 000 dans les camps spontanés non-officiels. Plusieurs études(1) ont montré que les conditions de vie dans ces camps sont en-dessous des standards internationaux : de nombreux réfugiés vivent avec très peu de ressources dans des abris surpeuplés ayant besoin d'importantes réparations. De fréquentes pluies diluviennes inondent la zone, endommageant davantage l'hébergement et propageant des maladies. Le statut nutritionnel des réfugiés, psychologiquement très fragilisés, est également alarmant.
Suite aux inondations de l’été 2007, Action contre la Faim est arrivée au Bangladesh en Août 2007 avec une équipe composée d’experts logisticiens, en sécurité alimentaire et d’hydrauliciens. Action contre la Faim a évalué la situation notamment dans le district de Shariatpur qui figure parmi les trois les plus affectés. Après cette évaluation, Action contre la Faim a lancé des activités dans les domaines de la sécurité alimentaire, de l’eau, de l’assainissement et de la promotion à l’hygiène. Les activités sont mises en place par l’intermédiaire d’une ONG locale, Shariatpur Development District (SDS) qui bénéficie d’une longue expérience dans l’aide d’urgence et qui tout au long de l’année travaille sur des programmes de développement avec les populations locales vulnérables dans ce district.
Suite au passage du cyclone Sidr fin novembre 2007 et alors que le bilan humain faisait état de plus de 3 millions de personnes affectées, ACF, aidée par un partenaire local (Sangkalpa Trust), a concentré son intervention sur les zones rurales pour rétablir en urgence et à plus long terme l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, et soutenir le retour à la sécurité alimentaire de la population touchée.
Début 2008, une évaluation des besoins nutritionnels et psychosociaux a été conduite à Cox’s Bazar.
En recherche de financement pour lancer le programme de réhabilitation après le passage du cyclone Sidr