Libéria : trop cher de se nourrir
- Malnutrition : urgence pour 5 millions d'enfants
- Chachanam, le village qui ne voulait pas disparaître
- Zimbabwe : la faim et le sida, une double menace
Uniquement disponible en anglais :
Les programmes mis en place par Action contre la Faim dans le domaine de la nutrition visent à évaluer, prévenir et traiter la malnutrition aiguë chez les populations les plus vulnérables (jeunes enfants, femmes enceintes et allaitant en particulier) en coordination avec les autres départements techniques de l'association (eau et assainissement, médical, et sécurité alimentaire).

Les programmes sont mis en place le plus souvent dans des contextes de crises aiguës, d'origine naturelle ou politique : guerres, famines, déplacement de populations, .... L'état nutritionnel de ces populations, privées de nourriture, se dégrade alors rapidement.
Les typologies de contextes sont également variables : les interventions peuvent être en zone rurales, en milieu urbain (densité de population très élevée), en zone pastorale (populations nomades ou semi-nomades), camps de déplacés / de réfugiés.

La réponse à apporter devra de prendre en compte la spécificité de chaque contexte d'intervention pour permettre un accès aux soins appropriés par les populations, permettre une couverture du programme optimale, assurer des soins adéquats et de qualité aux bénéficiaires ….
Lorsque le contexte évolue et lorsque cela est possible, les programmes nutritionnels sont adaptés pour assurer à terme une pérennité de la prise en charge des populations malnutries dans les structures de santé existantes.
En fonction des contextes, Action contre la faim met en place une stratégie d'intervention la plus pertinente tout en gardant une capacité d'adaptation lors des changements souvent rapides des contextes.
L'efficacité de notre action sur le terrain à court et moyen termes repose sur la maîtrise de plusieurs actions complémentaires : évaluer les besoins nutritionnels, traiter et prévenir la malnutrition, former en continu des personnels techniques nationaux à la prise en charge de la malnutrition.
La compréhension des causes de la malnutrition est un élément majeur à l'identification et la mise en place des programmes les plus pertinents compte tenu du contexte. Cette analyse de situation implique l'ensemble des services techniques d'Action contre la Faim (médical, sécurité alimentaire, eau et assainissement, nutrition).
Des enquêtes anthropométriques nutritionnelles sont nécessaires pour mesurer l'ampleur de la situation nutritionnelle et évaluer le nombre de centres de nutrition à mettre en place pour répondre aux besoins.
Afin d'apporter une aide rapide et efficace aux populations les plus vulnérables, le département nutrition d'Action contre la Faim a contribué au développement de techniques et de produits adaptés et reconnus aujourd'hui au niveau international.
Le traitement de la malnutrition aiguë est réalisée selon le type de malnutrition en centre de nutrition thérapeutique qui fonctionne 24h/24h ou en centre de nutrition supplémentaire ouvert sur un rythme hebdomadaire le plus souvent. Chaque enfant est admis dans ces centres avec un adulte le plus souvent la mère.(1) Ce schéma a été conçu par UNICEF en Tanzanie en 1990. Il a été approuvé et adopté à la Conférence Internationale de Nutrition en 1992. Cette version est une adaptation du schéma original.

Pour en savoir plus sur le traitement de la malnutrition sévère :
" la malnutrition en situation de crise ", Claudine Prudhon, éditions Khartala et Action contre la Faim, 2001. > Accéder à la liste des ouvrages
Le traitement de la malnutrition repose aussi sur la prise en charge psycho-sociale des bénéficiaires (en particulier des enfants) accueillis dans les centres nutritionnels thérapeutique.
Ainsi, depuis 2 ans, Action contre la faim développe en même temps que les soins médicaux et nutritionnels des techniques de stimulation à travers des activités ludiques et physiques, et encourage l'implication des membres de la famille dans ces initiatives chaque fois que cela est possible. Cet aspect est particulièrement important dans les zones de conflit pour maintenir une cohésion familiale et préparer ainsi le retour de l'enfant à la maison.

