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A la suite de ce crime, ACF s’est tout de suite mobilisée aussi bien en aidant les familles des victimes tant d’un point de vue psychologique que matériel, mais également en engageant trois procédures d’enquête au Sri Lanka.
Aujourd’hui, aucune de celles-ci n’a abouti et la justice sri lankaise n’a absolument pas avancé dans la recherche de la vérité et de l’identification des responsables de ce massacre.
Après avoir relevé de nombreuses défaillances dans les procédures – absence de protection des témoins, intrusion du politique dans le système judiciaire, absence de transparence, manque de coopération de la police,… - ACF est maintenant persuadée qu’aucune des trois procédures ne permettra d’apporter la vérité sur le massacre de Muttur. C’est pourquoi Action contre la Faim demande aujourd’hui l’ouverture d’une enquête internationale, seule capable de faire toute la lumière sur ce massacre.
Ces 17 personnes ont été intentionnellement exécutées dans le bureau d’une Organisation Non Gouvernementale alors qu’elles étaient toutes clairement identifiées comme des travailleurs humanitaires. Ce massacre est une atteinte sans précédent à l’un des mandats premier d’une organisation humanitaire : l’aide aux populations en temps de guerre.
Le meurtre de civils en temps de conflits armés est une violation grave des règles élémentaires du droit international humanitaire et en cela le massacre de Muttur s’assimile à un crime de guerre et doit donc être jugé en tant que tel. La violence des combats qui sévissent aujourd’hui au Sri Lanka ne saurait être une excuse aux trop nombreuses violations des droits de l’Homme, ces décès ne pouvant pas être vus comme des morts accidentelles ou encore les dommages collatéraux d’une guerre.
Selon le droit international des droits de l’Homme, le gouvernement sri lankais a failli à son obligation de mener une enquête efficace relative au meurtre des 17 travailleurs humanitaires ainsi que sur la recherche des responsables.
Pendant les 18 derniers mois, ACF – décidant de coopérer avec la justice sri lankaise - a usé de tous les recours nationaux disponibles, mais sans succès. Après avoir constaté l’inefficacité de chaque procédure et de nombreuses irrégularités aux regards des normes et standards internationaux, l’organisation est maintenant persuadée qu’aucune des trois procédures n’apportera la vérité sur le massacre de Muttur.
Télécharger le dossier complet sur 2 ans de procédures sri lankaises : « le massacre de Muttur : un combat pour la justice »
Au vu de l’échec des procédures internes, ACF a décidé de retirer l’ensemble de son personnel du Sri Lanka et de continuer son combat à l’extérieur du pays. L’identification et le jugement des responsables du massacre des 17 employés d’ACF à Muttur restent notre priorité, mais des mesures plus fortes doivent être engagées. ACF réclame donc l’ouverture d’une enquête internationale afin de faire toute la lumière sur les circonstances et les responsables du massacre de Muttur. Une telle enquête permettrait sûrement de poser la première pierre vers la fin de l’impunité au Sri Lanka. De même, cela témoignerait de l’importance à respecter le droit humanitaire par les parties aux conflits en ce qui concerne la protection accordées aux humanitaires.
Afin d’arriver à la mise en place d’une commission d’enquête internationale, ACF mobilise son réseau aussi bien en France par ses donateurs, ses adhérents, ses délégations, le grand public ; qu’à l’international à travers ses sièges de Londres, New-York, Montréal et Madrid, ses 40 missions et ses liens avec diverses institutions et organisations internationales.