L'aspect préventif de la malnutrition repose aussi sur des séances d'éducation sanitaire et nutritionnelle quotidiennes dans les centres de nutrition thérapeutique, hebdomadaires dans les centres supplémentaire de nutrition.
" Apporter une aide rapide et efficace aux populations malnutries :
En phase d'urgence nutritionnelle, Action contre la Faim met en place un réseau de structures nutritionnelles (centres thérapeutiques et centres supplémentaires) permettant d'y référer de façon appropriée les enfants malnutris dépistés.
" Assurer la pérennité du traitement de la malnutrition aiguë dès que possible:
Lorsque le contexte d'intervention se stabilise, il est nécessaire d'adapter les programmes nutritionnels aux moyens des Ministère de la santé des pays ou intervient Action Contre la Faim. C'est un travail de longue haleine et de plusieurs années pour assurer une continuité des soins appropriés et un accès aux soins pour les enfants malnutris.
Aujourd'hui, avec le concours de plusieurs partenaires internationaux, les protocoles de prise en charge de la malnutrition sont adoptés par plusieurs pays qui les intègrent dans leur politique de santé publique.
" Autres stratégies :
Soucieux d'améliorer les réponses nutritionnelles aux contextes d'intervention, Action contre la Faim réfléchi à d'autres stratégies opérationnelles possibles. Une étude réalisée en Sierra Leone sur le traitement de la malnutrition à domicile a montré que le traitement de la malnutrition sévère est, dans certains contextes, faisable en partie à domicile.
Forte de ses 20 ans d'existence, Action contre la Faim est aujourd'hui reconnue au niveau international pour son savoir-faire dans le domaine du traitement de la malnutrition.
Action contre la Faim poursuit ses efforts pour mettre au point des produits plus adaptés, des programmes nutritionnels plus efficaces, en collaborant avec des spécialistes mondiaux dans ce domaine, à travers le Comité Scientifique Consultatif International.
L'association participe régulièrement à des réunions internationales rassemblant des organisations non gouvernementales, des organisations internationales, telles que les agences des Nations Unies et des scientifiques, ainsi qu'à des forums d'échange sur la malnutrition.
Elle publie également des articles dans des journaux spécialisés ou de référence.
Quelques exemples de publication du Service nutrition en 2002 :
OGDEN, K., MONTEMBAULT, S., WILKINSON, C., VERVERS, M.T.,
The relevance of a spatial and integrated analysis of underlying causes, Proceedings - Measurement and assessment of food deprivation and undernutrition, Rome, 26-28 June 2002, pp. 261-263.
NAVARRO - COLORADO, C., FOURNIER, A.-S., VERDENAL, L., VERVERS, M.T.;
Therapeutic feeding centres for severe malnutrition; Action contre la Faim; Correspondence; The Lancet , Vol 359, January 19, 2002.
LEBORGNE, Ph., WILKINSON, C., MONTEMBAULT, S., VERVERS, M.T.,
Scurvy outbreak in Afghanistan : an investigation by Action Contre la Faim (ACF) and WHO, Field Exchange, n°17, November 2002, pp. 28-29.
BELCHIOR-BELLINO, V.,
La prise en charge pratique des problèmes nutritionnels et alimentaire en situation de crise, Médecine tropicale, 2002, n°62.
En collaboration avec le Comité Scientifique d'Action contre la Faim ou lors de réunions ad hoc telles que les TAG (lien vers la page CSCI et TAG), Action contre la Faim développe et évalue l'efficacité des produits et des techniques de nutrition particulièrement adaptés au traitement de la malnutrition sévère.
Les RUTF (ready to use therapeutic food). Les études utilisant ces deux produits prêts à l'emploi (sans cuisson, sans ajout d'eau) se terminent. Ces produits ont la même composition que le lait thérapeutique F100 et s'intègrent dans la nécessité de développer des stratégies d'intervention complémentaire à celles existantes pour mieux répondre à l'évolution des contextes de ces dernières années.
L'identification et le traitement de la malnutrition des adultes est également un axe que veut développer Action contre la Faim. En effet, si le traitement de la malnutrition sévère chez les enfants est efficace, beaucoup de questions restent actuellement en suspend chez les adultes.
De même, la prise en charge des enfants sévèrement malnutris de moins de 6 mois est à améliorer. Aujourd'hui pris en charge dans les centres de nutrition thérapeutique avec des protocoles spécifiques, ces enfants restent particulièrement fragiles en particulier aux risques infectieux.
L'enrichissement des denrées alimentaires en vitamines et micro nutriments est aussi à étudier. En effet, les déficiences en micro-nutriments et minéraux sont fréquemment observées particulièrement en situation de crise (pellagre, scorbut, anémies sévères, goitres …). Différents produits efficaces sont disponibles sur le marché. Le service Nutrition d'Action contre la faim étudie la stratégie la mieux adaptée aux contextes en collaboration avec le service Sécurité Alimentaire.
HIV/SIDA et malnutrition : face à l'étendue de l'épidémie de SIDA / HIV dans la plupart des pays d'intervention, vu le faible accès aux traitements médicaux, le service nutrition en lien avec les autres services techniques d'Action contre la Faim identifie des pistes de travail pour répondre à la complexité des nouvelles situations et aux besoins spécifiques de ces populations bien souvent également malnutries.
La qualité des produits alimentaire et de nutrition utilisés dans le cadre de nos programmes restent une préoccupation quotidienne. Des cahiers des charges et les procédures de contrôle ont été remis jour cette année pour toutes les denrées alimentaires utilisées dans nos programmes.
Confrontée à la problématique des OGM dans le cadre de ses activités, que ce soit dans les distributions alimentaires ou de semences, ACF a développé un positionnement sur la question, destiné à orienter son action sur le terrain. Ce positionnement est amené à évoluer en fonction de l'avancée des connaissances scientifiques. > Télécharger le dossier

La malnutrition affaiblit tout l’organisme.
Nourrir ne suffit pas; il faut aussi soigner.
Les programmes médicaux d’Action contre la Faim peuvent soit accompagner les actions de renutrition, en urgence et en post urgence, soit être mis en place indépendamment, sous forme de programmes de santé primaires.
L’aide médicale dans le cadre de l’urgence nutritionnelle :
- Dans les centres thérapeutiques de renutrition, les équipes médicales d’Action contre la Faim prennent en charge les enfants malnutris au niveau médical (traitement des diarrhées, des infections respiratoires, des parasitoses,....)
- Action contre la Faim met aussi en place des centres de PMI (Protection Maternelle et Infantile), qui accueillent les mères et les enfants, afin de dépister les enfants malnutris, de vacciner contre la rougeole et d’assurer les consultations prénatales des mères.
Ces centres de PMI sont le plus souvent intégrés aux centres supplémentaires de nutrition, qui prennent en charge les malnutris modérés, en leur donnant une ration alimentaire complémentaire afin de prévenir l’aggravation de la malnutrition et le passage à la malnutrition sévère.
L’aide médicale dans le cadre des soins de santé primaires :
A la suite de l’urgence nutritionnelle ou de façon indépendante, dans une large zone géographique correspondant à une entité administrative (arrondissement, district ou préfecture), Action contre la Faim participe au redémarrage ou à la consolidation des structures de santé de base :
les dispensaires et les centres de santé.
Ces structures drainent en effet des pathologies aisément identifiables, facilement curables et à gros impact sur la mortalité, en particulier infantile (diarrhées, infections respiratoires, paludisme...).
Cet appui au système national de santé est mis en oeuvre selon la politique nationale de santé.


Le travail au niveau communautaire n’est possible que s’il s’articule et si il est cohérent avec les programmes nationaux existants : c’est ainsi que les programmes d’accoucheuses traditionnelles ou d’agents de santé villageois ne sont envisageables qu’en cas de dispensaires de référence fonctionnels et capables de superviser ces actions.
Enfin, la prise en charge d’épidémies (choléra, dysenterie, méningite) est systématique quand un programme médical Action contre la Faim est déjà en place.
De tels programmes sont actuellement mis en oeuvre au Sud Soudan, en Afghanistan et en Somalie.
Les activités des programmes comprennent :
. la réhabilitation ou la construction des dispensaires
. l’approvisionnement en médicaments essentiels et en matériel médical
. la formation et la supervision du personnel médical à la vaccination, aux consultations prénatales et aux consultations générales (maladies diarrhéiques, infections respiratoires, paludisme, parasitoses,...).
. La planification, la gestion et le suivi des activités de santé
Tout ce travail se fait en concertation et en collaboration avec les autorités locales de santé qui devront,
après le départ d’Action contre la Faim, poursuivre ces activités de façon autonome.
L’essentiel du travail pour les volontaires expatriés (infirmières ou médecins) consiste dans la formation et la supervision du personnel médical national en ce qui concerne la prise en charge médicale des patients, cela comprend aussi des aspects de gestion du personnel médical et d’approvisionnement médical (médicaments, vaccins, matériel ...) de ces programmes.
Action contre la Faim a décidé d'initier des actions complémentaires au traitement médical et nutritionnel de la malnutrition. Le but est de mieux prendre en compte la souffrance psychologique des bénéficiaires des Centres Nutritionnels Thérapeutiques et de renforcer ainsi le processus de renutrition. Cette souffrance est souvent liée au vécu des personnes, aux deuils, ruptures et conflits existants dans les pays en crise.
Dans deux pays (Afghanistan et Soudan), nous avons formé les équipes de nos Centres Nutritionnels Thérapeutiques afin de développer une approche plus individualisée des bénéficiaires. Des travailleurs sociaux sont venus compléter les équipes médicales pour écouter et soutenir les personnes sévèrement malnutries, leur proposer des animations et ouvrir des espaces d'échanges et de discussions.
Un effort important est également mis sur le développement de sessions de jeux et d'animation pour les enfants. Parce que même pendant la guerre, même s'il est sévèrement malnutri, un enfant reste un enfant et jouer est sa principale activité. Mais le jeu et les activités psychomotrices sont d'autant plus importantes que les enfants sévèrement malnutris sont souvent apathiques, tristes et risquent d'avoir des retards de développement.